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La presse au Niger

De
146 pages
Le Niger demeure un des rares pays de l'Afrique de l'Ouest à ne pas disposer de quotidien privé. La diffusion des journaux y est encore loin de celle des pays comme le Sénégal et la Côte-d'Ivoire. L'ouvrage étudie les relations entre le pouvoir politique et les journalistes, faites de féroce répression et de séduction. Si la presse nigérienne a été dans les années 1990 un des fers de lance du multipartisme, elle apparaît aujourd'hui comme le parent pauvre de l'expérience démocratique nationale.
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A tous mes confrères qui ont payéun lourdtributpourlaquête et
l’exercice de la liberté de la presse auNiger

Remerciements
Ce projetd’écrituren’aurait, sansdoute, jamaisaboutisans
l’inestimablecontributionde plusieurspersonnesde bonne volonté
tantauNiger qu’enFrance.Sans endonner une liste exhaustive, je
pensetoutparticulièrement à Hamadou Boulama alias Tcherno,qui
est àlafoismon jeune frère etmonconfrère.Sadisponibilité de
touslesinstants apermisde mettrerégulièrement àjourles
données que j’avais réunieslorsde mes séjours successifs au
Niger.Je pense également à Madame le professeur
SylvieLeleuMervielqui,après avoirdirigé ma thèse de doctoratenSciencesde
l’Information etde la communication, m’aexhortéàpoursuivre
uneactivité éditoriale.Je pense enfinà Babacar Sall, monami,
mon parrain et complice intellectuel, dontles vifsencouragements
etlesoutienconstantontnourri ma réflexion etmon écriture.Que
lespersonnesainsi nomméeset tousceux qui ontcontribué d’une
manière oud’uneautreàl’aboutissementdece livretrouventici
l’expression de maprofonde gratitude etmasincère
reconnaissance.

Liste des sigles etabréviations

A
AFP : AgenceFrance presse
AJN : Associationdesjournalistes nigériens
ANEPI :Association nigériennedeséditeursde lapresse
indépendante
ANP : Agence nigérienne de presse
AP : Associated press
B
BBC:Britishbroadcastingcorporation
C
CDS:Convention démocratique et sociale
CESTI:Centre de formationaux scienceset techniquesde
l’information
CFTI : Centre de formationaux techniquesde l’information
CRTV : Radio et télévision duCameroun
CSC : Conseilsupérieurde la communication
D
DW : DeutscheWelle
E
ESSIC :Ecolesupérieure desSciencesde l’information etde la
communication
I
IFTIC : Institutde formationaux techniquesde l’information etde
la communication
IFP : Institutfrançaisde presse
M
MNSD : Mouvementnational pourlasociété de développement
N
NIN : Nouvelle imprimerie duNiger
O
OIF:Organisation internationale de la Francophonie
OMS : Organisation mondiale de la Santé
ONEP : Office national d’édition etde presse
ORTN:Office deradio et télévision duNiger
P
PAO : Publicationassistée parordinateur

PNDS : Partinigérien pour ladémocratie etlesocialisme
PNUD : ProgrammedesNations unies pour ledéveloppement
R
RFI : Radio France internationale
RTI : Radio et télévision ivoiriennes
RJDH :Réseaudesjournalistes pour lesdroitsde l’homme
S
SAINFO : Syndicatdesagentsde l’information
SONICHAR:Sociéténigériennede charbon
SONIDEP : Sociéténigériennedesproduitspétroliers
SYFIA : Système d’informationsagricoles
V
VOA : Voice ofAmerica
U
UPJN : Uniondesjournalistesde lapresse privéenigérienne
W
WANAD : Westafrican newsmediadevelopmentcenter

