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La psychologie et la phrénologie comparées

De
460 pages
Garnier fut un des premiers à réagir contre l'influence de la phrénologie de Gall et ses émules. Il pensait que seule la psychologie peut déterminer les qualités primitives et fondamentales de l'âme. Avant d'assigner le siège d'une faculté, il faut avoir constaté l'existence de celle-ci par l'observation psychologique. Pour Garnier, Gall a échoué car il n'a pas développé sa psychologie sur de bonnes bases. C'est dans ce contexte qu'il donne une nouvelle division des facultés de l'âme.
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LA PSYCHOLOGIE ET LA PHRÉNOLOGIE

avec une introduction de Serge NICOLAS

httD:/ /www.1ibrairieharmattan.com diffusion. harmattanrâ>.wanadoo. fr harmattan 1((l)wanadoo.fr

@ L'Harmattan, 2006 ISBN: 2-296-01025-3 EAN: 9782296010253

Adolphe GARNIER

LA PSYCHOLOGIE ET LA PHRÉNOLOGIE COMPARÉES

(1839)

avec une introduction de Serge NICOLAS

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique;

75005 Paris

FRANCE
L'Hannattan Hongrie Espace L'Harmattan Kinshasa Pol. et Adm. ; Kônyvesbolt Kossuth L. u. 14-16 Fac. .des Sc. Sociales, BP243, Université

L'Harmattan ItaUa Via Degli Artisti, 15 10124 Torino ITALIE

L'Harmattan Burkina Faso 1200 logements villa 96 12B2260 Ouagadougou 12

KIN XI

1053 Budapest

de Kinshasa - RDC

Collection Encyclopédie Psychologique dirigée par Serge Nicolas
La psychologie est aujourd'hui la science fondamentale de l'homme moral. Son histoire a réellement commencé à être écrite au cours du XIXe siècle par des pionniers dont les œuvres sont encore souvent citées mais bien trop rarement lues et étudiées. L'objectif de cette encyclopédie est de rendre accessible au plus grand nombre ces écrits d'un autre siècle qui ont contribué à l'autonomie de la psychologie en tant que discipline scientifique. Cette collection, rassemblant les textes majeurs des plus grands psychologues, est orientée vers la réédition des ouvrages classiques de psychologie qu'il est difficile de se procurer aujourd' hui. Sur le même thème Pierre FLOURENS, Examen de la phrénologie (1842),2004. F. J. GALL, Les fonctions du cerveau (vol. 1, 1822), 2004. F. J. GALL, Les fonctions du cerveau (vol. 2, 1822), 2006. F. J. GALL, Les fonctions du cerveau (vol. 3, 1823),2006. L. F. LÉLUT, La phrénologie: son histoire, son système (1858), 2003. Serge NICOLAS, Les facultés de l'âme, une histoire des systèmes, 2005. G. Spurzheim, Observations sur la phrénologie (1818), 2005. Dernières parutions A. BINET & Ch. FÉRÉ, Le magnétisme animal (1887), 2006. P. J. G. CABANIS, Rapports du physique et du moral (1802, 2 v.), 2006. P. PINEL, L'aliénation mentale ou la manie (1800), 2006. J. P. F. DELEUZE, Défense du magnétisme animal (1818), 2006. A. BAIN, Les sens et l'intelligence (1855), 2006. A. BAIN, Les émotions et la volonté (1859), 2006. Pierre JANET, L'amnésie psychologique, 2006 J. G. SPURZHEIM, Observations sur la folie (1818), 2006. Charles BONNET, Essai de philosophie (1755), 2006. Pierre JANET, Philosophie et psychologie (1896), 2006. Charles DARWIN, La descendance de l'homme (1871), 2006. J.M. BALDWIN, Le développement mental chez l'enfant (1895), 2006. Pierre JANET, L'évolution de la mémoire et la notion du temps, 2006. William JAMES, Les émotions (Œuvres choisies I) (1884-1894), 2006. William JAMES, Abrégé de psychologie (1892), 2006. John Stuart MILL, La psychologie et les sciences morales (1843), 2006.

INTRODUCTION DE L'ÉDITEUR

Adolphe Garnier (1801-1852) : L'éclectisme face à la phrénologie

Parmi les philosophes universitaires de la première moitié du XIXe siècle, Adolphe Garnier (1801-1864) fut un des premiers à réagir contre l'influence de la phrénologie. Déjà dans son Précis d'un cours de psychologie] de 1831 il soulignait que la psychologie est attaquée de toutes parts, notamment par Broussais, dont Garnier rappelle à ce propos que le terme d'irritation n'a d'acception propre qu'en psychologie (p. 143), mais aussi et surtout par les phrénologistes. « Quelques personnes s 'Ùnaginent que l'étude des fonctions intellectuelles ne peut consister que dans la déter/nination des conditions organiques dont ces fonctions dépendent, c'est-à-dire dans la description des protubérances et des dépressions du cerveau. Or, la cranioscopie ne montre que le rapport du cerveau à la fonction intellectuelle; mais la fonction intellectuelle ne se connaît pas par la contemplation du cerveau. Ainsi le docteur Gall a cru re/narquer une coïncidence ordinaire entre la prOé111inence telle partie de du cerveau et ce qu'i! appelle l'instinct de la propriété. Il connaissait donc l'instinct de la propriété, avant de savoir dans quelle portion de l'appareil cérébral i! en placerait l'organe. Nous en dirons autant de ce qu'i! no/nIne la sagacité co/nparative, et de toutes les autres fonctions intellectuelles dont i! a tenté d'assigner le siège. Ou bien les /nots propriété et comparaison ne signifiaient rien pour le docteur Gall, ou bien i! savait les idées qu'i! y attachait, c'est-à-dire qu'i! connaissait les actes

I

Voir Garnier, A. (2006). Précis d'un cours de psychologie

(1831). Paris:

L'Harmattan.

intellectuels que ces mots représentent, et cette connaissance il ne l'avait pas acquise par le scalpel, ni par les yeux, ni par les lnains, lnais par le procédé que Bossuet appelle la connaissance de soi-même, c'est-à-dire de la façon dont chacun de nous connaît sa pensée. Il n y a de phrénologie possible qu'à la condition d'une psychologie bien faite,. et

chez le docteur Gall la psychologie a précédé la cranioscopie,. et il n'en
pouvait être autrement. On voit donc qu'il est possible de faire une psychologie sans le secours de la physiologie,. on ignorera seulelnent alors le rapport des fonctions intellectuelles avec l'état du cerveau, c'està-dire le rapport du lnoral et du physique, mais on pourra connaître très exactelnent en elle-lnêlne la marche des facultés intellectuelles, les caractères de resselnblance ou de différence que présentent les actes de l'esprit, leur rapport de succession, en un mot tout le lnoral et tout l'intellectuel de I 'hofll1ne. Lisez les ouvrages du philosophe Re id, que publie en ce lnoment M Jouffroy, vous y trouverez une psychologie beaucoup plus cOlnplète, beaucoup plus lnéthodique, et beaucoup ,nieux exprÙnée que celle qui sert de point de départ à la phrénologie du docteur Gall et de ses successeurs. (...) Le rapport du physique et du lnoral, ou du cerveau et de l'intelligence, présente une question fort intéressante,' lnais les deux terlnes de ce rapport s'observent par des procédés différents,' la connaissance de l'un n'est pas celle de l'autre, et la psychologie doit précéder la craniologie. L'examen du langage est un fl10yentrès fécond de découvertes pour la psychologie, parce que les Inots fixent d'une Inanière durable le souvenir de phénolnènes passagers, et qu'ils sont l'algèbre de la psychologie. Ils servent même à prendre des physiciens en flagrant délit de psychologie, et lnême de métaphysique et d'ontologie. Il faut donc avouer que la connaissance de soi-lnêlne est possible, et qu'on peut arriver par la psychologie, et par elle seule, à déterlniner les lois de l'esprit humain» (pp. 138-139; p. 149). Garnier reviendra sur la question des rapports entre psychologie et la phrénologie dans un ouvrage spéciae quelques années plus tard où il s'occupera plus spécifiquement de la classification des facultés de l' âme. Voici ce que Garnier écrivait en 1839 : «Lorsque six ans après le dernier cours professé par le docteur Gall, à l'Athénée royal de Paris, j'entendis, au lnêlne lieu, son continuateur le docteur SpurzheÙn, je fus frappé du dédain qu'il affichait pour la psychologie, quoique la doctrine qu'il
2 Garnier, A. (1839). La psychologie

et la phrénologie

comparées.

Paris: Hachette.

VI

professait ne pût évidelnment se passer du secours de cette science, et que la partie psychologique de la phrénologie offrît les plus frappantes resselnblances avec une psychologie déjà célèbre alors en France, celle de l'école écossaise. » (p. 17). En 1836, dans son ouvrage Qu'est-ce que la phrénologie?, Lélut avait déjà mis en parallèle la doctrine écossaise et la doctrine phrénologique. Envisageant cette dernière comme une pure psychologie, il lui accordait la supériorité sur sa devancière, sans se charger de démontrer cette supériorité, quoiqu'il réforme en plusieurs endroits de son ouvrage la nouvelle théorie à l'aide de l'ancienne. Mais pour Garnier, la phrénologie ne peut déterminer les qualités primitives et fondamentales de l' âme. Avant d'assigner le siège d'une faculté, il faut avoir constaté l'existence de celle-ci par l'observation psychologique. Continuant la pensée de Jouffroy, Garnier va établir la première critique systématique de la partie psychologique de la phrénologie. Son ouvrage «La psychologie et la phrénologie con1parées» (1839) est dédié à son maître Théodore Jouffroy. Dans l'avertisselnent qu'il donne au livre, il souligne « De nos jours, il était Ùnpossible d'écrire sur la psychologie sans tenir compte de la doctrine de Gall et de ses successeurs, doctrine qui, sous le nom de phrénologie, est arrivée à la plus haute célébrité,. qui a ses journaux, ses sociétés savantes, son enseignelnent public, et qui a réuni jusqu'à trois n1ille auditeurs au pied de la chaire de M le docteur Broussais. » (p. ii). Au début de l'ouvrage Garnier rappelle que la phrénologie se COlnposede deux parties bien distinctes: 10 elle recherche, au moyen de l'observation morale, les facultés constitutives de l'espèce humaine; 20 elle essaie, par l'observation physique, de rapporter chaque faculté à une partie du cerveau qui en devient le siège et l'organe. La phrénologie « comprend donc tout à la fois une psychologie et une organologie » (pp. 12) ; Gale, qui voulait réunir ces deux sciences en une seule avait donné à cet ensemble le nom de physiologie du cerveau. Garnier aborde ensuite l'étude systématique les difficultés de l'organologie en regrettant la légèreté des preuves admises par les phrénologistes pour l'établissement de l'organologie. Ces difficultés sont d'abord d'ordre psychologique: 10 Le phrénologiste ne fournit presque jamais une biographie exacte et circonstanciée des individus qu'ils soumettent à leur observation; 20 Si l'observation psychologique leur fait découvrir une faculté prééminente
3 Voir Gall, F. J. (2004-2007). L'Harmattan. Sur les fonctions du cerveau (6 vol., 1822-1825). Paris:

