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Le Bon-Pasteur d'Angers en Égypte - L'œuvre des écoles d'Orient

De
96 pages

La guerre est terminée et la pacification commence. Que de ruines à relever ! que de blessures à guérir ! Comme toujours, il faudra bien plus d’efforts pour réparer le mal qu’il n’en a fallu pour le produire. Pendant longtemps encore l’attention publique sera tournée vers les bords du Nil et du canal de Suez ; nul n’ignore que ce beau pays, trait d’union entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique, toujours envié par les nations de l’Occident, a vu et verra se dérouler les scènes principales du grand drame de la transformation de l’Orient.

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Léon Cosnier
Le Bon-Pasteur d'Angers en Égypte
L'œuvre des écoles d'Orient
LE BON-PASTEUR D’ANGERS ENÉGYPTE
L’ŒUVRE DES ÉCOLES D’ORIENT
La guerre est terminée et la pacification commence. Que de ruines à relever ! que de blessures à guérir ! Comme toujours, il faudra b ien plus d’efforts pour réparer le mal qu’il n’en a fallu pour le produire. Pendant longte mps encore l’attention publique sera tournée vers les bords du Nil et du canal de Suez ; nul n’ignore que ce beau pays, trait d’union entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique, toujou rs envié par les nations de l’Occident, a vu et verra se dérouler les scènes principales du g rand drame de la transformation de l’Orient. Les graves événements qui se sont succédé en Egypte , avant la bataille de Tell-el-Kébir, donnaient lieu à des commentaires si différe nts et parfois si contradictoires qu’il est presque impossible, sans initiateur, d’y démêle r la vérité. Comment découvrir quelque rayon lumineux à travers la multiplicité d’ incidents difficiles à comprendre, même pour les habitants du pays qui en fut le théâtre ? Cependant nos regards aiment toujours à se porter vers cette terre merveilleuse, arrosée du sang des grenadiers d’Aboukir comme du sang des chevaliers de la Massou re, où sont confondus, bien qu’à des siècles de distance, les souvenirs de sain t Louis et de Joinville, de Desaix et de Kléber. A qui appartenait-il de remplir le premier rôle dan s cette contrée célèbre, devenue presque une colonie française ? Notre gouvernement n’a pas su continuer la mission séculaire de protecteur des Chrétiens du Levant. Le s instructions variables, et souvent même le défaut d’instructions à ses agents, ont con tribué à embrouiller la situation générale. L’histoire des faits passés sur les bords du Nil, pendant six mois, de mars à septembre, est encore à écrire. Ce n’est pas dans d es journaux multicolores qu’il faut l’étudier ; mais on doit l’apprendre de la bouche d e témoins éclairés, dignes de foi, qui ont vu, entendu, souffert, et qui savent rendre com pte de leurs judicieuses impressions. Nous avons été trop heureux de rencontrer un de ces véridiques témoins pour hésiter à faire profiter de cette bonne fortune les lecteurs avides de renseignements irrécusables, au double point de vue religieux et p olitique. Les nouvelles sur les diverses institutions que le Bon-Pasteur a fondées en Egypte inquiétaient les nombreux amis de la communauté don t notre ville fut le berceau. On sait quelle prodigieuse expansion a prise cette gra nde œuvre, due aux libéralités du me comte de la Potherie de Neuville ainsi qu’au génie bienfaisant de M Rose-Virginie mes Pelletier — en religion Marie de Sainte-Euphrasie — secondée par M Cesbron de la Roche, de Couëspel et d’Andigné de Villequier. e Parmi les congrégations que le XIX siècle a vu éclore en si grand nombre, il n’en est peut-être aucune qui témoigne plus que le Bon-P asteur des bénédictions de la Providence. La mère de M. de Neuville, décédée, en 1827, avait légué une somme pour fonder un asile de pénitentes à Angers. Cinq p rêtres de la ville, M. Breton, curé de la cathédrale, M. Genneteau, curé de Saint-Josep h, M. Gruget, curé de la Trinité, M. Vincent, curé de Saint-Jacques et M. Bureau, cur é de Saint-Laud, se concertèrent gr afin d’établir cette maison. Ce fut M. Breton que M Montault délégua pour aller à Tours demander à la R.M. Sainte-Euphrasie de venir organiser le nouvel établissement. On lui donna, le 31 juillet 1829, le nom de Bon-Pasteur, en mémoire de l’ancien Bon-Pasteur d’avant la Révolution, rue Sai nt-Nicolas. La maison fut
consacrée, sous le vocable de Notre-Dame-de-Charité du Bon-Pasteur d’Angers, en 1835, quand, au titre de supérieure, fut ajouté cel ui de générale, devenu nécessaire par la rapide création des succursales de Poitiers, Grenoble et Metz, création qui en faisait prévoir bien d’autres. me M Pelletier partit pour Angers le 29 mai 1829 et pri t possession des bâtiments de 1me Tournemine , à l’acquisition desquels avait été employé le leg s de M de Neuville. Obligée de retourner à Tours afin d’y remplir des e ngagements envers son ancienne communauté, la jeune supérieure ne put revenir dans notre ville que le 31 mai 1831, pour diriger l’Ordre naissant qui n’avait fait que végéter pendant son absence. Aussitôt après ce retour tant désiré, le monastère prit une nouvelle vie, mais au prix de quels sacrifices ! C’était une époque des moins favorables aux fondations religieuses, un an seulement après la révolution de juillet et deux mois après le sac de l’archevêché de Paris. L’esprit voltairien régnait en maître, et les préjugés les plus absurdes étaient répandus contre les ordres monasti ques. Dieu sait à quelles privations se