Le concept de culture

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Qui utilise la culture comme excuse, pour qui et pour quoi ? Comment la culture est-elle remise en question, négociée, transformée mais aussi manipulée ? Et quelles sont les conséquences pour les acteurs impliqués ? Le concept de culture aurait perdu ses pouvoirs explicatif et interprétatif. Ce concept polysémique et souvent vide de sens n'est-il pas récupéré de façon abusive par les décideurs et les chercheurs eux-mêmes ?

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Date de parution 01 février 2013
Nombre de lectures 50
EAN13 9782296515697
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Sous la direction de Fred Dervin
LE CONCEPT DE CULTURE
Comprendre et maîtriser ses détournements et manipulations
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Le concept de culture
Logiques sociales Collection dirigée par Bruno Péquignot En réunissant des chercheurs, des praticiens et des essayistes, même si la dominante reste universitaire, la collection « Logiques Sociales » entend favoriser les liens entre la recherche non finalisée et l'action sociale. En laissant toute liberté théorique aux auteurs, elle cherche à promouvoir les recherches qui partent d'un terrain, d'une enquête ou d'une expérience qui augmentent la connaissance empirique des phénomènes sociaux ou qui proposent une innovation méthodologique ou théorique, voire une réévaluation de méthodes ou de systèmes conceptuels classiques. Dernières parutions Séverine FERRIERE,L’ennui à l’école primaire. Représentations sociales, usages et utilités, 2013. Jean-Yves DARTIGUENAVE, Christophe MOREAU et Maïté SAVINA,Identité et participation sociale des jeunes en Europe et en Méditerranée, 2013. Agnès FLORIN et Marie PREAU (Sous la dir. de),Le bien-être, 2013. Jean-Michel BESSETTE, Bruno PEQUIGNOT (dir.),Comment peut-on être socio-anthropologue ?, 2012. Yves LENOIR, Frédéric TUPIN (dir.),Instruction, socialisation et approches culturelles : des rapports complexes, 2013. Yolande RIOU,L’identité berrichonne en question(s). De l’Histoire aux histoires, 2012.Pierre VENDASSI,Diagnostic et évaluation : la boîte à outils du sociologue, 2012. Isabel GEORGES,Les nouvelles configurations du travail et l’économie sociale et solidaire au Brésil, 2012. Pascal BRUNETEAUX et Norah BENARROSH-ORSONI, Intégrer les Rroms ?Travail militant et mobilisation sociale auprès des familles de Saint-Maur, 2012.Mélody JAN-RE (dir.),Représentations. Le genre à l’œuvre, volume 3, 2012.
Sous la direction de Fred Dervin Le concept de culture
Comprendre et maîtriser ses détournements et manipulations
© L’Harmattan, 2013 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.librairieharmattan.com diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-336-00908-7 EAN : 9782336009087
Sommaire Introduction Fred Dervin Le culte à la Culture : évolution, révolution et régression Mohammed ElHajji « Comment c’est dans votre culture à vous ? » Analyse des processus d’altérisation en lycée dit « de banlieue » Zoé Rollin La « culture » rationalisée ou la croyance en un monde culturalisé Elatiana Razafimandimbimanana Culturalisation des apprenantspar les tuteursdans des échanges interculturels en ligne Catherine Muller
Bienvenue chez les Ch’tisou les actifs de l’essentialisme stratégique Regis Machart L’intellectualisation du nazisme Aurélie Renault Le mariage homosexuel en France : Objections culturelles et anthropologiques Thierry Pastorello
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Auteurs
Mohammed ElHajji, Université Fédérale de Rio de Janeiro (UFRJ), BrésilFred Dervin, Université d’Helsinki, Finlande Regis Machart, Universiti Putra Malaysia, Malaisie Catherine Muller, Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3, DILTEC, France Thierry Pastorello, Université Paris Diderot Paris VII Laboratoire ICT ; Bibliothécaire à la Bibliothèque Nationale de France Elatiana Razafimandimbimanana, Université François-Rabelais de Tours, France Aurélie Renault, laboratoire de recherches CIELAM, Aix-Marseille Université, France Zoé Rollin,IRIS-EHESS, France Fred Dervin remercieSirpa Särkijärvi d’avoir autorisé la reproduction de son œuvreUnveiling(2009) sur la couverture de cet ouvrage (www.sirpasarkijarvi.fi). « Si on dit : ‘Vous, vous pensez comme ci et nous, nous pensons comme ça’, on reste en chiens de faïence et le ‘dialogue’ s’arrête là ». Anne Cheng (2010)