VII

chez un individu, le phrénologiste s'arrange toujours pour lui assigner une localisation cérébrale qui prête souvent à discussion; 3° Le phrénologiste utilise une méthode, basée sur un échantillonnage restreint, qui fait illusion aux démonstrateurs eux-mêmes; 4 ° La croyance aveugle des adeptes s'accompagne de l'adoption d'un vocabulaire spécifique qui conduit les phrénologistes à utiliser les mots sans les comprendre, chacun leur donnant une acception différente; 5° Il existe un désaccord sur l'analyse psychologique de certaines facultés, ce qui frappe indirectement l'existence des organes qu'on leur attribue, comment en effet assigner le siège d'une faculté sur laquelle on ne s'entend pas (Gall et Spurzheim se sont divisés sur l'analyse de l'éducabilité, du langage, de la poésie, etc.) ; 6° Indépendamment des facultés sur lesqueJles les phrénologistes ne s'accordent pas, il en est un certain nombre qu'ils ont d'un commun accord méconnues ou mal représentées, ce qui doit avoir encore faussé sur plusieurs points l' organologie. Ces difficultés sont ensuite d'ordre organologique: 1° Il n'est fait aucune différence au plan organologique entre la faculté la mieux démontrée de celle qui, de l'aveu même des auteurs de la doctrine, est encore à l'état de conjecture; 2 ° Les linéaments des circonvolutions ne coïncident pas toujours avec la circonscription des facultés; 3 ° La dissymétrie des hémisphères du cerveau entraîne la difficulté à tracer au plan organique les limites certaines des fonctions; 4° La division du cerveau en circonvolutions distinctes n'est qu'apparente; 5° Avec Spurzheim, la phrénologie s'est rabattue sur la qualité de la fibre nerveuse et même sur l'influence de la température et des viscères pour rendre compte des exceptions à sa doctrine4 ; 6° Sur une multitude de points, les maîtres de la doctrine sont encore en dissentiment5 ; 7° Le même phrénologiste attribue quelquefois un seul et même effet à plusieurs organes, ou à un même organe plusieurs effets différents ou contraires; ces variations ruinent la démonstration organologique car ces attributions différentes se détruisent les unes par les autres. C'est sur cette base que Garnier donnera une nouvelle division des facultés de l'âme. Dans ce livre, il prendra pour guide une classification qui lui est propre où les facultés seront subdivisées en : 1° facultés intellectuelles; 2° facultés
4 Voir Spurzheim, J. G. (2005). Observations sur la phrénologie (1818). Paris: L'Harmattan. 5 En 1818, Gall, pp. XXIV-XXV, soutient que Spurzheim n'a donné aucune preuve satisfaisante à l'égard de l'existence des organes: a) de l'habitativité ; b) de l'ordre; c) du g) de la temps; d) du penchant au merveilleux; e) de l'espérance; f) de l'étendue; pesanteur.

VIII

affectives; 30 faculté motrice; 40 faculté de vouloir. Cette division des facultés de l'âme sera ultérieurement développée dans l'ouvrage cité plus haut au titre évocateur: « Traité des facultés de l'âme» (1852) qui deviendra le livre de référence de la psychologie spiritualiste française du milieu du XIXe siècle6.

Serge NICOLAS Professeur en histoire de la psychologie et en psychologie expérimentale Université de Paris V - René Descartes Directeur de la revue L'Année Psychologique Institut de psychologie Laboratoire Cognition et cOlnportelnent CNRS FRE 2987 71, avenue Edouard Vaillant 92774 Boulogne-Billancourt Cedex, France

6

Ce livre devrait prochainement

être réédité aux éditions L'Harmattan.

IX

._. -....-.-----.----

PARIS.-IMPRIMERIE DE A.-E. FAIN:EaT E. THUNO"f,
RUE RACINE, 4, P'RÈS DE 'L'ODEON.

tA

PSYCHOLOGIE
Kt LA

~PHRÉNOLOG IE
COMPARÉES,
PAR M. ADOLPHE
Pt\OFESS'~UI\-SUI)PI..ÉANT Olt
PHILOSOPll1l

GA.RNIER,
1\ LA FACUt.TÉ nRS r,K,.,.nÊ~

DE PAlUS.

--...'

A P.ARI5,
CHEZ L. HACH'ETrr E,
'lIBRAIRE OE L"UNIVERSITÉ
PtU EPI ERR E

-

ROYA.LE
g Z IN,. N

DE
1,2.;

FRANè1~,

S A RRA

t 839.

! I. THÉODORE JOUFFROY,
PROFESSEUR DE PHILOSOPltlE 1. LA F'ACULTE DES LETTRES,

l\IEMBRE DE LA CH1MBRE

DES DÉPUTtS.

1\10~SIEU.R,

II Y a aujouI'll'hui vir}gt. ans que V011Sfaisiez entendre votre parole dans p.n des colléges de Paris, e't que j'avais le bonheur de nl'asseoÎr àu nornbl'e de vos discip1es',. Je dois vous rendr'e cet hommage, 'que devant une poignée d'enfants, cachés .dans l'ombl'e d'un"col1ége, vous don])iez autant d'élégance et de force à vos expressions, autant de soin à'vos analyses, autant d'âm:e à vos exllol'tations, que v.ous l'avez fait depuis dans de I

glorieux amphithéâtl,cs. Peut-êlre même, monsieur', le public I1C ,rous cOll11ait-il pas el1COl'e

tel que vous vous êtes révélé dans votre ens'eigneJDent p]\Îvé. A votI'e 31)paI'itioll (lans les grallrles eco.1es, chargé d'abor'cl de }'}1istoil'ede la pl1iloso~ phie, et depuis url, an seu]elnept, (le la philosopl1ie doglIlaticlue all mOlnent même ~ù vos forces trahissaier1t votI'e courage, vous Il'avez pù dé,'eIopper~~]ççn'ec~Vf,lste ynscl1;lble d~&sciépces philosophiques que vous e~posiez aiIIeurs d-ans tous ses détails, cette psychologie/complètedont toutes les matièresétaicltt rangées dans le bel ordre des sciences naturelles, et h laque,lIe s~ rattachaient par" des liens étroits les autres branches de la philosophie, de telle sorte que toutes ces parties se soutenaient les UIles les autres cornlne les as-sises d'un imposant édifi~e. Pour no~s, ,mOnSielJI', qui aviOllS été l"ernis en vos mains, faibles enfants, peu fOl'lifiés par 'l'inStI'11ctiol1'nécessaiI'eme1?t imparfaite des ,classes pI'écéd'eIltes, 3tlxque]s 011n'avait pu n10ntrcl"que des mOl~ceaux dét.acI1és de l'a,ntiquité li,ttér~~,reet I)hilosopllique, et. qu' 011 avait exer'çés à faire un peu au hasard des discours sur des &ujet~ de haute morale et dè haute poJitique, vous. ll0US avez ouvert les yeux'à une "c1nrté nouvelle, D()U.S avons ~perçu ln base qui Inanquait. à *03 preInièI'es conlpositioos; nous av<?~)Svu. ~.' ~,é)~~~-'cil"le~ l11ystères 1-'eJ1fcl,'11JCS erl110us~mêmes. et'd-âllS

Je monde qui. n01,18environne t et il n'a pas dépendu .de VOllSque 110US ne"fùssio11S désor'mais

en possession d'une .méthode pl'opre à diriger
toute~ 110Sl'echerches, et à faire 'poI'tel' toutes 1108délnonslI'ations StIl' un sol ferlne et,in.ébranJable. Perlnettez d011C,monsieur, à l'un de.ces' disciples, qÜi~sans prétendre avoir lnis dete]s secours à profit, èn a du moins senti l'importance, et a toujOUl'S COllsel'vé paul' vous l'affection et Je respect qU,e mél'Îtent de pareils seI'vices, permettez-lui' de vous offrir, en vou's dédiant. ce livl'e , ~n gage InaIlleuI'eusement tl'op ObSCUl' eIlcore de sa reconnaissance.

ADOLPH!

GARNI.ER.

AVERTISSEMENT.

théories -différentes. . La psyèh.ologi~, moins avancée que les autres sci~nces, est surtout danS' la nécessité de donner une, grande' part à la critique. L~s'systèmes s'y succéderont- tapide:Q1entt' jusqu'à ce qu"eile soit arrivée à~ l'état de fixité où se)

L'auteur qui l)résente au public' un traité-sur une matière de science, ne remplit que la moitié de sa tâch-e, s'il se contente. d'exposer sa tlléorie sans s'occuper des .

troùvent qU,~lqu,es-unes de ses rivale$; et t chaque \OUvrage nouveau doit faire le/compte de ce qu'il rejette et de ce qu'il conserve dans les ouyrage~ précédents. Les écrits de Platon sont dirigés çontre les discours des sophistes'. .Aristote.choisit dans Plato~, et ,mène de front l'exposé des théories nouvelles, et la polémique contre les anciennes. La philosop.hie de Descartes est une protestation explicite con tre celle d' Aris to te. L'essai de LocIte, sur l'en tendemen t humain, commence par la critique de la théorie cartésienne, rela tive~en t à l' or.igine des idées. Leibni tz corrige cet ess~i. Thomas ,Reid écrit la plus g~rande partie ,de ses livres cO.1p.me regard du ~traité de la nature humai,ne el~

d'e David 'Hùm~~ En France) les éloqtJentes leçons de

ij

AVERTISSEMENT.

Ml\'I. Cousin et Jouffroy ont été surtout une critique de la philosophie du dernier siècle. Dé nos jours, il était impossible d'écrire sur la psychologie sans tenir compte de la doctrine de Gall et de ses successeurs, doctrin~ qui, sous le nom de phrénologie, est arrivée à la plus.hâute c'éJebritë i qiti ses journaux, ses sociétés savantes, s~n 'enseignement public, e't qui a réuni jusqu'à trois mille auditeurs au pied de la chaire de M. le docteur Broussais.

a

,"

,

. '

Je me serais proposé de faire' siptple.ment un exa.mea d~ la phré;p.ologie dans sa pa,rlie psycholo!;5ique, que ,(l~tte ,oritique n(aurait entrainé à exposer'la psy~11blogie'tout en~ière., .

