Le conflit psychique

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Le conflit psychique est l'un des organisateurs majeurs de la psyché, il se présente le plus souvent comme une opposition entre deux termes, expression manifeste d'un conflit sous-jacent plus fondamental. La diversité des situations thérapeutiques abordées dans cet ouvrage (de la cure classique à la cure de l'enfant, en passant par des situations non-névrotiques) devrait aider à enrichir ce concept fondamental dans la théorisation de la pratique psychanalytique.

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EAN13 9782130790860
Langue Français

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Sous la direction de
Bernard Chervet, Laurent Danon-Boileau et Marie-Claire Durieux
Le conflit psychique
Copyright
© Presses Universitaires de France, Paris, 2005
ISBN papier : 9782130549703 ISBN numérique : 9782130790860
Composition numérique : 2016
http://www.puf.com/
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Présentation
Le conflit psychique est l'un des organisateurs m aj eurs de la psyché, il se présente le plus souvent com m e une opposition entre deux term es, expression m anifeste d'un conflit sous-jacent plus fondam ental. La diversité des situations thérapeutiques abordées dans cet ouv rage (de la cure classique à la cure de l'enfant, en passant par des situation s non-névrotiques) devrait aider à enrichir ce concept fondam ental dans la thé orisation de la pratique psychanalytique.
T a b l e
d e s
Présentation(Laurent Danon-Boileau)
m a t i è r e s
Avant-propos. La « tendance au conflit » entre nécessité et impératif (Bernard Chervet) Approches théoriques
Conflit psychique et dynamique de la cure(Michèle Perron-Borelli)
1 - La notion de conflit chez Freud
2 - Conflits psychiques et situation analytique
3 - Dynamique des conflits dans la cure
4 - Les différents registres des conflits
Fonctions du conflit freudien(Claude Le Guen)
Le texte freudien
Fonctions du conflit Perspectives cliniques
Règle fondamentale et dramatisation du conflit psychique(Emmanuelle Chervet)
er Le 1 entretien
e 2 entretien préliminaire
e 3 entretien préliminaire
La première séance Après la première séance
Discussion du texte de Emmanuelle Chervet(Pierre Decourt)
« Je ne vois pas d’où je meurs »(Catherine Kriegel)
Angoisse de mort et addiction Mort et narcissisme Angoisse de castration, angoisse de mort et dépersonnalisation
De l’agir au souvenir. La figuration des conflits dans le travail de construction en analyse(Bernard Voizot)
Premières rencontres
L’agir dans la situation analytique
La force des agirs Le regard freudien sur l’agir Le travail de psychanalyse Quelques axes de recherches théorico-cliniques Le travail de psychanalyse : de l’agir à la transformation des figurations du
pulsionnel infantile
Il est bien difficile de dire du mal d’un analyste(Jean-François Daumark)
re 1 séance Réflexions e 2 séance Réflexions e 3 séance (déplacée à sa demande) Réflexions e 4 séance Réflexions
Le conflit psychique. Discussion du texte de J.-F. Daumark(Sylvie Dreyfus)
Du conflit de négation au conflit de mise en latence(Bernard Chervet)
Le calme et le rien ou la vie et l’autre(Marie-France Dispaux)
1 - Les premières années
2 - « Je suis calme et serein »
3 - Un souvenir, où ?
4 - Le calme et le rien… ou… la vie et l’autre
À propos du texte de Marie-France Dispaux(Denys Ribas)
La petite voleuse, expérience du conflit dans la psychanalyse de l’enfant (Françoise Moggio)
Transitions, traversées et voies de traverse. De l’objet anti-conflit à l’objet symbolique(François Duparc)
Plaidoyer pour un peu de conflit entre les réalités interne et externe (Annette Fréjaville)
La précocité de l’opposition entre les réalités interne et externe Les effets de la rencontre entre les objets du fantasme et ceux de la réalité Des solutions narcissiques aux conflits entre le moi et ses objets Le havre créatif de la transitionnalité Mélanie à qui manquait la zone intermédiaire
Présentation
Laurent Danon-Boileau
onflit, donc, m ais com m ent ? Conflits entre instanc es ou conflits entre C forces ? Conflit constitué, conflit en construction ou absence de conflit ? Et lorsqu’il est avéré, conflit au singulier ou con flits au pluriel ? Enfin, dans ce dernier cas, quelle configuration d’ensem ble (celle d’une articulation, d’un recouvrem ent ou au contraire d’une dissociation) ?