Introduction Fred Dervin « Quand j’emploie un mot » dit Humpty Dumpty d’un ton assez dédaigneux, « cela signifie juste ce que je veux qu’il signifie – ni plus ni moins. » Lewis Carroll (1872),De l’autre côté du miroirLe concept de culture a reçu des centaines de définitions, parfois rigides, parfois larges et ouvertes. Jahoda (2012 : 300) parle d’ailleurs d’une « véritablesmorgasbordde définitions » ème ème dans la littérature scientifique des 20 et 21 siècles (Jahoda, ibid.). Pourtant, même s’il est omniprésent dans les discours politiques, éducatifs et de recherche, souvent pour remplacer d’autres termes contestés tels queraceoureligion, le motculturede plus en plus remis en question par les est chercheurs. Ainsi, pour Breidenbach et Nyíri (2009 : 10), le « spectre de la culture nous hante ». Debray (2007 : 27), lui, affirme que « Dans ‘la faune des choses vagues’, il figure parmi les plus dangereux, parce que matière à d’infinis quiproquos ». La sociolinguiste Ingrid Piller (2011 : 172) va même jusqu’à dire que la culture « n’est parfois rien de plus qu’une explication paresseuse et commode ». Le mot est utilisé notamment lorsque l’on parle de l’Autre, l’étranger, l’immigré, le réfugié, mais aussi pour référer aux relations ditesinterculturelles. Selon Breidenbach et Nyíri (2009), nous verrions tous de la culture partout et nous n’hésitons pas à utiliser le concept sans trop savoir ce qu’il signifie. D’après les deux auteurs (2009 : 17), «it is safe to say that in the general public, cultural explanations are now much more readily involved to challenge the authority of the “hard” sciences than twenty years ago, while, surprising as it is, “culture experts”, are less likely to be challenged, say, on the customs of Iraq than physicists on the safety of nuclear
reactors». Malgré les phénomènes d’hypermobilité internationale et la mise en discours généralisée de « l’hybridité » et/ou des identités plurielles, la culture « solide » (souvent nationale) semble demeurer une valeur sûre quand il s’agit d’expliquer l’Autre, de se justifier et de trouver des excuses… Pourtant, un bon nombre de chercheurs en sciences humaines et sociales le savent maintenant : la culture anthropologique (celle « du quotidien »), qu’elle soit nationale, ethnique, etc., n’existe pas en soi car elle est le produit de constructions, négociations, remises en question et manipulations. C’est ce que Jahoda (2012 : 300) explique clairement lorsqu’il écrit : «It must be stressed that ‘culture’ is not a thing, but a social construct vaguely referring to a vastly complex set of phenomena». Ce qui nous intéressera dans ce volume, ce n’est pas de décrire des cultures ou des « rencontres de cultures » mais d’examiner les phénomènes présentés supra, notamment lorsque la culture sert d’excuse. La culture comme excuse ? « L’avantage des discussions avec les étrangers est que l’on peut toujours attribuer l’expression plus ou moins consternée de l’autre à la différence culturelle ». Amélie Nothomb (2007),Ni d’Eve ni d’Adam.Selon l’anthropologue Alban Bensa (2010 : 56), l’utilisation du concept de culture dans une compréhension simpliste et inaltérable, évacue les continuums, les phénomènes d’hybridation et les mélanges qui constituent n’importe quelle donnée sociale. Les approches postmodernes et constructivistes ont bien démontré comment l’individu contemporain, selon ses capitaux sociaux et économiques, son sexe, etc., est avant tout un « programmateur culturel » plutôt qu’un « membre d’une culture » (Lull, 2000 : 268). Pour Martine Abdallah-Pretceille (2003 : 15), « Chaque individu a
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la possibilite de s’exprimer et d’agir en s’appuyant non seulement sur des codes d’appartenance mais aussi sur des codes de référence librement choisis ». Pourtant, ce même individu n’hésite pas parfois à mettre sa “culture” sur la table pour expliquer ce qu’il fait ou pense. L’homme politique, le chercheur ou l’éducateur ne voit aucun inconvénient non plus à l’enfermer parfois dans une « boite » culturelle sans le consulter, sans négocier… C’est souvent notamment le cas pour la Chine et les Chinois – l’Altérité par excellence à l’ « Ouest ». Ainsi, Anne Cheng (2007 : 7) explique qu’ « un ensemble d’idées préconçues concernant la Chine (…) prévalent encore en notre début du troisième millénaire ». Dans un ouvrage collectif dirigé par la chercheuse intituléLa pensée en Chine aujourd’hui(ibid.), les auteurs remettent en question des idées partagées à la fois par les « Occidentaux » mais aussi par les Chinois eux-mêmes, notamment en relation à l’idée que les Chinois pensent « radicalement différemment » de nous à cause de leurculture. Pour Cheng (ibid. : 9), cette excuse est « d’autant plus séduisante et satisfaisante qu’elle flatte une propension naturelle à la symétrie comme au retour narcissique sur soi-même ». Un argument similaire a souvent été mis en avant pour confirmer ces idéologies : « ils » sont collectivistes, « nous » sommes individualistes. Omi (2012 : 404), comme beaucoup d’autres chercheurs, a remis en question cette dichotomie problématique et l’a qualifiée d’improbable. Il réfère ainsi aux travaux de Tripathi (1988) qui a noté à propos de l’Inde que «the form of collectivism found in Indian society is a mix of individualism and collectivism that is conditioned by many values and contingencies» (cité par Omi, ibid.). Pour Holliday (2010 : 9), ces deux éléments, que l’on oppose allégrement, sont des «basic icons of an idealized self and a demonized Other». Il ne faut pas oublier que nos discours sur la culture, mais aussi sur l’altérité et l’identité, sont largement influencés
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