Lacan tout contre Freud

Lacan tout contre Freud

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Livres
520 pages

Description

Lacan disait à ses élèves : « Moi, je suis freudien, si vous voulez être lacaniens, à vous de le montrer. » C’est précisément ce que ce séminaire tente de faire : comment être lacanien avec Freud, tout contre Freud.
Lacan est certainement un élève de Freud puisque l’œuvre de celui-ci a intégralement inspiré la sienne. Il avait pour Freud la plus grande admiration du fait de son courage intellectuel, de la solitude, malgré le nombre de ses disciples, qu’il a assumée au sein d’une capitale, d’un milieu, d’une culture qui lui étaient fondamentalement hostiles.
Il reste que ce que Lacan a introduit et que Freud a manqué, c’est le rôle du langage en tant qu’il est constitutif de notre vie psychique et bien sûr corporelle, et de cette instance incroyable qui s’appelle l’inconscient et qui, à notre insu – insu de mauvais gré –, dirige nos pensées, nos désirs et notre existence.

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Date de parution 17 août 2017
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EAN13 9782749254395
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Charles Melman
Lacan tout contre Freud
Copyright
© ERES, Toulouse, 2017
ISBN papier : 9782749254388 ISBN numérique : 9782749254395
Composition numérique : 2017
http://www.edition-eres.com
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Présentation
Lacan disait à ses élèves : « Moi, je suis freudien , si vous voulez être lacaniens, à vous de le m ontrer. » C’est précisém ent ce que ce sém inaire tente de faire : com m ent être lacanien avec Freud, tout contre Freud .
T a b l e
Préface(Claude Landman)
d e s
m a t i è r e s
Séminaire 1995-1998 Tome 1 – 1re année 1995-1996 Hôpital Henri Rousselle
Le signifiant
La lettre
La parole et l’angoisse
Postcryptum
Évidence et savoir
Aux Antilles et ailleurs
Traumdeutung
Traumdeutung (suite)
Les mêmes rêves
L’identification en Martinique
Qu’est-ce que l’actualité ?
La rencontre du Réel
Le rêve
Séminaire 1995-1998 Tome 1 – 2e année 1996-1997 Hôpital Henri Rousselle
La chance
Le jeu
Le goût du jeu
La théorie des jeux
Le transsexualisme
Reprise des questions sur le transsexualisme
Le XXIe siècle sera lacanien ou barbare
Clinique hystérique
Clinique hystérique (suite)
Transfert
Notes cliniques
Drôle d’histoire
La parole
Ponctuation
Préface
Claude Landman
atie (1995-1997) duière par en édition de poche de la prem  publication L sém inaire de Charles Melm an, intitulé Lecture raiso nnée et critique des œuvres de Freud et de Lacan[1], perm ettra, je l’espère, à un grand nom bre de lecteurs de prendre la m esure à la fois de la sim pl icité, de l’originalité et de l’intérêt de son enseignem ent. Les différentes ques tions cliniques que l’auteur aborde avec son auditoire ne sont jam ais en effet t raitées d’une m anière triviale, convenue ou attendue, m êm e s’il lui arriv e parfois d’en reprendre certaines qu’il avait déjà m ises à l’étude à l’occa sion de sém inaires antérieurs. Je pense en particulier au statut de l’hystérie qu’il a régulièrem ent défini, non pas au titre de ce qui relèverait de la pathologie, m ais com m e ce que certains sujets, le plus souvent des fem m es, donnent à déchi ffrer à partir de leurs sym ptôm es, des différentes m anifestations du refoul em ent dans une société donnée. Ce à quoi Freud fut sensible le prem ier, en acceptant de lire com m e une séquence langagière inconsciente ce qui se prés entait ainsi à lui de m anière bruyante et spectaculaire.
Dans tous les cas, la reprise d’une question déjà t raitée auparavant est toujours l’occasion pour l’auteur de la renouveler au m oins sur un point, à partir de la lecture qu’il est am ené à faire de l’é volution de la clinique à laquelle il se trouve confronté. Il lui arrive ains i, en prenant appui sur les repères structuraux que lui offrent notam m ent les m athèm es lacaniens des différents discours ou la form ule du fantasm e, d’av ancer un certain nom bre de thèses nouvelles qui, m algré leur grande sim plic ité et l’éclairage efficient qu’elles pourraient apporter aux praticiens, suscit ent néanm oins régulièrem ent de leur part, réticence, opposition, voire rejet, tant elles prennent à contre-pied l’opinion dom inante, fût-ell e lacanienne, et l’assurance tranquille en apparence qu’elle procure.
Ainsi s’interroge-t-il ici sur les raisons qui sera ient susceptibles de rendre com pte sinon de la disparition, tout au m oins de la sédation relative des m anifestations cliniques de l’hystérie que nous obs ervons aujourd’hui. Il y a certes la m éconnaissance, caractéristique de notre époque scientiste, de la signification freudienne du sym ptôm e com m e m anifest ation de la vérité du sujet, et le rejet dans le cham p des psychoses, à p artir du dsm iii, de toute une clinique qui était reconnue auparavant sans difficu lté com m e relevant de l’hystérie. Cependant, et c’est sur ce point qu’il innove, il fait égalem ent le constat, dans la leçon du 9 janvier 1997, d’une m od ification et m êm e d’une