Telles sont les questions essentielles autour desqu elles se sont noués les échanges de ce volum e. Com m e on le verra, les auteu rs se sont astreints, dans leur réflexion et leurs propos, à croiser constam m e nt les enjeux de la théorie et les perspectives de la clinique.
La notion de conflit psychique dépend évidem m ent de la représentation que l’on se donne de l’organisation où il s’inscrit. Et si chez Freud avant 1920, celui-ci s’établit d’abord « entre les revendications de la sexualité et celles du m oi », en revanche en 1924 dans Névrose et psychose, le co ncept se diversifie selon les instances qui s’y trouvent convoquées. On lit e n effet : « Il y a trois grands types de m aladies suivant les instances en conflit : m oi-ça (névroses de transfert), m oi-surm oi (névroses narcissiques), m oi -m onde extérieur : (psychoses). » Le conflit psychique apparaît alors explicitem ent com m e l’un des axes m ajeurs de la nosographie psychanalytique.
Mais quel est le devenir du conflit dans la cure ? Faut-il penser qu’il se construit ? qu’il se m odifie (c’est-à-dire qu’il s’atténue ou se déplace) ? Ou bien au contraire qu’il tend à se résoudre en organisant d’autres m odalités et d’autres perspectives (sublim ation pour une part) ? La réponse est diverse, et dépend aussi à l’évidence du type de patient auquel on a affaire.
Com m e on le verra, il n’est pas certain que le repé rage des instances im pliquées suffise à déterm iner la spécificité d’un conflit. Il convient aussi de prendre en com pte la qualité des forces dont il rés ulte. Le conflit entre am our et haine n’est pas com parable à celui qui opère ent re investissem ent et désinvestissem ent. Au point que, dans ce dernier ca s, on peut douter que le term e convienne encore.
Mais en passant de la question des instances à la q uestion de la qualité des forces en présence, l’intérêt porté au conflit psyc hique se décale : il s’agit m oins de repérer des structures que d’évaluer et de suivre l’organisation et l’articulation des forces en présence dans un m ouve m ent donné, quelle que
soit la structure que l’on dirait prévalente chez l e patient dont il s’agit. « Les adversaires, souligne Freud, ne se trouvent pas plu s l’un face à l’autre que l’ours blanc et la baleine. U ne vraie solution ne p eut intervenir que lorsque les deux se retrouvent sur le m êm e terrain. » Sans dout e est-ce l’un des enjeux m ajeurs du m aniem ent du transfert dans la cure que de rendre cette rencontre possible. La construction du conflit psyc hique devient alors le prem ier tem ps de son devenir. Reste à déterm iner si elle est constam m ent possible. Qu’en est-il chez un patient pour lequel la névrose de transfert n’est pas advenue faute d’une suffisante intrication puls ionnelle ? Et dira-t-on pour lui que le travail de cure ne peut avoir d’autre ob jet que celui de favoriser une m anière de prélude à l’organisation d’un conflit ul térieur ?
La question ne va pas de soi. Gageons que la divers ité des situations thérapeutiques abordées ici (de la cure classique à la cure de l’enfant en passant par des situations non névrotiques) n’a pas peu favorisé le déploiem ent d’un thèm e essentiel à la théorisation de la pratique psychanalytique.
Avant-propos. La « tendance au
conflit » entre nécessité et impératif
Bernard Chervet
n 1937, Freud, selon son habitude depuis qu’il a en 1920 reconnu une E troisièm e qualité à la pulsion sexuelle, signale qu ’une révision de la conception du conflit psychique m érite d’être faite au regard de la théorie des pulsions ainsi com plétée. Exam inant l’occurrence de la bisexualité, il écrit : « Si l’on reconnaît le cas discuté ici com m e une m a nifestation de la pulsion de destruction ou d’agression, la question surgit auss itôt de savoir si l’on ne doit pas étendre cette m êm e conception à d’autres exem pl es de conflits, voire m êm e globalem ent réviser, de ce nouveau point de vu e, tout ce que nous savons du conflit psychique[1]pte, ». Le caractère pulsionnel à prendre en com après la sexualité infantile et le narcissism e, est la régressivité à un état antérieur jusqu’à l’inorganique, qualité dont la re connaissance va éclairer de façon rétroactive et traum atique, tous les travaux psychanalytiques antérieurs, d’une nouvelle intelligibilité. Quand F reud envisage l’im pact de ce facteur dans la psyché, c’est justem ent au conflit psychique qu’il pense, à toutes les m odalités de conflits qu’il a explorées au cours de son œuvre. Il perçoit alors que le principe de tout conflit se tr ouve dans une asym