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La pâque juive

De
249 pages
Le "Séder" est le nom de la première soirée de la Pâque juive. A cette occasion, avant le traditionnel repas de fête, est lue et commentée la "Haggadah", le récit de la libération des Hébreux de l'esclavage d'Egypte. Cet ouvrage invite tout homme, juif et non juif, "croyant" ou non, à percevoir cette soirée comme une opportunité à saisir pour s'interroger sur des notions existentielles (la liberté, l'éducation, le racisme...).
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Page de garde de « notre Haggadah familiale ». (Ady)

« Pour Ady, ma femme… ». C‘est ainsi que j‘avais pensé te dédicacer ce livre mais, à la relecture, je constate qu‘il n‘est que la mise par écrit de nos innombrables, fructueux…et animés dialogues, alors…… Alors, je propose qu‘ensemble nous l‘offrions avec tout notre amour à : Evelyne, David et Debbie Annick et Freddy Rony et Israel, et puis à Israel et Rah‘el Yonathan Lital Ouriel Amiad Rehav Réout Ezra Daniel Yaniv H‘en …….et Dana

…Et à vous, David et Ruth ; Isy et Lottie, chers parents maintenant disparus, parents auxquels nous devons tant. Merci.

Illustration tirée de la troisième (1944) des «4 Haggadot de Mah‘anayim» rédigées et enluminées par Nathan Samuel, Albert, André et Richard Neher, réfugiés avec leurs famille pendant ces années d‘occupation nazie.
(Ces manuscrits ont fait l‘objet d‘une étude du Professeur Elisabeth Revel).

AVANT-PROPOS

Le « Séder », la soirée du premier jour de la Pâque juive, « Pessah‘ », commémore la libération du Peuple juif de l‘esclavage d‘Egypte et sa traversée du désert vers la «Terre promise » sous la conduite de Moïse. Ces faits sont rapportés dans la « Haggadah », le texte lu et commenté durant le repas traditionnel. Afin de préparer les participants à « revivre » ces événements, quatre textes bibliques particuliers sont récités et étudiés dans les synagogues les semaines précédant la fête. Dans le premier chapitre de ce volume sont abordés les thèmes évoqués dans les textes de ces quatre lectures, puis, dans la seconde partie ceux que suggèrent les récits et commentaires de la Haggadah.1

Indications techniques: Les mots hébreux (très peu nombreux …) sont soulignés et traduits lors de leur première apparition et se retrouvent dans le glossaire présenté en fin de livre. Ils sont écrits phonétiquement afin de permettre leur prononciation correcte en français. Les mots imprimés en caractères gras en début de page renvoient à un chapitre nouveau du texte de la Haggadah.

1

Ce choix exclut les textes (essentiellement des Psaumes du roi David et des poèmes) qui, après le repas, expriment les remerciements et louanges adressés à « Celui qui a permis l‘épisode exceptionnel de la libération… ». 11

Introduction
Je suis à présent un homme qui a vécu de nombreuses « soirées de Séder ». Nombreuses, sauf les plus importantes, celles de l‘enfance, celles qui ne s‘effacent pas, celles au cours desquelles mon père m‘aurait à son tour enseigné ce que son père, après le père de son père, avait eu le bonheur de lui transmettre. Un nom, « Auschwitz », a brisé cette chaîne. Restée seule, ma mère, entourée de ses deux jeunes enfants, a continué à célébrer cette soirée, la distinguant par des petits « quelque chose » rappelant que cette fête qui commémore la « Sortie d‘Egypte » est la fête de la liberté. Petits « quelque chose » suffisants pour que devenu adulte, puis à mon tour père de famille, je tente de comprendre ce que voulait m‘enseigner la « Haggadah ».2-3 Dans ce but, plus tard, Séder après Séder, ma femme et moimême avons amassé quelques étincelles de ces richesses, qu‘à notre tour nous avons eu le bonheur de transmettre à nos enfants et petits-enfants. Ces pages sont le résultat (provisoire je l‘espère…) de nos découvertes. En écrivant ces pages, mon ambition n’est pas de proposer un « commentaire » de la Haggadah, mais, dans les limites de mes connaissances, de présenter quelques courts dossiers portant sur les principaux thèmes abordés au fur et à mesure de la

