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La Revanche des Etoiles Oubliées

De
180 pages

Vous aimez être surpris, voire dérangés ? Ce petit ouvrage est écrit pour vous...

« Seul dans la nuit, un vieux monsieur, astronome amateur, scrute le ciel.

Un soir, une silhouette avance vers lui, comme pour surprendre sa proie.

Bonsoir m’sieur !



- Tu m’as fait peur ! Bonsoir jeune homme, mais qui es-tu ?

- J’peux pas vous l’dire !

- Pourquoi ?

- Pa’ce que j’dois pas vous l’dire !

Très discret, ce visiteur inattendu harcèle de questions l’astronome, trop heureux d’expliquer simplement les curiosités du cosmos.

Grâce aux étoiles, des interrogations pleines de bon sens vont établir entre ces deux personnages de forts liens d’amitié.
»
Mais un soir, brutalement, les visites du jeune homme s’interrompent...

Intrigue et sensibilité se mêlent aux découvertes scientifiques étonnantes mais bien réelles.


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Couverture

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Copyright

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-334-05570-3

 

© Edilivre, 2016

La Revanche des Étoiles Oubliées

 

 

Avez-vous remarqué ?… Très souvent à la campagne, le soir, le calme s’installe. Le vent s’apaise, les oiseaux diurnes se taisent et rejoignent en silence leurs cachettes.

Normalement, la plupart des humains en font autant, on dirait que la nature et ses occupants obéissent à une règle précise, dès l’arrivée du crépuscule.

Doucement, le Soleil se cache derrière l’horizon, les nuages parfois se dissipent et les uns après les autres, les points brillants que sont les étoiles s’offrent à nous, tel un gigantesque spectacle, provoquant chez les curieux un immense questionnement.

Ce plafond naturel n’est malheureusement pas offert à tous les terriens. Les plus favorisés sont situés en pleine nature, loin des villes. Les déserts, les iles perdues au milieu des océans et les sommets de montagnes sont des lieux idéaux, permettant des vues époustouflantes vers le ciel.

Les humains privés d’une vue correcte sur les cieux, sont loin d’imaginer l’activité étonnante, fantastique et mystérieuse de la nature qui évolue au-dessus de leur tête et tout autour de notre planète Terre.

Ciel, ce mot utilisé couramment est devenu un peu trop banal. Quel dommage ! Si vous saviez ce qui se passe en permanence dans ce gigantesque Univers, vous prendriez plus de temps à l’observer.

Mais voilà ! Le ciel c’est quoi ?

Nous avons l’habitude de parler du ciel bleu où circulent les nuages. Ciel gris ou chargé, il va pleuvoir, ciel bleu, il fait très beau. Il est rouge flamboyant lors de certains couchers de Soleil.

Mais ce n’est pas de ce ciel là dont nous allons parler. Ce ciel changeant au-dessus de nos têtes où circulent les oiseaux et les avions est très intéressant, mais nous le laissons aux météorologues.

Le ciel que nous allons visiter, c’est celui qui, beaucoup plus loin, à des distances inouïes, se charge d’étoiles plus ou moins brillantes, souvent de couleurs différentes mais pleines d’interrogations.

Alors, que sont ces étoiles qui, petit à petit, jour après jour, comme scotchées sur le fond noir d’un baldaquin se déplacent rapidement vers l’ouest en une nuit et changent complètement de position au fil des mois et des années ?

Intrigué par le spectacle féérique d’un ciel étoilé, j’ai longtemps cherché à comprendre la magie de cette beauté changeante qui, maintenant, m’a généreusement apporté liberté d’esprit et sérénité.

Par respect de mes semblables, je me sens le devoir de partager avec eux les découvertes que j’ai faites pendant de longues années d’observation et de recherche. Personnage tout à fait ordinaire, j’ai compris en gros, le fonctionnement de cette voûte céleste curieuse et constaté avec une certaine déception, qu’un nombre incroyable d’humain, n’a aucune connaissance de cette nature envoûtante, dont nous faisons partie intégrante malgré nous.