Ainsi donc" que je voulusse traiter dirëctement da psychologie, ou faire un examen de la ,phrénologie j'ëtâis obligé de parler.en m'ême temps de l'une et de l'autre, et'd'écrire un livre, toutà la fois if-oglnatique etp'ol'émique. Telle est r(jriginede lafurmedecetouvrage. Il ést alissi impossible d'enga.ger une discussion s'ans ~.xpos'erç()1hplétenlent les principes sur lesquels on s'ap.puië, qu~ de développ:er une theorie s'ansdisctlter celles qüi",' 'Rit tnofuent où l'on prend l~ plum.e;, ont. appelé à élfeà t'ons léè 'e$~rits.,c'omm..e amis Oucpmnie adversaires.
J

LA PSYCH,OLOGIE
ET LA PHRENOLOGIE
coMp AREES.

PREMIÈR,E PARTIE.
DISTINC1'IOJ.; bE tA PSYCIIOLOGIE ET ])E L'ORGANOLOGIE.

CHAPITRE PREMIER.
Etat actztet da l'organolosie.

S. t.r r Spiritualisme, de l'organologie.

La doctrinè 'q'u'oh èns'ei-gnede rios jourS, SOlI'S' D'om ré de pltl';énblogie, s'a compose ,de deux parties distinctes: 1~ Elle r'eclter'cbe~, u moyen dë l'observation morale, a les facultés constitutives de l'espèce Ilumaine; 2° Elle essaie, par l'observatiÔt\;~,'physique,de rapporter cl1aque . faculté à une partie du cerv~au' qtli en devient le siège et
,

l'organe. EUe comprend dOncà la fois une psychologie

i

SPIRITUALISME

et une organologie; vaste comprèhension que le terme de phrénologie, introduit par' SpuI'zheim, n'exprime pas convenablement. Gall avait donné à.cet .ensemble le nom aussi peu satisfaisant de' plzy;ÙJlogie du cerveau. La digestion,.Ia circuJation du sang, les absorptions, les sécrétions) etc., ne s"observant pas de la même 'ma. ' nière que les pensées, les sen.timent&, les volontés, le seul nom de pl1;Ysîologiene peut convenir à l'étude de ces deux' ordres .de phénomènes. Aussi Gall dans le cours de son ouvrage emp.loie-t-il le plus souvent les mots' de psycll~logie et d"orgq,rlologie,qui 'désignent très-exacte'ment'les deux parties de la science qu'il voulait fonder, ou plutôt les d~ux scJences qu'il cherchait à réunir en . une seule (1). Ce 'n'est pas' Sans une certaine appréhension que le philosophe voit comme diviser et dissiper l'âme entre les sinuosités' du cerveau, et que le vulgaire lui-même entend di~e que 'les instincts les plus généreux, que les conceptions les plus élevées ,tie,nnent à un certain volume, à une certaine actiVité d'une pulpe molle et blanche que renferme le ~râne; 'et.'qui, se dépose avec lui dans le tombeau. Cependant les philosophes et le vuJgaire ont toujours reconnu d'intimes rapports entre le développement, des facultés .de l'âme, et l'état, soit accidentel, so.it originel, de notre corps. Pou.r ne citer que le plus illustre des phiJ~isopbes moderne~ Descartes disait: Les divers senti~ents 'exté'. , .. . l' . ,
./ "

.

.

(I

"

» rieurs èt intérieurs qQ.el'âme éprouve, tels que la cou-

» leur, le son,' l'odeur, la saveur, la douleur, la faim, la ) soi(, la, bonté, l'amour; la confiance, etc., dépendent
. \.

(1) yoyez notan1ment.4nflt.et Phl,iol. du ccr,'ellu, . in.4°, ,- TOJ.,p. 168 . , et 216.

DE I~'ORGA.NOLOGIE.

S

'»' de la ma~i~rè dont les esprits a'nÎmaux pénètrent d'ans
)

les' pores. du cerveaU; qui d6;vient ainsi l'organe dn

» sellSUS comn1/llTlis; de l'imagination et de l~ mémoire. » Le~ esprits coulent du cerveÇlUd~ns le~ nerfs, qu'ils
)

disposent à servir d'organe aux sens extérieurs, et dans le~ muscles, qu'ils enflent et qu'ils rendent .propres à » mouvoir les membres (1).
)

» Les passions ont leur siége dans le cœur., quand elles
)

affectent le cOI'ps, et dans le cerveau quand elles affec» tent l'âme (2). ) Quand les esprits enflent pleinement le cerveau, ils ) constituent l'état de veille et quand ils ne ~l'enflent . » qu'à m,oflié, l'état de rêve (3). » La: sens~tio.n n'a lieu que' dans le cerveau, 'c'est ce » que prouve l'exemple de ceux qlli ressentent de la » douleur dans les membres qu'ils ont perdus (~).
t

» Les facultés de 'sentir et d'imaginer nlappartien)

nent .à l'âme qu'en tant qu'elle est jointe au corps;

» sans le 'corps, l'âme ne posséderait que l'intellection )>'pure (5). » Les souvenirs.de la mémoire pliysique s'expliquent » par le~ tr~ces -imprimées dans le cerveau: les esp'rits
) )

animaux'ayant plus de fa'cilitéà repasser sur cestraces
qu'à .en dessiner de nouvelles 1 de même qU'lIn linge se

» plie plus aiséme\nt d'ans'ses premters plis (6).

(1) OEuvresphilosophiques de Descartes, 'publiées .par Ado1ph-e Garnier: Traité de l' llomme, n° 7 -30-33 ;, - Traité de la formation du Fœtul, n° 8. - Passion,f de l'anze, première parUe, n° 35.

(2) Passions, prem. part. ~I\Os 30,40. -Lettre (3) Traité de t' [Iomme, n° 34. ('-) Lettre LI~~ même édit. (5) Lettres X~X~XLI~ (6) 'Lettre' .XLVIIi:

XXXII.

4.

SP,U\ITUALtSME

» Le$ tig,u~es,ou espèces ,qui servent à la mémoire » rési4ent principalement dans le cerveau, mrtis. quel,'. , .

» quefois a~ssi<dans ~es autres parties du corps (1),.
'

"

"

)

L)agitatio,n des esprits a.nimaux peut trollbler les
8, '

); cerveaux faibles, mais eIl,eéchauffe les forts et I~s'porte

» à la poésie (2)
)

La passion de l'âme et l'action du cor~ sont telle» 'ment Jointes ensemble, que' si l'une revient, elle ra» mène l'autre (3). ) De ce qlle l'âme et le cprps sont distincts ~ il n'\en » f(~~u]tepas que l'homme soit un pur esprit: l'âme. et le
» corps sop.t unis su.bst~ntiellement (ft,)~
,

». Il faut donc les 'comprendre à Ja fois comme ,deu.x ».chos~s et,comme une seule, et prêter 'à la pensée une ) étendue pénétrable, Iqualité qui .'est refllsée à l'ét~ndue
» matérielle (5)~ )
,

011voit que ~ette théorie cartésienne èst presque de la phrénologie. Le cerveau est içi l'otgan~ de la' sensation, . de la pèrception que.Descartes appelle '"sentiment central, sensus comnzllnis ou sensorizlm: commune, 'de. la mé. . mo~~e, de l'imagination, des passions et de la ~aculté m'otrice; il. ne reste en dehors des. ~ttributions du cerve.ati que1a volonté, et la faculté appelée par Des~artes intellectio.ri puré) facultés dont les phrénologistes euxmêmes n'ont p~s, indiqué le si~ge, comme on .le ~'erra par la suite de cet ouvrage. Mais si ces facultés supérieures ont besoiIl~,pour entrer
.

(1) Lettres LXIII, LXIV-LXVI. (2) I..ettre XVI. (3) Passions del'clnze, seconde part., n° 136. (4.) Réponses aux quatrième obj., nOI27..28, (5) Lettre XIX.
., .

DE ,LtORGANOLOG.tE.

5

en je.u, de,l'exercice préalable des sens et de,la ~'émoire, si elles ex,citent en nous une affectiqll ou un,e passion qui agite' notre corps, et dont rien n'e'mpêclle de placer

le siège principal dans le cerveau, on c0mprendra COIDm,ent le'développement intellectuel et 'moral de l"homme peu~ dépendre de certaines conditions ceréb,rales. De plus " si]a perception et l~ mémoire de l'étendue, de la 'forme, du SOlIet de la, couleur sont subordonnees, de l'av~u de ,tous les pllilos~phe.s à j'action. dll cerveau, il " n'est pas fort difficile d'admettre que des circonvQltttions cérébrales différentes president à, la perception et à la mémoire de.ces différents objets, ainsi qu'aux affections ,qui les accompagnent. Ne DOUSpressons donc. pas. de lancer contre .l'organOlogiele reproche de mfl~érialisme , 'puisqu'une sorte de phrénologie a été professée par le spirit~aliste.leplusferme et le plus décfdé des temps modernes. La p,hrênologie reco~nait d'a.Ül~nrsia liberté del' âme., que Gall et Spurzheim invoqu~nt l'un et l'autre pOtIr nous engager. à perfectionner et à développer ,les organ.es de notre intelligence et de nos "affeçtions (i). 'Si cette 'Jtb'erté, agit sur le cer-v~au, elle n'est pàs dans sa dépendance, et elle peut lui survivre. La phrénologie proclame encore l'unité et i'identité de l'âme, qui contrastent. si nettement avec la mUItiplicité des' Ulolécuies du cerveau et avec le flux et

reflux qui les apporte et les remporte. « D'accord avec » lé's Pèrës dé l'Eglisê , dit le doètèur Gall, nous démon» trons l'influence de l'organisation' Sur l'exercice 'des
» facultés, intellectuelles, sans rendre pour c-ela l'âme,

,(I) Gall, Anal. etJPnjslol. dil cerc'eau, i~-4.b, t. II,, p. 101 et 3'~O.Spurzhebri, Observat. Sluf' la Phrénol., Pâris, 1'81S, introtl. vffj~p~ 200..3~5. Manuel de plzrénologië, Paris, 1832" p. 67.

