La métaphysique - Au-delà du sensible

La métaphysique - Au-delà du sensible

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232 pages

Description

Étymologiquement la métaphysique est l’au-delà de la physique (meta phusika), c’est-à-dire une science de l’immatériel, distincte de la philosophie des sciences qui, elle, étudie les questions fondamentales sous-jacentes à la physique dans son sens le plus large (matière et énergie). Le terme de métaphysique a d’abord désigné les œuvres d’Aristote qui, dans la collection d’Andronicus de Rhodes, venaient après la physique et concernaient la science des réalités transcendant le monde visible et sensible. De nos jours où la métaphysique tend à disparaître comme objet de recherche, il est intéressant de redécouvrir son existence du fait de la crise de l’intelligence que nous traversons.


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Date de parution 05 juin 2018
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EAN13 9791092653571
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Du même auteur
Page de titre
Introduction à la métaphysique
I. Critique de la connaissance
La métaphysique
Sommaire
Chapitre 1 - La connaissance de la vérité
Le scepticisme
Le dogmatisme
L’intuition des principes premiers
Conclusion
Chapitre 2 - L’étendue de la connaissance
Le sensualisme et l’empirisme
L’idéalisme
Le relativisme kantien ou criticisme Le réalisme et la connaissance métaphysique
II. Ontologie
Chapitre 1 - Préliminaire L’idée - L’idée d’être
Chapitre 2 - L’être et les êtres Les propriétés de l’être Chapitre 3 - Les aspects de l’être Les manières d’ê tre Les divisions de l’être Essence et existence
Puissance et acte
Les catégories de l’être
Chapitre 4 – Les causes
Distinguer cause, condition, occasion
Les quatre espèces de causes
III. Théodicée
Chapitre 1 - Préliminaires
Chapitre 2 - L’existence de Dieu
Nécessité et possibilité d’une démonstration
L’ontologisme
Le fidéisme et l’agnosticisme
Les preuves de l’existence de Dieu
Preuves métaphysiques de l’existence de Dieu
Preuves morales de l’existence de Dieu
Conclusion sur les preuves de l'existence de Dieu
Chapitre 3 - Connaître Dieu L’essence ou la nature de Dieu
Est-ce possible ?
Les attributs divins – L’aséité
Les attributs entitatifs
Les attributs opératifs
Chapitre 4 - Dieu et le monde
Distinction de Dieu et du monde La création La conservation du monde
Le problème du mal
La providence
IV. Anthropologie ou psychologie rationnelle Chapitre 1 - Préliminaires L’âme L’esprit
Chapitre 2 - Rappels psychologiques
Faits de connaissance
Faits d’affectivité et de volonté
Chapitre 3 – Le Je et le Moi Le Moi Le Je
Les trois niveaux de vie
Chapitre 4 - L’esprit ou l’âme Nature de l’âme Les théories négatives L’union de l’âme et du corps La destinée de l’âme : l’immortalité
V. Cosmologie rationnelle
Chapitre 1 - Le monde
Chapitre 2 - L’espace
Chapitre 3 - Le temps
Qu’est-ce que le temps ?
Les éléments du temps : présent, passé, futur L’Eternité Chapitre 4 - Les corps
Propriétés générales La quantité Les quantités sensibles
Chapitre 5 - La matière
La nature de la matière
La théorie hylémorphique Conclusion Chapitre 6 - La vie
Nature du mouvement immanent
Nature de la vie
Les degrés de la vie
Le point de vue de la finalité
Problème de l’origine de la vie et de l’origine des espèces
Les théories scientifiques
Copyright
Chez Desclée de Brouwer
Du même auteur
Qui fera taire le vent ? Assemblées de prières charismatiques, par Geneviève Constant, Brigitte-Violaine Aufauvre et Etienne Garin, 1990 La Maison de Lazare, Vie spirituelle et guérisonBrigitte-, par Geneviève Constant, Violaine Aufauvre et Etienne Garin, 1999
Chez tituli
La question oubliée - Tome 1 : de l'Antiquité au si ècle des Lumières, 2014 e La question oubliée - Tome 2 : du 19 siècle à nos jours, 2018 La morale - Le chemin du bonheur, 2014 Notions de psychologie classique - Un regard neuf, 2014 La logique - Qui peut m'apprendre à penser "juste" ?, 2015
Geneviève Constant
La métaphysique
Au-delà du sensible
Essai
INTRODUCTIONÀLAMÉTAPHYSIQUE
