La pratique de l

La pratique de l'action communautaire, 3e édition actualisée

-

Livres
430 pages

Description

L’action communautaire propose une conception de l’organisation sociale fondée sur des valeurs de justice sociale, de solidarité, de démocratie, d’autonomie et de respect. Elle se traduit, dans sa pratique, par une forme d’intervention qui reconnaît aux individus la capacité à être les principaux acteurs du développement de leur collectivité.
Cette troisième édition actualisée met à jour le contexte historique et les diverses générations de pratiques d’action communautaire au Québec en lien avec les nouveaux mouvements sociaux. La méthodologie de l’intervention communautaire situe mieux les aspects dynamiques d’une démarche de changement social qui met en présence plusieurs acteurs dans des rapports tantôt consensuels, tantôt conflictuels. Cette édition donne une représentation plus juste de la diversité des tactiques qui structurent l’organisation des mobilisations dans les mouvements sociaux. Et l’on retrouve dans le chapitre portant sur les communications une réflexion sur les nouvelles formes d’engagement social que permettent les technologies de l’information
et de la communication (TIC).
Pour insuffler ce regard neuf et plus actuel sur une pratique qui ne cesse de se renouveler, les auteurs ont fait appel à des collaboratrices et des collaborateurs qui conjuguent des activités d’enseignement, de recherche et de militantisme.
D’abord conçu à l’intention des étudiantes et des étudiants en travail social, ce livre intéressera toutes les personnes qui cherchent une réponse citoyenne et solidaire aux problèmes sociaux.

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Date de parution 20 août 2014
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EAN13 9782760540583
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Langue Français

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Jocelyne Lavoie
Jean Panet-Raymond
La pratique
de l’action
communautaire
e3 ÉDITION ACTUALISÉELa pratique
de l’action
communautairef
Presses de l’Université du Québec
Le Delta I, 2875, boulevard Laurier, bureau 450, Québec (Québec) G1V 2M2
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Membre deJocelyne Lavoie
Jean Panet-Raymond
La pratique
de l’action
communautaire
e3 ÉDITION ACTUALISÉECatalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec
et Bibliothèque et Archives Canada
Vedette principale au titre :
La pratique de l'action communautaire
e 3 édition actualisée
Comprend des références bibliographiques.
ISBN 978-2-7605-4056-9
1. Organisation communautaire. 2. Action sociale. 3. Développement communautaire.
4. Service social communautaire. I. Lavoie, Jocelyne, 1954- . II. Panet-Raymond, Jean.
HN49.C6P72 2014 361.8 C2014-941048-4
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Elles remercient également la Société de développement
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Conception graphique
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T ous  droits de rep roduc tion,  de t raduc tion  et d’ adap tation  réservés
Imprimé au CanadaREMERCIEMENTS
Nous tenons à remercier très chaleureusement les nombreuses personnes
qui nous ont soutenus pour la production de ce livre. Ces remerciements
s’adressent d’abord à nos proches qui nous ont encouragés à entreprendre ce
travail et qui ont accepté que nous y mettions un temps qui aurait pu,
autrement, leur être en partie consacré. Ils s’adressent aussi aux centaines de
personnes qui, actives à divers titres dans les organismes communautaires
autonomes et les établissements publics avec lesquels nous entretenons des
liens, nous ont généreusement fait part de leurs expériences, de leurs conseils
et de leurs observations. Il convient enfn de remercier nos étudiantes et nos
étudiants qui, souvent sans s’en rendre compte, nous instruisent autant que
nous le faisons.
CHOIX DU GENRE
Les auteurs sont conscients qu’une nette majorité de femmes sont actives dans
les milieux communautaires. Afn de ne pas alourdir le texte et par souci
linguistique, ils ont choisi de témoigner de cette réalité en utilisant des termes
génériques là où c’est possible et en employant le genre féminin lorsqu’une
référence porte spécif quement sur une pratique qui touche surtout les femmes.AVANT-PROPOS
La pratique de l’action communautaire a beaucoup évolué depuis la
publication de la première édition de cet ouvrage en 1996. Nous voici maintenant
rendus à la troisième édition, après diverses réimpressions et rééditions, ce
qui démontre à quel point le savoir-faire méthodologique et technique de la
pratique de l’action communautaire ne cesse de s’enrichir et de se renouveler.