2

De très nombreuses traductions existent en français, des plus littérales aux plus poétiques. Parmi celles-ci j‘ai plaisir à mentionner le charme tout particulier de la Haggada de Pâque, mise en français par Edmond Fleg et illustrée par des « Noirs et blancs » de Véronique Filozof. 3 « Ma mère », « mon père », des mots parmi les premiers de mon récit, des mots qui déjà m‘obligent à l‘interrompre afin d‘indiquer, (de justifier ?), le fossé, qui, à mes yeux, doit séparer la notion d‘« esprit de famille » de celle d‘« esprit de clan ». J‘aime la famille, la cellule qui transmet les valeurs universelles et en propose d‘autres particulières et, en même temps, je rejette l‘idée de « clan », la cellule qui, elle, trop souvent, entraîne un sentiment de dédain (quand cela n‘est pas d‘hostilité…) envers ceux qui n‘en font pas partie, envers ceux « qui ne pensent pas comme « Nous » et qui donc, pensent mal…. 13

lecture du récit. J’imagine ces dossiers servant de base à des échanges peut-être plus féconds car plus documentés. (Dans cet esprit est proposée en fin de volume, une « Table de sujets »). Ces « réflexions pour un soir de Séder » sont des notes que l‘on pourra consulter en toutes occasions, sauf…pendant la soirée de Pessah'. Le rôle de chacun des convives n‘est pas alors de "lire" des explications, mais de participer à la soirée en répondant aux remarques, aux questions des amis, grâce à ce qui a été appris et assimilé pendant l'année. Seul a véritablement sa place devant chaque convive un texte de la Haggadah clair, esthétique. Au cours de la soirée, chacun s‘arrêtera un peu plus longuement sur trois, quatre notions (par exemple celles de la liberté, de l‘éducation, du racisme…), réservant les autres, qui lui tiennent également à cœur, pour les années à venir… La plupart de ces thèmes sont autant de compagnons qu‘il faut sans cesse revisiter puisqu‘ils constituent l'essentiel de la pensée de chacun d'entre nous. Albert Camus constate : "On vit avec quelques idées familières... Au hasard des mondes et des hommes, on les polit, on les transforme. Il faut dix ans pour avoir une idée bien à soi dont on puisse parler". 4 Suite à ces échanges, une idée sera souvent modifiée, enrichie, parfois abandonnée lorsqu‘elle nous est devenue étrangère. Seul doit être retenu ce qui personnellement nous intéresse et nous construit. « Pessah‘ », « Yom-Kippour ». Aux deux pôles de l‘année juive, deux fêtes, deux expériences de caractère très différent. Le jour du Kippour est l‘édifice spirituel le plus imposant de l‘année juive. Dans les synagogues du monde entier, un peuple jeûne et se rassemble pour une même prière. Le rituel vocal, toujours identique, est également toujours différent, suivant la tonalité du dialogue qui s'instaure entre l'officiant et les fidèles. Brisant la routine journalière, ce rituel aspire à être à la fois le temps d‘un bilan moral et celui de la prise de résolutions pour l‘année à venir.
4

