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La psychothérapie institutionnelle, c'est la psychiatrie

De

Ce texte tente de montrer comment la psychothérapie institutionnelle, née des critiques conjuguées des logiques asilaires et concentrationnaires et enracinée dans les dimensions aliénatoires individuelles et collectives, est levier, potentialité au sens de Winnicott, pour l’accueil d’Autrui « qui n’est jamais un “cas” mais une opacité subtile à laquelle on doit avoir accès par une procédure transférentielle toujours menacée par les intrusions d’une organisation massive » (Jean Oury).


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La psychothérapie institutionnelle,
c’est la psychiatrie !

Alain Buzaré

 

PRÉFACE DE JEAN OURY

 

La numérisation de cet ouvrage a reçu le soutien du CNL

 

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Et de la région Languedoc Roussillon

 

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Présentation du livre : Ce texte tente de montrer comment la psychothérapie institutionnelle, née des critiques conjuguées des logiques asilaires et concentrationnaires et enracinée dans les dimensions aliénatoires individuelles et collectives, est levier, potentialité au sens de Winnicott, pour l’accueil d’Autrui « qui n’est jamais un “cas” mais une opacité subtile à laquelle on doit avoir accès par une procédure transférentielle toujours menacée par les intrusions d’une organisation massive » (Jean Oury).

Auteur : Alain Buzaré est psychiatre et chef d’un secteur de psychiatrie générale depuis de longues années à Sainte-Gemmes-sur-Loire près d’Angers. Psychanalyste et engagé de longue date également dans les luttes contre l’aliénation sociale sous toutes ses formes, il contribue, à son échelle, à donner vie à cette praxis de la psychiatrie qu’est la psychothérapie institutionnelle.

 

Table des matières

Préface

INTRODUCTION L’aliénation ou Les excentricités de Copernic et Galilée, Marx et Engels, Freud et Lacan

Lorsque Marx et Freud visitent l’asile

Il était une fois un secteur psychiatrique à Angers

Avant septembre 1965 : l’asile

Avant le Club : de 1965 à 1971

Mise en place du Club et de la sectorisation (1971)

…Et maintenant

Le Secteur III : présentation

Et l’asile, alors ?

CLÉS POUR UN DIALOGUE

La fonction de Club

Clinique : « Vieilles lunes et petits astres blancs »

La rencontre

Présentation

La psychothérapie : fragments et aléas

Clinique encore : suicide au singulier, culpabilités au pluriel

Clinique toujours : la mauvaise réputation

Contexte

« Au village, sans prétention, j’ai mauvaise réputation… »

Premières rencontres

Histoires de Yolande et François

Suite des soins : le délire à deux et la séparation

Évolution et situation actuelle

Clinique, décidément : « Corinne passe-t-elle ? »

Introduction

« Corinne passe-t-elle ? »

Contexte

Reprise théorique : pulsions de vie, pulsions de mort et psychothérapie institutionnelle