Notion e terme de métaphysique a été affecté de sens très divers, car les philosophes l’ont Ldéfini en fonction de leurs propres conceptions au lieu de partir d’une définition nominale, qui ne préjugerait rien, ne concernerait que le sens du mot, sans impliquer le problème de savoir si la métaphysique est possible. Il importe au départ de savoir de quoi on parle ! Etymologiquement la métaphysique est l’au-delà de l a physique, demeta phusikaen grec, c'est-à-dire une science de l’immatériel, dis tincte de la philosophie des sciences. Ce terme de métaphysique a d’abord désigné les œuvr es d’Aristote qui, dans la collection d’Andronicus de Rhodes, venaient après l a physique et concernaient la science des réalités transcendant le monde visible et sensible. Ainsi dans son sens le plus général la métaphysique se définit par opposition à la physique, c'est-à-dire pour Aristote ce qui est auj ourd’hui la philosophie des sciences et qui en fait n’a rien à voir avec la philosophie. Be rdiaeff observe que la philosophie des sciences est la philosophie de ceux qui n’ont rien à dire en philosophie (Cinq méditations sur l’existence, p. 21, 1936). Science de l’immatériel, ou pour Aristote et saint Thomas «science de l’être en tant qu’êtres le plus universel de tous, quicette définition délimite un domaine, d’ailleur  », n’appartient à aucune autre science. Pour Kant et Bergson, la métaphysique est la scienc e du réel en soi, avec cette différence que Kant nie la possibilité de la métaph ysique tandis que Bergson affirme que c'est possible de l'appréhender.
L’objet de la métaphysique
L’objet de la métaphysique se situe au plus haut de gré d’abstraction. En effet les trois niveaux d’abstraction déterminent les trois domaine s spécifiquement distincts de la physique, la mathématique et la métaphysique. L’obj et de la physique (sciences de la nature) se réduit aux qualités sensibles. Le domain e des mathématiques vise la quantité et un degré supérieur d’abstraction. La mé taphysique fait non seulement abstraction de la quantité mais aussi de toute mati ère. La métaphysique se consacre donc aux réalités qui n e tombent en aucune manière sous les sens. Celles-ci peuvent être de deux sorte s : - celles qui ne comportent aucune matière quelconqu e comme Dieu, les esprits purs ; - celles qui concernent à la fois les êtres matérie ls et immatériels mais sont considérées en dehors de toute matière : comme « être », « substance », « cause »…
Division
Au-delà de toutes les sciences partielles et limité es, Aristote affirme la nécessité
d’une « philosophie première » qui avait pour objet l’être et se réduisait donc à l’ontologie. Le domaine de la métaphysique s’est ensuite étendu avec d'abord la question de la valeur de la connaissance. Logiquement, avant d’ent reprendre une recherche, il convient d’examiner si on est outillé pour cela. En suite avec la métaphysique générale ou ontologie qui traite de l’être en général (thème qui, au siècle dernier, a béneficié d'un regain de nouveauté avec l’existentialisme). Enfin avec la métaphysique spéciale qui a pour objet les différentes catégories de « genres s upérieurs ». L’épithète rationnel doit être compris comme s’oppo sant à expérimental ou empirique : - la cosmologie rationnelle qui a pour objet le mon de (en greckosmos) ; - la psychologie rationnelle traite de l’homme, plu s exactement de ce par quoi l’homme se distingue des autres êtres du monde : l’ esprit ; - enfin la théologie rationnelle ou théodicée trait e de Dieu, tel qu’il peut être connu par la raison (à ne pas confondre avec la théologie fon dée sur la Révélation qui appartient à l’ordre des faits et en ce sens est empirique).
Spécificités de la métaphysique