6

SPIRITUALISMB

» matérielle' (1). » Spurzheim dit 'à son tour: « On ne

»-sauràit expliqu'er la connaissance simple 'du moi, pa;r » là structure-et les fonctions du système sen'sible, tandis » que les spi~itualistes ont une' explication 'qu'ils peuvent » faire valoi~' dans toutes les circonst~nces (2). » Enfin, la ..doctrine phrénologÎque respecte la croyance instinctfve à l'immortâlité de, rAme, croyance,qlle Spurzheim a signalée dans'l'une d~s formes de l~espérance (3), et qu'il Ite.regardait pas cOD;lme n appel trompeur de celuJ u qui nous a crées let qui nous 'accorde, dit-il, des grâces refusées an reste -des animaux (t,.). Et d'ailleurs" quand même les, ph~énolo~.tstes ne feraient pas toutès ces ~oncessions, ]a coïncidence d'un ôtgane predominant avec'une f~èulté'prédominante ne pourrait les àutoriser'à idenUfièr la faculté avec l'organe. La prédominance. du système mpsculaire chez un nouveau-né', ou le développement..de ce sy&tèmepar l'exercice chez u.n adulte ne leur para~t pas Jjne raison de placer la force motrice da~s les. muscles, ni même dans lès nerfs qui ,transmettent le mouvement (5). La prédoIninanèed'uné'~iTconvoÎutio,n. du ce~veau ne IEmr donnerait donc pas le droit d'y renfermer la force intellectuelle dont cette circonvolution pourrait être l'orgaJ1e. Il resterait t011jours la question de savoir si c'est 'l'Of.'

gane qui fait la fàculté , ou si c'est la ~faculté la préou
(1) 1er vol., in-., p: XXXIII.
(2) Observe sUPla phrén., p. 1226.,

(3) Man1lelde.phrén., p. 49, et Obser". Sllrla phrén." p. 206.
(4.) Obserc'. sur 1ft phrén., introd., xij. (5) Spurzbeim, Ohs., p. 236, 24.~-5; Manuel, p. 56; G. Combe, NOllPc,au Manu!!l de phrénologie, trad'. par J. Fossati, 'p. 1,74.-5; M. Vimont, Trait~!;~~de ,lzrénologle t t. Il, 'p. 291, 3511'.432-'; M~ Dro\lssais. COllrsde phrénoloGie.,

p. t.S-'t63.

nE

L'ORGANOLOG.IE.

'1

disposition de l'âme qui. fait l'organe. Anima
. .

strllit

et 'Ies spiritualistes, forts de l'unité et de l'identité du moi, propriétés qui ne peuvent se concilier avec' la pluralité et la fluctuation des éJéments d'un organe, pourrai~nt admettre toute la partie organologiq~e de la phrénologie ,sans perdre un pouce du terrain sur leqllel ils se sont établis.. Ainsi la'phrénologie, dans sa partie ~,organologique, laisse inta.cte la distinction de l'âme et du .corps et l'im.... mortalité du principe spirituel; et, chose remarquable, dans s.apartie psychologique., elle ~st\arrivée à un terme qu'elle n'avait pas prévu au. départ, c'est-à-dire au 'ra~ ti9nalisme. Elle qui paraissait la 1}lle et l~héritière dire.cte de la d~ctrine de la.~sensation, que beaucoup de gens acceptent les yeux fermés, parçe qu'ils lui suppo~ent un'e étroite ,parenté avec les principes des Condillac, des Helvétius et des d'Holbach, ell~ proclame que toute . ,
,. .

corplls Sll1:S'llS.ihllSap-tltn~ a déjà dit un célèbre médeci~ "

,

connaissance ne dérive pas des sens. (1) , . l'excès opposé

, et elle
.'

,

s~éloigne

t~llement ~u sensualismequ'elle.tombe presque dans
dans l'idéalisme, et que nous ~ero~s obligés' de l'arrêter ~ous-mêmes lorsque nous la verrons dire avec Descartes, et presqu~'dans les mêmes . . , termes,..que râme.peut conce,Toir des idées sans attendre l'éveil donn.é par 'le sens. Descartes, en effet, avait dit: « Loin que ,les sens lious fournissent toutes. nos idées, » ils.ne sont que le théâtr~ de quelques mouvements JI corporels à l',occasion desquels l'~sprit conçoit non)1 seulement les idées universelles, mais encore les idées
1 \

, c'es~-à-dire

(1) Gan et' Sp\irz~eim, ,Passions, et not~mment Anat. et P!Zysiol. da cerv", in-4., .tae vol. p. '5 .à '1.t.0; et Obier,'. Sllr la p!zrén., p.}i15.

8
)

DI'.fFICUL Tis,

de figllre" .de c0ü}eUl",de son, .d"odeur:,de"douleu:t(1)... Il est p0ssiDt~e lI.u:el'aveugle ait la rpêm\e iilée' qtle ~OtlS » relativement' à la couleur (2). » Gall et 'S'p;urzheinl disent à leur tour: Les facultés qui nous font COllD'aÎtre les. dimensions, les distances, les formes, le
~)
{( ))

) mo'uv'eluent 'e-tJa pluralité S~lnt inté'rieures ; elles agis~ » sènt souvent l}ar' elles-mê.me~ sa.ns être ~x.citées, p.ar I-~

» toucller ou par la vue (3). ») S,'flr,eD est ainsi, ,les obJets qae BQUSap:gelon.sextéI

rieurs ne 5Gnt pelI't-être que le produit

de notre enten-:l1t,~Qi,com:Qle

dement ; c~estle 11toiqu~ eoftstr\lit le, n0l!!
on le dit en Allemagne,
1~'existenGe'

et '~QllS ne 'pqu¥ou:s a'flirmer'

du' monde. matériel.

S 2.. p~ffièultés de l'org~UQlogie.

Po~r revenir à la partie organologique de.la phréno.

log~e., 'nous n'avons' ni à la recus~r hi- à la craindre. Mais toù~ en rec9n~~issant là possibilité d'indiquer les
~.., .

organes;-:d'tlDcertain nombre' de facultés, on ne pe'ut se déténdre ~e quelques regrets sur 'la légêreté des preuves admis~s par les pbrénologiste~. 1 Ils Inal\qufmt presque toujours . d'ùn-e biographie.
. -. ",
.
,

0

-

exa~.t~ et circonstanciée "des individ'us qu"ils so'umettent à leur observation, ~t M. Vimont a fait c'etaveu désastreux. pour l"9rganologie « Plus je me suis liv;réà l'étude' (les : , . .. .
) principaux
I.'

actes phrén9logiques
)"

de- l"homm'e,

.,

plu~' je..

(1) Lettre XXXVIII, édit. eitée~ Principes ciela phil.,,2e part, art.1 cr.
(~)~. tietttre 1,X;11\ ~n~

(3) Anat. du cer.v.1.p.. 129, .etQksf'rv. ~u.r laphr.éfJ.!i'p. 2~9-~fO~.

12"

,

( ,

DE L~'OnGÀNOLOGIE.

9

» suis, resté. convainc,iI, qu'il existe fort peu ,d",obse'rva... )~tions vrailD:eJQt. Q,mp.lètes StIr, les actes des person-Des c ~,ob&eJ;vées:par \e~ ph~énolo,gistes (t)., » 2° Si l~Ql1s,ervati~nm~Qfale, qll~ils un! 'raison de respe~:ter, ~t .dont ils De sente,'nt pas encore assez la préé... œi~enee, le\1&fait déco,uvrir\ daDs ~Il homme l'exis'te'n'ce de t~lle 0!11el1-6fac\1Ité" ils. s~arraDgent touJours-de mat ~ière .à,.ro~uvel'} l'or,g.au6(le cette f4e:oltè 'SUl" t le,~râne de çet I101l\me. EJtiste~t-il une, dèp~ressiQn à la .place 0Ù d~.. v~ait s;eprOnQDCer'une s:a~llie" on' se, reJette sar le voisiJ)age des: autres otga~es ({Uise:nt, dit-on" enCOl"e plus saillantts; et qui dQnnent au p,relllier Y'ne apparence plus, ~urnble' qu'il Ile,,}e mérite. Or., il arrive que ces organes voisins, si ' é!llinents, correspondent' quelquefois à des fac1Jlltés. ui, chez le suJet exploré) n.e 50'nt nullem'ent q èmine,ntes.,. ce, qu). f~rme" une preu.\re' négativ.e beauC~\1P plus. f9:nte que la: prep¥e 'PQsilive qu'ion v{}ulait é.tablir. 3.0 Ils us'ent ~ussi d~une' 'mé,thô(le qui fait i\lusion aux d'ém(mstrateurseuX:~mèmes. If~~prouvènt par une grande quantité" de faits 'historiques rèlatifs à de~ personnages de tous les temps et de tous le~ .p'ays , l'existence d'une faculté, et Hs indiquent le siége de cette faculté' snr deux ou trois têtes (2). Le ,public voit derrière ce petit nori1bl~è ,d'Iechantillons les n"ombrenx perso~nages anciens et mod~rnes dont on lui ,a parlé, quoiqu'o'n n'en qjt.. p,as:"e~aIniné, J?9,l1gt\n~s~tiQn\ physique', et q:u'on n,!en p()ss~de .q:u~lquefQis,'p,~Smême, un, s~mple pro,fil, et il
l

., ._..

l

.

1 ~UT1 ,q-r . ln '"

u Tm 'ë/ lilJl,n, JIr_Jù
.

1

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.

(~) ~?,~~l., p ~~~~ (2) Gatt, 4e v., 14Q et passint. P"

10

DIFFICULTÉS

prend pour une preuve. organologique cé qul n'a de va~ leur 'què ~oijlme .démonstration' psychologique. Qua1nlà cette foule qtle M~ Vimont appelle dans son ou~age la plèbe des pbrénologistes,. elle..croit sur parole et les,yenx fermés, Il ~estsi commode de posséder nn tableau synoptique des' fa'cuItés de l'âme, coïncidant avec ~etableau anat9mique du cerveau, de voir chaque faculté .logée sur sa.,petite colline comme un suzerain dans son château,. ,et séparée de se~ vois~nes par son fossé féodal; les objets figurés qui. se voient des yeux., qui se touchent d~s main,s, q;nt' pO'Çtrnotre esprit tant. d'évidence, que l'étude des faits psychologiques ainsi. liée au spectac1e de,".}a configura~ion du cerveau, paraît pouvoir se passer du, se.cO\lfSde là réflexion. intime. On croit comprendre .les prétendues. f~cultés de]a .poésie , de l'ldéalité<" de l~individualité (1), parce que le dé~ Jl10nstrateur en in(lique la pIa~e sur l'échiquier du cer.. veau. O~ adopte les IIDOtS sans les entendre, de la même fa~on; chacun leur doim~"!1ne.acception di~érente; et relatJvement à.l'organologie,. on .ne .lait aucune ditfél'encè entre .la partie la mieux .~émontré~ et (~ellejlui, de l'aveu des auteurs' de la 'doctri~e , est ,encor~ à, l'état de conjecture. Dans tous les temps, la .foule a mieux. aimé croire que. d'examiner. Pour ,la p~éserYE}r e sa comd plaisante précipitation, nous lqi adresserons. .quelques remarques. ':/;~!femièrement, les lineam~nts des circonvoluttons ne eoitleident p.as toujours avec la' circonecriptiQD des'fa181

.

,~ J

A

(f) Gin, 4. "01., p. 170; Vimont, 2e vol., p. l37; Spurzheim.. Alanl!elJ p. 50.

DE L'ORGANOLOGIE.

