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Le développement de l'information au Cameroun

De
192 pages
Ce livre est une présentation kaléidoscopique de la situation de l'information au Cameroun. Il met en relief le concept de développement de l'information, au travers des tribulations de la presse camerounaise depuis l'époque coloniale et celui de l'effectivité d'une dynamique de développement du secteur de l'information. Celle-ci se traduit notamment par les avancées réalisées en matière de liberté d'expression et de pluralisme médiatique.
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Eugène Booh Bateng
LE DÉVELOPPEMENT DE L’INFORMATION AU CAMEROUN
Diachronie de la marche vers la société de liberté et de savoir
Le développement de l’information au Cameroun
Eugène Booh Bateng
Le développement de l’information au Cameroun Diachronie de la marche vers la société de liberté et de savoir
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-01403-6 EAN : 9782343014036
REMERCIEMENTS
Je tiens à remercier tous ceux dont les travaux de recherche universitaires m’ont inspiré la rédactionde ce livre. Je pense : au Professeur Marc Joseph Omgba qui a réalisé un travail scientifique autoritaire et inégalé sur la presse écrite camerounaise depuisl’époque de la colonisationjusqu’aux années 2000, dans le cadre de ses travaux d’HDR soutenusen septembre 2000 à l’Université Paris II PanthéonAssas ; au Professeur Pierre Paul Tchindji, épris de droit de la communication. J’exprime ma gratitude à mes collègues Docteur Jean François Nguengang, Chargé de cours à l’Université de Yaoundé II, Docteur Pierre Suzanne Eyenga, enseignant à la Faculté des lettres et sciences humaines de l’Université de Yaoundé I, qui ontrelu notre manuscrit, à M. Christian NdjoumNkèl et Engolo Paul Fils, mes anciens étudiants à l’ESSTIC, qui ontfait preuve de disponibilité pour effectuer des tâches ponctuelles. Que tousceux qui m’ont permis de partager leur savoir trouventici l’expression de mareconnaissance.
INTRODUCTION
Le lendemain des indépendances africaines est marqué sur le plan de l’information par la consolidation des acquis coloniaux en matière de presse écrite et de radiodiffusion, ainsi que la 1 domestication de la télévision, alors en proie à la vogue des 2 radios et des télévisions éducatives qui, dans certains pays , ont précédé la radiotélévision nationale. Cette vogue médiatique qui 3 étaitun phénomène d’importationpermettait d’étendre à l’Afriqueles expériences en matière de radio et de télévision réalisées dans les pays occidentaux et asiatiques.
C’est ainsi qu’en France par exemple, la rencontre entre télévision et pédagogie s’effectue en 1949 avec la naissance de France radio télévision scolaire (FRTS)à l’initiative de quelques institutions qui obtiennent de laRadiotélévision française (RTF)la création en son sein d’un département éducatif. En 1963 laFRTS poursuitson développement et connaît du succès à la faveur de l’explosionde la demande scolaire et de la pénurie de professeurs qualifiés. Au début de la décennie 1970, ses objectifs sont remis en question et sa mort programmée. Aux ÉtatsUnis,l’expérience est rééditée à travers le programme «sesame street»diffuse ses premières qui émissions télévisuelles en novembre 1969. Elles sont produites parChildren Television Workshopqui est un centre indépendant financé par des organismes publics et des fondations privées. Le programme était une sorte de préapprentissage permettant aux enfants défavorisés de prendre un meilleur départ à l’école, en 1 C’est dès la première décennie des indépendances (196070) que la plupart des pays africains se lancent à la conquête de la télévision. Le Maroc et la Côted’Ivoire en disposent dès 1962, la Haute Volta (Burkina Faso) attendra 1963, le Niger 1964….2  AuNiger par exemple, la télévision scolaire nigérienne (TVSN), créée en 1964 avec le concours de l’UNESCO, a précédé la télévision nationale qui naît en 1978. 3 Lire Max Egly inTélévisions didactiques. Entre le Kitsch et les systèmes de troisième type, éd. Médiathèque, coll. Edilig, Paris, 1984.