La notion de métaphysique, comme science de l’être en tant qu’être, implique tout ce qu’il y a de vrai et de positif dans les définition s modernes : - elle est bien lascience de ce qui est non sensible, c'est-à-direimmatériel; - elle est aussi lascience du réel en lui-même, car elle traite de ce qu’il y a de plus réel dans les choses puisqu’il n’y a de réel que l’ être ; - elle est encore paradoxalement lascience de l’inconnaissableen ce sens que son objet qui est suprasensible ne peut être saisi que par analogie et que quand il s’agit de principe premier, il déborde infiniment la portée d e notre intelligence ; - la métaphysique est lascience de l’absolu, en tant que l’être est l’absolu de chaque chose et qu’elle vise à définir les causes e t les principes absolument premiers de l’univers ; - elle est une connaissance systématique universell e puisque le point de vue de l’être est le plus synthétique qui existe et qu'elle traite des premiers principes ; - c’est une science autonome car son objet n’appartient qu’à elle ; - enfin elle est la plus haute et la plus parfaite des sciences, la plus libre, car elle se présente dégagée de la servitude du sensible. Pour couronner toutes ces qualités, Aristote affirme : « La à toute sciencescience la plus parfaite, et qui est supérieure subordonnée, est celle qui connaît en vue de quelle fin il faut faire chaque chose, et cette fin est le bien de chaque être, et d’une mani ère générale c’est le Souverain Bien dans l’ensemble de la nature.» Tous ces caractères, il est vrai, ne sont qu’hypoth étiques, car ils dépendent de la réalité de l’objet de la métaphysique. On peut et o n doit se demander si l’intelligence rationnelle est réellement capable d’atteindre l’êt re, c'est-à-dire quelle est la valeur ontologique de la raison. C’est l’objet propre de l a critique de la connaissance qui se présente comme une introduction à la métaphysique. Ceci d’ailleurs est le propre de nos démarches phil osophiques par lesquelles nous devons vérifier en premier lieu la portée et la val eur de nos affirmations concernant des
objets nouveaux du savoir philosophique. Devant les contestations d’un certain nombre de phi losophes, la vérification des méthodes, procédés, sources ou fondements s’impose. Ainsi W. James écrit que «pour le positiviste, un métaphysicien ressemble à un ave ugle cherchant à tâtons dans une chambre obscure un chapeau noir qui ne s’y trouve p as. » (Introduction à la philosophie, p. 16). L’au-delà de l’univers est aussi selon le mot de Li ttré «un océan pour lequel nous n’avons ni barque ni voilesCeci rejoint la critique kantienne de la raison qui ne voit ». dans la métaphysique qu’un système de connaissances a priori. Ainsi pour Kant toute la métaphysique consiste dans une étude critique de la raison aboutissant à démontrer que la métaphysique est impossible. N’oublions pas cependant que Kant, fermement croyant, tenait à la métaphysique. Ne pouvant la fo nder sur la valeur de la raison qui pour lui n’avait pas de catégories pré-définies, il en a trouvé l’essentiel dans les fondements de la conscience morale.
Méthode
La métaphysique se fonde surl’expérience. Nous ne pouvons en effet connaître par la raison les êtres immatériels uniquement dans la mesure où ils se manifestent à nous par leurs effets. La métaphysique doit donc s’appuy er toujours sur les données fournies par les sens comme aussi sur les sciences de la nat ure, et s’efforcer de déterminer par leraisonnementquelle est la nature de l’être universel et quels en sont les principes et les causes. La métaphysique est une science et non une construc tion arbitraire, ni un objet de croyance irrationnelle. Elle est, en un sens, la sc ience la plus rigoureuse qui soit, puisque son objet étant au-dessus de la matière et soustrait au changement, elle n’implique pas les causes d’erreur qui proviennent d'éléments en perpétuel devenir. La métaphysique plus qu’aucune autre science requie rt des conditions techniques difficiles et des conditions morales particulières. En effet elle procède par abstraction et écarte l’intervention de l’imagination considérée c omme dangereuse et elle exige une fermeté logique. D’autre part elle traite des grand s problèmes de l’existence et de la nature de Dieu, de notre origine et de notre fin. L a métaphysique exige donc non seulement une discipline de l’intelligence mais aus si une discipline du cœur.
I. CRITIQUEDELACONNAISSANCE