Pour cette troisième édition, deux des coauteurs à l’origine de la première
édition de cet ouvrage ont quitté le navire. Ce fut d’abord Robert Mayer,
professeur titulaire à l’École de service social de l’Université de Montréal, qui
fut des nôtres jusqu’à son décès en 2003. Un autre compagnon qui a, lui aussi,
quitté le navire en 2010 pour explorer de nouveaux horizons est Henri
Lamour eux. Henri et Robert ont contribué de façon marquante à l’évolution
de notre réfexion et de notre écriture.
Mais le véritable renouveau qui marque cette troisième édition est
l’arrivée de collaboratrices et de collaborateurs dont les activités d’enseignement
et de recherche, de même que l’expérience professionnelle et l’implication
militante, représentent à la fois une expertise bien établie et un enrichissement
quant à la transmission des divers savoirs associés à la pratique de l’action
communautaire. Cet ouvrage se veut donc plus « à jour » quant au renouveau
entourant les pratiques, et ce, dans une conjoncture en constante évolution.
Ces pratiques innovatrices, à leur tour, renvoient à une constante dialectique
d’action-réfexion-action, contribuant ainsi à élargir la palette des fondements
méthodologiques et techniques en action communautaire.X La pratique de l’action communautaire
Depuis la publication de la première édition de ce livre, on a vu apparaître
plusieurs ouvrages et articles touchant les fondements, les approches et les
pra1tiques en organisation communautaire . Cette littérature a aussi enrichi notre
réfexion et notre analyse. Elle témoigne de l’évolution des divers mouvements
communautaires et du soin que prennent les intervenants, chercheurs,
intellectuels et militants solidaires de ces mouvements à nous communiquer la réfexion
issue de l’expérience. C’est dans ce terreau fertile que le présent livre souhaite
s’inscrire. Il demeure néanmoins fdèle à son objectif d’origine, qui est de fournir
un outil de base pour réaliser des changements sociaux en situant le processus
d’intervention, et les principes et méthodes qui s’y rattachent, dans un cadre
éthique en congruence avec les valeurs portées par l’action communautaire.
UNE ORIENTATION PARTAGÉE
Les auteurs et les collaborateurs de cet ouvrage sont engagés dans des activités
d’enseignement au cégep et à l’université. Ils sont par ailleurs engagés dans des
activités de recherche, de militantisme et, plus largement, d’implication citoyenne
et politique. On les retrouve au sein de divers groupes, organismes et
regroupements communautaires, tant sur les plans local, régional et national
qu’international. Ces auteurs, en tant que femme, homme, conjoint, parent, enfant,
ami, proche aidant, consommateur et éternel étudiant, vivent des réalités que
partagent les lecteurs et lectrices de cet ouvrage.
La pratique de l’action communautaire n’étant pas neutre, les auteurs et
collaborateurs se sont donné le droit de faire part de leur analyse, de leur
réflexion et du regard critique qu’ils portent sur les divers aspects de cette
pratique. Un soin particulier a été accordé au « sens » et à la « fnalité » sociale,
politique et éthique des savoirs et des savoir-faire qui sont transmis. En effet,
selon nous, l’action communautaire se distingue de certaines pratiques
communautaires plus strictement caritatives ou philanthropiques, voire de pratiques
qui n’ont plus rien d’« autonomes » parce que s’éloignant des « bonnes » causes
1. Mentionnons notamment L’organisation communautaire. Fondements, approches et champs de
pratique, publié en 2007 aux Presses de l’Université du Québec, sous la direction de D. Bourque,
Y. Comeau, L. Favreau et L. Fréchette, ainsi que le nouveau cadre de référence du Regroupement
québécois des intervenantes et intervenants communautaires en CSSS (RQIIAC), Pratiques
d’organisation communautaire en CSSS, aux Presses de l’Université du Québec, publié en 2010.Avant-propos XI
2à fnancer ou jugées par l’État comme trop « dérangeantes ou subversives ».