Cette méconnaissance générale permet la diffusion sur toute la planète de légendes, de croyances, de superstitions, voire de bêtise incroyable. Toutes ces lacunes découlent peut-être d’un proverbe qui dit : « La curiosité est un vilain défaut ! » J’ajouterai simplement que « L’ignorance est mère de tous les vices et de tous les maux ! ».

Personnage singulier, je sors à la tombée de la nuit, alors que la plupart de mes semblables rentrent chez eux !

C’est le moment privilégié pour moi, d’aller réfléchir et méditer calmement avec bonheur, sur mon « observatoire ».

A pied, le nez en l’air, comme d’habitude, je rejoins mon lieu d’observation distant de quelques centaines de mètres !

Installé sur un ilot de rochers, (point culminant de tout un secteur), j’embrasse l’horizon du regard et bénéficie ainsi d’une vue imprenable pratiquement tout autour de moi, au-delà des collines environnantes.

Comme Le Petit Prince d’Antoine de SAINT EXUPERY, installé sur l’astéroïde B 612, j’ai vraiment l’impression d’être assis sur la planète Terre, elle dessous et moi dessus.

Au fil des heures, cette impression se confirme largement, je suis seul dans le silence de la nuit, avec pour plafond la voûte céleste. Grande différence avec Le Petit Prince, ma planète à moi me semble démesurée.

Cet emplacement orienté vers le sud a été choisi loin des lumières de la ville. Par chance, mon petit village est encore préservé de la lumière artificielle des lampadaires qui poussent partout comme des plantes vivaces.

Assis sur le sol, un petit rocher vertical me sert de dossier et de chaque côté, légèrement en arrière, je peux poser mes mains. Ainsi, bras tendus et en appui, j’ai trouvé la position presque idéale afin d’apprécier pleinement la beauté féérique de la voûte céleste, sans me casser le cou à force de regarder en l’air.

Un soir d’été, où comme d’habitude dans l’obscurité mon regard scrutait une constellation difficile à repérer dans le fourmillement des étoiles, de légers bruits de pas et une ombre se sont approchés doucement. Je ne suis pas peureux, mais j’étais vraiment surpris d’apercevoir une silhouette arriver à cet endroit que j’étais pratiquement le seul à fréquenter.

– Bonsoir m’sieur !

– Bonsoir jeune homme !

– Je peux rester un moment ?

– Heu… Bien sur… Mais que viens-tu faire ici ?

– Je viens vous voir !

– D’accord, c’est gentil, mais je ne comprends pas ce que tu viens faire ici à une heure pareille !

– Moi aussi, je ne comprends pas pourquoi vous venez ici dans le noir !

– Eh dis donc, tu es curieux toi, tu arrives là comme ça, et tu oses me demander ce que je fais là ! Assieds-toi ici que l’on parle un peu ! Comment t’appelles-tu jeune homme et d’où viens-tu ?

– Excusez-moi m’sieur, j’peux pas vous l’dire !

– Pourquoi ?

– Parce que vous ne devez pas me poser de questions !

– Tu ne manques pas de culot toi !… Tu arrives là à pas de loup et je ne dois pas te demander qui tu es ? Je ne te connais pas, et il n’est pas prudent de te promener seul dans un endroit pareil à une heure aussi tardive !

– C’est pour ça que j’viens vous voir, je suis pas seul maintenant !

– Je ne comprends pas ! C’est le hasard, ou tu savais que j’étais ici !

– Depuis quelques jours, le soir, j’vous vois passer et disparaître dans la nuit. Alors, je suis venu voir de jour et j’ai découvert cet endroit me dit-il en montrant mon petit rocher. Je me demande bien ce que vous venez faire ici, y a rien à cueillir ou à ramasser.

– Donc, tu m’as espionné ! C’est curieux, je n’ai rencontré personne sur mon chemin depuis bien longtemps, et toi, tu m’observais de loin !

