La Politique et l
159 pages
Français

La Politique et l'Art

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159 pages
Français

Description

L'auteur se livre à une revue des altérations de deux activités essentielles : la politique et l'art. Il les rapporte aux atteintes qu'opère la globalisation capitaliste des marchés sur deux éléments essentiels des rapports sociaux : l'imaginaire et le collectif. Ce qui a pour effet de réduire la division sociale du travail à une valorisation de l'organisation et de l'entreprise. La pandémie que nous traversons doit nous inciter à trouver de nouvelles voies pour dépasser cette situation. Parmi celles-ci toutes sortes de mobilisations collectives territoriales sont à explorer.

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Date de parution 07 janvier 2021
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EAN13 9782140167980
Langue Français
Poids de l'ouvrage 2 Mo

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Exrait

Roland Guillon
La Politique et l’Art Entre globalisation et pandémie
L O G I Q U E S S O C I A L E S
LA POLITIQUE ET L’ART ENTRE GLOBALISATION ET PANDÉMIE
Logiques sociales Collection dirigée par Bruno Péquignot En réunissant des chercheurs, des praticiens et des essayistes, même si la dominante reste universitaire, la collection « Logiques Sociales » entend favoriser les liens entre la recherche non finalisée et l'action sociale. En laissant toute liberté théorique aux auteurs, elle cherche à promouvoir les recherches qui partent d'un terrain, d'une enquête ou d'une expérience qui augmentent la connaissance empirique des phénomènes sociaux ou qui proposent une innovation méthodologique ou théorique, voire une réévaluation de méthodes ou de systèmes conceptuels classiques. Dernières parutions Roland GUILLON,La politique et l’art. Entre globalisation et pandémie, 2020. Philomène-Nicole EYENE, Souffrance au travail :la sphère pri-vée en appui du combat des salariés, 2020 Juan-Luis KLEIN et Bernard PECQUEUR (dir.),Les Living Labs, Une perspective territoriale,2020. Georges JOURDAM,Au croisement du travail et du politique : l’emploi salarié. Le cas français : mutations et transformations,2020. Jacqueline FELDMAN,Françoise Laborie (1938-2016), His-toire d’une femme en science, 2020. Mathieu SORDET,La demande d’asile en France,La pénitence civilisée,2020.Lionel CLARIANA,radicalisation et protection de Laïcité, l’enfant. Articulations et enjeux sociopolitiques, 2020. Eguzki URTEAGA,L’essor du vote nationaliste basque, 2020. Alexander María LEROY,Penser la sexualité des personnes e âgées. De Disney à l’EHPAD du XXI siècle, 2020. Mélody JAN-RÉ (dir.),L’œuvre du genre, 2019. Gilles VIEILLE-MARCHISET,La conversion des corps, 2019. Aurélie NETZ,Les Cercles de Femmes, Ritualiser l’identité de genre dans les spiritualités alternatives,2019.
Roland Guillon LA POLITIQUE ET L’ART ENTRE GLOBALISATION ET PANDÉMIE
© L’Harmattan, 2020 5-7, rue de l’École-Polytechnique ‒ 75005 Paris www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-21571-6 EAN : 9782343215716
 SOMMAIRE Avant-propos......................................................................9 L’imaginaire face à la globalisation.................................13 Des rapports sociaux contraints par la globalisation........27 Quelques traits de la situation française...........................39 Quelques flashs européens ...............................................63 Deux grands pays continentaux .......................................77 Des rapports sociaux incomplets .....................................89 Résurgences et strates du collectif .................................109 En guise de conclusion...................................................139 Bibliographie..................................................................151
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AVANT-PROPOS Après plusieurs décennies consacrées à l’étude des activités de nos sociétés, j’éprouve encore le besoin de m’exprimer à ce sujet. Car, bien que je reste passionné pour nombre d’entre elles, je ressens un malaise : celui que me suggèrent, depuis plusieurs années, les signes d’un repli de notre vie politique et culturelle. Ce qui peut apparaître paradoxal dans un monde où les échanges de toute nature se sont multipliés et où les forces productives ont considérablement augmenté. Je vouerai donc cet ouvrage à en cerner quelques racines et contours, tant à l’échelle de nos institutions qu’à celle de nos mentalités ou de nos valeurs. Je m’y investirai avec d’autant plus de motivation que de tels signes concernent non seulement nos idées et nos affects, mais aussi notre imaginaire. Ils touchent deux registres essentiels de toute civilisation : l’exercice de la politique et la création artistique. Conscient du fait que l’un et l’autre sont encastrés, depuis plusieurs décennies, dans ce procès majeur et éruptif de notre temps qu’est la globalisation capitaliste, je m’efforcerai donc d’en saisir l’impact. Je les restituerai 1 dans le cadre des rapports sociaux et celui de la géopolitique. Aussi étendrai-je mon analyse à d’autres sociétés et, parfois même, à d’autres époques que les nôtres.
1 Aussi bien ceux de production et d’échange que ceux d’ordre idéologique et culturel.
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Toute analyse des rapports sociaux exige en effet un minimum de démarche pluridisciplinaire et comparatiste entre les systèmes politiques, économiques et idéologiques. Et cela d’autant plus que la globalisation des capitaux et des marchés, au-delà de son apparence économique et financière, a fini par agir sur l’ensemble des rapports sociaux. Elle draine en effet la plupart des activités à travers des chaînes de valeur dont les critères sont d’abord ceux du profit et de la compétitivité. A tel point que les classes dirigeantes, cédant aux charmes de l’entreprise, finissent toujours par en faire une institution phare, pour en incorporer les critères dans un nombre croissant d’institutions. Ce qui les incite à renforcer la place de l’évaluation budgétaire dans la gestion publique. Et ce qui encourage aussi l’essor de multiples réseaux distanciés de la puissance publique, alors que celle-ci reste paradoxalement fixée sur les normes d’une souveraineté nationale. Cette situation suscite de plus en plus de tensions auxquelles réagissent des manifestations collectives qui sont effervescentes et parfois même explosives. Une partie d’entre elles en rajoutent à propos de cette souveraineté. Tandis que d’autres sont davantage fondées sur des relations informelles qui structurent les activités sociales. Celles-ci recoupent les déplacements de populations que sont les migrations ou demeurent attachées à des formes de sociabilité communautaire plus traditionnelles ou locales. Elles portent des liens ou des croyances qui peuvent s’intégrer ou rester en marge des normes qu’impose la globalisation. Enfin, mon souci de prendre en compte la géopolitique m’incite à me projeter dans une histoire en longue période. Celle-ci me paraît d’autant plus incontournable qu’est intervenue – au cours de ce travail – l’irruption d’une pandémie : celle du coronavirus. Celle-ci nous oblige à prendre conscience du caractère récurrent qu’ont les phénomènes morphologiques aussi bien démographiques qu’épidémiologiques ou climatiques. Comme l’ont déjà montré, ces dernières décennies,
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