11

cuItés: il 'y, a tell~ faculté dont les limites, au lieu de. suivre docilement le fossé, courent à travers monts. et vallées. Secondeme;nt., les deux hém.isphères du cerveau ne

presentent pas une symétrie vérita~le; il . est imp0s~
sible de trouver" ~ux .organes correspondants ~es, deux côtes u'ne çon(ormation assez 'sem.blable, pour qu'on en,puisse traçer les' Iimitës en toute sûre.té de conscience, et empècher les organes d.'empiéter les uns s~r les autres selon qu'il est b~soin '.dé .les. mettre" en 'harmonie avec telle ou telle manifestatio'n intellectuelle {)umorale. Troisièmement, la division du cerveau en circonvolutiQDSdistinctes n'est. qu'âpparente; Gall a déplissé le cerveau, et' a rp..ontré qu'il n'est qu'une grande membrane' homogène ,formant une bours~ qui, po'ur'occuper moins de place Idans -la boîte du crâne, est ,froissée et plissée comme ,la feuille de.1métal..dans la bouteille 'de Leyde. . Quatrièmement, ~omme tout le mond.e a été frappé de l'incapacité intel~ectp~llè 'de quelques grands fronts, et de l'aptitute so~vent générale de qllelqùes fronts étroits, la phrénologie' s'est rabàttue ,sur la qualité de la fihre' nerveuse ,et même ~llr. l'influ~nce .dti tempérf:l-, ment et d,esviscères. (1), ce'qui. ne détrui~ pas sans doute tout à fait, ~ais affaiblit singulièrement la preuve tirée du volume de la circonvolution céréhrale. Cinquièmement, il résulte de là, que sur une mùlti"tude de points,. lès maîtres de la doctrine sont encore en dissentiment. Gall', soutient 'que S'purzhe'im n'a donné aucune preuve satisfaisante 'à l'égard de l'existence des
"

(1) Qbservations sUr la pnl'én., pt 6-18-22-26 et 308. Manuel, p. 1. .2

.ii

1)IFFICUtTÉS

organes

:' 1

0

de l'habitati vité, 2° de l'ordre, 3°,du,temps,

~G~ pellclfant an merveilleu~, 5° de respèràiÎc~, ,dû 6à'de l'ete1ndué,:7a 'de''Ia'pesanteur (1). M. Vimont'.avânce à son tour qu~ taIltôt l'un, .tantôt l'autre de ses préde~ cesseufs a mal' înç1iquè, soit c'Q.ez l'homme, soit ch~~, l'animal, ''la plaœ";d~s organes: 1° de Ta:limentatio~',
.. ,. . ," ~ '

5° de: l'instinct, d~ gîte, 6.0 de l~(~rg'ueil,.7° de l'àttac~~ment, , 8°' du penchant, à la 'rep~odûction ,. 9i!>dela phiÎôgéilt.

2'°:d'e la id'e~tructio~ ,..3° 'de la ruse, fi,0du courage,
'.

'

.tore , too de la propriél~, 11~ de la circonspection ,

'f2°de la locaJité , 13° du langage, 1~Ode l'éventualité, '15.0 .d~,ta' construction, '1ôo';du' talent musical", 17° de .I~ persévérance (2)~ ';be "sen,smoral réside, d'après Gall, 'sur l~ sommet/du front, el' d'apr~s' Spurzheim, vers la partie ,postérieure . '. de la tête (3). La force motrice' est attribuée à 'une circonvolution du cerveau. placée; suivant Spurzheim, M. Combe' et

M. Vimont, sur rarcade sourcilière et .suivant M. Fos"
.

s~ti, 'vers la région des tèmpes ; d'flprès Gall et M. Brous.ais, la force tnotrice apparli~ni à'toutes les circonvolutiO,DS cerveaù qui. produisent chacun:e lés mo'uvements . du en harmonie avec leur tend~nce (~). M. Combe et M.' Vimont at.tribuent l<t nostàlgie. à l'organe de fattacllement pour les personnes; Spurzheim et. M. Fossati la rapportent à l'organe de }'atta~ '

,(1) Se vot.; p. XXIV, XXV. "(2) !rnité de phrél1olo~f.((e".2e vol., p. 1.78, 185, 180, t91, 198, 201, 203, 207, 209, ~10,.220, 227, 2,~.2,251,252,255,200,266, 275, 307,34.~1352, 360, 371, -iO:.J,.f06. (3) Anal. du cercI" ~e vol., p. 203; M(~nuel de.phrén , p. 41. ' . (4) Gall, ~o vo1." p. 2Qt; Spurzheim, Man~el,'p, 56; G. Combe" p. 114.-5; Vimont, ie vol., p. j07; BroussaiS, p. 143 et '163.

DE L'ORGA.NOLOGIE.

1S

êhe~enf pour les lie~~ "(1)";'organe qui, selon Sp~;rl

zheim, dèternrlne le choix du séj6ur, présidè à-l;'~~~~~ tio:Q , _~uivant. . Combe (2); celui qui produit' Î'espM" G de saillie', ,~'ap.rèsGai}."et la gaÎté,~d'après Spurzheîin';'
C

cause l'esprit die'discernem~nt dans le systèm~ de IVI.. i..:. V mont (3); l'idée du moi que Sp'urzheim attribue aux organes 'dé l'éventualité et de la comparaison (ft,), est rapport~e par M. Bessières à"l'organe de l'i~dividua~ité (5)~. Sur trente-cinq organes, en voilà une trentaine qui fournissent des objets de contestations aux 'ch~fs de la phrénologie. Sixièmement, le même ,hrénologiste attribue quelq~efois un s~l ,et même effet à plusieurs organes ~-ou'à un m.ême organe p.l~'sieurseffets différent~ ou contr!lires~ No~s aurons plus d'une occasion de relever des f~utes de ce'genre, et nous en signalerons d'avance quelqùes-unes. Gall rapporte 'au même'orgaIle f'instin:ct qui pou~se c,~:rtains.ap.imaù~ sur lès montagnes, et le sentim~~n{>do;orgueil chez l'homme (6). M. Combe fait résid~r l;attentiQn et l'esprit casanjer dans la .même ~irconvolution (7). Gall attribuel'instinêt des gestes naturels, d'une part à l'organe du langage;del"autré à l'organe de la mimique(8). Spur~beim attribuela c'ônnaissa~ce des faitsinter~~s à l'or.. gane de l'éventualité et à ~elui 'de la comp~raison (9),
14 ~ . ,

(1) Man. p. 31, Nouv: Man.., p. 68; Traité de phrén., 2e vol., p, 223.\}, (2) Nouv. .Mn:n~,p. 58..(3) Traité c!~_phrén., 2e vol., -p. 386. (4), ObI. ~ur la phrén., p. 295. 310. (5) Introd. à l'étude philos. de la phrÎn., p. 186. . (6) 3e vol., p. 295. ('7) Nouv. Man., p. 62-65. (8) ,f.evol.,p. 96 et 229. (9) ObI., p. i9,5,et 310,_,

14
~

DIFFICULTÉS

q~Ojq~ê l'u~ des deux.. eût suffi. M.%Vimont
..

)~.'~~peur tantot de l'organe, de la cQnservation, tantôt de, 4:è1uide la circonspeçtion (1).' Ces variations ruinent la démonstration organologique "c~r ces attrjbutions différentes se détruisent les unes par les .autres. Septièmement, à ces. dissentiments' directs toucli.anlla place des organes, s'ajQu,le l~ désaccord sur l'analys~ psychologique de cer~alnes.fac111tés. ,cequi frappe indi, rectement l'existence des orgaùes 'qu'on leur attribue. Comment en effet. assigner le siége d'une faculté sur laquelle on ne s'e~tend p.aa. Gall et Spurzheim se sont divisés sur l'analyse de l'édzlcahilité, du' langage" de la poésie, du penchant âu, merv~ilIeux , ,de la véuéra:'; tion', etc. (2). M.. Yimont se sépare à. son 'tour tantôt de run, tantôt' de l'autre de ses devanciers sur lè'caraclère psychologique: IOde la circonspection, 20'de l'instinct de propriété, 3° 'd.el;éducabilité, ~o du làngage!, 50 de,['éYèntuallté, 6° de la comparaison, 70 de' l'orguèil ,80 du merveilleux, 90 de la poésie (3). HiIitiè~ement enfin, indépendamment de cês facultés Sl1flesquelles les p~réilologistes ,ne s"aècordent pas, il en est ~n certain nombre qu'ils ont ~',ut;l commun accord méconnues ou mal représentées, comn1e nons essayerons de le démontrer, ce qui doit a-voir.encore fatiSsésur plu:.. sieurs points l'organologie. On ne saurait donc reèommander trop de prudence aux partisans de l'organologle. Une science a beaucoup plus à craindre de la faveur aveugle de ses a~is, que de
'

.A

fait dériver
.

(t) 2evol., p. 496 ett 551. (2) Obs. Slll-[n, hrén~',p. 29f., 209, 209, 207 et 192. p (3) Trait. dephrén., 2- folt, p. 205,263,273, 28'-, ~40, aSI, 3'19,~8.3,396,
402, .f.iU., 44.1. .

DE L'ORGANOLOGIE.

15

l'hostilité la plus clairvoyante de ses adversaires. Résultat,

sans doute, bien contraire à.l'atb~ntedes phrènologistes :
lellfs traVat1Xjusq~l'à présent auront produit ~eaucoup pIllS de psycl1ologie que d'organologie. Qu'ils mettent pour un instant. de côté leurI f~î~ de disciple, q'l'ils s'in( .' t'errogent sérieusement è,t en se'cret les uns des autres, ils reconnaîtront que ce qu.i leur. apparaît révêtu d,n carac'tère de l'évidence" c'egt fexistence de telle ou telle faculté; mais que, quant à la question de ,sav()Îr si cette fac'i1Hé.appart~en~' à teUe. pelite çirconvolution, depuis te"lpoint.j~sq~'à 'tel autre, sans dépasser la limite et en la rempIis~ant aveè exactitudè, Hs n' o~t pas sur ce sujet une conviction aussi ~atisfaisan te. Gall ne s'e~barrassait pas d~ns les complications des circonvplutions éérébra1e~; mais il parlait seulement' de telle ou telle régi~n du crâne: les f~cultés ~e raison au milie~ ~etau sommet du front, les t'acultésde perception dans. les ~rganes q:es sens "Iles facn.)tés de mémoire, sur l'arcade des sourcils" les: facultés d'imagination sur les ,c~Jés élevés) de la ~ête, les sentiments affectueux dans l'occip,ut, les eentiments ~goïstes sur les bas c,ôtés)vers la ,t~g~ondes o~eillès, tel èst le ,cercle qu~il ne. croyait. pa:s .pJ)ssible de depasser.
\

CHAPITRE

II..

Parallèle ,des théorie's psychologiques de Gall,de Spurzheîm et des philosopltes écoss.ais.