– Oui, c’est pas difficile, vous venez ici à la tombée d’la nuit et j’vous vois jamais r’partir. Vous dormez dehors ?

– Mais dis donc, je suis un grand garçon, je n’ai pas de compte à te rendre ! C’est moi qui vais te demander de me répondre et de me dire qui tu es, d’où tu viens et ce que tu fais ici à cette heure ci ! Te rends-tu compte que tes parents vont s’inquiéter en attendant ton retour, ils vont être malheureux et te chercher partout, en pleine nuit c’est pas facile !

– Non m’sieur ! J’vous ai dit qu’il fallait pas m’poser de questions. Si vous insistez, pour savoir qui j’suis, je pars et vous me reverrez plus !

Surpris par une telle réaction, j’ai pensé qu’il valait mieux conserver sa confiance. Après tout, il était en sécurité avec moi, rien ne pressait mais je n’étais pas très rassuré. Dans un moment, je trouverai bien le moyen de le raccompagner chez lui. Il n’avait pas l’air d’être perdu, alors !

– Soit, je veux bien ne plus rien te demander, mais accepte que je te conduise chez toi tout à l’heure !

Il me répondit par une question.

– Vous faites quoi ici, tout seul, vous attendez quelqu’un ?

– Mais, ça ne te regarde pas !

– Je crois qu’vous êtes seul, j’ai jamais vu quelqu’un d’autre venir ici ! Alors pourquoi venez-vous seul ici, le soir ? Vous vivez la nuit ?

– Non, je regarde le ciel.

– Pourquoi ?

– Parce que j’adore m’attarder sous cette voûte céleste fascinante qui m’intrigue et éveille toujours ma curiosité !

– Pourquoi ?

Si tu veux savoir pourquoi, préviens tes parents et reviens demain soir un peu plus tôt, avant la tombée de la nuit ! Je me ferai un plaisir de te faire découvrir l’Univers qui nous entoure et qu’il n’est pas nécessaire d’être un scientifique de haut niveau pour apprécier le bonheur d’exister.

Très obéissant, à ma grande surprise, il a disparu dans le noir.

Avant cette visite inattendue, je parlais des observations à l’œil nu qui ne demandent pas une stabilité importante. Par contre, si l’on utilise des jumelles, ça devient plus compliqué, parce que nous ne pouvons pas rester immobiles comme une statue. Alors si l’on a la chance d’observer une planète ou un objet du ciel profond au travers d’un télescope, une certaine rigueur est indispensable. Grâce à un positionnement correct, notre cerveau peut se concentrer uniquement sur l’observation. Lors d’animations grand public, par manque d’équilibre et de stabilité, certaines personnes sont déçues de ne pas voir grand-chose au travers d’un télescope. C’est normal, dans le noir, nous avons besoin de tenir quelque chose de stable, d’avoir un repère, sinon, notre corps a tendance à balancer un peu, ce qui suffit à déplacer notre pupille de l’axe de l’oculaire au travers duquel on observe. C’est fort dommage. Le réglage manuel de la netteté est compromis, les détails comme les cratères de la Lune, les quatre satellites de la planète Jupiter et ses bandes brunâtres échappent aux observateurs.

Vous distinguerez mal les superbes anneaux de Saturne, la forme des nébuleuses, les surprenants amas d’étoiles, les comètes. Ces objets étonnants vont perdre tout leur attrait et leur beauté si les conditions d’observations ne sont pas réunies.

J’ai tenu compte des quelques remarques précédentes en choisissant cet endroit sur mon rocher. Pour plus de confort, sauf l’été où je ne porte qu’un coussin, en demi-saison et surtout lors des soirées d’hiver, je m’équipe d’un chaud bonnet de laine, de vêtements épais imperméables au vent et d’après-ski. Vous comprendrez que l’astronomie n’est pas une activité réchauffante. Ainsi paré, il m’arrive de rester des heures à m’évader en rêvant au milieu de l’Univers.

Si l’hiver demande un peu de volonté et surtout une forte protection, le courage est toujours largement récompensé. Le ciel est plus noir donc par contraste, les étoiles paraissent plus brillantes et l’on peut en apercevoir davantage.