Introduction

Freud

Lacan

Psychothérapie institutionnelle

Politique

CONCLUSION L’irréductible de la singularité

Préface

Un texte à lire, en prise sur ce qui se passe. Ne pas chercher le « pourquoi », mais le « comment », et le sens. Ce qui a toujours été malmené, peut-être encore plus maintenant avec toute cette industrie galopante, ces remplissages du temps, de l’espace et du virtuel, cette transparence mondiale. D’où cette sorte de paradoxe : plus c’est transparent, plus ça cache, plus ça écrase. La transparence : l’extrême de la cruauté, enveloppée dans l’imposture d’une pseudo-science. Une sorte de thanatocratie s’infiltre dans les moindres gestes. Meurtres d’âmes en toute simplicité, en toute tranquillité. La bonne conscience est à l’œuvre, confondant de façon péremptoire exactitude et vérité. Pourtant le premier pas dans cette complexité nous oblige, éthiquement parlant, à ne pas confondre vivant et existant, à tenir compte de l’ombre, des reliefs, du clair-obscur, des harmoniques de l’inaudible, de l’invisible, de l’immatériel. Le « hors-temps » est là, à portée de main, tissant l’espace, les intervalles, les synchronies. Tout n’est que mesure subtile, rythme de l’existant, du « parlêtre », même le plus lointain, le plus démuni. Alain Buzaré nous raconte tout ça, avec la nécessité logique de la passion. Il nous mène dans des paysages, insensiblement, faisant apparaître des lignes, des couleurs, des phénomènes de « bord » : polyphonie existentielle, la seule capable de soutenir concrètement toute clinique digne de ce nom. Hadrien, qui « continue à s’introduire le doigt dans l’œil…, (qui) a percé le rivage de ses yeux, (qui) se regarde dans la glace : Oh ! Comme il est rouge celui qu’il a martyrisé ! Et quand il retire son doigt, c’est une perle de sang, une goutte d’amour perdu, et il entrevoit un regard. » – « Puis-je faire quelque chose pour vous, Hadrien ? – Non, non, ce sont tous des cons… » Sa chambre est un véritable capharnaüm… « Puis-je vous aider à faire votre lit ? Etc. ». Intervention, interprétation au sens noble du terme ? Travail sur les plis, les plis des draps défaits, les plis des plis, comme on nomme quelquefois le destin (Zwiefalt). Intervention subtile qui exige une maîtrise de la dialectique du proche et du lointain, approche de l’autre dans sa singularité, dans son désir inconscient, lointain, défait, comme le lit de cette chambre bouleversée ; mesure des quasi-impossibilités du psychotique d’investir l’espace et le temps.

Récits qui s’écrivent, « s’inscrivent » dans des strates d’histoire locale, d’« historial », et même, sur le plan collectif, « d’archéologial ». Le cheminement de Jean Colmin depuis 1965, les épreuves qu’il traverse, corps et âme, entraînant avec lui un groupe d’infirmiers, de médecins, groupe non-homogène qui modifie les dispositions architectoniques ancestrales, lourdes de préjugés, de ségrégation, d’écrasement hiérarchique. Longtemps après sa rupture précoce d’avec le « GTPSI », il voulait reconstituer ce groupe, tout au moins dans une composition régionale. Il sentait, après un travail de déblayage institutionnel, la nécessité de réinterroger des groupes, des personnes étrangères à son travail concret de chaque jour. D’où le lancement, en 1976, du « groupe de Brignac ». Ce groupe, composé d’une trentaine de praticiens, continue à se réunir. C’est précieux, surtout dans ces temps d’étiage de la phronésis, dans ces effondrements et constructions plus ou moins obscènes d’une thanatocratie qui s’ignore. Pour des raisons de normes étatiques, « d’hygiène » obsessionnelle, de fétichisme des chiffres et des codes, il y a destruction des surfaces vivantes, d’existences fragiles, précaires, qui ne tenaient que par des connexions non prises en compte par les tablatures simplistes des gouverneurs. Suppressions de « lieux de vie » pour le « bien » des administrés. Tout perd son sens. Pasteur est déguisé en Père Ubu et le peuple des « handicapés », sous des couverts de réhabilitation ou autres niaiseries, se perd dans des villes radieuses, dans les couloirs du métro, ou dans des garderies sous-équipées, modèles réduits de systèmes concentrationnaires éprouvés.