résignèrent ces ouvrières de la premi ère heure, quelles souffrances elles endurèrent, quels ravages la maladie et la mort firent dans leurs rangs. Souvent même elles manquèrent du strict nécessaire. Du pain noir , des légumes cuits à l’eau composaient la nourriture habituelle des religieuse s. Elles se réjouissaient et remerciaient Dieu lorsque cette pénurie n’était res sentie que par elles ; mais profonde était leur peine quand là disette atteignait leurs chères pénitentes ; aussi prenaient-elles tous les moyens possibles pour adoucir les privations de leurs pauvres enfants. C’était le renouvellement du martyre que les saints des premiers siècles de l’Eglise s’imposaient dans les solitudes du désert. Qui peut mesurer la glorieuse part de ces victimes volontaires dans l’épanouissement du chris tianisme ? De même l’indigence inouïe des premières années du Bon-Pasteur a produi t une merveilleuse floraison. Le grain de senevé, semé aux limites d’un faubourg, s’ est transformé en un arbre immense dont les rameaux s’étendent jusqu’aux cinq parties du monde. La maison-mère d’Angers, si humble dans ses commenc ements, a donné naissance à 140 monastères : 34 en France, 5 en Belgique, 3 e n Hollande, 18 en Italie dont 2 à Rome, 11 en Allemagne, 4 en Autriche, 12 dans la Gr ande-Bretagne, 5 en Asie, 7 en Afrique, 26 dans l’Amérique du Nord, 11 dans l’Amér ique du Sud, 1 en Espagne, 1 en Suisse, 1 en Portugal, 1 en Océanie. La Maison d’Angers contient d’ordinaire onze cents personnes, en comprenant les religieuses, les novices, les pénitentes, les madel eines et les jeunes détenues confiées par l’autorité. A part les pensions alloué es pour ces dernières, le produit du travail est à peu près le seul revenu de l’établiss ement, et ce travail ne nuit pas aux ouvrières du dehors, puisqu’il est presque exclusiv ement commandé pour l’exportation, cette branche si importante du comme rce français, qui dépérirait si les couvents n’existaient plus. C’est du noviciat d’Angers, de cette ruche inépuisa ble, que sont parties, dans toutes les directions, les trois mille religieuses qui for ment aujourd’hui le personnel de l’Ordre éminemment angevin. Le sort de ces diverses fondati ons varie beaucoup. Il dépend des ressources que peut fournir le pays où elles so nt établies. Toutes sont soutenues par la sympathie des populations, quelle que soit l a différence de race ou de latitude. Souvent on est favorisé par des circonstances heure uses ; d’autres fois, on est exposé aux privations des premiers jours. Alors on lutte avec espoir et courage, et l’on finit toujours par vaincre les grands obstacles, en restant fidèle au vœu de pauvreté comme à l’obéissance envers le Seigneur, Après l’amour divin, le principal stimulant pour su pporter vaillamment les épreuves
dont se compose la vie d’une religieuse du Bon-Past eur est le sentiment du bien accompli par la sainte communauté. Qui pourra jamai s énumérer les âmes sauvées, apprécier la quantité de brebis égarées, qu’elle a ramenées au bercail. Depuis cinquante ans on n’évalue pas à moins de dix mille le nombre des pénitentes sorties de l’établissement d’Angers, sans compter celles qu i obtiennent d’y rester ; et, dans les colonies de la pieuse maison, combien de baptêm es, de rachats d’esclaves, de conversions ! à combien d’enfants, de jeunes filles et même de mères de famille ont été distribués les bienfaits inappréciables de l’éd ucation chrétienne ? Dieu seul en connaît le total qui s’accroît chaque jour. C’est en 1845 que partit d’Angers, pour le Caire, l e premier détachement de gr religieuses du Bon-Pasteur, sur les instances de M Perpetuo Guasco, évêque d’Alexandrie. Elles n’emportaient à peu près rien, rien qu’une confiance absolue à la protection divine. Dans la vaste cité qui devint le ur seconde patrie, on ne comptait alors que peu de catholiques, mais le prestige de l a France était intact et les esprits généralement disposés en sa faveur, à l’exemple du victorieux Ibrahim-Pacha, qui régnait alors sur l’Egypte. Ses descendants suivire nt cette tradition, et les largesses de bienfaiteurs de tous les groupes de la populatio n permirent à nos pieuses compatriotes de développer rapidement leur fondatio n. Ismaïl-Bey, père du vice-roi actuel, leur donna un vaste terrain et une large su bvention pour agrandir le monastère trop exigu ; son fils, Tewfick-Bey, les gratifia ég alement de ses libéralités et leur témoigna en personne sa bienveillance. Il vint deux fois présider les distributions de prix à leur école. Elevé par un officier français, le capitaine Jaquelet, il parle très bien notre langue et conserve un bon souvenir de son séj our en France. Le khédive n’admet pas la polygamie. Il était accompagné dans ses visites par sa jeune femme, qui mourut du saisissement que lui causèrent les me naces proférées par les chefs de la révolte militaire. Cette princesse, que l’on nom mait Altesse, avait un charme réel, et telle est la sympathie de la famille du vice-roi po ur les religieuses françaises, que voulant leur en donner une preuve éclatante, une de ses. sœurs leur confia l’éducation de sa nièce, la princesse Rosa, qu’elle regarde com me sa fille.
1était autrefois une closerie qui fut tr  Tournemine ansformée, en 1757, par les frères Danton, en manufacture de toiles peintes. Contraire ment à l’usage et par un heureux privilège, cette fois c’est l’usine qui est devenue monastère. Depuis 1831 l’enclos de Bel-Air et en 1856 l’ancienne abbaye de Saint-Nicolas y ont été ajoutés.