Le féminin solaire dans la mythologie : Étude comparée de La Courtise d'Etaine (Irlande) et La Caverne Céleste (Japon)

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Description

De nombreuses déesses, comme Isis, Ishtar ou Sol, et de nombreuses héroïnes comme Iseult, Grainné, Guenièvre, contiennent la trace d'un féminin solaire.
Elles ne sont pas les reflets lunaires, mais de flamboyantes figures capables d'enchanter le monde. Dans ces mythes, le féminin apparaît souverain, créateur, et le masculin, chevalier de la lune. Leurs épopées sont autant d'initiations et de métamorphoses qui les amènent à la réalisation de leur essence divine — bien avant les inversions que nous connaissons.
À travers l'analyse de La Courtise d'Etaine, figure majeure de la mythologie irlandaise ancienne, et de la déesse Amaterasu-ô-mi-kami dans le mythe japonais de La Caverne Céleste, cet ouvrage nous permet de suivre pas à pas ces Soleils-Femmes dans leur confrontation avec l'Animus Lune, leurs métamorphoses et les parallèles que nous pouvons faire avec les méandres de notre âme.
Les vieilles déesses porteuses de lumière, représentent la possibilité de renouer avec la nature de la psyché telle qu'elle se mouvait dans les temps les plus anciens mais que, dans leur éternelle réalité, nous pouvons aujourd'hui faire émerger comme un soleil de Vie et de Joie.

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Date de parution 01 janvier 2016
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EAN13 9782849244326
Langue Français