Le travail d’Alain Buzaré est le tracé d’un itinéraire dans ce chantier de ce que l’on ose encore nommer la psychiatrie. Il suffit de suivre ce chemin de lecture pour y retrouver, à travers les « théorisations » qui ne sont que traductions rigoureuses d’un pragmatisme de base (celui de Ch. S. Peirce, et non de W. James), un univers familier, fragile, un univers d’accueil des misères existentielles. Chaque monographie nous invite à penser, en toute liberté, à des développements transdimensionnels où « l’institutionnel » s’intègre, met en relief aussi bien le biologique que l’analytique ou le social. Multiples facettes non simplement du « vivant », mais de « l’existant ». D’où les « réseaux », dit-il, et la polyphonie (au sens de F. Tosquelles), le « travail de biais, d’obliquité, de détour, de chemins de traverse et ce à plusieurs ». D’où ces constats d’évidence – quand on est sensible au microsocial, à partir de quoi se constituent les « entours », l’ambiance – de l’importance d’un opérateur collectif tel que le Club. « Le club, dit-il, a été ce roc qui nous a permis que perdure le plus difficile qui soit, un travail d’analyse permanent de distinction des plans, sans lequel règne la confusion ». Définition d’un travail sur la « pathoplastie », de ce qui joue, dans l’infinie complexité des personnes qui sont là : les dispositions architecturales, architectoniques, les habitudes, les préjugés idéologico-politiques, l’aliénation sociale massive de tout un chacun. D’où l’importance, soulignée maintes fois, de ce que F. Tosquelles appelait « l’analyse institutionnelle », indispensable pour débusquer les tableaux morbides réactionnels à la structure établie, traditionnelle, corrélative des structures étatiques. Cette analyse institutionnelle, Alain Buzaré nous y sensibilise à chaque instant, dégageant les « forces méconnues » qui favorisent le « verrouillage fonctionnel et conceptuel ». Même à reprendre des formules classiques de la psychothérapie institutionnelle, en les projetant dans une dimension de « transversalité » (Félix Guattari) telle que celle-ci : « L’idée qu’à un réseau de réunions pour les hospitalisés doive répondre un système institutionnel pour le collectif soignant… » Sorte de principe repris d’une première affirmation : la relation infirmiers-patients est en corrélation avec la relation médecins-infirmiers. Ça peut sembler banal, mais tout reste encore à faire, surtout maintenant où se refondent des hiérarchies rigides, ségrégationnistes, mettant à mal des idées telles que « fonction soignante généralisée », ou « potentiel soignant du peuple » selon la formule de Lucien Bonnafé.

Les « observations » vécues, véritables petites « pathographies » (Viktor von Weizsäcker), sont révélatrices de la nécessité d’être là, concrètement, dans la nuance et l’initiative, témoignages d’une praxis qui ne s’arrête pas au cadre ou à la programmation. Elles nous laissent le soin de deviner tous les paramètres qui sont en cause pour que puissent se « manifester » dans des scènes (proches de « l’autre scène » de Freud) les arêtes plus ou moins estompées de l’existence. L’ensemble de ces textes témoigne du fait qu’il n’y a pas de « chose en soi », ni la « nature », ni l’écoulement des choses, ni le temps qui passe, qu’il soit « immanent » ou « transcendant » (suivant les propositions d’Hönigswald). Il est question ici de la « présence », fragile, en tant qu’espace de déclosion, de « donation » (Anwesenheit par opposition à Gegenwart) : c’est le corrélât d’une prise de position, pas simplement théorétique, mais d’une dialectique où peut se manifester un événement (Ereignis) qui vient modifier l’existence. Qu’il soit dans un état de déréliction, dans une sorte de no man’s land, dans une misère existentielle, voire physiologique, l’autre est là dans sa transcendance, Autrui en personne, qui impose le respect, n’est jamais un « cas », mais une opacité subtile à laquelle ont doit avoir accès par une procédure transférentielle toujours menacée par les intrusions aliénatoires d’une organisation massive. Nous sommes loin d’un positivisme décadent qui se prend naïvement pour une avancée scientifique moderne. Il s’agit de préserver des espaces existentiels, lieux possibles d’une symptahie efficace (au sens de Max Scheler). L’avancée épistémique de Freud, illustration concrète d’une logique de la négativité, risque actuellement d’être broyée dans des systèmes d’ordonnation positiviste. Il n’y a pas de choses en soi, pas de modèles à « appliquer » de façon stéréotypée, pas d’hypostases définitives. La « nature » n’est qu’un mythe qui noie les efforts au jour le jour d’un travail « psychothérapique » individuel ou collectif. Nous gardons précieusement cette formulation de K. Marx (dans le troisième cahier des Manuscrits de 44) : « L’homme est pour l’homme l’existence de la nature et la nature est pour l’homme l’existence de l’homme ». C’est à partir de ces incises logiques que l’on peut essayer de cultiver la possibilité de rencontres, au jour le jour, venant inscrire dans l’existant, dans le corps (Leib et non Körper), ce qu’il en est de l’élaboration signifiante. « Ne cherche pas l’Autre ailleurs que dans le corps », dit Lacan. Formule majeure qui, parmi d’autres, peut nous aider à ne pas trahir la confiance intersubjective qui reste la toile de fond du travail psychiatrique.

