Le Burkina Faso contemporain
360 pages
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Description

Ce livre propose un regard critique sur la trajectoire de l'Etat et de la société burkinabè. Il explore les différentes facettes de l'histoire politique, de l'économie coloniale, des politiques culturelles et tente de cerner la richesse du patrimoine matériel et immatériel du pays.

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Publié par
Date de parution 01 juin 2012
Nombre de lectures 144
EAN13 9782296492189
Langue Français
Poids de l'ouvrage 21 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

LE BURKINA FASO CONTEMPORAIN Racines du présent et enjeux nouveaux
Cahiers Afrique n°26Coordonné par Issiaka MANDÉ
Publié avec la participation du Laboratoire SEDET, Université Paris Denis Diderot, le concours des universités de Ouagadougou et Koudougou, du Centre national de la recherche scientifique et technique et de la Direction des Presses de l’Université de Ouagadougou.
© L'Harmattan, 2012 5-7, rue de l'École-Polytechnique ; 75005 Parishttp://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-296-13672-4 EAN:9782296136724
Sous la direction de Issiaka MANDÉ
LEBURKINA FASO CONTEMPORAIN Racines du présent et enjeux nouveaux
Remerciements pour avoir contribué à la publication de cet ouvrage : Justin Bisanswa, Professeur, Chaire de recherche du Canada en littératures africaines et Francophonie, Québec, Canada ; Catherine Coquery-Vidrovitch, Professeur émérite, Université Paris Diderot-Paris 7 ; Muriel Gomez-Perez, Professeur, Université Laval, Québec, Canada ; Abou Napon, Professeur, Université de Ouagadougou, Directeur des Presses Universitaires ; Faranirina Rajaonah, Professeur, Université Paris Diderot-Paris 7 ; Monsieur Boureima Ilboudo, chef du Service Édition des Presses universitaires de Ouagadougou et Sophie Renqud aui ont assuré la correction des épreuves et la mise en forme finale du manuscrit.
Aux origines du Iwli-pendé, le foulard aux hirondelles (images illustrant la couverture) Pagne noir ou de noir rayé ; Corsage blanc ; Collier de perles rouges, foulard constellé d’hirondelles. Voilà de bas en haut les éléments d’une mode féminine que les mariages, baptêmes, funérailles et autres réjouissances populaires ont remis à l’honneur ces derniers temps. Pour le pagne, pas de problèmes ; il est bien de chez nous, les perles ? On sait qu’elles sont faites d’une substance nacreuse agglomérée autour de certains mollusques comme les huîtres. En clair, elles nous viennent d’ailleurs et particulièrement des mers chaudes d’Oman, d’Aden ou du Golfe persique. Quid alors du foulard aux oiseaux ouLwili-péendé(dont les motifs illustrent le présent ouvrage) ? Des nombreuses personnes des deux sexes et de tous les âges que nous avons pu interroger sur l’historique de ce foulard, une première conclusion s’impose ; on s’est contenté de l’arborer sans trop se soucier de ses origines. Tout juste sait-on qu’il ne vient pas de chez-nous, même si aujourd’hui Faso Fani en fabrique à la commande. Du reste, pour le commun des mortels, ce foulard comme tant d’autres articles vestimentaires ne pouvait avoir qu’une seule provenance : lenasaratengapays du Blanc qui désignait tout ou d’abord la France, mais aussi ce qui dépassait quelque peu les frontières connues de notre continent. Tous ceux que nous avons pu rencontrer s’accordent cependant sur une chose : l’usage duLwili-péendé remonte aux années 48-50, c’est-à-dire à l’immédiat après guerre. " Du temps où je me rendais à pied en Gold-Coast, Ghana actuel, il y a plus de quarante ans, leLwili-peendéqui représentait une hirondelle