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Le célibat des candidats prêtres Africains

De
175 pages
La méconduite affective et sexuelle des prêtres interpelle les institutions formatives au sacerdoce. L'Afrique n'est pas épargnée dans une culture traditionnelle où le devenir de l'homme s'identifie avec la paternité biologique. Doit-on opter pour le célibat et vivre frustré ou être infidèle une fois ordonné prêtre ? Quelles voies envisager pour conduire le prêtre à la maturité affective et sexuelle en vue d'un ministère pastoral fructueux et fidèle au Christ et à la culture ancestrale positive ?
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Joseph Mazola Ayinepa          Le célibat des candidats prêtres africains            
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr EAN Epub : 978-2-336-66192-6
 
À papa et maman pour le don de la vie, pour l’éducation reçue et pour les sacrifices consentis pour notre devenir homme-prêtre. À tous ceux qui aiment et se dévouent à la formation des prêtres, nous dédions cette étude.
REMERCIEMENTS
L’œuvre de l’éducation est plurielle, multidimensionnelle etmulticolore. Toute réflexion sur l’éducation implique, à cet effet, plusieurs acteurs, parfois inconnus… Nous sommes redevable à tous ceux qui nous ont assisté, conseillé, encouragé et ont émis des propositions de nature à améliorer la rédaction de cette étude. Notre gratitude s’adresse particulièrement à la dame professeur Gabrielle Tuccella, au père Richard Corbon et à Christian Arbona qui ont donné de leur temps pour la relecture et la correction soignée de ce texte. Que nos remerciements aillent aussi à la famille Riccioni non seulement pour l’aide technique mais aussi et surtout pour sa sensibilité à la cause des enfants de Bandundu (« un tetto per i bambini di Bandundu »), pour son sens de l’hospitalité et pour sa parenté élargie et sans frontières. À vous, abbés Luc Mazola et Bellarmmin Sisi, à la sœur Mireille Tandioy, aux demoiselles Maria Grazia De Gori et Silvia Corrado, toute l’expression de notre reconnaissance pour votre affection, proximité et secours permanent dans l’élaboration de ce travail intellectuel.
ABRÉVIATIONS ET SIGLES
Art.= Article AAS = ACTAE APOSTOLORUM SEDIS Can. = Canon CCC (Compedium) = BENOÎT XVI,Compendium du Catéchisme de l’Église Catholique, Cité du Vatican, Libreria Editrice Vaticana, 2005. CEC = CONFÉRENCE ÉPISCOPALE DU CONGO CEPE = CONFÉRENCE ÉPISCOPALE PROVINCIALE DE MBANDAKA CEPK = CONFÉRENCE ÉPISCOPALE PROVINCIALE DE BUKAVU. CEPKA = CONFÉRENCE ÉPISCOPALE PROVINCIALE DE KANANGA CEPKIN = CONFÉRENCE ÉPISCOPALE PROVINCIALE DE KINSHASA. CEPLU = CONFÉRENCE ÉPISCOPALE PROVINCIALE DE LULUABOURG. CEPS = CONFÉRENCE ÉPISCOPALE PROVINCIALE DE LUBUMBASHI. CEZ = CONFÉRENCE ÉPISCOPALE DU ZAÏRE CIC = JEAN PAUL II,Code du Droit Canonique, in AAS 75-II (1983) 1-301. COCBRU = LES ORDINAIRES DU CONGO BELGE ET DU RUANDA-URUNDI COCBRU1 = LES ORDINAIRES DU CONGO BELGE ET DU RUANDA-URUNDI,Première Conférence des Ordinaires du Congo Belge et du Ruanda-Urundi, Léopoldville, Secrétariat de la COCBRU, 1932. COCBRU2 = LES ORDINAIRES DU CONGO BELGE ET DU RUANDA-URUNDI, Deuxième Conférences des Ordinaires du Congo Belge et du Ruanda-Urundi du 16 au 26 juin 1936, Léopoldville, 1936. COCBRU5 = LES ORDINAIRES DU CONGO BELGE ET DU RUANDA-URUNDI), Vème Conférence des révérends Ordinaires du Congo Belge et du Ruanda-Urundi, Léopoldville, 21 juin – 1juillet 1951, Léopoldville, Secrétariat de la COCBRU, 1951. Éd. Éditeur = OT = CONCILE ŒCUMENIQUE VATICAN II, Décret Optatam Totius, 28 octobre 1965, in AAS 58 (1966) 713- 727. PDV = JEAN PAUL II, Exhortation apostolique post-synodalePastores Dabo Vobis, 25 mars 1992, in AAS 84 (1992) 657-804. PO = CONCILE ŒCUMENIQUE VATICAN II, Décret Presbyterorum Ordinis, 7 décembre 1965, in AAS 58 (1966) 991-1024. RDC = RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO RF = CONGREGAZIONE PER L’EDUCAZIONE C AT T O L I C A ,Ratio fundamentalis institutionalis sacerdotalis, 6 gennaio 1970, in AAS 58 (1966) 713-727