L’affr mation de ce positionnement idéologique nous semble importante, car elle
exprime la limite de notre objectivité et notre volonté de nous démarquer de
certains courants plus strictement technicistes et économistes qui verraient dans
l’action communautaire, l’un, une démarche de type strictement organisationnel,
l’autre, la perspective d’une solution de rechange communautaire peu coûteuse
aux services rendus par l’État.
Nous sommes aussi parfaitement conscients que l’action communautaire
3s’est professionnalisée. Nous en enseignons les fondements, méthodes et
techniques dans nos universités et cégeps respectifs, et plusieurs de nos collègues
4font de même dans des organismes d’éducation populaire. Cette
professionnalisation s’exprime notamment par l’engagement de centaines de personnes dans
des pratiques d’organisation communautaire réalisées par des institutions de
5l’État, notamment les centres de santé et de services sociaux (CSSS) . Donc, si
l’action communautaire est d’abord et avant tout celle de personnes qui
choisissent librement de s’y engager en se joignant à des milliers de groupes actifs
partout au Québec, elle offre aussi une perspective d’emploi. Cependant, si les
pratiques d’action communautaire conduisent de plus en plus à un emploi, elles
ne sauraient, sous peine de se dénaturer, se résumer à ces seules fonction et
perspective. Les personnes engagées en action communautaire aspirent ou
devraient aspirer à une diminution radicale des causes des problèmes sociaux.
En ce sens, l’action communautaire, c’est avant tout un engagement basé sur la
conscience des inégalités socioéconomiques et de l’exclusion. C’est donc dire que
les femmes et les hommes qui interviennent dans un milieu sont porteurs d’un
projet de société qui s’oppose plus ou moins radicalement aux causes str ucturelles
de telles inégalités.
2. Pour avoir un aperçu des luttes menées par le mouvement communautaire pour affrmer cette
nécessaire autonomie des organismes communautaires, on peut se reporter au site de la
campagne Non à la convention PSOC (<http://www.nonalaconvention.org/>).
3. Trois critères permettent de considérer l’existence d’une profession : 1) un ancrage
organisationnel où se manifeste une reconnaissance du métier ; 2) des méthodes et des techniques associées
spécifquement à ce travail ; 3) une certaine personnalisation dans la manière d’utiliser ces
méthodes et ces techniques qui se rapporte à l’autonomie professionnelle. Par ailleurs, la
convention collective qui régit les relations de travail dans le réseau public de la santé et des services
sociaux reconnaît l’organisation communautaire comme profession depuis 1976.
4. Mentionnons notamment les formations offertes par le Centre Saint-Pierre, le Centre de
formation populair e et l’organisme Communagir.
5. Environ 300 organisatrices et organisateurs communautaires exercent dans le réseau public.XII La pratique de l’action communautaire
Les auteurs de ce livre constatent que les valeurs guidant l’action
commu6nautaire sont fondamentales, mais que les sociétés capitalistes, ainsi que
l’idéo7logie néolibérale qui les sous-tend, ne les respectent généralement pas ou les
dénaturent. L’injustice, les inégalités, l’exclusion, l’individualisme, l’absence de
respect des droits humains et la concentration du pouvoir au sein d’une
oli8garchie sont donc encore au cœur des rapports sociaux. Ainsi, l’action
communautaire devrait défendre les intérêts de ceux et celles qui subissent les effets
négatifs du développement économique de la société. L’action communautaire
est une pratique qui doit d’abord être un outil de changement social pour ceux
et celles qui souhaitent lutter contre le modèle individualiste de représentation
et de comportement qu’impose le capitalisme, se tournant plutôt vers une logique
collective de recherche du bien commun. Nous misons donc sur la capacité des
communautés à prendre en main leur développement social, culturel,
économique et politique dans une perspective où la richesse collective est orientée vers
des activités socialement utiles à faible impact écologique.
Prenant appui sur ces balises, voici notre définition de l’action
communautair e :
L’action communautaire désigne toute initiative issue de personnes, d’organismes com­L’action
communautaire munautaires, de communautés (territoriale, d’intérêts, d’identité) visant à apporter une
solution collective et solidaire à un problème social ou à un besoin commun.