Puisse ce texte, témoin d’un engagement éprouvé déjà de longue date, nous aider à respirer encore dans ce champ psychiatrique aussi bouleversé que la chambre d’Hadrien.

Jean Oury

NOIR

 

Elle ouvre la porte

Noir tout noir

Elle la referme

Noir toujours noir

Plus d’espoir ?

Mémoire…

Lise Buzaré

À Marie-Ange

À Yann, Guillaume, Erwan et Lise donc…

Qui ne fut pas la fin d’ana-lyse !

(clin d’œil à mon ami Pierre Delion)

À tous les soignants, quelque soit leur statut, qui m’ont accompagné et m’accompagnent dans ce cheminement.

À ceux du Secteur II du Centre hospitalier spécialisé de Sainte-Gemmes-sur-Loire avec lesquels j’ai travaillé quinze ans en compagnie des Docteurs Jacques Henry, Daniel Denis, Pierre Delion et Henri-François Robelet.

À ceux du Secteur III avec lesquels je travaille à nouveau et dorénavant, avec en mémoire le souvenir vivant et fécond de l’œuvre accomplie ici par les docteurs Jean Colmin, et Marie-Françoise Leroux.

 

Ce travail leur rend à tous hommage.

INTRODUCTION
L’aliénation
ou
Les excentricités de Copernic et Galilée, Marx et Engels,
Freud et Lacan

 

Nicolas Copernic est né le 19 février 1473 en Pologne. L’expansionnisme allemand chassa ses aïeux, aux environs de 1275, vers un petit village de Haute Silésie, nommé Copernik. Lorsqu’un habitant d’un village s’installait dans une ville, il associait fréquemment à son nom de baptême, le seul nom couramment employé à l’époque : la désignation de son ancien lieu de résidence. C’est ce qui se fit pour la famille de Copernic, probablement quand, vers 1400, un des ancêtres de Nicolas quitta le village de Copernik pour venir « s’excentrer » à Cracovie, alors capitale du royaume de Pologne.

L’œuvre de sa vie, son livre, le livre De révolutionnibus fait tomber comme un château de cartes toute l’œuvre de Ptolémée, elle-même assise confortablement depuis 14 siècles sur la physique aristotélicienne qui l’avait précédée de 5 siècles. Cette brèche copernicienne est énorme car elle met en question non seulement l’astronomie pratique et ses outils mathématiques, trigonométriques en particulier, mais encore et surtout une vision globale du monde, une cosmologie et toute une philosophie attenante : ainsi, le géocentrisme veut que la Terre, rigoureusement immobile, siège au milieu de l’Univers et soit l’unique centre de tous les mouvements célestes. Mais de ce géocentrisme découle un verrou bien plus énorme encore, celui de la dichotomie de l’Univers avec d’une part le monde terrestre, monde du changement, du périssable, de la génération, de la corruption et d’autre part le cosmos, monde de l’immuable, de la non-physique, du cinquième élément : l’éther, de la pureté permanente.