Pourquoi le ciel est plus noir que l’été me direz-vous !

Plusieurs raisons ; la première et la principale est qu’au milieu de la nuit, le Soleil se trouve beaucoup plus bas sous l’horizon, il est pratiquement à l’opposé de notre position, c’est-à-dire aux antipodes, en direction du Nadir pour les astronomes. (Nadir opposé au zénith). Les rayons solaires n’éclairent plus au-dessus de nous la haute atmosphère qui disparaît complètement.

La nuit étant deux fois plus longue que le jour en hiver, il nous est permis d’observer le ciel beaucoup plus longtemps. Autre détail que l’on oublie trop souvent. Les particules microscopiques d’humidité et de poussière qui flottent en permanence dans l’atmosphère se contractent par le froid. Leur densité devient plus importante et elles tombent doucement vers le sol, rendant l’air qui nous entoure plus clair, plus pur, autrement dit nettoyé. Ce n’est pas le cas l’été.

Au fil des saisons, on peut voir circuler et se succéder les nombreuses étoiles qui forment les constellations, repères indispensables permettant de nous y retrouver dans leur fourmillement.

De temps à autre, au moment où l’on s’y attend le moins, une étoile filante ou un météore, dans un silence absolu, marque d’un grand trait lumineux d’une blancheur éblouissante le noir profond du ciel.

Ce spectacle changeant, silencieux et totalement gratuit, me fascinait depuis longtemps. Il m’a conduit à me poser mille questions.

Et vous, vous posez-vous la question de savoir ce qui se passe dans cet Univers gigantesque dont on ne connait pas les limites. Lieu où notre petite planète Terre qui pourtant nous semble énorme, évolue allègrement depuis si longtemps ?

Dans mon enfance, le soir, puisqu’il n’y avait chez moi ni télévision ni téléphone, que l’été les soirées sont longues et qu’il fait bon dehors, il nous arrivait souvent de « prendre le frais » assis sur un vieux banc de pierre en écoutant les histoires que me racontaient mes parents. La seule chose qui pouvait attirer notre regard, c’était le ciel !

C’est dans ces conditions privilégiées que j’ai commencé à m’intéresser à ce que nous avions au-dessus de la tête.

Je pense à mon visiteur d’hier soir avec lequel je souhaiterais partager mes quelques connaissances. Je lui offrirais avec grand plaisir ce que j’aurais aimé découvrir dans mes jeunes années. Mais viendra-t il ?

Par habitude ou par tradition, puisque je suis né en France, mes parents m’ont fait baptiser. J’ai fait ma communion à l’église catholique, j’ai servi la messe comme tous les gamins de mon âge. Et là, on m’a appris que Dieu était le créateur de tout cet univers qui nous entoure. Il n’y avait plus de question à se poser.

Dieu était partout, responsable de tout, la cause de tout, donc les réponses aux questions étaient toutes réglées d’avance ! Cela me semblait un peu trop facile et exacerbait ma curiosité !

Pas convaincu du tout, je ne comprenais pas cette version ! Dieu est-il capable de fabriquer des rochers, des arbres, des hommes et des animaux ? Comment a-t-il pu trouver autant d’eau pour remplir les mers et les océans ? Que sont les étoiles, et comment tiennent elles là haut toutes seules ? Vous devinez que les questions peuvent être innombrables ! Pendant ma scolarité, les « BT » (Bibliothèques du Travail) nous renseignaient un peu, mon père me montrait la Grande Ours, l’Etoile Polaire, mais c’était très succinct tout cela !

L’apprentissage, le service militaire et l’installation artisanale ont pris énormément de place dans ma vie et mon questionnement d’adolescent subsistait de façon sous jacente. Plus tard, j’ai eu l’occasion d’assister à des cours d’astronomie ou j’ai appris beaucoup de choses. Bien sur, il reste encore de nombreuses questions sans réponses, mais je sais maintenant que les Dieux, qu’il y en ait un ou plusieurs ne sont responsables de rien. Les hommes ont inventé les Dieux pour se rassurer, puisqu’ils ne maitrisaient pas la connaissance actuelle. Ils avaient peur de mourir et que disparaître à jamais était inconcevable !

