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La vie et les vivants. Conversations avec Françoise Muckensturm

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239 pages

Ce livre est né du désir de répondre à la question que chacun se pose : qui suis-je, qu'ai-je à faire de ma vie ? Interroger un psychanalyste permet d'aborder ces interrogations par le biais du quotidien de nos vies, où se mêlent satisfactions et angoisses, meurtrissures et étonnements, dans les contacts avec les multiples cercles dont nous faisons partie. Écoute, souffrance et guérison, altérité et désir ne cessent de nous interroger dans notre statut de sujets. C'est aussi le lot et le souci du psychanalyste.


Tous les hommes, dit Denis Vasse, sont construits sur cette structure universelle : sujets de la Parole. Ils souffrent et veulent guérir, ils désirent et ils parlent. Leurs pathologies psychiques témoignent des défaillances de cette structure. Écouter cette souffrance revient à être attentif à ce qui se dit dans la chair affectée, touchée par la parole. Et pour le sujet, c'est apprendre à lire les effets du lien symbolique qu'il entretient avec les vivants et la Vie, avec la source de la Parole, avec l'Autre absolu. " L'homme n'est pas à l'image de lui-même, mais à l'image de ce qui parle en lui et dont il cherche le visage. Il est, comme dit la Bible, à l'image de Dieu, qu'il est interdit de se représenter dans une image. "


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La Vie et les vivants
DU MÊME AUTEUR
AUX MÊMES ÉDITIONS
Le temps du désir Essai sur le corps et la parole 1969 coll. «Points Essais», 1997
L’ombilic et la voix Deux enfants en analyse Le champ freudien, 1974 coll. «Points Essais», 1999
Un parmi d’autres Le champ freudien, 1978
Le poids du réel, la souffrance 1983
La chair envisagée La génération symbolique 1988
L’Autre du désir et le Dieu de la foi Lire aujourd’hui Thérèse d’Avila 1991
Inceste et jalousie 1995
La souffrance sans jouissance ou le martyre de l’amour Thérèse de l’Enfant-Jésus et de la Sainte-Face 1998
La dérision ou la joie La question de la jouissance 1999
CHEZ DAUTRES ÉDITEURS
Se tenir debout et marcher Du jardin œdipien à la vie en société Gallimard, 1995
Denis Vasse
La Vie et les vivants
Conversations avec Françoise Muckensturm
Éditions du Seuil e 25, bd RomainRolland, Paris XIV
ISBN978-2-02-137625-8
© ÉDITIONS DUSEUIL,AVRIL2001
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www.seuil.com
Introduction
Ce livre a pris corps, pour l’essentiel, au cours de prome-nades. Il en garde la marque dans les détours et les retours d’une conversation qui ne vise pas à organiser un discours d’une belle architecture, mais se poursuit avec la persévérance d’une quête. Il s’agit de trouver réponse à la question que chacun se pose (ou refuse, ou se décourage de poser): Qui suis-je, qu’ai-je à faire de ma vie? Une telle question trouve sa réponse dans la rencontre qui l’autorise. Il était légitime d’interroger un psychanalyste. Ainsi, la question pouvait être abordée par le biais le plus immédiat, celui du quotidien de nos vies, là où se mêlent satisfactions et angoisses, meurtrissures et étonnements au contact de nos interlocuteurs, dans les multiples cercles dont nous faisons partie; là où se livrent aussi des débats douloureux avec nous-mêmes au secret de nos solitudes. Écoute, souffrance et guérison, altérité et désir ne cessent de nous y interroger dans notre statut de sujet. Ayant luLe Temps du désir,il m’a semblé que Denis Vasse saurait se prêter à une telle rencontre. Il nous offre ici un ensemble de réflexions qui ne s’écartent pas de la question de l’homme. Elles pourraient même fonder une anthropologie. Tous les hommes, nous dit-il, sont cons-truits selon une unique structure: ils souffrent et ils veulent guérir, ils désirent et ils parlent. Les différentes pathologies dont ils sont affectés dans leur corps psychique témoignent des défaillances de cette structure. Quand il nous les décrit,
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L A V I E E T L E S V I VA NTS nous les reconnaissons immanquablement: elles font partie de notre propre expérience. L’homme, qu’il en ait conscience ou non, est divisé entre pulsion à satisfaire dans la consom-mation des objets et désir qui l’attire, dans l’au-delà du plaisir, en un Dieu de vie en qui tous les vivants trouvent leur origine. C’est en Lui qu’ils vivent et c’est en eux qu’Il vit. Par une sorte de confort et au prix de faire taire la voix qui le nomme, l’homme emprunte volontiers un chemin sinueux entre culpabilité et recherche de plaisir, entre violence et désar-roi. Pourtant, un renversement se produit sur ce parcours. Il en fonde la vérité. Il advient par le biais d’une rencontre, lorsqu’un interlocuteur nous donne, même à son insu, d’être entendus au-delà de nos mobiles et de nos raisons, de nos histoires et des représentations qui sont nôtres. Il atteste que nous sommes Autres – indéfinissables au regard de quelque critère que ce soit, débordant toutes descriptions imaginaires, même si elles correspondent à l’exactitude de la réalité connue. «L’homme n’est pas à l’image de lui-même, il est à l’image de ce qui parle en lui et dont il cherche le visage. Il est, comme dit la Bible, à l’image de Dieu, qu’il est interdit de se représenter dans une image.» Ceci ne se démontre pas, mais s’éprouve, se révèle. Un Homme parmi tous les autres a été acteur et témoin de cette révélation. Il s’est donné comme Vérité qui parle. À sa lumière, se discerne le chemin de tous les hommes. Il a vécu et il est mort, non dans la mièvrerie du sentiment, mais dans la force du plus grand amour qui consiste à donner la vie reçue de Dieu aux vivants qu’il aime. Il a affronté la jalousie et le mensonge de ceux qui se sentent de manière irrépressible délogés par lui de leur suffisance. Il a attesté par sa vie et sa mort que se révèle en tous les hommes le Fils de l’homme, celui à l’image duquel ils sont créés. Qui que nous soyons, nous sommes appelés sur ce chemin de l’humanité.
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I NT RODUC T I ON
Denis Vasse a toujours veillé à pratiquer la psychanalyse en écoutant les hommes au gré de la parole incarnée. Interpré-tée à la lumière du désir, la vie qui se révèle se détache du roman de nos histoires. Dieu, source de la vie, parle en cha-cun de nous, en tout vivant. Dans ce dialogue entre l’auteur et son interlocutrice se découvre progressivement la place de l’homme dans le monde, sa vraie liberté.
Ce livre doit beaucoup à tous ceux qui ont accompagné son élaboration de leur confiance et de leur amitié. Qu’ils trouvent ici l’expression de ma vive gratitude, en particulier Jérôme et Dorothée Beytout, Michel Farin, Marie-José D’Orazio-Clermont et Jacqueline Boulanger. FRANÇOISEMUCKENSTURM