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Le féminin solaire dans la mythologie
Étude comparée deLa Courtise d’Etaine(Irlande) etLa Caverne Céleste(Japon)
Collection Les mythes revisités
Dans la même collection :
Le Mythe d’Actéon,Bernard Belin La femme dans la société celte,Sylvie Verchère Merle La véritable histoire d’Orphée et Eurydice, Christiane Gaillard La véritable histoire de Noé, Christiane Gaillard La véritable histoire d’Ulysse, Christiane Gaillard La véritable histoire d’Adam et Ève, Christiane Gaillard
© Éditions du Cygne, Paris, 2016
www.editionsducygne.com ISBN : 978-2-84924-432-6
Sylvie Verchère Merle
Le féminin solaire dans la mythologie
Étude comparée deLa Courtise d’Etaine(Irlande) etLa Caverne Céleste(Japon)
Éditions du Cygne
Remerciements
Je remercie le professeur Takayuki Yamashita, professeur à la Kyushu-joshi University de Fukuoka au Japon et Monsieur Michel Cazenave pour leurs conseils et leurs pistes de travail ; Anne Bernard Kearney pour l’avant-propos ouvrant avec délicatesse l’ouvrage ; Florence Quentin pour la postface sensible et généreuse, engageant sur une pensée universelle du féminin solaire ; Elodie Gaudry, Patricia Girard, Claude Gosselin pour les compléments de lecture ; Quentin Merle pour la solarité infographique de son image ; mon éditeur pour sa conance non intrusive, ainsi que tous les auteurs dont les travaux m’ont accompagnée tout au long de ma quête.
Avant-propos
Nous, les lecteurs occidentaux, nous connaissons plus ou moins bien les mythes grecs, mais les mythes irlandais et japonais nous sont moins familiers. Sylvie Verchère Merle nous rappelle que les mythes sont là pour notre apprentissage, ils nous aident à comprendre, à canaliser les énergies, à réorienter vers la lumière ce qui risque d’être mortifère. Relire les mythes nous vivie, elle nous fait partager ses trouvailles. Sa recherche est née d’une intuition, celle qu’il doit y avoir des liens entre le féminin et le soleil, et qu’une déesse solaire aurait beaucoup à nous transmettre. Très vite elle découvre qu’il y a des traces d’un féminin solaire – et d’un masculin lunaire, mais c’est une autre histoire -, dans les mythes. Elle sillonne alors un corpus de mythes moins connus et choisit de se pencher plus particulièrement sur deux histoires remarquables où elle discerne des « signiants solaires » dans leurs protagonistes féminins – celle d’Etaine et de Amaterasu-ô-mi-kami. L’auteur espère qu’à la n, elle aura redonné une place d’honneur à ce féminin solaire qui enchantera « notre âme et le monde ». Dans une première partie, « La Lumière d’Etaine », l’auteur analyse minutieusement son premier mythe, celui d’Etaine, une déesse de la mythologie irlandaise, et dans une deuxième partie, « La Caverne Céleste », elle nous fait rencontrer sa deuxième gure du féminin solaire, Amaterasu-ô-mi-kami, une « Kami » (force vitale qu’on pourrait appeler dieu ou déesse) du Japon. Tout au long de ces deux récits, Sylvie Verchère Merle a essayé de « traquer » et de comprendre la signication et les consé-quences, enrichissantes pour nous, des composantes solaires de ces déesses. Elle analyse tout ce que le féminin, quand il est vu sous ce nouvel angle, peut nous apporter. Non seulement
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sa re-lecture, qu’on pourrait presque appeler initiatique, comme apprendre à mourir et à renaître à soi-même, est nourrie d’in-nombrables références et citations, mais l’auteur n’hésite pas à insérer d’une façon originale son expérience personnelle dans ses recherches : elle partage avec nous des aperçus qui l’ont récon-fortée, lui ont remonté le moral, ainsi que les liens entre les aven-tures de ces récits et leur interprétation par divers penseurs. On découvre petit à petit des parallèles entre les deux histoires. Un des points communs, celui de ne pas aimer critiquer ou chagriner l’autre, trouve sont pendant sombre dans l’entourage de nos héroïnes : certains personnages sont menaçants et leur font la vie dure (quoique le malveillant puisse devenir bienveillant si il est bien traité). Au cours de ces récits on découvre aussi la signi-cation du côté incestueux, le rôle libérateur de l’obscène dans le cas du mythe japonais, ou l’importance de remettre à leur niveau sacré certains cycles biologiques féminins dont la dignité a été quelque peu réduite dans notre société contemporaine. Si le solaire a une face féminine plutôt « occultée » durant des siècles par une préférence pour d’autres mythes, la déesse elle-même ne se révèle pas glorieusement mais se voile, se cache soit pour échapper à la jalousie d’une autre déesse (comme Fuamach, la femme de Midir qui courtise Etaine), soit à celle d’un dieu (comme Susano-wo-mikoto, le frère jaloux de sa sœur, dans celle de Amaterasu-ô-mi-kami). Ce féminin solaire a aussi une face sombre (déesse de la nuit), ou peut avoir besoin qu’on l’aide à révéler sa lumière, et ça ne se fait pas tout seul. L’auteur nous invite à suivre les aventures pleines de détours et de rebondis-sements de ces déesses qui traversent des malheurs, peuvent saigner ou souffrir de torpeur, mais peu à peu s’afrment, s’indi-vidualisent, jusqu’à leur « libération » nale. Ces histoires n’excluent pas le masculin, il est présent., tout comme l’Animus et l’Anima en nous selon la pensée jungienne. C’est vers la n qu’un dieu, dans les deux histoires, prête main forte pour aider chacune des déesses à se révéler, à émerger de l’obscurité. Le Kami Ame-no-Tajikara tire Amaterasu de
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sa caverne, Midir prend la taille d’Etaine, avec son consente-ment, et s’envole avec elle par l’ouverture dans le toit. Voir le féminin sous cet angle, reconnaître qu’il est parfois retenu, nous permet d’identier des réexes de retraite chez nous femmes ou hommes contemporains, car ces analyses s’adressent à la part solaire qui est en chacun de nous que nous soyons homme ou femme. Sylvie Verchère Merle élargit son champ d’analyse par des associations avec d’autres mythes souvent plus connus comme ceux de Déméter et Perséphone. Ses interprétations sont nour-ries par l’étude des symboles et ses lectures d’interprétations plutôt jungiennes, elle ne se sent pas seule dans ses aperçus, André Malraux par exemple a fait l’expérience fugitive d’une déesse soleil dans les années 1930 au Yémen, ce qui lui a fait pressentir un monde étrange et riche. Ce joli texte est une joyeuse célébration des avantages qu’il y a à réintégrer le féminin solaire dans notre quotidien. Sylvie Verchère Merle espère, en conclusion, qu’elle lui aura restitué sa juste place dans notre ciel intérieur.
Anne Bernard Kearney