Le coton en Afrique de l

Le coton en Afrique de l'Ouest - Un enjeu économique et social

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Description

En Afrique de l’Ouest, environ 16 millions de personnes dépendent directement ou indirectement de la culture du coton. Le coton y joue un rôle primordial dans le développement économique et social de nombreux pays, ainsi que dans l’amélioration des moyens de subsistance des populations. Il a également permis à l’Afrique de l’Ouest de devenir un acteur important du marché international puisqu’elle est aujourd’hui le deuxième exportateur de fibres derrière les États-Unis. Cette réussite est due en partie à une approche intégrée, souvent appelée « système coton ».

Depuis la Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Cancun en 2003, les acteurs de la communauté internationale ont reconnu qu’il était crucial de traiter la crise du coton ouest-africain de «manière ambitieuse, rapide et spécifique». À l’issue de la conférence ministérielle de Hong-Kong en décembre 2005, des progrès avaient été obtenus dans les négociations visant la réduction des subventions, l’accès au marché et l’amélioration des politiques de développement. Le 24 juillet 2006, les négociations dans le cadre du cycle de Doha ont été suspendues sine die, faute d’avoir pu trouver un accord satisfaisant à la fois pour les pays en développement et les pays développés.

Ce livre engage à poursuivre le dialogue entre pays développés et pays en développement afin de résoudre durablement les difficultés du sous-secteur coton. Il met en perspective les enjeux régionaux liés à l’importance économique et sociale du coton en Afrique de l’Ouest. Il retrace le processus d’échanges et de concertations sur la crise du coton en Afrique de l’Ouest en vue de trouver une solution négociée entre toutes les parties concernées. Les défis et les mesures à prendre à moyen et long terme pour éviter l’effondrement brutal de ce sous-secteur y sont également soulevés.

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Date de parution 01 janvier 2006
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EAN13 9789264025080
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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INTRODUCTION
L ’Afrique compte des centaines de variétés de graines de coton, dont la e présence remonte pour certaines au X siècle. Le coton a joué un rôle important dans le développement économique de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, et il reste encore aujourd’hui une source importante de revenus pour beaucoup 1 d’entre eux. Il est cultivé depuis plus d’un siècle en Afrique de l’Ouest , et la région abrite une industrie textile traditionnelle depuis plus de 50 ans (cf.par ex. Gardi 2003). Au cours des dernières décennies, les volumes de coton produits ont augmenté de manière exponentielle. Au Mali par exemple, la production annuelle est passée de quelque 61 000 tonnes au milieu des années 1970 à plus de 500 000 tonnes en 1997. Entre 2 et 3 millions de ménages cultiveraient le coton en Afrique de l’Ouest, Tchad et Cameroun compris, et 16 millions de personnes participeraient d’une manière ou d’une autre à la production, à la transformation et à la commercialisation du coton. Selon la CNUCED, la filière coton dans la région 2 touche directement 6 millions de personnes . De fait, la région d’Afrique de e l’Ouest est le 2 exportateur mondial de coton après les ÉtatsUnis. Pour de nombreux observateurs, le coton constitue depuis les années 1960 l’un des principaux « triomphes » de l’agriculture ouestafricaine, et peutêtre même le principal facteur du développement économique et agricole dans certaines 3 régions, en particulier en Afrique francophone . Un lien a notamment été établi entre la production du coton et l’augmentation rapide de la production 4 céréalière, mais aussi de la production pastorale et laitière . Depuis la Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Cancún en 2003, le coton ouestafricain est devenu l’une des priorités des négociations du « cycle de Doha ». À Cancún, le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Tchad ont fait valoir que certaines subventions accordées aux producteurs de coton et les exportations cotonnières des principaux pays développés auraient pu fausser les prix du coton sur le s m archés internationaux, entraînant l’effondrement des cours et diminuant les recettes des pays concernés et de leurs 5 producteurs . Les pays ouestafricains affectés par la volatilité des cours ont par conséquent demandé l’élimination de ces subventions et une intervention en leur faveur. Aucun accord n’a été conclu sur ce point et le coton ouestafricain est devenu une des questions majeures des négociations commerciales du Cycle des négociations commerciales internationales de Doha. Depuis 2003, plusieurs consultations et initiatives ont été entamées à l’OMC par les Étatsunis et l’UE concernant le coton ouestafricain afin d’aboutir à un accord global dans les négociations internationales sur le commerce avant la fin 2006. Le 24 juillet 2006,
LE COTON EN AFRIQUE DE L’OUEST : UN ENJEU ÉCON OM IQUE ET SOCIAL – ISBN 9264025073 – © OCDE 2006
1.
INTRODUCTION
les négociations dans le cadre du cycle de Doha ont été suspenduessine die, faute d’avoir pu trouver un accord satisfaisant à la fois pour les pays en développement et les pays développés. Ce rapport vise à informer tous les acteurs impliqués dans ce processus et dans le développement de l’agriculture ouestafricaine sur le contexte, les évolutions, les perspectives et les enjeux de la production et commerce du coton ouest africain.
1. Le coton ouestafricain au cœur de l’agenda des discussions internationales
Trois facteurs principaux ont contribué à placer au cœur de l’agenda des discussions aux niveaux régional et international, les difficultés que connaît le soussecteur coton.
D’une part, une approche « par le bas », fondée sur les initiatives et les priorités des producteurs de coton.La première déclaration relative à la crise du soussecteur coton a été faite par les organisations ouestafricaines de producteurs de coton réunies à Bobo Dioulasso au Burkina Faso en novembre 2001. D’autre part, une approche régionale orientée vers la recherche de solutions.Un processus de concertation entre acteurs impliqués dans le soussecteur coton animé d’abord par les organisations de producteurs de coton, puis consolidé par une approche régionale appuyée par les quatre pays les plus grands producteurs et exportateurs du coton de Afrique de l’Ouest et du Centre en vue de défendre leurs intérêts communs. Enfin, une construction d’alliances entre différents acteurs sur la base de centres d’intérêts com m uns.La concertation autour du coton ouest africain est un exemple d’un processus fondé sur des alliances entre acteurs étatiques et nonétatiques de l’Afrique de l’Ouest ainsi qu’internationaux. Cette concertation s’est consolidée par : : lesdes consultations animées par la société civile (par exemple organisations de producteurs, le secteur privé et les ONG) ; des appuis aux initiatives locales par les décideurs politiques au niveau national, avec des déclarations des présidents du Burkina Faso, du Mali, du Bénin et du Sénégal ; des appuis aux initiatives sur le coton par les organisations et banques régionales (la CEDEAO et l’UA, la BOAD et la BCEAO, l’UEMOA) ; la formation des coalitions internationales. Le G90 (groupe créé en 2003 et composé des pays ACP, des Pays les moins avancés et de l’Union africaine) et les ONG internationales comme ENDA et OXFAM se sont ralliés aux organisations régionales pour soutenir l’initiative sectorielle en faveur du coton ouestafricain ;
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