6. Selon Kempf, dans l’ouvrage Pour sauver la planète, sortez du capitalisme, Paris, Seuil (2009), le
capitalisme est un processus historique qui se déploie depuis deux à trois siècles. D’un point
de vue technique, le capitalisme est un état social dans lequel les individus sont censés n’être
motivés que par la recherche de profts et consentent à laisser régler par le mécanisme du marché
toutes les activités qui les mettent en relation.
7. Le néolibéralisme désigne tout à la fois une idéologie, une vision du monde, des modes de
gouvernement et une théorie marquant une radicalisation du libéralisme. Il se caractérise par
une limitation du rôle de l’État en matière économique, sociale et juridique, une ouverture de
nouveaux domaines d’activité à la loi du marché et une vision de l’individu en tant que capital
humain, que celui-ci parviendra à développer et à faire fructifier à condition qu’il sache
s’adapter et innover.
8. Selon Kempf, dans l’ouvrage L’oligarchie, ça sufft, vive la démocratie, Paris, Seuil (2011), le
capitalisme actuel glisse vers une forme oubliée de système politique : l’oligarchie. L’oligarchie n’est
ni la démocratie – le pouvoir du peuple par le peuple –, ni la dictature – le pouvoir d’un seul
aux fns qui lui sont propres – ; c’est un régime politique où un petit nombre, une étroite couche
dirigeante, discute et adopte en son sein les décisions qu’il lui paraît nécessaire de prendre.Avant-propos XIII
L’action communautaire s’actualise par des pratiques multiples et diversifées, guidées par
des valeurs de justice sociale, de solidarité, de démocratie, d’autonomie et de respect.
Ces actions sont menées avec un souci d’éducation populaire et de fonctionnement démo­
cratique afn de favoriser l’autonomie des personnes et des communautés (empowerment ).
Cette défnition rejoint celle de plusieurs organismes communautaires et
regroupements nationaux, et elle est partagée par la plupart des personnes actives
dans les milieux communautaires autonomes ou œuvrant dans le secteur public.
Les organisatrices et organisateurs communautaires des CSSS du Québec, regroupés au L’organisation
communautaire sein du Regroupement québécois des intervenants et intervenantes en action communau­
taire en CSSS (RQIIAC), se sont donné une défnition de l’organisation communautaire
que l’on confond souvent avec l’action communautaire. Nous pensons qu’il est utile de
distinguer ces deux termes. Selon le RQIIAC, l’organisation communautaire :
est une intervention de soutien professionnel et d’infuence dans une communauté
donnée, qu’elle soit territoriale, d’identité ou d’intérêts ;
s’adresse prioritairement aux communautés affectées par les inégalités, la dépendance,
la marginalité, l’exclusion et l’appauvrissement, dans une perspective de justice sociale ;
est pratiquée en soutien au processus planifé d’action communautaire par lequel la
communauté identife ses besoins, mobilise ses ressources et développe une action
pour y répondre ;
est orientée vers le changement social par le renforcement de l’autonomie de la com­
munauté, de la solidarité de ses membres et de leur participation sociale dans le cadre
9de pratiques démocratiques .9
9. Regroupement québécois des intervenantes et intervenants en action communautaire en CSSS
(RQIIAC) (2010), Pratiques d’organisation communautaire en CSSS. Cadre de référence du RQIIAC,
Québec, Presses de l’Université du Québec, p. 34.­
XIV La pratique de l’action communautaire
Les pratiques d’action communautaire sont plurielles et les champs de pratique sont nom­Les approches
en organisation breux au Québec. Ils se déploient dans des expériences diversifées avec des groupes
10communautaire 11sociaux et des communautés variés . Pour tenter d’en cerner les principaux contours et
critères, diverses typologies ont été élaborées au fl des ans, mais c’est sans doute celle
élaborée par Rothman (1970) et adaptée par Doucet et Favreau (1991) qui a infuencé le
plus longtemps l’enseignement de l’organisation communautaire au Québec. Cette typolo­
gie comprenait trois approches : action sociale, développement local et planifcation sociale.
En 2007, Bourque, Comeau, Favreau et Fréchette ont proposé une nouvelle typologie
des approches stratégiques en organisation communautaire s’inspirant de l’expertise
12 québécoise. Cette nouvelle typologie comporte quatre approches :
1) Sociopolitique : résolution de problèmes sociaux par la défense et la promotion des
droits sociaux.