m utation de la clinique sur laquelle il s’interroge et où se lisent déjà en filigrane les thèses qu’il avancera dans L’hom m e sa ns gravité, publié en 2011 : « En réalité, on voit apparaître une sym ptom atologi e nouvelle et qui tourne tout bonnem ent autour de cela : nos chères névroses sont fondées, prennent appui sur le refoulem ent. Que se passe-t-il quand i l n’y a plus de refoulem ent et qu’en particulier les m odes d’échanges verbaux p erm ettent l’expression assez crue et assez directe aussi bien du désir que de l’agressivité ? »
Qu’en résulte-t-il pour ce qui concerne le statut d e l’hystérie ? Dans la leçon suivante, Charles Melm an avance que, grâce aux tran sform ations sym ptom atiques auxquelles nous assistons à notre ép oque et à la vision rétrospective qu’elles autorisent, il est possible de parler de l’hystérie com m e on n’en avait jam ais aussi précisém ent parlé :
« Il n’est pas infondé de faire remarquer qu’aujour d’hui l’hystérie n’a plus les expressions classiques que nous lui connaissions. Il est vrai qu’elle n’occupe plus le devant de la scène comme cela a été le cas. Son pro blème a été traité, de façon inattendue, mais il a quand même été traité. »
Com m ent le problèm e de l’hystérie s’est-il trouvé t raité ? La thèse que nous propose l’auteur est la suivante : il se produit à notre époque une levée du refoulem ent originaire au sens freudien, c’est-àdire portant sur le désir sexuel, qui a com m e conséquence que le réel n’est p lus habité par ce qui était appelé jusque-là le phallus et sur lequel les diffé rents discours prenaient appui et autorité. C’est donc à la faillite de l’ensem ble des discours qui supportent le lien social, le discours hystérique com pris, que no us assistons. Ce n’est plus le verbe en effet, par l’interm édiaire de la voix, qui com m ande aujourd’hui, m ais bel et bien le langage num érique, c’est-àdire un langage écrit sans aucun locuteur pour le soutenir, sans aucun sujet anim é d ’un désir fondé sur le refoulem ent prim ordial.
Dix-sept ans après ce qui fut avancé dans ce sém ina ire, force est de constater que le diagnostic posé était juste et que nous som m es confrontés à l’effondrem ent des discours institués, ce qui corre spond précisém ent à la définition qui est donnée ici de la barbarie. Et ce t effondrem ent a pour corollaires : le délitem ent du lien social, le pouv oir sans cesse grandissant de l’im age et des m édias, le foisonnem ent des regroupe m ents m ulticulturalistes ou sectaires, l’avènem ent de religions sans théolog ie, la m ontée en puissance de pseudo-sciences com m e le cognitivo-com portem enta lism e, fondé sur une conception régressive du psychism e ayant pour m odèl e le rapport direct avec l’environnem ent com m e chez l’anim al, la recherche à tout prix de jouissances addictives extrêm es et potentiellem ent létales. Ce constat valide après coup ce que l’auteur propose com m e rem part contre la barbar ie et qui se présente com m e s’il s’agissait d’une boutade : apprendre à l ire Lacan aux enfants dans
les écoles.
J’ai pris le parti, afin de présenter ce travail de deux années de sém inaire, de dégager ce qui a trait à l’hystérie, dans la m esure où elle constitue toujours pour le psychanalyste une référence sûre qui lui pe rm et de s’orienter dans la clinique et lui évite de se lancer dans ce qui relè ve de la spéculation. Mais j’aurais pu tout aussi bien m ettre l’accent sur la lecture − car la psychanalyse est d’abord pour Charles Melm an, com m e l’indique le titre du sém inaire, l’art de bien lire, et ce, afin d’essayer de prendre une m esure plus exacte de notre rapport jusqu’ici m alheureux au signifiant et à la lettre −, la lecture donc, entièrem ent renouvelée, décapante et heuristique qu i est faite ici de certains rêves canoniques de Freud dans la Traum deutung ou d e L’hom m e Moïse et la religion m onothéiste ; m ais égalem ent sur la m anièr e inédite dont sont traitées un certain nom bre de questions telles que celles de la scène prim itive, du transsexualism e dans son rapport à la psychose, en dialogue avec son am i et clinicien Marcel Czerm ak, de la ponctuation tell e qu’elle se décline en fonction des différentes structures psychopathologi ques, de la clinique à laquelle se trouve confronté le praticien aux Antil les ou en Am érique latine, ou encore celle, ém inem m ent actuelle, du jeu dans s on rapport à la réalité.
Mais je laisse au lecteur le soin de découvrir et d e m ettre au travail pour lui-m êm e les apports précieux et m ultiples que recèle c e sém inaire, anim é dans son long par la question qui intéresse tout un chac un, qu’il se la form ule ou pas : une lecture raisonnée et critique, c’est-àdire juste, des œuvres de Freud et de Lacan, serait-elle susceptible de perm ettre d e penser et de produire un type d’écriture qui, sans pouvoir inscrire le rappo rt sexuel qui relève d’un im possible logique : devrait perm ettre, ledit rappo rt, de l’instituer (leçon du 16 novem bre 1995) ?
Nous attendons en tout cas avec im patience la livra ison des deux années suivantes du sém inaire de Charles Melm an.
Notes du chapitre
[1]Ce titre a été modifié par Charles Melman en Lacan tout contre Freud.