portant un papier dans le bec, se vendait déjà à Ouagadougou ". Ce sontlà les propos de monsieur Gabriel Kaboré commerçant à Dapoya II. Propos que recoupent ceux de madame Nikièma Françoise du quartier Saint Joseph, laquelle se rappelle que c’est à son retour de Dakar à la mort de Mgr. Joanny Thevenoud en septembre 1949, qu’elle a constaté le port de ce foulard par ses congénères de Ouagadougou. Même son de cloche chez monsieur Tiendrébéogo Souleymane du quartier Bilbalogho, une bibliothèque ambulante avec qui vous trouverez les photos les plus inédites. Tout en confirmant que l’usage duLwili-peendéremonte aux années 50, il se fait plus disert : " En 1953, j’ai acheté un béret noir à 60 F CFA. Le gilet coûtait 85 F CFA, et leLwili-peendése vendait à 135 F CFA " nous confie-t-il avant de poursuivre : " le foulard était tellement à la mode qu’il y eut une chanson vantant sa popularité ". D’où venait-il ? La réponse se fait moins sûre : " Pour moi, ce foulard devait provenir de Kumasi, car ce qui venait d’Abidjan était autre chose comme la soie ... Le vieux Boukary Tenkuilga qui
vient de mourir et le regretté Lazare de Bilbalogo, étaient parmi les premiers commerçants de ce foulard ". Quant aux magasins qui en étaient les grossistes, Monsieur Gabriel Kaboré cite la SCOA (Honda-DIACFA), la CFCI (ancien DIMA) et la CFAO (actuel SOCODIS). Rien de bien précis donc sur le pays où était imprimé cet article. Si bien que nous en sommes réduits à retour pour seule crédible, l’information que nous avait donnée en décembre 1974, un vieux commerçant à l’occasion de la première semaine culturelle de Ouagadougou. Selon le vieux Adama Zoungrana, puisque c’est de lui qu’il s’agit, ce foulard serait originaire de Khartoum, la capitale de l’ancien Soudan anglo-égyptien. Il serait prisé dans ce pays, surtout dans la partie méridionale, autant qu’il l’est de nos jours encore dans les campagnes burkinabè. Cette information est d’autant plus plausible que Khartoum était dans le temps, un des passages obligés de nos pèlerins à la Mecque via le Nigéria (ou le Ghana et le Tchad). Un axe par lequel s’effectuaient pas mal de transactions commerciales. D’autres vieux commerçants de la veille rencontrés à la toute dernière minute, ont cependant remis en cause ce que nous considérons comme une certitude acquise. Ainsi, selon par exemple monsieur Robert Kafando qui continue d’exercer aux abords de la S.B.E., ce foulard était importé du Sénégal, notamment de Rufisque, il est vrai que cette ville de la banlieue de Dakar abritait au temps colonial, nombre d’industries et de manufactures qui ravitaillaient les autres colonies : Ceux qui ont un certain âge se rappellent par exemple les Pastille Valda, le Sucre Saint-Louis ou l’alcool de menthe qui se vendaient à la criée ou à l’étalage au marché de Ouagadougou. Tous ces produits comme ceux de laBatavenaient effectivement du Sénégal. Mais si tel était le cas duLwili-péendé, on se demande pourquoi le Burkina, surtout dans ses contrées Mossi et Samo, en fut la terre de prédilection. Le débat reste ouvert. Cette page nous a été aimablement transmise par son auteur, Lassina Simporé, (Département d’Histoire et Archéologie, UFR sciences humaines, Université de Ouagadougou). L’article a fait l’objet d’une première publication dans la rubrique hebdomadaire « Si Ouagadougou m’était conté » qu’il animait dans le quotidienL’Observateur paalga. Les différentes contributions ont été rassemblée sous le titre éponymeSi Ouagadougou m'était conté: rubrique hebdomadaire du quotidien "L'observateur", 1992-1995, Ouagadougou, Centre d'Information sur le développement, 1997, 276 pages.