.:Avant'd'assigner le siége d'une facuIté,"il faut, comme nous\ }'avo.ns.. it, avoir constaté l'existence de celle-ci d '. par l~o<bsiervationpur-ement morale, c'est-à-dÎre avoir fait. une. .p~ychologle; C'est à la p!-tie,psychologique de 1\a~tiht~n9Iogie que nOUSfDOUSdressons dans le' préa sent ouvrage. Nous ne venons pas avec un parti pris d'avance contre les phrénologi~tes : nous avons fait p,artie des auditoires de Gall. et de Spurzheim;' nous les regardons l't;lD et l'autre, et surtout'le premier, comme doués il un trèshaut degré. du sens psychologique. Nous aurons peutêtre presque aussi, souvent occasion d'applaudir que de censurer dans les O~Vrtlgesde l'un et de l'autre. C'étaient, d'ailleurs, des hominès plein de candeur et dè loyauté, qui attiraient par un mélange. de bonhomie et ,de maIic'e t q,ui se 'retommandaient 'par la cordialité em, ,

PARiLI..ÊLEDÉS TH.ÉORIESPSYCHOLOGIQUES.

t1

preinte dans leurs ,"gestes et leurs paroles" par leur amour sincère. de l'espèce humain.e, et envers le~quels il est bièn facile et bien doux~d'observer rimp.artiillité. Lorsque ,sixans après le d~rnier"COtlrS professé par le , . docteur Gall,' à }" .thénée roy'al de Paris, j'entendis, au A même lieu, son continuateur le docteur Sp~rzheim ,je . fus frappé' du dédain q~'il affichait p011r ]a psychoJogie, quoiq1Je la doctrin.e qu'il professait ne pût évidemment se passer du se.COtlrS cette science, et q'ue la partie de psychologi.que de la phrénologie offrît les plus' fr~ppantes ressemblances avec une psycllologie' tléjà célèbre alors . en France, ceÜ~de l'école écossaIse. Je fis passer sous tes yeux du professeur le tableau de ces rapports) afin de le faire, rev,enir d'un préjugé qui "non-seulement était -injuste, mais pouvait l'empê,cher de ,profiter des lumières de ses prédéce~sellrs , ,et lui donner d'ailleurs une .apparence défavorable d'jgnorance et d'orgueil. C,omme il a transmis ses,préventions à'se~ successeurs, je recommencerai ici ce parallèle; d'autant plus,', que les points nombre~~..sùr lesquels se sont rencontrées d~ux théories encore imparfaites et entreprises. à l'insu l'une de }'âû.tre, ne peuvent que faire recon.naÎtre ]~ valeur de l'obser,"ation morale, et le droit de..la psychologie à figurer à son tour'parmf-Ies.sciences positives.
,I . , '
,

,

,

18 Dootrine de Gall.

.P ARÂ.LLÊLE

Dt}ct!rine' de :Spurz~eiin.
.~

, .Doctrine

Ecossaise

(I).

. . . . . "'.. . . . . ..

,

/. . '. . . . . . . .

. . . . .'.

.

Jtlimenlivité.

Respiration. .(Rei~;t. 6,.p. 9, IO~ ) Appétit de la faim et de . . ]a soif. .

. . . . . . . . . . . . ."'

. . , . . . . ..', . . \. \ Succion,
( Reid,
Effroi

. (Reid, t. 6, p. 32. 4.) .
déglutilion. p. r9-IO.). .

. . . . >'. . . . !". ... . . . . . . . . . . . ..

'instinctif

de la so..

Àmour physique.

Amati"ilé. Philogéniture.

litude" .des ténèbres; tressaillement lors de la perte de r4quilibre; appréhension d'une figure sévère, d'un ,ton de 'Voix ,mena~ant (2). Appétit du sexe.
(Reid

, t~ 6,

p. 32-4.)

Ainour .de ln .progéni. tur~:

Arnoul" des enfants,

. . . . .... . ... . t'. .
.. ......
mariage.
., . ~ ,<

.'.

..

'. . . . . '. .

(ReJd., t. 6, p. 55.) . (Reid, t. 6; p. 55.), Choix instinctif de l'hahitation (3).
'

Amour' filial.

"'UabHativité.

Attaohen1e~t individuel.

Attachement. Mariage.

:

A n1itié.
.

(Reid, t., 6, p'. 69.)

i Instin~t~du
[Instinct

Atnou~ spécial, distinot de r appét,it .du sexe et do l'a'milié.' (Reid, t. 6, p: 69.)

de société.

Sociabilité.

~

. Désit de société. (Reid, t. 6. p. 56;
Stewart esquifs., p., 61:)

(1) Pour la théorie écossaise, nous renvoyons aUI ~uvrag~s suiyants: Reid, .traduction. française deo ses œuvres complètes:J 6 vo1. in-So, '}Jar M. .Jouffroy; D.' St~wart , esquisses, traduit par le.lDéme, premiere édition. Philosophie dèl' e~prithumain. traduction par Prévost et'Farcy. Facultés actit,e.\,l)'aductlpn par' Léon Simon. . . (2)".M. V'Îmont a combl '.ta laeune laissée ici par ses devanciers en 'indiquant. ÙOprin(~itl aNa'o:~uf'" PI'p{'i\dpnt.,sous le ,nom inexact de sentiment lH.1
de la con ~'erv(tiion (Irait.J (!e phrétlologie.. 2e vo1., P ~51 ): (3) l( C\~~l salis ('f~~le une V81'iét.èdU:::~$,e~~s beau qui détrrmine chaque du

~ui.olal à fIxer sa denieure pat'mi certaitls;'objets plut(}tque parm; d'autre,s. (Reid. Se vol., p. 285. ) ~Instinct de. la positIon du nid." (Reidr 68 vol., p. t f).

DES tHÉORIES PSYCBOLOGIQUE5~

tQ
J)oc\rine

Doctrine de Gall.
~

Doctrine ,
"de>

Spùx-z~eim.

, Ecossaise.
Penchant 'naturel à dire la vérité; besoin de s'épancher.

. . . . ."... . . . . ~.
JDaUDetde propre dé-,
CCDse.
.

'. . .. . .
Combattivité.

(Reid, t. 2, p. 34ô; Stewart, facultés actives, t. I, p. 92.). Ressentiment animal et usage naturel des armes de défen,seet d'attaque.

(Rtid,
Instinot carnassier.
'\

'9°, .Destruoti ,iti.

)

t. 6, p. I I, 83,

- ,R~id aura~t' fait dépendre l'instinct carnassier de l'appétit, et r instinct de destruction du principe d'aoti~ité physique (I).

Ruse,),,! finesse, 'savoir taire. Selltini~nt' de . la pro~

Secréti'Yité. Acquisjvi~é.

.....

....
. . (2)

propriélé. ,
~.en,

d~ ta mécanique
"

'

.

.....

çODstruQUvite.

ou des construQ,tions.

Instinot de construction. Principe mécanique et variété du goût intellectuel.

Instinot des hauteurs et 'orgueil. " Amour de l'approbation.
,

..Estimede loi. ,Appr9bativiU.

( Reid, t. 5, p. 285 ; t. 9, P" Il..),, Confiance en. soi-mame. (Reid, t. 6, p. 108.)
Désir d'estime..

.",.

. . . . . . . . . . . '. .
~ ~erm~té. ,
"

(Reid, t. 6, p. 42-5. ) Désir de la supériorilo ou émulation.

Fermeté.
êi~conspeclioD

(Reid, t,.6, p. 69.)
(3).

.
'

CircoDspectio~

Bonté" ..seconddegré .du
lenl inoral/'

-nienveillanco.

( Idem, page 4 I.) Défiance de soi-m.m,. Mélancolie. (Reid., t. 6, 109-[ 10.) Bienveillance, piLié,s,m. pathie.' ( Reid, t. 6, p. 66 et 64. D..Stewart, fac. actic,es, t, I, 111-12.)
'

Amour du pouvoir ~

(1) 2e vol.,. 360; 6e vol., p. 36. Et 1'on verra pIns loin que cette vue psyP', chologiqu.e se ft1litrès:bien accordé~ avec l' organologie.de Gall et de M. Fossati. (2) Reid considere la propriété comme le résultat de la pr.évoyance (6e vol.,
,

p 36'5),et Stewàrt:co~iri.e,.r'etre~. désir de pouvoir (Esq. 63-7). Ils n'ont do
donc pa& saisi le':~ar~ctère. ilistfnctï'f du senti.ment de la propriété. (3) 'e Ce sentirncnt' .tr~s'~àc'tirlonne de J'incertitude, de l'inquiétude, d. !
'

D l'i'rrésolution)

de la 'mélancolie

, de l'bypoc:ondrie-(Manuel, pt '3)!~~'.

to
.

, PA RALLé

LE
",

Doctf\ine
dè' Gall.

'\"

"de Sp\lrzheim.

, ~-.

Doctrine

Dootrine Ecossaise.
Estime, respect, vénération, dévution, 4 degrés d'une m~me affection. (R~~'d, t. 6, p. 68; Stewnrf, Esq., 145-6.) Consoiencemorale, 'seos du devoir. .' (Reid, t. 5, p. ] 34.; t. 6, P" 1'36 et suiv.)
Di'~rQsit1iori it r ~spérance.

SenlimenL religieux.

Vénération.

Sens moral, degré de la bouté.

premier

COD.Saienciosité.

. .,

~

.. ........
aux 'Vi...
'

Espérancé.
Mel'veillosité.

Disposition

SiOD'.

(Reid, t. .6, p. J07. ) Vision, résultat de l'extrême activité d'une cooception (J). ' (Stewart, .Phil. de'

Tal.nt

poétiquo-.

Idéalité.

Esprit 'de sai\lie.

Gaie~é (3)..

" ' p. 21.4-7.)' Tmag~nation, conceptions originales des ,romanoiers et 'd.es poëles (~). ( b.eid, ,t. 4, p. 122, 181-1.) Goi\t pour les similitudes imp~ev~es et les contrastes
piq'1~n(s. " (/lèid, 1. 4, p. '192. ) S~ntiment du ridicule.
'

f esprit humain, t.

.............
FacuUé d'imiter. 'Mimi... . que.
Sèns è,x'térieurs. 'GàU regarde comme capables donner des' perceptions des. connaissances sans concours du oerveau. les de ou le

..........
Imitation.

,-

(Stewart, Esq., p. I 13.
Instinct .J.'Îmitation. .
182)
,";;" ~

4. )

t. 6,
Sens extérieurs. Spurzheim les dépouiUe en théorie de l!l.faculté ~e perception qu'il ral~p'l)rte à une partie du cel''Veau, mais en fait il leur aUri,bue des perceptions ou

(Reid.,

t, 4"p.+

p.

19 27,)'

Sens extérit'urs. Reid les regarde comme d~s suurces de piares sensâtÎOIJ6 ou de plaisÎ'rs e~ pt:.ines, et transporte les' perce'ptions ou connaissances à une faculté distincte des sens.