2) Socioéconomique : autodéveloppement économique et social.
3) Socio institutionnelle : résolution de problèmes par une intervention publique
de  pr oximité.
4) Sociocommunautaire : organisation de l’entraide entre personnes et groupes fragilisés
10 11 12 dans la communauté.
À qui s’adresse ce livre ?
Les auteurs de ce livre occupant ou ayant occupé des fonctions d’enseignants en
travail social, cela va de soi qu’ils poursuivent des objectifs liés à cette activité
professionnelle. Par ailleurs, étant également actifs dans divers mouvements
sociaux, ils ont voulu que ce livre soit utile non seulement aux étudiants en
intervention communautaire, mais aussi aux personnes, employés, militants ou
bénévoles qui agissent dans leur collectivité afn que les conditions de vie et
la qualité de la vie y soient meilleures dans le respect du bien commun. Par
conséquent, voici comment le terme intervenant communautaire est défni dans
cet ouvrage :
10. Selon le RQIIAC, « une approche, c’est une manière d’envisager une problématique et de prévoir
l’intervention appropriée », ibid., p. 40.
11. L’ouvrage de Bourque et al. (dir.) (2007), L’organisation communautaire. Fondements, approches et
champs de pratique, publié aux Presses de l’Université du Québec, analyse et décrit diverses
expériences d’intervention se rattachant aux principaux champs de pratique et approches en
organisation communautaire.
12. Ibid., p. 14.Avant-propos XV
Une intervenante ou un intervenant communautaire désigne toute personne qui apporte Intervenant
communautaire un soutien organisationnel et technique à un groupe de personnes ou à une communauté
qui entreprend ou mène une action communautaire. Selon le cas, cette personne sera soit
un intervenant professionnel du réseau public (organisateur ou travailleur communautaire,
agent de développement), soit un salarié d’un organisme communautaire, ou encore un
militant actif au sein d’un mouvement social.
L’ensemble des connaissances, des stratégies et des moyens mis en œuvre
par l’intervenant communautaire ainsi défni devraient respecter un processus
démocratique et éducatif favorisant la mobilisation ainsi que le
développement du pouvoir d’agir des personnes, des organismes et des communautés
( empowerment).
La structure de l’ouvrage
Ce livre comporte deux parties. Dans la première partie, nous avons voulu
décrire le contexte historique de l’évolution des pratiques communautaires au
Québec et les valeurs portées par l’action communautaire, de même que la
méthodologie du processus d’intervention communautaire. Dans la seconde
partie, nous nous sommes attardés aux divers moyens, techniques et outils
rattachés à la pratique de l’action communautaire. Il va sans dire que cette seconde
partie est liée à un savoir-faire complexe et diversifé qui est marqué par des
préoccupations d’ordre éthique et politique.
Enfn, s’il est un secteur de l’activité humaine où le savoir et le savoir-faire
résultent de l’action du grand nombre, c’est bien celui de l’action communautaire.