Introduction générale
SOMMAIRE
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Le Burkina Faso et le poids de l’histoire Amidou GARANE :grandes tendances du constitutionnalisme Les burkinabé : enjeux et attentes17 Madeleine KINDA :et loisirs dans le Burkina Faso Femmes contemporain : le vécu au quotidien29 Claude Etienne SISSAO : Esquisse sur les migrations au Burkina Faso : manifestations face aux normes de la période coloniale à nos 67 joursLudovic O KIBORA :La question "diaspo" à Ouagadougou85 Moussa Willy BANTENGA :Coton et/ou arachide en Haute-Volta : priorité coloniale et préoccupations des paysans (1919-1960)99 Issiaka MANDÉ :administrateur colonial légaliste ou Taillebourg, humaniste ?117
L’enseignement dans le contexte des mutations sociales au Burkina Faso Issa CISSÉ :L'histoire nationale dans les programmes de l'enseignement secondaire général au Burkina FasoMaxime COMPAORÉ :Les associations de parents d'élèves dans la vie des écoles au Burkina FasoHonoré OUÉDRAOGO :catholique voltaïque à L'Enseignement l'épreuve de la Révolution Burkinabè (1984-1987)Alain Joseph SISSAO :Enjeux nouveaux et éducation : l’émergence d’un environnement lettré au Burkina FasoMamadou Lamine SANOGO :officialiser des langues Faut-il nationales au Burkina Faso ?
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Les représentations et la culture et burkinabé entre savoir, savoir-faire et la négociation de la modernitéAlain Joseph SISSAO : L'exploitation de l'oralité par les écrivains burkinabèGeorges SAWADOGO : Les références socioculturelles comme repères pour une hermé-neutique des textes poétiques guéganéensGeorges SAWADOGO :des criquets ou Le Livre de L'Exode L'An selon Jacques Boureima Guégané, poète burkinabè Ousmane SAWADOGOLe Burkina Faso, le Mali et la Côte d'Ivoire sur le web : quels enjeux de sens spécifiques ?Alain Joseph SISSAO : L'alliance et la parenté à plaisanterie au Burkina Faso : Du concept traditionnel à la difficulté de transfert au modernisme ?Jean Célestin KY :patrimoine culturel sahélien dans les Le collections du musée national
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Introduction générale Les pays du Burkina Faso actuel ont suscité de nombreuses convoitises à la fin du 19è siècle à cause de leur position géostratégique en Afrique de l'ouest. La France, qui a conquis les territoires, les a intégrés dans la colonie du Haut-Sénégal-Niger. En raison des difficultés d'administration, elle fut démantelée donnant ainsi naissance à la nouvelle colonie de Haute-Volta en 1919. Cette dernière fut dissoute plus tard, en 1932, pour des raisons d'économies budgétaires. Elle fut de nouveau reconstituée dans ses "limites territoriales" en 1947 afin de juguler la montée du nationalisme africain et faire ainsi face aux défis que suscitaient les réformes de l'année 1946 (abolition du travail forcé et du code de l'indigénat notamment). La colonie connut des soubresauts politiques jusqu'à son indépendance le 5 août 1960. Maurice Yaméogo, alors chef de l'État, fit l'objet d'un coup d'état opéré par le colonel Sangoulé Lamizana en janvier 1966, Il engagea des réformes drastiques des finances publiques et fit adopter une nouvelle constitution en 1970. Les civils, associés à la gestion du pouvoir, ne purent taire leurs rivalités personnelles et éviter la paralysie de l'appareil étatique. Les militaires opérèrent de nouveau un coup d'État et instaurèrent en 1977 le multipartisme limité à trois partis. En 1978, le général S. Lamizana est élu chef de l'État mais les syndicats investissent la rue avec des grèves à répétition. Face au blocage, l'armée s'empare de nouveau du pouvoir en novembre 1980 et connaît des dissensions qui aboutirent aux coups d'état du médecin-commandant Jean-Baptiste Ouédraogo en 1982 puis le 4 août 1983 à celui du capitaine Thomas Sankara lequel instaure un pouvoir progressiste. Il est assassiné le 15 octobre 1987 et le capitaine Blaise Compaoré prend le pouvoir et prône la "rectification". Il finit par engager un processus démocratique avec l'adoption d'une nouvelle constitution. Depuis, il est élu sans discontinuer malgré quelques soubresauts que connaît son régime. Cet ouvrage s'inscrit dans le sillage de la série des Cahiers du Groupe Afrique