Camus : Noces. Gallimard 1971 191 pages. P 29. 14

Le soir du Séder est lui, plus que tout autre, le temps de l‘accueil et le lieu de la rencontre se déplace. Son cadre principal n'est plus la synagogue, l'endroit majestueux où l'on se rend, mais celui intime de la maison que l'on a préparée pour recevoir. Dans ce cadre, cette soirée est le moment privilégié pour réaffirmer que la vocation de l'homme, de tout homme, est d'être libre. « Pessah‘ », « Yom Kippour » : des « Moments-cœur » suivant le terme, si juste et si beau, forgé par Yehouda Halévi (1075-1141) pour désigner le temps des fêtes, celui des prières, celui de ces moments « différents » pendant lesquels l‘âme juive se régénère. De la prière du matin à celle du soir, d‘un Shabbat à celui de la semaine suivante, « …la prière est pour l‟âme ce que le repas est pour le corps ; l‟homme prie pour son âme et il se nourrit pour son corps… Le bénéfice d‟une prière lui reste acquis jusqu‟à la prière suivante, comme les forces qu‟il tire du déjeuner durent jusqu‟au dîner »5… Du Séder comme nécessité sociale… Dans mon bureau, miracle de la technique, viennent à moi au gré de mes besoins, au gré de mes caprices, le livre, le tableau ou encore la mélodie de mon choix. Mais en ce siècle où je peux tant connaître du monde, souvent se relâche, parfois même se rompt, le contact avec les personnes qui m‘entourent et qui me sont les plus chères. L‘attention de chacun d‘entre nous accaparée par des programmes toujours plus nombreux et variés, les relations que maintenaient les réunions autour de la table familiale s‘évanouissent. David, mon fils, constate avec humour et tristesse qu‘au « cercle de famille » s‘est trop souvent substitué un « demi-cercle de téléspectateurs »6… Plus nécessaire que jamais, comme certains autres repas de fête, le Séder semble une occasion à ne pas laisser échapper pour entretenir, souvent pour renouer, ces liens familiaux si précieux. « Mon Séder de cette année». La fête de Pessah' débute le soir du 14 du mois de Nissan et se poursuit pendant huit jours, huit journées que distingue
5 6

Yehouda Halévi : Le Kuzari 3-5. Traduction Ch. Touati. Verdier. Prise en considération, la remarque de David suffirait souvent à éviter les nombreuses et « inévitables (?) tensions familiales ». 15

l'interdiction de manger le produit fermenté de cinq céréales: blé, orge, seigle, avoine, épeautre.7 Interdiction d'en manger, mais également d'en posséder ou d'en tirer profit et, parallèlement, obligation de consommer la « matsa », le pain azyme, un pain sans levain, non fermenté. Mais, tout autant que par cette étrangeté diététique, cette fête reste gravée dans la mémoire de l'homme juif comme étant celle de la "soirée du Séder". Sur la table familiale, la plus jolie nappe et "le service de Pessah'", la vaisselle dont l'usage est exclusivement réservé à cette semaine de fête. Au repas sont servis les mets traditionnels, mets souvent présents au menu pendant l'année, mais qui n‘ont jamais la saveur particulière qu'ils possèdent en cette occasion... Devant chaque convive est placé un exemplaire de la Haggadah, toujours présenté et illustré de façon très variée. Telle une partition musicale, chacun des participants aura à l‘interpréter suivant ses connaissances, suivant sa sensibilité. L'enfant à la table de ses parents reçoit alors ce qui constitue le « commentaire familial ». C‘est par la suite cette base qu‘il enrichit grâce à ses lectures, grâce à son expérience de la vie, façonnant ainsi son commentaire personnel. Promu pendant quelques heures "metteur en scène", le père dirige la soirée en fonction de son public -âges, niveaux et intérêts des participants- en fonction également de l'actualité, de ce qu'elle propose, de ce qu'elle impose. Séder toujours nouveau, toujours unique puisque, d'année en année, rien n'est semblable, ni le monde, ni nous-mêmes. Chaque année, chacun recrée et vit donc, non le Séder, mais son Séder, de cette année.