Il importe donc de souligner que cet ouvrage n’a pas la prétention de
représenter tout ce qui se fait de créatif et d’imaginatif en action communautaire. Et c’est
très bien ainsi…TABLE DES MATIÈRES
Remerciements ___________________________________________________ VII
Avant-propos ____________________________________________________ IX
PARTIE I
HISTORIQUE, VALEURS ET MÉTHODOLOGIE ________________________ 1
Chapitre 1
L’évolution des pratiques communautaires au Québec ______________ 3
Introduction _______________________________________________________ 5
Quelques mots sur le concept de mouvements sociaux ____________________ 6
1. Avant les années 1960 – L’émergence des mouvements syndical
et coopératif et l’infuence des mouvements d’action catholique _________ 9
2. Les années 1960 – La première génération de groupes communautaires :
les comités de citoyens ___________________________________________ 13
3. Les années 1970 – La deuxième génération : les groupes populaires
ou groupes autonomes de services __________________________________ 22
4. Les années 1980 – La troisième génération : la multiplication
et la diversité des organismes communautaires ________________________ 29
5. Les années 1990 – La quatrième génération : la concertation
et le renouvellement des mouvements sociaux 38XVIII La pratique de l’action communautaire
6. Les années 2000 – La cinquième génération : la consolidation du partenariat
et la radicalisation des luttes anticapitalistes et anti-autoritaires ___________ 49
Conclusion ________________________________________________________ 62
Annexe ___________________________________________________________ 65
Bibliographie sélective _______________________________________________ 69
Chapitre 2
Les valeurs portées par l’action communautaire ____________________ 71
Introduction _______________________________________________________ 73
Les valeurs portées par l’action communautaire __________________________ 74
1. La justice sociale _________________________________________________ 76
2. La solidarité _____________________________________________________ 78
3. La démocratie ___________________________________________________ 80
4. L’autonomie ____________________________________________________ 85
5. Le respect ______________________________________________________ 89
Conclusion ________________________________________________________ 90
Bibliographie sélective _______________________________________________ 92
Chapitre 3
Les étapes du processus d’intervention communautaire _____________ 93
Introduction _______________________________________________________ 95
LA PRÉPARATION DE L’INTERVENTION _________________________________ 96
1. L’analyse de sa base d’intervention __________________________________ 96
2. L’analyse de la situation ___________________________________________ 100
3. Le choix d’un projet d’action _______________________________________ 109
4. L’élaboration d’un plan d’action ____________________________________ 111
LA RÉALISATION DE L’INTERVENTION 121
5. La réalisation de l’action __________________________________________ 121
6. La vérifcation du plan d’action _____________________________________ 123
L’ÉVALUATION DE L’INTERVENTION ___________________________________ 124
7. Le bilan de l’intervention 124
8. La fn d’un mandat d’intervention __________________________________ 126
Conclusion ________________________________________________________ 127
Bibliographie sélective _______________________________________________ 128
Webographie sélective ______________________________________________ 129Table des matières XIX
PARTIE II
MOYENS, TECHNIQUES ET OUTILS _________________________________ 131
Chapitre 4
La recherche au service de l’action communautaire __________________ 133
Introduction _______________________________________________________ 135
1. Le déf et la pertinence de la r echerche ______________________________ 136
2. Les rôles des intervenants communautaires en recherche ________________ 140
3. La recherche-action participative : évolution, fnalités
et conditions de réalisation ________________________________________ 143
4. Les étapes du processus de recherche _______________________________ 149
5. Quelques techniques de collecte des données _________________________ 152
Conclusion ________________________________________________________ 158
Bibliographie sélective _______________________________________________ 159
Webographie sélective ______________________________________________ 160
Chapitre 5
La sensibilisation, la mobilisation et les moyens de pression _________ 161
Introduction _______________________________________________________ 164
1. La sensibilisation _________________________________________________ 165
2. La mobilisation __________________________________________________ 169
3. Les moyens de pression ___________________________________________ 174
4. Répertoire des moyens de sensibilisation, de mobilisation et de pression ___ 179
Bibliographie sélective _______________________________________________ 219
Webographie sélective ______________________________________________ 219
Chapitre 6
Les communications 221
Introduction _______________________________________________________ 223
1. La stratégie de communication _____________________________________ 225
2. Les moyens de communication 229
3. Les principales techniques d’utilisation des médias de masse _____________ 257
Conclusion ________________________________________________________ 275
Bibliographie sélective _______________________________________________ 276
Webographie sélective ______________________________________________ 277
Chapitre 7
L’organisation et l’animation d’une rencontre ______________________ 279
Introduction _______________________________________________________ 281