étrie existant au sein de la dualité pulsionnelle, asym ét rie em pêchant qu’une solution faite d’équivalences, de couples d’opposés équilibrés, puisse être envisagée com m e l’aboutissem ent achevé du fonctionn em ent psychique ; cet achèvem ent, il l’appréhende depuis 1924[2] com m e le résultat de l’élaboration et de la résolution de toute la conflictualité dite œdipienne ; laquelle, après cette résolution, dem eure néanm oins sous-jacente, e fficiente et régressivem ent réactualisable. U n agent se dessine alors com m e nécessaire à cette résolution ; il le dénom m enécessité et le relie d’abord à la réalité perceptive m ais aussi au surm oi. Il reconnaît en ef fet que les réalités internes responsables des qualités de plaisir et de déplaisi r sont bien plus contraignantes que les perceptions des excitations et stim uli externes. En fait, sans le développer, il nous propose là un jeu de tr ansposition entre les deux sources d’excitations et de stim uli, transpositions faisant que celles externes sont efficaces par l’im pact qu’elles ont sur celles internes, pulsionnelles, ces dernières ne pouvant être intégrées dans l’appareil psychique qu’en utilisant justem ent par transposition et identification les r éalités perceptives, sources de stim uli donnant lieu à un traçage. Cette nécessi té contraint donc en fait de l’intérieur, m ais par le truchem ent d’une identific ation aux réalités externes,
le surm oi à s’instaurer. Et celui-ci va aussi suivr e un sem blable détour. Il va, pour déployer son efficience, s’étayer sur des réal ités externes non excitantes, tangibles et ferm es, aptes à entrer en corrélation avec sa propre processualité ém ergente, son m ode spécifique d’investissem ent, le surinvestissem ent. Cette corrélation est certainem ent un point de départ pos sible pour une réflexion qui se proposerait de préciser les qualités des lib idos spécifiques de chacune des instances. Bien sûr, les processus parentaux so nt le prototype m êm e de cette réalité « processuelle » externe, le m odèle e xterne de la ferm eté, de l’autorité recherchée et utilisée de façon identifi catoire nécessaire à l’instauration du surm oi. La nécessité est ainsi ar ticulée à ce dernier quand il devient l’instance cherchant à assurer le prim at d’ une référence, celle de l’achèvem ent processuel. Et elle est déjà présente et active au niveau des précurseurs du surm oi. Apparaît là un couple prim or dial essentiel, le couple nécessité-im pératif lié à la dualité pulsionnelle. Les term es de ce couple sont eux-m êm es articulés en conflit et constituent le fo ndem ent de tout conflit psychique, conflit que Freud a aussi nom m é après 19 32-1933, en référence à la dualité pulsionnelle, conflit d’am bivalence.
Métapsychologiquem ent, le surm oi est considéré tout à la fois com m e l’héritier du com plexe d’Œdipe et com m e l’agent pri nceps de résolution de ce dernier, donc com m e issu d’un im pératif précurseur, anticipateur, déjà là, annonçant et préparant son ém ergence et sa m ise en efficience proprem ent dite. La nécessité s’avère appeler et révéler l’exi stence d’un tel im pératif processuel. U ne précession tem porelle se dessine. C et im pératif précurseur, appelé à être intégré com m e fonction essentielle du futur surm oi, va se trouver im pliqué dans l’avènem ent m êm e de la confli ctualité objectale œdipienne, par le fait qu’il va être l’objet du pre m ier conflit de m eurtre, avant m êm e d’induire et de gérer la résolution des confli ts postérieurs et particulièrem ent du conflit nucléaire, le conflit œ dipien objectal, ce dernier restant la référence constante, le but de tout trav ail processuel. Cet im pératif préside donc tout autant à l’instauration de « la t endance au conflit » qu’à sa résolution.
Reprenons plus m éthodiquem ent la logique que suit F reud ainsi que ses conséquences telles que nous venons de les aborder succinctem ent.
C’est dans « L’analyse avec fin et l’analyse sans f in », à partir d’un étonnem ent face à une aconflictualité réussie, celle de la bis exualité agie, que Freud va faire les réflexions et l’invitation à réaliser une telle révision. Cette négativité conflictuelle, il s’étonne qu’elle ne soit pas le l ot de tout un chacun, qu’elle ne soit pas plus fréquente dans le genre hum ain, que l es couples d’opposés ne s’installent pas tout sim plem ent dans une bonne int elligence ; voire m êm e qu’elle ne soit pas le but idéal de tout fonctionne m ent m ental, idéal qui prolongerait alors le fantasm e générique d’être bis exuel, fantasm e trouvant