(1)~béorie,conforme it l'opinion déqnitive de G~lI sur les visions, t. .f.,
p. 24~,.' (2) '~es..exemple's'
~

",

de tale,lit poétiqu'e

~ cités par GaU sont conrôrmes

~ ceux

'

de: Rèld, 'mais ni l'un 'ni l'autre n'ont ré'ussi à les faire dériver ,d'une "'lI.olIlté spêciàte. Quant il l'idéaU/é de Spurzheim, il n'a Pl\ donner .une ))ol1Ttê;:Jfe6nilion de çe <in'iI entendait .par ce terme. Il y a 'donc ici éntre Ie's troi'sJloctrinéS~c~' rappor,t qU'eHes ont èchoué toutes les trois sur le mém'e' poil1t. (3) t}~îpressiorr de gaieté né' 'Convient pas 'à la dispo~tion que Spurzheim a en vue, et Gall lui en avait déjà fait le,reproche.

DES THEORIES

PSYCHOLOGIQUkS. ,Doctrine

Ii
Bcossaise.

DQPt..j~~ de" Gall.
,

Doctrine' de Spurzheim.

. . . . . . . . . . . '..

eonnaÎssances distinctes ~e (Le 2e t. tout entle,. celles dont le cerveau ,est et le 3e passim.) l'organe. Individualité. Faculté de perceplion. '.
J)

CIFacullé moyennant la.. Elle entre en jeu, l propos quelle l'esprit conna1t les de l'exercice des sens 'ex-

» objels extérieurs et leur térieurs, et produit la . existence ~ndividuelle( . connaissance.deschoses ex» Manuel, p. 53 ). D ternes. Cf. 2~ p..302 et suÙ,.; t. 3, p. 23 et suiv.'; t~ 4,

. ... '" .. .. . .. .Il... . /. 't .. . ... . '.

Mémoir~ des personnes.

Configuration.

Etèndue. Pesanteur.

p. 2~ et slliCJ.) Notion de figure. Notion d'éteudue. Nption de ,dureté. « Ce ne sont point les » sens qui nous font conR naitre la dureté, la. 6» gure et étendue~ La

r

» sensation est Cort. simJ) pIe,' et n'a pas la moin;.. )) dre ressemblance aveo )) )\ ces qualités.

Se~ttiment-"des couleùr&. . ,'Coloris.
.

(Reid, t. 2, p. III.) Mémoire' spéciale. des . ~ou)eurs. ( Stewart. Philos., '~e

tesprit

humain, t. ,r,
de la variété

p. 2 I I )'. ., Sentimerit"Înstinotif beauté de~-~ôîtl~urs; du ~oàl. intellectuel.

Sens des,looalités ou des' . rappo~~sd'e'l'èspaèe.
'~ens" des rapports nombres. .des

rLocalilé.
.

(Reid, t. 5, p. 131 et 297, J .Nolion de position et d'espaoe (I).

Caloul.

.......

. .. . . (2)

....

Otdré.

.. Godt pour les formes régulières; degré inférieur du. goftt intellectuel.
. . ,

( RtJd, t. 5, p. 309.)

,

(1) «La nature d.e notr~' inteUigence, à l'occasion de la sens'aUon, nous ré.. . vèle réspace dans leq,I,1~llescorps sont placés (Reid, 2e yol., p. '320). L 'jdé~ » de la posHion de l'objê'( co.loré n ~est point uQe sensation; mais' en vertt;1 Jt des lois de ma constitùtion, 'èUes'introduÎt'dans mon espIÎt avec la' couD leur (Reid, 2e vol. p. 179-~O). J) (~) .,Les philo,sqpQe$ écos~,.is . r~PPQ~teD:tl'id,éè dé nombre à un'e' faèuIté générale"d'abstraction êt' lion it tÙie'facultéi~'spé~illle de l'esprit (I\eid, .f.evo!.,
, ,

p. ii1\

Stew. Philos. d, t"prifhumain,

lor vol.; p. ~8).

2!
, Doctrine

PARA.LLELE

DES TfIÉORIES

PSYCHOLOGIQUES,

Dootrine
,

'Dootrine

de Gat!.,

.

Sens dès choses,.

----

'de ~purzheim. ~
Evenfiualité. , Désir

Éoossaise.
de co~naissance.

Cétte -facuité désire " connaître tout ( Manuel, . . . ., . ., . '. . . (.1)
,Se11's des tons. Sena du Jangage.
"

(Reid t~~'6,p. 43-4.)
Notions du temps (2). Faculté musicale ,(3). F acuHé du langage naturel.

P,' 5q)., J Temps. 'Tons. Langage.

( Reid, t. 2. p. 89, 342; t. 5, p. 118 et

Mémoire

dei motsca

. . . . . . . ..'...4,... .

suÎv. ) Mérnoire des mots. (Stewart, Philo$(Jp, de 1'esprit h.umain, t. :2, ~. 212 et SUlV_; 233 et

,

suiv.)
Sagacité. t com,parati~e , ,faculté de trouver des analogies' et des, resse!Îlbla.n.,

.

Comparaison.

principe d'induction; gement par analogie.
,

'

j u-

ces.. E.prif Dlétaphysique, facuIté 'd':abatraire 'et de ,gé,

néralÏser.

"",

.

Causalité. Abstraction et, 'généraliNous' montrerOD!Jque satioD. 10USce titre Spurzheim ne (Ridd, t.' 4, 'p., 214 ; comprend1, comme GaU, ~tewart, Philosophie de sous lé noin d'esprit' méta- r~$~rit; hum,ain) t. I J physique , qu'une faculté P. 2~8 et suiv.) de généralisation. Liberté ou pouvoir que 0' ........ l'homme possède de sè dé. 'cid(-'r par lui..même. Attention, délibéraLion, plan de c'onduite.
.

( Reid, t. 2, p.. 35 f et . \ . sui" .)
'

( Reid,.t. 5, p. 3,9: t. 6, p. ~6.) (4).
'

(1) Gan rie" s'est pas prononcé'définitivementpour une. racuJt.~ spéciale de la m~moire"" u temps; il en a traité sell~ement à .propos de la mémoire d des nombres (3~ vot, XXIV, et p. 80; et 46 vol., p.'140-3). (2) La notioJ;l de la durée est due à la mémoire;, cell~ du temps ab.. " »solu doit ,être rapportée à une autre faculté' (Reid, 46,vol., p.61). » (3) . Bien que ce soit l'oo~e qui nous rende. capables de ,percevoir l'har. a m()llÎ'e, là mélodie et tous les 'charmes de la musiqu~, cependant to~tes
, , ,

J' ces, choses, pour être bien senties,' paraissent exiger u~e faculté .plu$ pure, I plus >é~evêe ,""qu'oD.,appelle ordinairement une oreille niuslèale. Mais'comme
' "'.'

~

.,.,

..

cette :tàcu\të semble

exister

à des degr~s très-difréreBb
':

ch~z' Ceux qiii pos-

sè(leitt an même "'d,egréla' si~ple faculté de rouie, nous ne la rangeons 'JI,point 'au nombre des sen1 ~ttérieurs elle mérite ùne ~l~ce ~1~ distin-.
..
J

,gtiée (Reid, 26vol~,p. 81).
,(t) J)~i reproduit

cc tableau," devant .la ~ociété d~s sciences na~ure)Jes, d~

.'

CFIAPITllE ill.

Des ]}Iét12odes.

'S 1er. l\léthode phrénologique.

me valut l'h'onneur -d'un'e: réponse. .Je donnera<Î Jen'p.artie
"

La commu.nlcation que j'avais" adressée à Sp11rzIlélm .
t,

cette' lettre et ma ~\'réplique 'parce' qu'elles,"'féront connaître, la .pr~~ière,
' l'esprit de la' méthode phrénologi-

Seirie-et..Oise, en 1832, et dans un feuilleton du jouroalle Temps, en date du 27 'mais '..1835 Èn. :1836, M. le docteur Lélut, dan'sun ouvrage intilulé)': Ql'~elt~ce,f1U~, a 'Phrénologie? a. mis également en regard I~ doctrine écosl saiSe et tà ddctrÎ'ne phrénologique. Envisageant celte dernière.. commè une pure psychologie, il' lui ,.accorde- I~- Supériorité sur sa de'vancière, sans se cbarg"er de 9émo.ntrer cette su~ériorité, 'et quoiq\1'il réft;)rme en plu,~ieurs endroits la I)buy'elle théorie à 1;aide de l'ancienne. Ainsi par. exemple, au sentiment .-de .gaieté,'- établi par Spurzheim, il' 'substitue le sentiment .du ridicule :déêrit, par D. Stewar.t (p. 280); il avance que fa pitié et la vénération ont été mÎrux ,présentées par les Ecossais que par les phrénologjstt~s ( p. '274), et il réclame cnnttèi'P9$issidI'fèomm1s'e, suivant-lui, par les phrénologistes de plusieurs principes' > qn.Ï' 'lui' paraissent établis dans les ouvrages (le Reid,

8, tels que: 10'cer(ains -'prii1clpes.~è~.aiiiqlÎés;'20Ia di's~position la crédulité ;,
3° le ~entiment,dê'hl' reC()nl)a:i,,~~àDce;', .0 le, beS1)itl-.d"activit~.;1 5° la curiosité j

6° le désir.du .pouvoir(p. '25d;~270, 2'11,310). -

!~

MÉTHODE PHRÊNOLOGIQUE

que, et la seconde un' des but~ que je me propose dans le présent ouvrage.
1(;.février 1832.
""« MONSIEUR ;,

»

vous avez eu I~bonté de J~f'eIi;voyer. e veux bien J
'

)~Je vouS, remercie de' la ,lettre r et des' extraits que
J,

:

» entrer dans yotre 'sens et admettre que' plusie.urs pen» seurs, surtout par~i les anciens,. o~t re~onnn plu» sieurs facultés phrén-ologiques. En croyant aux .idées » innées, et en observant. les hommes dans la vie pra» tique, il -est impossible 'qu;iIs 'n'aient pas trouvé la »'même tendance et les mêmes actions pour lesqu.elles, » 'Gall a. cher)ehé des signes extérieurs à la tête. La » nature' humaine a' toujoùrs été la même. Mais GaIl a » paru da,~~~ ne èprique où la philosophie mentale avait ù » entière~'~nt changé de face. Suppos~ms que dans cet » état de -ch.oses,,.on veuille frapper à toutes,"les..~portes , » philosop.hiques ~ançiennes et modernes~; les réponses
» sero~ t très~différentes" » l'lIn c, ême ~ qu'elq~e~ois, ::ô:pposées' ';' dira~ Qui,:. èt, l'a,lltre dira :n,on'r<'.,Pren~~s~,un,~jJ~SéU]

» e~eIfiv}e,j, Les up.~' ~d~e$~e~t .u.~ .~e~s ,,~~r~l' ,~.9JI~.me » inJlé:,~les. a;utres ..ni~.nt,;<s.Q:p~lnnéité. Qui .a .:r:ais.o:n? D~n cide;a..;i-on par.:ta'simlepreuve .r'qn,~~;' diZVitï G~lI 'a
. , , (..