INTRODUCTION
Le monde s’unifie en un village dit planétaire. Les cultures se meuvent, s’importent et s’exportent à travers les médias, la publicité, la marchandise, la langue (l’anglais), les mariages, les études et échanges universitaires, les films, les voyages et les migrations… Il semble ne plus exister deculture vierge aujourd’hui. Toutes sont croisées, mulâtres et multidimensionnelles, bien que la mondialisation inocule subtilement l’idée d’une culture unique, en lieu et place de la mondialisation des cultures. À travers ces rencontres et échanges, l’affectivité et la sexualité ne sont pas non plus restées indemnes : déjà en effet, les institutions qui orientent leur maturation sont fortement frappées par cette culture. La famille, l’école, les centres de réinsertion, l’Église sont marqués par ses apports de manière à la fois positive et négative. Les relations fragiles, égocentriques et égoïstes éloignent les personnes les unes des autres, malgré la proximité. L’argent commande et prime sur la dignité de la personne. Se décider pour un engagement fidèle est une entreprise de longue haleine sinon un refuge dans un continuel report, un choix pour l’indécision. Parler de valeurs comme la chasteté, la continence, la tempérance ou de morale sexuelle fait peur et semble suranné. La liberté signifie désormais laisser libre cours à l’instinct ; acquérir son autonomie s’avère une mission difficile à réaliser. Il est misérable de donner un nom à la projection de sa vie et de l’unifier. L’actuelle culture narcissique forme des attardés sur le plan affectif et sexuel, en vantant une sexualité et une affectivité qui excluent l’autre et veulent se passer de la différence. Lesbianisme et homosexualité masculine sont élevés au rang de culture alors que pédophilie, viol et autres violences sexuelles sont exaltées et sont l’objet d’un trafic sur Internet. La maturation de l’affectivité et de la sexualité ne devient-elle pas un réel cauchemar ?1 Ces phénomènes frappent indifféremment jeunes et adultes, consacrés et laïcs, formés et formateurs. Comment préparer alors la jeunesse désireuse de la vie sacerdotale et religieuse à atteindre une affectivité et une sexualité responsables ? Notre étude concerne particulièrement la formation initiale. On ne s’improvise pas prêtre. Si l’appel précède la formation sacerdotale, celle-ci reste incontournable d’abord pour apprendre à vivre en fonction de la réponse qu’on donnera ; ensuite pour se laisser transformer dans le temps et dans l’espace par Celui qui appelle ; enfin pour avoir la confirmation d’avoir été appelé. Et puisque l’appel advient dans un contexte socioculturel défini, la formation ne peut s’en passer. La formation initiale en Afrique comme ailleurs est donc appelée à prendre en compte les heurts et lueurs des réalités sociales du moment sans être conditionnée ou emportée par elles. À temps nouveau, nouvelles exigences formatives. Comment former alors le futur prêtre africain au sacerdoce célibataire, sachant qu’il est à la fois fils d’une culture traditionnelle où le devenir homme s’identifie avec la paternité biologique et fils d’une culture influencée par la mondialisation qui expose sans scrupule le monde sexo-affectif ? Comment le conduire à harmoniser sa vie affective et sexuelle et son identité culturelle et vocationnelle ? Dans une culture qui vante le sexe et dépouille l’affectivité de son essence, aux côtés d’une autre culture dépréciative du célibat, comment éduquer le candidat prêtre célibataire à se donner au Seigneur et à son