Mes quelques connaissances en astronomie m’ont conduit à mener des animations dans des écoles, collèges, lycées, lieux de grand public et divers.

C’est là qu’une évidence quasi tragique m’est apparue. J’ai constaté avec une profonde déception, presque avec effroi, qu’une majorité écrasante de nos contemporains ne connaissait rien, ou très peu de chose concernant le ciel et ses mystères.

C’est ce qui m’incite fortement à m’adresser à mes contemporains, à tous les curieux soucieux de comprendre au moins en partie cette nature inimaginable et merveilleuse dont nous faisons partie.

Un éclairage honnête sur la réalité des phénomènes extraordinaires qui nous entourent, s’il est apporté au plus grand nombre, peut,… peut-être, calmer les ardeurs destructrices de certains fanatiques sur nos continents. Est-ce une utopie ?

Pourvu que mon visiteur d’hier soir revienne ! Mais rien n’est certain, d’ailleurs il est un peu en retard !

Je reconnais volontiers que chacun est libre de mettre ou non le pied à l’étrier, afin d’ouvrir objectivement les yeux sur le fantastique et mystérieux Univers qui nous emmène à toute allure autour de notre Galaxie. Il serait dommage de renoncer, cela conduirait à croire à n’importe quoi sans curiosité, sans réflexion !

Un télescope et des maquettes me permettaient de montrer aux curieux le déroulement des saisons, et de nombreux phénomènes de la mécanique céleste.

Très souvent, le soir après dîner, entre les animations, j’aimais me retrouver près de chez moi, sur mon petit rocher, seul dans le calme.

Il faut au moins vingt minutes d’adaptation dans le noir pour que nos pupilles s’ouvrent au maximum. Nous arrivons alors à distinguer de nombreuses étoiles très peu brillantes, le sol, les haies, les arbres se dessinent de plus en plus. Le profil de l’horizon devient plus net et sans doute grâce à la présence des milliers d’étoiles, on se sent moins isolé. Cette sensation de calme agréable permet d’entendre le chant un peu sec du hibou et des chouettes, d’écouter ces oiseaux nocturnes qui échangent des discours incompréhensibles ainsi que quelques chiens signalant leurs positions. Aux premiers beaux jours, du printemps au début de l’été, les engoulevents nous adressent des pétarades étonnantes. Ce curieux chant ressemble fortement au son d’un moteur de petite cylindrée. Très caractéristique il ajoute une note amusante au plaisir d’une observation agréable. Ainsi, nous ne nous sentons pas vraiment seuls dans la nuit. C’est une ambiance particulière toute naturelle dont sont privés les gens de la ville.

Un ciel dégagé de tout nuage, loin des lumières parasites des lampadaires, comme ici, offre souvent un spectacle superbe, dont je ne me lasse pas.

– Tiens, te voilà ! Mais il est tard ! J’ai cru que tu ne viendrais plus, mais c’est très bien, ça me fait énormément plaisir de te revoir.

– Vous êtes là tous les soirs ?

– Non, mais très souvent !

– Vous êtes normal m’sieur ?

– Pourquoi tu me poses cette question ?

– Pa’ce que c’est bizarre de r’garder l’ciel comme ça !

– Tu ne trouves pas que le spectacle est superbe ? Lève les yeux, regarde toutes ces étoiles, ces milliers d’étoiles dont certaines scintillent ! Tu distingues cette longue trainée lumineuse qui coupe en deux la voûte céleste ?

Ca ne t’intrigue pas, ce couvercle constitué de points brillants qui change de position pendant la nuit, aussi avec les saisons et dont la beauté se renouvelle en permanence !

– Le ciel, c’est l’ciel, c’est comme ça d’puis longtemps !