et Océan indien portant sur l'écriture de l'histoire en Afrique. Il s'en écarte toutefois en se voulant pluridisciplinaire et centré sur un pays. Les analyses s'intéressent en effet aux tendances lourdes de l'histoire du Burkina Faso même si elles marquent certaines césures chronologiques. Les auteurs, de ce fait, s'intègrent dans des approches plurielles qui soulignent le poids de l'histoire, les mutations sociales en cours (notamment par le biais de l'enseignement), la vivacité de la culture burkinabé oscillant entre accumulation de savoirs et savoir-faire. Par ailleurs, ce livre remplit aussi une autre de ses ambitions, celle de faire le
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LEBURKINAFASO CONTEMPORAIN:RACINES DU PRÉSENT ET ENJEUX NOUVEAUX
pont entre chercheurs, enseignants-chercheurs des institutions universitaires et de la recherche scientifique du Burkina Faso et ceux de la diaspora. Garané Hamidou a choisi d'apporter des éclairages dans les débats actuels sur la révision de la constitution en particulier les clauses limitant le nombre de mandat présidentiel. Il situe le contexte de l'adoption de la constitution de la Quatrième République et les motivations des choix de l'Assemble constituante en 1991 à savoir la promotion de la démocratie et de l'État de droit. En effet, la constitution de 1991 opère d'importants changements fort plébiscités. Dans l'histoire du constitutionnalisme burkinabè, aucune constitution n'a comporté autant d'innovations (normatives et institutionnelles) dans la perspective d'une plus grande démocratisation. L'auteur souligne une des originalités majeures qui est l'institution de mécanismes de démocratie semi-directe permettant au peuple d'intervenir directement (et parallèlement à ses représentants) dans la gestion de la chose publique. C'est ainsi que le peuple peut prendre l'initiative en matière législative ou de révision constitutionnelle. Il peut entreprendre également une pétition en matière de protection de l'environnement et du cadre de vie. De même, il peut être sollicité par le Président du Faso dans le cadre d'un référendum. Enfin, une révision constitutionnelle est envisagée pour permettre à tout individu de saisir le conseil constitutionnel pour le contrôle de constitutionnalité des lois. Cependant, l'auteur relève que, malgré l'importance de ces mécanismes pour la consolidation de la démocratie, ces derniers ont du mal à émerger et à s'exercer. Ils ne sont guère mis en œuvre et rien n'est entrepris au niveau de l'État pour encourager de telles formes de participation à la vie politique. Pourtant, les occasions ont été nombreuses pour permettre l'expression populaire. L'auteur termine son texte par l'avertissement suivant : en l'absence de toute redynamisation de ces mécanismes, il est à craindre qu'ils ne soient perçus comme des pièces décoratives de la vie constitutionnelle burkinabè et que du même coup, la seconde décennie dans laquelle le Burkina Faso est engagé ne soit déjà "une décennie perdue" pour ses citoyens. Des inquiétudes légitimes existent. On peut pointer la non prise en compte des émigrés (environ un quart de la population totale) dans les scrutins. Ces personnes contribuent au développement de leur pays sans bénéficier des droits civiques et politiques. En effet, elles représentent plus d'un quart de la population générale du Burkina Faso. S'intéressant à cette population, Claude Sissao analyse, dans son texte, les cheminements migratoires contrastés ainsi que les politiques mises e en place tout au long du XX siècle pour juguler les flux des travailleurs. En effet, les migrations transfrontalières donnent une empreinte remarquable à l'évolution historique du Burkina Faso tout au long du siècle dernier. Aussi, l'auteur décèle quelques processus sur la longue durée tout en repérant les tendances stables et les transformations opérées au fil des années. Il appréhende par ailleurs les causes et les conséquences des mouvements migratoires en établissant le lien entre les acteurs et les normes établies d'un commun accord. Son travail s'appuie sur la lecture de textes juridiques réglementant les migrations, les archives administratives du service de la
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