7

Exode 12-15. 16

Intermède : « Recréation ». Telle est, d‘une façon générale, l'approche suivant laquelle est abordée toute étude juive des textes sacrés. "Chaque époque, enseigne le Talmud, a ses interprétations et ses sages".8 Une telle conception encourage à porter une attention particulière à l‘influence du contexte, tant social que culturel. Le commentaire du H'idouché HaRim (1799-1866) du verset "Méditez-les d'âge en âge..." est une illustration de cette perception: « En chaque génération sont inspirées de nouvelles compréhensions de la Thora, compréhensions nouvelles et adaptées à la génération, à son temps. Chaque génération suscite des Justes qui donnent de nouvelles interprétations, de nouveaux enseignements à leurs contemporains..." 9 Des « contemporains », c'est-à-dire des hommes, des femmes, vivant les mêmes événements, parlant un même langage. Ainsi s‘explique l‘ordre, en apparence bien étonnant, du verset du Deutéronome de consulter en cas de différend «… le juge de son temps… ».10 Cette «évidence» comporte en réalité deux enseignements: celui de respecter le juge de son époque sans considérer «les Anciens » comme les seuls véritablement compétents, et d‘autre part, celui de voir dans le juge « de son temps » celui qui a, lui justement, les éléments nécessaires pour comprendre la personne qui lui fait face. L‘évolution de la place de la femme dans la société est, parmi tant d‘autres, un exemple de l‘obligation pour chaque juge, et pour chacun de nous, d‘une mise à jour permanente de sa vision du monde. Avocate, conductrice d‘autobus et tant d‘autres professions, autrefois jugées « incompatibles avec la personnalité féminine», sont devenues des activités courantes de la femme moderne, femme d‘aujourd‘hui qui n‘a plus à se satisfaire d‘une éducation médiocre ou d‘une place secondaire dans la société.
8 9

Talmud Babli : Sanhédrin 38b. Préoccupation très proche de celle exposée par Vincent Van Gogh dans une lettre à son frère Théo: « Il s‟agit de saisir ce qui ne passe pas dans ce qui passe ». 10 Deutéronome 17-3. Un texte du Talmud apporte un enseignement identique : « Jérubaal dans sa génération est comme Moïse dans la sienne ». (Talmud Babli Roch Hachana 25b). 17

Notre défi Guidé par les paroles des sages, chaque juif « revit » depuis plus de trois mille ans la libération de l‘esclavage d‘Egypte, mais la destruction du Temple et sa conséquence, l'impossibilité de sacrifier l'agneau pascal (à cette époque le geste central de la soirée), ont une première fois imposé une formulation nouvelle de cette commémoration. Deux mille ans plus tard, dans la seconde partie du vingtième siècle, des événements sans précédent, dans l‘Histoire universelle comme dans l‘Histoire juive, obligent à nouveau chacun de nous à créer un Séder différent de tous ceux qui ont précédé. Dans le domaine de la science, marcher sur la lune, transplanter un cœur, ou au même instant informer la totalité de la planète, autant d‘exploits inconcevables, autant de « folles utopies », devenus à présent réalités. Pour le monde juif, le mal et le bien ont pris des formes extrêmes. La "solution finale" (que nul ne pouvait même imaginer…) a été programmée, exécutée, et la renaissance de l'Etat d'Israël (pour Maïmonide (11351204) 11 le premier signe d‘une ère nouvelle), est elle aussi, devenue une réalité. 12 Trouver, sans en trahir l‘esprit, une formulation actuelle à un rite trois fois millénaire, une formulation tenant compte de tels bouleversements, tel est le défi auquel chacun de nous est confronté en ce soir de fête.