1. La préparation __________________________________________________ 282
2. Le déroulement _________________________________________________ 287XX La pratique de l’action communautaire
3. L’évaluation de fn de réunion ______________________________________ 306
4. Le suivi _________________________________________________________ 307
Conclusion ________________________________________________________ 308
Bibliographie sélective _______________________________________________ 309
Webographie sélective ______________________________________________ 309
Chapitre 8
L’organisation démocratique et la gestion des organismes
communautaires _________________________________________________ 311
Introduction _______________________________________________________ 313
1. L’organisation démocratique _______________________________________ 314
2. La gestion ______________________________________________________ 319
3. La participation à des regroupements, tables de concertation et coalitions _ 339
Conclusion ________________________________________________________ 346
Bibliographie sélective _______________________________________________ 346
Webographie sélective ______________________________________________ 347
Chapitre 9
Le fnancement __________________________________________________ 349
Introduction _______________________________________________________ 351
1. Comprendre la conjoncture ________________________________________ 352
2. Les stratégies de fnancement ______________________________________ 358
3. Les sources de fnancement 360
4. La planifcation et la pr éparation des demandes de fnancement _________ 370
5. L’autofnancement _______________________________________________ 373
6. L’évaluation _____________________________________________________ 376
Conclusion ________________________________________________________ 376
Bibliographie sélective 377
Webographie sélective ______________________________________________ 378
Chapitre 10
L’évaluation 379
Introduction _______________________________________________________ 381
1. Défnitions, pertinence et principes de l’évaluation _____________________ 381
2. Les enjeux de l’évaluation des pratiques communautaires _______________ 385
3. Les principales étapes de l’évaluation ________________________________ 387
4. Quelques exemples de recherches portant sur des évaluations ___________ 399
Conclusion ________________________________________________________ 403
Bibliographie sélective _______________________________________________ 403
Webographie sélective ______________________________________________ 404
Les collaborateurs ________________________________________________ 405L’action communautaire propose une conception de l’organisation sociale
fondée sur des valeurs de justice sociale, de solidarité, de démocratie,
d’autonomie et de respect. Elle se traduit, dans sa pratique, par une forme
d’intervention qui reconnaît aux individus la capacité à être les principaux
acteurs du développement de leur collectivité.
Cette troisième édition actualisée met à jour le contexte historique et les diverses générations
de pratiques d’action communautaire au Québec en lien avec les nouveaux mouvements
sociaux. La méthodologie de l’intervention communautaire situe mieux les aspects dynamiques
d’une démarche de changement social qui met en présence plusieurs acteurs dans des rapports
tantôt consensuels, tantôt confictuels. Cette édition donne une représentation plus juste de
la diversité des tactiques qui structurent l’organisation des mobilisations dans les mouvements
sociaux. Et l’on retrouve dans le chapitre portant sur les communications une réfexion sur
les nouvelles formes d’engagement social que permettent les technologies de l’information
et de la communication (TIC).
Pour insufer ce regard neuf et plus actuel sur une pratique qui ne cesse de se renouveler, les
auteurs ont fait appel à des collaboratrices et des collaborateurs qui conjuguent des activités
d’enseignement, de recherche et de militantisme.
D’abord conçu à l’intention des étudiantes et des étudiants en travail social, ce livre intéressera
toutes les personnes qui cherchent une réponse citoyenne et solidaire aux problèmes sociaux.
Jocelyne LAVOIE a été professeure en techniques de travail social au Cégep de Saint-Jérôme
jusqu’en 2013. Elle a aussi été coordonnatrice et chercheure pour le Réseau des femmes des
Laurentides. Titulaire d’un baccalauréat et d’une maîtrise en service social de l’Université de Montréal, ses
premières expériences professionnelles l’ont été à titre d’organisatrice communautaire au CLSC
Rivièr e-des-Prairies et au Comité logement Centre-Sud à Montréal. Encore active dans le domaine
de la supervision de stages en travail social, elle s’implique également au sein de divers organismes
communautaires de la région de Montréal.
Jean PANET-RAYMOND a été professeur à l’École de service social de l’Université de Montréal de 1979
à 2005. Il a été nommé professeur émérite en 2005. Il continue à enseigner aux universités Concordia
et McGill. Auparavant, il a été organisateur communautaire au CLSC Hochelaga-Maisonneuve, au
Conseil de développement social du Montréal métropolitain et à l’ACEF de 1971 à 1979. Il a aussi été
président du Conseil canadien de développement social et président fondateur du Conseil
québécois de développement social. Il est encore actif dans les milieux communautaires comme militant,
membre, formateur et conseiller, et il collabore depuis 2007 avec l’Institut national de santé publique
comme formateur en développement des communautés. Depuis 2006, il est chargé de la priorité de
la participation citoyenne avec Vivre Saint-Michel en santé dans le quartier Saint-Michel à Montréal.
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ISBN 978-2-7605-4056-9