» été.1~o.ngt~.InpS"~!l~~,;~q~~~è~',:p~.rplexitè.,., a cherché et il ) des orgalles':'PQ~r2,~"~es'<.,facultés .reconnues p~F des .phi-. » losopbes ,înàÎS, ;re:Xp:ériên,è~"se1île 'Ilita' dODtré-quelqù:e » èértitude.'La phréuologiese'Q.le: mettra fin, aux discus» sions pb.ilosophiqriêS~
' " "

'

»'J ~ v~is'dir&,.q~elquesmots. par rapport à la philo)
»

losophj~ il~f'Rèi~ . .,\ . . . . . e,. . e. .'. . .'. ..:. . . . . Sont-cè deux. facultés spéci~les que l'instinct de v&.
\

INDEPENDANCE DE LA PSYCHOLOGIE.
, ,

iS

et ,le sens (J.njust~ et de l'injuste On » cherchera, en vain un' organe particulier pour l'emu.. lation ;'et un autre pour }Jàmonr des louanges, 'et~".',.';un ») autre' pour l~anlour filial, etc. »
)}

» racité,

S 3. - Antériorité.et indépendance. d~ la, psycho~ogieà l'égard de l'organologie;

Je répliquai ~~ns les termes suiv'ants
, .

:

22 février
(C'MONSIEUR~

1832.

» V,~us av~z eU,1raison de croir~ que je n'a'dmettais pas
J)

sans'résêrv~c l~,.~clàssification. u d.octeurReid. 'En vous d . r .

» présepta~t ll;D.èesq~isse de son .pla~ , j';;1Î-eu s'eulement JI pour bufde const~t~r qù'onr~connaissait des facultés » mTIltip]~~ et spéciales, da!ls, un~philo~ophie. qui était
» encore enselgneè àteè éciatà"Éd.i'iilb;ourg<'p.arl'organe

»,dè Dùgald Ste,war(, au nl6mentOù Ie docteur Gall
»)

comfueo'ca
~ '

ses ~echet£hes.
.

.'..'.,.
.

,"

,

Vous me faites observer, Monsi~ur, qu'Q,nche~che»'r~il en yaiD.des organes spéciaux' pour l'émulation et

,
"

'

)~.

pour.l'amour desloùanges, etc...,, c~estdQncà dire que .
,-

»:'.si'vousri'ëus~iezpas trouv:é d'organe -pour l'amOllr de » l'ordre, par exemplé, vous 'n'auriez ;pas,admis'cette fa~ catié ,dan$'l'~spri.t ,huma.in; 'et ,que 'vous a-grie,zrejeté
'. "il> ,,' , . , . "

)~de' IP.êirie'l~amour des enfants ~ l'amour du sexe, etc. ,
, ,

» à 'défaû~, 'de"~I~'''déC'ouverte d'un siège spécial. Mais
)

veuillez" re9i'arqQ.~r '"q~~ si les observations

'.

'.,.-

>

,'.

,\

,

Inorales

» par lesquellesvG.u,.s émontrez Bibien la spéciaIitéc'~ela d )t faculté dont "oui a~èz t~Quvirorg:ane, n'avaient au..

te
»

INDÉPENDANCE

cune valeu~"avall~ cette découverte, ellès, n'en , ont , , . .
'.

» aucun,e\après~1 "C'est..sèuI~ment à la c~ndition 4e Và.loir » quelque chQse ,'abstradion .faite de la questiQn orga) )

niqu~, qu'eflef) po:urro~t voujJservlr de point de dé. part, p'ou'r cherc~et r~rgan,e et de preuv~ P9ur le faire admettre, qÙanàvousra:urez'trouvê ; si a~ contraire ceS » observations. sont ~io,èapàbles':d'être solide-ment a.ssises par elles-m.êmes; 'si1e,oui et Je non sont également
)
)

)) probables' à lei1tè~a~d;
) )

aan~leur

ét'at d'incertitude,

elles ne permetttont pas que vous assigniez,un: siége
certain à uneifa~uIié,it}Certaine; ét qùand vous voudrez,

»).à 'l'aid.e ,des obsê'~rf7ations ""orales, .n~ouver l'existence » 'dè l'orga~~, ,elles'j~'auront aucun êréd.it su~ l'esprit, » et ~ntràtnè'ront d,ans' leur ru1ne ce que vous 'voulez » l@ur f~ire démontrer. Là quèstion psychologique .ou
»

morale esi doil(~tout à fait distin'ctede

la, question or-

» gà:nologiq,u~~

» Dans votre dernière leçon, vous avez. d~mtmtré par » l'observation psychologiqu~ et pai' 1'4~stoire, 'qui nlest ) que la 'psychologie en grand, la dltférènce du. senti':' » ~ent moral et du sentiment ,religieux, et ,alors ,vous » avez pu, faire admettre dans le 'cerveau deux. orga~es » d.isti:ncts,'correspondants à ces deu.x' facultés. .Malnte~ »' nant, supposons qtle vous n~eussiez P;1Strouve d'or» ganes pour ces deux facultés, ou 'qu~ vous n'en euss~ez, » trouvé qu'lln seul, .il faudrait donc rayer. de 'l'esprit » humain le sen~ moral" et, l~ sentitnent religieux, ~u
,

»
»
)

n'en fai~e qu'un seùl principe, au mépris des enseiMais si vous méconnaisst;z ainsi la vèrité psych~}logique a causé 'du cerveau, ne soyez Pas étQnnéquê d'autres .la méconnaissent malgré le cerveau. Cèlut que vos d.é~

» gnements de l'histoire et de l'expérience psychologique.

)

DE LA PSYCHOLOGIE.

21

» monstrations psychologiques n'auront pas convaincu
») de.]a

distinction du (sentiment moral et du sentiment
.

» religieux, s'il est bon logicien, ne se laissera pas con..

» vaincre par votre démonstration cJ.~âniologiqlle, ou
» bien il ne sera pas difficile s11rleCll0ix des preuves. » Quant aux hommes chez lescfu,elsla faculté morale »)est étouffée pâr l'intérêt personnel, depuis long-temps » la philosophie) les m~~hors du débat. No~s savons très.. » bien qu~onne peut paskprouver l'existencè de la lumière

» à l'aveugle. Ceux-là ne comprennent pas le mot de
» mOl~alitév~, parce qu'ils n'ont pas idée de la chose. Or,

» ils.ne ~lecomprendront pas d'avantage lorsqu'on leur » mo~trera ;une/partie, du. cerveau à laquelle on 'appli» q~era:'Îce~mot;, de~'~même qu'en faisant palper l'œil à < » l:àveuglee,'on~nelui~'fera'pas comprendre le jour. » Enfin,; si ,desphilo'sophes ont, nié' l'existence du sens » moral, c'est qu~ emportés r,pa\r, l'esprit ~desystème ils ne » se souciaient pas ><b'ea-acoup l'observ,ation. :Quî mede » prIse J'observation ~u moral, ne .t,Ïen.dr3.pas plus de ) compte de l'~bservation d.u pllysiqzle. . Ceux-là ~e se » ,laisseront pas convaIncre par]a cr~niologie, car il ne » l~\lr,en coû:tera pas beaucoup ,.dèdaigne1ux qu'ils sent
»)

dèJ'e~érienee,> "d~>vous ier la relation du: physique n

» ~e:tdu, moral~, et surtout en un. point où le moral aura ) é~hailP,é.à leur,'in~elligence. Le n~oral et.le pl~rsique », sont~deux"èléments.qu'il'faut constater chacun de leur »,,côté) po:nf: ,en,étahlir la relation: l'un ne peut ,servir à
.

» pro1iye~ ,~latlttte.'
)

,

Il ne_fa1i!t pas:~e$p13l1er 'flue,la phrénologie soit appelée
"

» à.vider la_ quetélle~ah'hre:'}es ~pltilosophes. L'esprit de » &ystèJIle ~st\1a~ cause:'de:tGllt :diss~Iitiment. La Z()G~0:gie ») ou Ja cl~ss.ifi.cation:.'ifes itnimmx ',:pa:c,', 1'eurs 7Cf\Hl~ilég

3

18,

INDÉPENDJ~NCE

»).. ext~E~~~r~<~s-t. la plus claire et la plus 'obsèrvable de tou:te~ ies;~iences I et cependant ~Ue ~st nJ.aintenant )~< déç~ré~~ 1P~r le débat de deux savants illustres,~ La » ,~râD\Qiqgi~ &jét,é, est encore èt sera. co'mme toutes les » auU:es:'0~des J en proie a,ux, dissentimentS' de ses secta... )~,1~œs;; ie1~e' , ,dQit d9DC perdre encore à ce titre la pré»)/:.telitiOD1 mQrigéner les aUttres bràDches de connaisde ,.{~~, I \
)} :', )' '~

» 'Sallee's'., ",
r"

j » tOn: peut m,êtne dire q1.i~elle est en ce ~moÎIlent

etl-

» ga.gée d~ns une fausse-voit},' puiS'qu'ellè'fait la preuve » du lnoral paF- le plzY$iqzlc, et la preuve dllPll,ysique » par le l11,Qral,ce qui es~ un cercle vicieux. Ainsi je

crois qu'elle a tort ,de rejeter I:amour filial, co.mme » principe particulier, p'aFce qu'elle ne lui trou ve pas
)
\
\

» d'organe daBSl'état actuel da la ,sciéBCé.JuesfaitS'mo... »)raux qui prOUvênt l'amour,filial Sdnt tout,àussi nom))

breux; tout au,ssi catc'goriquêsque ceux qui prouvent couvr~r .d'organe à cette faculté, cel~ ne prouvera même pas,la l'ton-existence de l~orgaBe-,bien "I~ind.e
, ~ ,

» l'amour paternel, et ddt la crâniologie ne ja~ais dé»)
)

» démontrer la 1ton-existence de la faculté).:L'observa-tion de la vie pratiq1J.0 ro'oblig~'e~coJe ~4e'regarder. ) l'instinct de véracité comme 'dist~nct de:la' D,'otiondu . ») juste et de .l'injuste, L'l~\Dfant ~itla véri,te bien àvant d
))
/

de"p9ss~d~r ~l'idée de justicei et d1aper~evôit le rapport, » ,de '1(1yjUs:tiC0:i a vérité,. Si un penèhant naturel ne lei l )}:' pQr'ait, daDs Ie cas on le. déguisement, est pour ~ui sans
»)"

)} )}

intérêt, à préférer la vérité, il dirait ltùssi souven~ Je ft\~~;!lUe;{~le vrài.. J_/obsér~ati&R m()Ta~le 1e fait -aussi n
r.d'ttveo 1~lt11l()ur des

)~;iJ.i~~t~g<~~1' .l0',dé~iir tle sapériorité

)~,10~~~8., Ctittiçqt1i .aime' la ,lottange .~1nqri:u,'d'intlé-' »-~:p_,4a:nS~tf~.~so~:~onL1w£ <este:ntte: ~lœ.~'t,mttiaii att ttm : ü'