La violence politique

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Livres
232 pages

Description

La violence politique (guerres, massacres, génocides, troubles civils…) au cours du XXe et à l'aube du XXIe siècle accompagne comme un double hideux le progrès économique et démocratique. De plus en plus inacceptable et inacceptée, elle apparaît comme un défi à l'humanité ainsi qu'un défi scientifique car elle reste largement inexpliquée. Ce livre tente d'amorcer une réponse à ces deux défis, une réponse à l'urgence civique de mobilisation des ressources disponibles face à la violence politique, et aux risques d'autodestruction de l'humanité. Pour les chercheurs, ces ressources sont avant tout d'ordre scientifique et professionnel. Il s'agit donc de rechercher les stratégies scientifiques optimales permettant de répondre aux problématiques complexes de la violence politique.

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Date de parution 21 février 2003
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EAN13 9782749226736
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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La violence politique
Les auteurs
Max PAGÈS, professeur émérite des universités, fondateur de l’Association pour la recherche et l’intervention psychosociolo-giques (ARIP) et du Laboratoire de changement social (université ParisVII), président d’honneur de la Fédération française de psychothérapie intégrative et multiréférentielle.
Jacqueline BARUS-MICHEL, professeur émérite de l’université ParisVII-Denis Diderot, membre du Laboratoire de changement social, du Centre international de recherche, formation et inter-vention psychosociologiques (CIRFIP).
Dan BAR-ON, professeur à l’université Ben- Gourion du Neguev, chercheur à l’université de Beersheba (Israël).
Fethi BENSLAMAaris, maître de conférences à l’université P VII-Denis Diderot, rédacteur en chef de la revueIntersignes.
Charles ROJZMAN, thérapeute social, fondateur de démocratiques.
Impatiences
Patrick SCHMOLL, ingénieur d’études auCNRSaboratoire, L « Cultures et sociétés en Europe » (université Marc-Bloch, Stras-bourg), rédacteur en chef de laRevue des sciences sociales.
André SIROTA, professeur à l’université ParisX-Nanterre.
Edgar MORIN, directeur de recherches honoraire auCNRS.
Max Pagès avec Jacqueline Barus-Michel, Dan Bar-On, Fethi Ben Slama, Charles Rojzman, Patrick Schmoll, André Sirota et Edgar Morin
La violence politique
Pour une clinique de la comple xité
« Sociologie clinique »
Ouvrages de Max Pagès :
Le phénomène révolutionnaire, une régression créatrice,Desclée De Brouwer, 1998. Le travail d’exister, roman épistémologique,Desclée de Brouwer, 1996. Psychothérapie et complexité,Desclée de Brouwer, 1993. Le stress professionnel,avec N. Aubert, Klincksieck, 1989. Trace ou sens, le système émotionnel,Hommes et Groupes, 1986. L’Empire de l’organisation,avec M. Bonetti, V. de Gaulejac, D. Descendre,PUF, 1979 ; dernière édition, Desclée de Brouwer, 1998. Le travail amoureux, éloge de l’incertitude,Dunod, 1977. La vie affective des groupes, esquisse d’une théorie de la relation humaine,Dunod, 1968 ; dernière édition, 1990. L’orientation non directive en psychothérapie et en psychologie sociale,Dunod, 1965.
Conception de la couverture : Anne Hébert
Version PDF © Éditions érès 2012 CF - ISBN PDF : 978-2-7492-2674-3 Première édition © Éditions érès 2003 33, avenue Marcel-Dassault, 31500 Toulouse, France www.editions-eres.com
Aux termes du Code de la propriété intellectuelle, toute reproduction ou représentation, intégrale ou partielle de la présente publication, faite par quelque procédé que ce soit (reprographie, microfilmage, scannérisation, numéri-sation…) sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L 335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle. L’autorisation d’effectuer des reproductions par reprographie doit être obtenue auprès du Centre français d’exploi-tation du droit de copie (CFC), 20, rue des Grands-Augustins, 75006 Paris, tél. 01 44 07 47 70, fax 01 46 34 67 19.
Table des matières
AVANT-PROPOS Max Pagès . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
INTRODUCTION
1. NAISSANCE DE LA COMPLEXITÉ CLINIQUE: LE SYSTÈME SOCIOMENTAL Max Pagès . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 2. LA DOUBLE NATURE DU PHÉNOMÈNE RÉVOLUTIONNAIRE Max Pagès . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
APRÈS LE 11 SEPTEMBRE
3. LA FIN DE LA MODERNITÉ? Patrick Schmoll . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4. CRISE ET IDENTITÉ Jacqueline Barus-Michel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5. LE COURAGE POLITIQUE,GUERRE,TERRORISME,DÉMOCRATIE Max Pagès . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6. DISCUSSION. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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LE CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN
7. LA PESTE ÉMOTIONNELLE Charles Rojzman . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8. LE CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN ET LINSTABILITÉ DU MONDE Max Pagès . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9. ISRAËL-PALESTINE,LIMPOSSIBLE SÉPARATION André Sirota . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10.5761,LANNÉE JUIVE QUI VIENT DE SÉCOULER Dan Bar-On . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11. COMMENTAIRE. VIOLENCE ET DISCERNEMENT Fethi Benslama . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
CONCLUSIONS
12. UNE ANTHROPOSOCIOGENÈSE DE LA VIOLENCE POLITIQUE Entretien avec Edgar Morin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13.IN FINE Max Pagès . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