– Tu as raison, le ciel est là depuis longtemps. Il n’empêche que si tu réfléchis un peu, ce qui te semble normal, banal et ordinaire ne l’est pas du tout !

– Pourquoi ?

– Si tu savais tout ce qui se passe là haut, mais pas seulement là haut, tout autour de nous, dans l’Univers qui nous entoure, tu serais très surpris !

– Pourquoi ?

– Tu es curieux toi, tu m’interdis de te poser des questions et tu te permets de m’interroger constamment !

– Oui m’sieur, mais pourquoi r’gardez-vous l’ciel ?

– Ecoute moi, je te raconterai tout ou presque concernant le ciel, une autre fois. Tu dois rentrer chez toi, tes parents vont s’inquiéter si tu rentres tard dans la nuit ! Dis-leur la vérité ! Dis-leur que tu as découvert une personne qui te propose d’apprendre le ciel, la mécanique céleste et ses mystères, ils ne s’inquièteront pas s’ils savent où tu es et ce que tu fais. Propose-leur de venir assister à une soirée, nous ferons connaissance !

– Impossible ! Vous m’chassez ?

– Non pas du tout ! Tes parents savent que tu es là ?

– Non mais y savent que j’sors m’détendre le soir en m’prom’nant un peu ! Surtout, dites à personne que vous m’avez rencontré, je r’viendrai p’t’être bientôt ! Au r’voir m’sieur !

Un peu désarçonné, j’ai continué machinalement à lever les yeux vers les étoiles, sans rien observer de précis. Je pensais à mon visiteur imprévu, à son drôle de comportement, à ses sorties seul le soir !

C’est curieux, quand même que des parents laissent leur enfant se promener seul dans la nuit en pleine campagne où il n’y a pas grand-chose à voir !

C’est curieux aussi qu’il m’ait repéré et suivi des yeux jusqu’à venir voir de jour le lieu où je viens observer le soir.

Au moment où j’allais quitter mon observatoire pour rentrer chez moi à mon tour dans la nuit, la brillante I.S.S. (Station Spatiale Internationale) apparaissait au sud-ouest. Je l’ai suivie des yeux plusieurs minutes, jusqu’à l’horizon nord-est où elle a disparu.

Il faut savoir, que pendant la période s’étalant du milieu du printemps au milieu de l’automne, si vous êtes comme moi situé à peu près à 45° de latitude nord, (à mi-chemin entre l’équateur et le pôle nord), le Soleil, apparemment, ne descend pas très bas au-dessous de l’horizon nord. Il éclaire la haute atmosphère où circulent en permanence de nombreux satellites artificiels qui, tels des miroirs, nous renvoient la puissante lumière solaire. Pendant les longues nuits d’hiver où l’ombre de la Terre occupe toute la voûte céleste, les satellites artificiels disparaissent dans le noir de la nuit. Pourtant ils circulent aussi, mais le Soleil ne les éclaire pas.

Ces satellites divers aux trajectoires variées sont souvent des objets de méprise. Bon nombre de nos frères terriens y voient des objets venant d’ailleurs ! Ce que l’on appelle les O.V.N.I. (Objets Volants Non Identifiés) qui sont pourtant très souvent identifiés. Il suffit d’un peu de réflexion. Vu le nombre impressionnant de nuits passées à scruter le ciel, je n’ai jamais vu d’extraterrestre ! Il m’est arrivé à de nombreuses reprises d’être surpris par un point brillant ou un faisceau lumineux apparaissant brusquement dans le ciel. Chaque fois, quelques secondes m’ont suffi à identifier l’objet ou la raison de cette surprise.

Les plus impressionnants à mon avis sont les ronds de lumière émis par les phares puissants d’une voiture qui, au loin, sans que l’on puisse l’entendre, négocie un virage en côte. Sur le fond d’un ciel blanchâtre chargé d’humidité, des ronds blancs lumineux provoqués par les projecteurs de certaines voitures, se déplacent à vive allure en décrivant de superbes courbes au-dessus de nos têtes, dans un silence total.