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Maïmonide: Michné Thora. Hilh‘ot Melah‘im 12-2 Progrès ou sclérose : Un voisin auquel je rendais visite la veille de Pessah‘, me montra avec émotion « SA Haggadah », celle avec laquelle il allait le soir même participer au Séder. Il s‘agissait, me dit-il, de notes rédigées alors qu‘il terminait ses études. Sur son invitation, j‘ouvre le livre et découvre, désolé, que depuis tant d‘années il était resté inchangé (pas de nouvelles idées, pas d‘annotations, pas même de ratures, rien, une navrante stagnation !). Ainsi, année après année, ce monsieur, consciencieusement, s‘asseyait, ouvrait son cahier et rabâchait les mêmes commentaires, employant, je suppose, les mêmes mots. Le temps passait, son temps s‘écoulait et, tragiquement, lui restait sur place, piétinait…
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De nombreux passages de la Thora évoquent la sortie d'Egypte et planifient le déroulement de la soirée qui la commémore. Parmi ces textes, j'en retiens trois dans la traduction du Rabbinat français13 : Lévitique chap. 23 versets 5 et 6 : "Au premier mois, le quatorze du mois, vers le soir, la Pâque sera offerte au Seigneur ; et au quinzième jour de ce mois, ce sera la fête des azymes pour le Seigneur : durant sept jours vous mangerez des azymes". Nombres chap. 28 versets 16 et 17 : « Au premier mois, le quatorzième jour de ce mois, la Pâque sera offerte à l'Eternel. Et le quinzième jour du même mois, c'est fête : durant sept jours on mangera des azymes ». Deutéronome chap. 16 versets 1 à 4 : "Prends garde au mois de la germination, pour célébrer la Pâque en l'honneur de l'Eternel, ton Dieu car c'est dans le mois de la germination que l'Eternel, ton Dieu, t'a fait sortir d'Egypte, la nuit. Tu immoleras le sacrifice pascal à l'Eternel, ton Dieu, parmi le menu et le gros bétail, dans le lieu que l'Eternel aura choisi pour y fixer son nom. Tu ne dois pas manger de pain levé avec ces victimes ; durant sept jours tu mangeras avec elles des azymes, pain de misère, car c'est avec précipitation que tu as quitté le pays d'Egypte... Qu'on ne voie pas de levain chez toi durant sept jours...". A partir de ces versets, s'est développée une impressionnante littérature. On relève parmi ses textes fondamentaux : "Pessah'im", un traité entier des Talmuds de Babylonie et de Jérusalem et tous les commentaires qui les accompagnent, ainsi que de nombreux paragraphes dans tous les autres traités de ces ouvrages. Des chapitres dans tous les "codes religieux" indiquant les modalités de la célébration de la fête. Enfin, chez tous les penseurs juifs, de très importants développements prennent appui sur cet événement pour évoquer la formation du Peuple juif et sa vision de la liberté.
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La Bible. Traduction du texte original par le Rabbinat français. Edition Colbo. Paris 1966. 19

Chapitre I : « Les 4 Shabbatot ». Quatre étapes vers la liberté.

Les « 4 Shabbatot », 14 … quatre haltes vers le Séder.
Quelques semaines avant la fête, ses préparatifs débutent par la lecture le samedi matin à la synagogue de quatre paragraphes particuliers de la Bible. Les quatre textes retenus sont, dans l‘ordre:  "Shekalim" (Exode 30/11-16); « Les sicles ».  "Zah'or" (Deutéronome 25/17-19); « Souvienstoi ».  "Para adouma" (Nombres 19/1-22) ; « La vache rousse ».  "Hah'odech" (Exode 12/1-20). « Le début du mois ». Les pages suivantes veulent mettre en évidence l‘attention particulière qui doit être prêtée à l‘étude de ce « parcours ». Il constitue un élément essentiel préparant chacun des participants à répondre au vœu des rédacteurs de la Haggadah : « En chaque génération, chaque homme doit ressentir être lui-même sorti d‟Egypte… ». Dès l‘origine, une double mission était confiée au Peuple juif: celle de recevoir la Thora, d‘en faire son code de vie et parallèlement, celle de prendre possession du pays de Canaan. Les péripéties de l‘Histoire ayant mené à l‘asservissement d‘Egypte, les quatre textes et l‘ordre suivant lequel ils sont lus rappellent les étapes qui furent alors franchies pour mener le peuple de l‘esclavage à la liberté, autant d‘étapes que l‘on retrouve lors de la réalisation de chacun de nos projets:  « Shekalim »15, enseigne la nécessité de recenser les moyens dont on dispose au moment d‘entreprendre une action.  « Zah‘or », ensuite, symbolise les éléments qui s‘efforcent de faire obstacle à l‘exécution d‘un projet, autant d‘oppositions qu‘il faut affronter, surmonter, parfois même totalement éliminer.
14 15

Shabbatot est en hébreu le pluriel du mot shabbat. Chacun des termes est traduit et commenté dans les pages qui suivent. 23





« Para adouma ». S‘il est des combats justes, il n‘en est pas d « innocents ». Prenant conscience d‘actes -en toute autre circonstance moralement condamnables- que l‘on a pu (sciemment ou non) être amené à commettre, cette cérémonie est le symbole d‘une « purification » que l‘on ressent alors nécessaire. « Hah‘odech » enfin, la loi qui règle la fixation du calendrier (le premier commandement transmis par Moïse au Peuple juif) traduit ici la réussite du projet.

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