Introductiongénérale

L’histoire de la presse auNiger remonteàlapériode
colonialeavec,d’une part, les moyensd’informationauxmainsde
l’administrationcoloniale française et, d’autre part, desorganesde
presse écriteanimésparlesforces syndicalesoupolitiquesdu
pays.Le projetd’écriturequisous-tendce livre n’estpasde
revisiter cechapitre importantdesdébutsde lapresseau Niger.Il
s’agitplutôtde partird’une périodebeaucoup plus récente pour
dresser un étatdeslieuxde lapresseau Niger.Les années1990
marquent untournantdanslechamp médiatique nigérien.Le
monopole de l’Etat surlesmoyensd’information prend finavecla
création deHaské, premier titre indépendantdupays.Entre 1990et
2007, le paysage médiatiquealittéralementexplosé:leNiger
compteaujourd’huiunetrentaine deradiosprivées,sixchaînesde
télévision, pasmoinsd’unesoixantaine de périodiques.Le nombre
de journalistesanaturellement suivicette évolution.Alors qu’ils
étaientjusqu’en 1990 une petite poignéetravaillantdansles seuls
médiaspublics, lesjournalistesnigériensavoisinentaujourd’huiun
demi-millier.Quisontcesjournalistes ?Pour qui etdans quelles
conditions travaillent-ils ?Peut-onvéritablementparler
d’entreprisesde presseauNiger ?
Le livre esquisse des réponsesà cesinterrogationsen
commençantparclarifierlecontexte juridique de l’exercice du
métierde journalisteauNiger.Laloisurlapressea connu
plusieursmodificationsintervenuesaugré deschangements
politiquesdansle pays.Letexteactuellementenvigueuraété
adoptésousleConseil deréconciliation nationale (CRN),régime
d’exception dirigé entreavril etnovembre 1999 parlecolonel
Daouada MallamWanké.Pourlesprofessionnelsdesmédias
nigériens, l’ordonnance 99-67du 20décembre 1999s’apparente
plusàun «code pénalbis»qu’àuntextecensé encadrerleur
travail; tantelle privilégie les sanctionsencouruesparles
journalistespar rapportàderéelsdéfis tels que l’aideàlapresse
oula création desmessageriesde lapresse nigérienne.Le présent
ouvrages’attarde également surle défi de laformation des
journalistesnigériensdans uncontexte oùlaseule écolespécialisée
estauxmainsde l’Etat.

On peut certes se réjouirde la possibilité, depuis1989, de
s’inscrireàtitre privéàl’Institutde formationaux techniquesde
l’information etde la communication (IFTIC).Maisl’impactde
cette « ouverture » est restébien limité.D’une part, l’IFTIC
connaîtdesproblèmes structurels(manque d’enseignants, de
matériel pédagogique, decréditsde fonctionnement)qui entravent
sonrayonnementet sa crédibilité.Trèspeude médiasindépendants
ont, d’autre part, lesmoyensde financerlaformation de leurs
employés àl’IFTIC.Restealorsl’alternative de laformationsurle
tas.
Danslecontexte nigérien, elle est quasimentimpossible:
peuderédactions comptentdesprofessionnels susceptiblesde
transmettre desfondements techniquesetéthiquesdumétier àde
jeunes confrères.Cesfacteursajoutés àl’environnement
socioéconomique influent surla qualité de laproduction éditoriale
nationale.Faute de messagerie,chaquetitre de lapresse écrite
organisesadistribution, parfoisdansdesconditionsmoyenâgeuses.
Sià Niamey, leslecteurspeuventdisposerde leursjournaux 24
heuresou48 heures aprèsleurparution,ce n’estpaslecasde
l’intérieurdupays.Confiés àdes transporteurs, lesjournaux
mettentplusieursjourspour arriver chezlesdépositaires(hôteliers,
enseignants, plantonsd’administration…).Cesderniersmettent,
quant àeux, plusieursmois voire plusieurs années avantde
renvoyerlesétatsfinanciers.Résultat:lesjournaux sontobligés
d’organiserdesmissionsderecouvrementauprèsdesdépositaires.
Etpournerienarranger, lapublicité faiténormémentdéfautdans
le pays.Letissuéconomique n’apasatteint un niveaude
développementfavorableàl’existence d’entreprisesprivées
s’autorisantdesannonces régulièresdanslesmédias.Les sociétés
publiques qui disposentdesbudgetscommunication distribuentla
publicitéauxcompte-gouttes.Parceque ladiffusion etle
professionnalisme nesontpaslescritèresprivilégiésdans
l’attribution decette publicité, onassiste, dansce domaine,àla
persistance despratiquespeuorthodoxes.Lesmédias sont
contraintsderecouriràdes rétrocommissionsoccultespourobtenir
de lapublicité,ycomprisauprèsd’institutionsinternationales
établiesauNiger.Certainsjournauxne paraissent que lorsqu’ils
ontdécrochéune page de publicité;puisilscessentde paraître en
attendantlaprochaine page.
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