A plusieurs reprises, j’ai pu observer des phares d’atterrissages d’avions que les pilotes avaient oublié d’éteindre. Depuis l’horizon, un point brillant, de plus en plus éblouissant s’approche, et nous interpelle. Après quelques minutes, ce faisceau de lumière est facilement identifiable. Mais au début, il peut occasionner des frayeurs lorsqu’on est seul dans la nuit noire, loin de toute habitation.

Des fragments de fusées, des coiffes de satellites artificiels ou de restes de satellites anciens circulant à toute allure autour de notre planète, sont attirés par la force de gravitation de la masse de la Terre.

Ils perdent de l’altitude et s’approchent lentement des couches plus denses de l’atmosphère terrestre. Alors, le frottement de plus en plus important dû à leur vitesse engendre une chaleur progressive. Ils s’échauffent, deviennent rouges comme du métal en fusion et filent à toute allure dans la nuit, dans un silence presque inquiétant.

Il est possible de suivre les derniers instants de ces objets qui vont se désintégrer quelque part ou au-dessus de nos têtes. Filant à environ 20 ou 30 mille km/h, ils peuvent facilement passer aux yeux des personnes non initiées à l’astronomie, pour des objets venant de contrées galactiques inconnues !

Un soir de fête internationale de l’astronomie, comme tous les ans à l’occasion de la « Nuit des Etoiles », une spectatrice m’interpelle et me montre un truc bizarre qui se déplace dans le ciel. Quelques secondes d’hésitation m’ont permis de lui expliquer, ainsi qu’au public, qu’il s’agissait vraisemblablement d’une pièce de satellite artificiel. Ayant la forme d’une lame de tondeuse à gazon, ce morceau de métal entré dans l’atmosphère à grande vitesse en tournant sur lui-même, commençait sa désintégration. Circulant à 15 ou 20 milles mètres d’altitude, il se désagrégeait, tout simplement.

Il est facile de comprendre que des personnes loin de s’intéresser à ce domaine se posent des questions, voire interprètent ces phénomènes à leur manière, influencées par des écrits ou des films de science fiction.

Dernièrement, dans le journal local, un article signalait qu’une dame au volant de sa voiture avait été suivie par un O.V.N.I !

Après renseignements et détails, il s’est avéré tout simplement que cette charmante dame, de nuit, sur une route droite, longeait une haie au travers de laquelle elle apercevait par intermittence la Lune toute ronde (pleine Lune), basse sur l’horizon. Plus elle accélérait, plus l’objet brillant qu’elle voyait à sa gauche allait vite. Afin d’essayer de comprendre ce qui se passait, elle a ralenti, s’est arrêtée. L’objet en question a ralenti et s’est arrêté aussi. Seule dans son véhicule et cédant à la panique, elle a accéléré, pris de la vitesse afin d’échapper à cette chose brillante qui insistait afin de rester à ses côtés. Arrivée dans sa demeure, elle a informé un journaliste qui a repris ses explications, confirmant pratiquement qu’un objet volant suivait consciencieusement une automobiliste rentrant chez elle.

C’est ainsi que naissent des histoires rocambolesques que de trop nombreux contemporains croient et répandent le plus sérieusement du monde !

Des renseignements plus précis vous seront offerts plus loin.

Pendant que je vous racontais tout cela, j’ai rejoint mon domicile.

Après quelques heures de sommeil et une journée bien remplie j’attendais le moment de retrouver le jeune homme de la veille, mais la journée n’en finissait pas. Le ciel taché de quelques petits cumulus blancs commençait à m’inquiéter un peu. Allait-il faire beau la nuit prochaine ?

Finalement, lentement, les cumulus se sont désagrégés, annonçant une soirée d’observation acceptable.

J’étais installé sur mon petit rocher avant le crépuscule civil. Si je vous parle du crépuscule civil, c’est qu’il y a des raisons. Je vous dois quelques petites précisions. Il existe trois crépuscules !