comblant un certain nombre de lacunes éducatives et culturelles. Initiés ou appuyés en Afrique parl’UNESCO, les projets de radios et télévisions éducatives avaient fondamentalement pour objectifs la lutte contre le sousdéveloppement et la modernisation des pays du Tiersmonde en général et de l’Afrique en particulier, grâceà deux facteurs majeurs qui sont : la scolarisation croissante et le développement des moyens 1 d’information de masse. Cette démarche était inspirée par les travaux menés au cours des années 50 par le Bureau de recherches appliquées en sciences sociales de l’Université Columbia aux ÉtatsUnis, qui ont débouché sur la théorie développementaliste de l’information et la communication.C’est dans cette mouvance de l’appropriation des moyens d’information de masse devant induire, à terme, les mutations sociales nécessaires pour le développement que le Cameroun 2 est ciblé en 1974 dans le cadre du projet de télévision Ésope par les Gouvernements français et allemand et l’organisme Euroespace. Concomitamment à l’effervescence des décennies 1960et 1970 autour des binômes informationmodernisation sociale et mass mediacontre le sousdéveloppement, les lutte gouvernements des pays africains qui ont pris conscience de l’importance et du rôle de l’information et de la communication dans les processus de transformation sociale, le rayonnement de l’action politique, la manipulation des masses, la propagande politique et la conservation du pouvoir, vont œuvrer pour un développement infrastructurel endogène, mais restrictif, en rapport avec une appropriation quasiment étatique des médias et leur utilisation contrôlée. Cette donne est caractéristique des 1 Max Egly, Op. cit. 2  Esopesignifie: Projet d’étude d’un système opérationnel de télévision éducative par satellite  Lire Schramm (W),l’information et le développement national. Le rôle de l’information dans les pays en voie de développement, Unesco, 1966, publié aux éditions Nouveaux Horizons en 1973.
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secteurs de l’information de première génération où prospère le conflit entre la libertéd’expression et le contrôle de l’information, particulièrement dans les systèmes monolithiques dominés par le régime de monopole d’État des médias. L’histoire de l’apparition des organes d’information demasse et leur déploiement dans les pays africains, depuis les temps coloniaux, sont richesd’expériences surtribulations de la liberté de la les presse et, notamment, les entraves politiques et juridiques au développement de l’information. Elle renforce, à juste titre, le distinguo entre le développement des mass media et celui de l’information qui imbrique des critères et des éléments d’appréciationd’ordrequantitatif, qualitatif et infrastructurel, juridique liés àla production et la circulation de l’information.
Les progrès technologiques enregistrés dans le domaine de l’information etla communication (NTIC), dès les années 80, vont faire évoluer la donne par un accroissement de la puissance de l’information qui acquiert un caractère de plus en plus 1 stratégique ,en raison de son incidence grandissante sur le développement, grâce aux opportunitésqu’offre l’interactivitéau niveau de l’accessibilitédu partage des données, des et savoirs etdes expériences de par le monde. Ce progrès qui est davantage le fait de la numérisation des systèmes de télécommunications, a certainement permis de décomplexer la théorie développementaliste, en perte de vitesse après les résultats mitigés des expériences des années 1960 et 1970 dans les pays sousdéveloppés ou en voie de développement, servant par ailleurs à justifier les approches optimistes et réalistes des adeptes du déterminisme technologique qui posent les TIC et leur appropriation comme un facteur, mieux, un accélérateur du développement.
1  Levocablestratégiqueest utilisé pour désigner «tout élément dont l’appropriation ou le dessaisissement influerait sur le potentiel de puissance d’un acteur»,Cf. Bertrand Warusfel, "Aspects stratégiques des flux transfrontières de données", inGéostratégie de l’information, FEDN, Paris, 1987.
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