Copernic remet complètement en question ces certitudes en affirmant dès le préambule de son ouvrage : « Il n’y a pas un centre unique pour tous les orbes ou sphères célestes […]. Le centre de la Terre n’est pas le centre du monde, mais seulement le centre des graves (corps lourds : terre et eau, en opposition aux légers : air et feu) et le centre de l’orbe lunaire […]. Tous les orbes entourent le soleil qui se trouve pour ainsi dire au milieu d’eux tous, et c’est pourquoi le centre du monde est au voisinage du soleil […]. Tout mouvement qui paraît appartenir à la sphère des étoiles ne provient pas d’elles mais de la terre. La terre, donc, avec les éléments tout proches, accomplit d’un mouvement diurne une révolution complète, autour de ses pôles fixes, tandis que demeure immobile la sphère des étoiles ou ciel ultime […]. Les mouvements qui nous paraissent appartenir au soleil ne proviennent pas de lui mais de la terre et de notre orbe, avec lequel nous effectuons des révolutions autour du soleil comme n’importe quelle autre planète. Ainsi donc la terre est entraînée par plusieurs “mouvements”. »

L’ouvrage De révolutionnibus sort en 1543, l’année même de la mort de Copernic et il est probable qu’il n’aurait pas été édité, du moins de son vivant, sans la pression permanente et ferme de l’évêque de Chelmno, Tiedeman Giese, l’ami le plus intime de Copernic. Copernic différait la publication de son livre à cause de la crainte qu’il avait d’une réaction très défavorable de la hiérarchie catholique. Les événements ultérieurs allaient lui donner raison.

Dès 1576, le Dominicain et philosophe Giordano Bruno (1548-1600) est accusé d’hérésie, pour, dans ses livres, critiquer Aristote, défendre Copernic et envisager même un univers infini. Pour l’Eglise, de telles idées sont intolérables. Il est livré à l’Inquisition romaine qui l’enverra au bûcher en 1600 après un procès de plusieurs années.

En juin 1633, un savant de Florence universellement reconnu comparaît lui aussi devant l’Inquisition : Galiléo Galiléi ou Galilée, il a 70 ans. Grâce à sa lunette qui l’a rendu célèbre, il soutient la théorie de Copernic et découvre à cette théorie nombre d’arguments irréfutables. Galilée menacé de la terrifiante torture de l’Inquisition se protège : « Je ne partage pas et n’ai jamais partagé cette opinion de Copernic depuis qu’on m’a fait une intimation officielle de devoir l’abandonner ». Mais il n’y aura pas de demi-mesure : il devra abjurer, totalement, sans réserve, sinon… Il abjure le 22 juin 1633 : « Moi Galiléo Galiléi, fils de feu Vincenzo Galiléi de Florence, âgé de 70 ans […], je jure que j’ai toujours cru, que je crois à présent, et que, avec la grâce de Dieu, je continuerai à l’avenir de croire tout ce que la Sainte Église catholique, apostolique et romaine, tient pour vrai, prêche et enseigne. Mais, parce qu’après que le Saint Office m’ait notifié l’ordre de ne plus croire à l’opinion fausse que le Soleil est le centre du monde et immobile et que la Terre n’est pas le centre du monde et qu’elle se meut […], j’ai été de ce fait soupçonné véhémentement d’hérésie […], j’abjure et je maudis d’un cœur sincère et avec une foi non simulée les erreurs et les hérésies susdites, et en général toute autre erreur, hérésie et entreprises contraires à la Sainte-Église{1}. »

Cette « petite histoire »,éloignée en apparence de nos préoccupations quotidiennes, me paraît pourtant bien éloquente pour évoquer maintenant deux autres pensées tout aussi révolutionnaires par de nouveaux décentrements de là où jusqu’alors l’on avait pour habitude de situer l’essentiel : l’homme dans son aliénation sociale et le moi dans son aliénation psychique.