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La Question de la dépopulation en France

De
107 pages

D’après les dénombrements officiels, postérieurs à la guerre franco-allemande, la France comptait :

L’accroissement a donc été successivement entre chaque recensement de :et, après avoir dépassé le chiffre de 160.000 individus par an, n’atteint plus aujourd’hui que celui de 25 ou 35.000, grâce encore à l’infiltration étrangère qui réduit à presque rien la plus-value résultant de la natalité française.

Les accroissements annuels pour chacune de ces périodes quinquennales, après avoir atteint le taux de 5,5 par 1000 habitants (1872-76), sont successivement tombés à ceux de 4,1, puis 3,3, puis 0,7 et enfin 0,9.

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Edme Piot
La Question de la dépopulation en France
Le mal, ses causes, ses remèdes
INTRODUCTION
Les statistiques des nations sont, quoi qu’on dise, l e meilleur critériumde leur e puissance économique, de leur vitalité. A ce point de vue, le XIXsiècle a vu se manifester, chez certains peuples, des symptômes d’ une déperdition de forces, d’un affaiblissement qui, demain, sera la décadence, si on ne veut pas résolument rechercher la cause du mal et, la connaissant, les remèdes pour le guérir. Le ralentissement, dans le développement de la populat ion est, à notre avis, le signe le plus caractéristique de cet affaiblissement. Il y a des vérités, si dures qu’elles puissent être,qu’il faut avoir le courage de dire et d’entendre. Au commencement de la Révolution, la population de la France était de25millions ; elle dépasse à peine, aujourd’hui,38millions. Le fait brutal, indéniable, qu’elle a ces de s’accroître ou qu’elle ne s’accroît que dans des proportions extrêmement faibles, alors que, dans d’autres pays voisins, cet accroiss ement est de beaucoup plus considérable, ce fait ne nous met-il pas dans un ét at manifeste d’infériorité ? n’est-il pas l’irréfutable preuve que la France a perdu, en partie du moins, sa puissance de production, d’expansion, de progrès et qu’à une sit uation extrêmement florissante, privilégiée, a succédé un état de choses qui ira ch aque jour s’aggravant si, au rude contact des réalités, nous ne finissons pas par sec ouer notre coupable et aveugle torpeur ? Pendant la même période, la population de la Grande -Bretagne s’est élevée de12à 4 0nstate cet énormemillions et habitants et, en même temps que l’on co accroissement, on est bien obligé de reconnaître qu e l’Angleterre, au commencement e duXXn de la toute-puissance sursiècle, a conquis, avec le prestige et la possessio mer, la prédominance de la situation économique du monde. L’égorgement des deux Républiques du sud de l’Afrique, qui s’accomplit so us les yeux des puissances immobilisées, n’est-il pas fait pour affirmer cette suprématie ? Mais il est un pays qui doit, entre tous, tenir not re attention en éveil, c’est l’Allemagne, dont la population s’est accrue plus r apidement encore qu’en Angleterre, en même temps que, par son commerce et son industri e, elle prenait pied sur tous les grands marchés du monde. Pendant les cent dernières années, sa population s’est élevée de 15à 55millions, soit une moyenne de près de 12pour mille. Au contraire même des autres peuples, la proportion, dans ces de rniers temps, a une tendance marquée à s’élever davantage encore, au lieu de s’a baisser. Le ralentissement de l’émigration chez nos voisins, depuis quelques anné es, n’est-il pas une nouvelle preuve du développement de la richesse publique, da ns ce pays ? La Russie, elle aussi, est au premier rang des nati ons les plus fécondes, malgré l’énorme mortalité qu’on peut y relever. Dans le mê me laps de temps, elle s’est accrue de25à100millions d’habitants. Mais la puissance géante des Slaves est loin d’être à son apogée, on peut dire même qu’elle est encore da ns l’enfance. A raison de l’étendue immense de son territoire, elle est aux p rises avec les plus grandes difficultés pour utiliser ses moyens de production et de transport ; mais sa marche en avant, si lente qu’elle paraisse, est ininterrompue , méthodique, et ses conquêtes de chaque jour, depuis plus d’un siècle, sont d’autant plus solides et durables que, grâce à son manque de centralisation, elle défie toute at taque et que sa position défensive est, en quelque sorte, inexpugnable. Le développement de la puissance des pays slaves ne constitue pas un danger
pour la France ; ce n’est pas nous qu’ils menacent, pas plus que nous ne les menaçons nous-mêmes et il est évident, au contraire , qu’il existe entre les deux peuples, en même temps qu’une mutuelle sympathie, u ne étroite communion d’intérêts. L’Allemagne ne sera-t-elle pas un jour, qui n’est peut-être pas éloigné, la rivale de la Russie dans l’Est, en Chine, même, com me l’Angleterre, en Asie ? Cette rivalité, qui naît de la force même des choses, est notre plus sûre sauvegarde. Nous ne parlons pas de l’Autriche-Hongrie, dont la population, cependant, suit une marche toujours progressive, puisqu’elle s’accroît annuellement de près de 300.000 habitants, alors que la France n’en compte que 30ou 35.000.Malgré cet accroissement, l’avenir de l’Autriche, à raison de sa situation géographique et de certaines considérations politiques dans lesquelles nous n’avons pas à entrer ici, est bien incertain et il n’est pas téméraire de prévoir la désagrégation, le morcellement de l’agglomération factice du double empire de Habsbou rg. Au profit de qui ? de l’Allemagne,par un nouveau Sadowa, ou de la Russie ? C’est le p roblème politique de l’avenir. En ce qui concerne l’Italie, sa population augmente aussi dans des proportions considérables et le jour n’est pas éloigné peut-êtr e où elle dépassera celle de la France elle-même, malgré l’émigration considérable de ses habitants. On peut donc dire avec certitude que, dans un avenir rapproché, si la population des diverses nations de l’Europe que nous venons de passer en re vue suit la même progression, la France reculera jusqu’au sixième rang et que, notam ment, la population de l’Allemagne sera, dans quelques années à peine, le double de la nôtre. Ce coup d’œil rétrospectif permet aussi de constate r que les races latines, la France en tête, ont cessé d’être les premiers facteurs des affaires du monde et nous croyons être dans la vérité en disant que l’une des causes principales de cet affaiblissement vient de l’infériorité numérique de notre race.