BIBLIOGRAPHIE . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
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Avant-propos
La violence politique – guerres, massacres, génocides, troubles e e civils… – au cours duXXet à l’aube duXXIsiècle accompagne comme un double hideux le progrès économique et démocra -tique. Elle est à la fois croissante et de plus en plus inacceptable et inacceptée. Elle apparaît comme un défi à l’humanité. C’est en même temps un défi scientifique. La violence poli-tique reste largement inexpliquée. On s’est longtemps accom-modé de la guerre comme relevant, par e xemple, de la nature humaine ou du fonctionnement normal de la société. Les approches plus modernes, en termes de conflits économiques, sociaux, politiques, sont elles-mêmes insuffisantes. Le point de vue des historiens sur la guerre est d’ailleurs en train de changer , comme en témoignent les recherches récentes sur le conflit de 1914-1918, qui font une large place à la violence et à la souf-france des combattants et des civils (Audoin-Rouzeau et Becker, 2000). Quant aux révolutions, les violences révolutionnaires et contre-révolutionnaires échappent largement aux rationalités de leurs acteurs et à celles des historiens. Les psychologues et les sociologues cliniciens ont une certaine expérience des phénomènes de radicalisation, de régression, de passage à l’acte, de pathologie mentale, à l’échelle individuelle,
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tant au niveau de l’analyse qu’à celui de la cure. Ils ont commencé à les étudier au niveau collectif, à l’échelle micro-sociale, celle des groupes et des organisations. Ils tentent ici de prolonger ce travail à l’échelle des sociétés. Mais ce point de vue est impuissant, à lui seul, à fournir une explication. Il doit être croisé avec l’analyse socio-politico-historique. Il s’agit de construire une démarche multidimensionnelle, complexe, au sens où l’entend Edgar Morin, à l’échelle macrosociale. Cet ouvrage tente d’amorcer une réponse à ces deux défis, une réponse à l’urgence civique de mobilisation des ressources dispo-nibles face à la violence politique et aux risques d’autodestruction de l’humanité. Pour des chercheurs, ces ressources sont avant tout d’ordre scientifique et professionnel. Il s’agit donc de recher-cher les stratégies scientifiques optimales permettant de répondre aux problématiques complexes de la violence politique. Dans l’introduction, après avoir décrit la naissance de la méthode complexe clinique en psychosociologie, nous en faisons un premier usage à l’échelle macropolitique dans l’analyse du « phénomène révolutionnaire ». Nous esquissons un modèle applicable aux révolutions de l’époque moderne, à commencer par la Révolution française. Le corps du livre traite de la violence politique contemporaine, dans les deux parties consacrées à « l’après-11 septembre » et au conflit israélo-palestinien. Nous ne méconnaissons pas, ce faisant, la difficulté d’analyser des événements récents ou contemporains. Mais si l’histoire demande du recul, elle se construit au présent, qu’il s’agisse de l’individu ou de la collecti -vité. Le psychothérapeute se trouve confronté à ce problème lors-qu’il est en rapport avec son patient. L’analyse de sa relation avec son client, de son côté et du sien, du transfert et du contre-trans-fert, disent les psychanalystes, est au cœur de sa pratique. On ne peut éluder le problème des relations entre l’analyse et la pratique, que ce soit à l’échelle individuelle ou collective. C’est pourquoi notre étude débouche sur une réflexion sur la démago-gie et la démocratie. En matière politique, on ne peut séparer le travail sur soi et l’engagement civique, la maturité affective et la maturité politique, l’engagement des citoyens et celui des diri -geants.
Avant-propos
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J’ai fait appel à plusieurs collègues, dont chacun a un angle de vue et une expérience pratique particuliers. Mais ce livre n’est en aucune façon une collection de contributions juxtaposées. C’est un effort pour rechercher les articulations entre des aspects diffé-rents de la réalité. C’est pourquoi il inclut des phases de discus-sion ou de commentaire à la fin des deuxième et troisième parties. Les conclusions s’ouvrent sur un entretien avec Edgar Morin. La méthode du dialogue est consubstantielle à la démarche complexe telle que nous l’entendons. Je remercie Jacqueline Barus-Michel pour l’aide précieuse qu’elle m’a apportée dans le pilotage de cet ouvrage. Je remercie mes coauteurs pour leurs contributions et leur confiance, ainsi que Marie-Hélène Lefol pour la traduction du texte de Dan Bar-On. Je remercie les éditions érès et Vincent de Gaulejac de nous accueillir dans la collection « Sociologie clinique », une famille intellectuelle avec laquelle j’ai depuis longtemps des liens étroits; Armand Touati, directeur de la revueCultures en mouvement, qui a publié plusieurs des textes qui ont servi de base à nos travaux ; Béatrice Pouligny et Jacques Sémelin de m’avoir accordé l’hospi-talité dans le groupe de recherche duCERIsur les génocides et les massacres, et plus particulièrement Jacques de m’avoir fait 1 connaître l’œuvre de Fornari . Je remercie Catherine Loridant et Laurence Huchet pour leur aide à la transcription de l’entretien avec Edgar Morin. Je remercie Bernadette de m’avoir une fois de plus soutenu dans la période de préparation d’un livre. J’ai beaucoup appris en confrontant mes idées avec celles de mes collègues. J’espère que l’ouvrage suscitera chez le lecteur un semblable mouvement de confrontation et de dialogue.
1.CERI, Centre d’études et de recherches internationales.