Le premier, le crépuscule civil est le moment à la tombée de la nuit, où le centre du Soleil se trouve à 6° au-dessous de l’horizon. Le second, le crépuscule nautique, est le moment où le centre du Soleil est à 12° au-dessous de l’horizon, le ciel est un peu plus sombre. Quant au troisième, le crépuscule astronomique, celui qui nous intéresse, c’est le moment où le centre du Soleil est à 18° au-dessous de l’horizon. Il fait presque nuit.

Quelques minutes après mon arrivée, sans doute m’attendait-il tout près de là, mon nouveau compagnon de soirée s’est approché.

– Bonsoir m’sieur !

– Bonsoir jeune homme ! Tu as prévu de rester tard ce soir ? Je constate que tu as porté des vêtements chauds et une casquette !

– Ah oui m’sieur, j’ai beaucoup pensé à vous d’puis hier soir, j’craignais que vous soyez pas là ! J’aimerais bien que vous m’expliquiez le ciel, ça doit êt’e chouette !

– D’accord, mais dis-moi qui tu es. Je ne sais toujours pas où tu habites, d’où tu viens, où te raccompagner. Je ne sais rien de toi !

– Euh, oui, j’vous expliquerai plus tard ! Vous m’avez dit l’aut’e soir que certaines étoiles scintillaient, pas les aut’es, et j’aimerais savoir pourquoi l’ciel est si bien pour vous !

– Ça fait deux questions ça ! Les étoiles en réalité ne scintillent pas, regarde celles que l’on voit au-dessus de nous, tu en vois scintiller ?

– Non, c’est vrai, mais là-bas, plus bas vers l’horizon, y en a qui scintillent, pourquoi ?

– Bien vu !

Pour observer ces étoiles, là bas vers l’horizon, notre regard est presque à l’horizontale, il traverse une épaisseur d’atmosphère, d’air, très importante. Les rayons lumineux des étoiles traversent eux aussi dans l’autre sens cette forte épaisseur d’atmosphère pour arriver jusqu’à nous. Selon l’altitude, des vents contraires, parfois violents et invisibles pour nous, cassent par moments, brisent par intermittence les rayons de lumière venus des étoiles. Ce phénomène existe aussi au-dessus de nos têtes, mais l’épaisseur d’air beaucoup moins importante qu’à l’horizontale n’arrive pas à casser les rayonnements qui nous arrivent en direct.

– J’comprends pas ! Pourquoi l’atmosphère est plus épais vers l’horizon qu’au-dessus d’ nous ?

– L’atmosphère, c’est féminin, on dit : une atmosphère ! Ceci dit, c’est simple à comprendre, l’atmosphère possède à peu près la même épaisseur partout sur la surface de la Terre. Tu es d’accord ! A la verticale au-dessus de nos têtes, environ 20 km, plus on s’élève, plus l’air se raréfie. A l’horizontale, cela fait tout de même environ 600 km, soit trente fois plus qu’à la verticale.

– J’ai compris, c’est comme une tranche de pastèque, ça dépend comment on la coupe !

– Génial et très amusante ton idée, c’est bien !

Lors d’une émission à la radio, j’ai entendu un pseudo-scientifique expliquer qu’il était facile de faire la différence entre une planète et une étoile. C’est vrai que ce n’est pas évident quand on ne connait pas le ciel. Ce monsieur, avec un certain aplomb, affirmait, que tout ce qui scintillait était une étoile et que les planètes, elles, ne scintillaient pas.

Il est vrai que les étoiles fabriquent leur propre lumière et que les planètes ne sont visibles que parce que le Soleil les éclaire.

– Les étoiles brillent toutes seules ? Qui les allume ?

– Elles s’allument toutes seules, je t’expliquerai dans quelques jours si tu reviens !

Regarde là-bas, vers l’horizon Est, tu vois cette grosse étoile qui scintille ?

– Oui !

– Eh bien, ce n’est pas une étoile, c’est la planète Jupiter que l’on commence à apercevoir. Elle scintille parce qu’elle...