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Le groupe, l'affect et le temps

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Description

Cet ouvrage rassemble les textes de plusieurs cliniciens qui ont participé à un colloque sur "Le temps et la symbolisation" suivi d'un autre sur "L'affect et la symbolisation" organisé par le CRPPC de l'université de Lyon 2. Toute aventure thérapeutique nécessite un travail sur la temporalité, pour pouvoir engager une transformation des affects ce qui en est une des principales finalités. Articuler groupe, affect et temps est un vaste chantier de recherche, auquel cet ouvrage apporte sa contribution.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 01 février 2010
Nombre de lectures 44
EAN13 9782336269740
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

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Introduction ............................................................................... 9

CHAPITRE1
Les temps du groupe : le primaire, le secondaire
et le tertiaire............................................................................. 15
CHAPITRE2
Construction du temps et de l'affect dans un groupe
Photolangage© en prison......................................................... 45
CHAPITRE3
Les avatars de la temporalité dans un groupe à médiation...... 63
CHAPITRE4
Entre temporalité et chronicité : effets de la transmission
générationnelle du traumatisme sur l’adolescent addictif ....... 93
CHAPITRE5
La trans-subjectivité du rêve et ses effets sur la temporalité
en thérapie familiale .............................................................. 121
CHAPITRE6
La transmission de la temporalité familiale........................... 143

Conclusion............................................................................. 169
Bibliographie .........................................................................175

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par Claudine Vacheret

Partant de leur participation aux colloques organisés par le
1
CRPPC àl’Université Lumière-L:yon 2Mémoires du temps
(2004)Affect et symbolisation (2006) cet ouvrage rassemble les
textes d’un groupe de praticiens qui se sont diversement
intéressés à la question de l’affect et du temps dans le groupe.
Certes, il est plus habituel d’évoquer l’espace du groupe, plutôt
que d’aborder la question difficile de la temporalité telle que le
groupe peut la mettre au travail.Le vécu du temps du groupe
semble être marqué par une expérience de mise en suspens du
temps du quotidien.Àce temps issu d’un vécu commun et
partagé par les membres du groupe s’ajoute la perception pour
chaque sujet de sa propre histoire telle que le groupe peut la
réactiver.La notion de diachronie vient désignerles groupes
internesconstitutifs du sujet dans la perspective trans- ou
intergénérationnelle qui font de lui le maillon d’une chaîne
assurant la transmission, tandis que la notion de synchronie
spécifie le groupe qui co-produit de l’inconscient dans la
présence contemporaine et actuelle de ses membres en situation
de face-à-face à plusieurs.
RenéKaës a bien montré l’importance des espaces-temps,
points de nouage entre ces deux logiques, celle du temps des
groupes internes et celle du groupe externe, ici et maintenant.Le
groupe réel est au carrefour de ces temporalités, là où l’affect y
est réactivé.
On verra comment les divers auteurs mettent au travail
précisément ces moments-clefs dans leurs cliniques.Chaque
chapitre apporte une lecture spécifique des modalités de liaison
psychique, du singulier au pluriel.Trois chapitres privilégient les

1
Centre deRecherches enPsychologie etPsychopathologieCliniques.

dispositifs groupaux à médiation, trois autres s’appuient sur le
dispositif de la thérapie familiale psychanalytique.
Incontestablement ces praticiens ont en commun l’expérience des
changements rendus possibles par leurs dispositifs, et tout
spécialement la façon dont le groupe permet un redéploiement de
l’historicité face à la répétitivité du temps frappé de fixité suite
au traumatisme et à l’affect qui l’accompagne, surtout lorsque
apparaît la dimension cumulative des situations traumatiques
vécues en direct par le sujet ou transmises psychiquement.
Les trois premiers chapitres présentent des dispositifs
groupaux à médiation. Claudine Vacheret et Magali Ravit se
2
réfèrent à leur pratique du Photolangage© . La première tente de
dégager, à partir de plusieurs séquences cliniques, une typologie
des modalités de mise au travail des représentations du temps
dans le groupe, lors de moments mutatifs générateurs de sens et
de changement, en particulier de modification des affects.
Magali Ravit utilise la même technique avec des femmes
incarcérées. Elle repère dans la chaîne associative groupale une
double temporalité faite de cyclicité inscrite dans la répétitivité
close du milieu carcéral, et de rythmicité en lien avec la réalité
intrapsychique. Si la tendance à la répétition infiltre la chaîne
associative groupale, la diffraction du transfert qui lui est
étroitement corrélée permet la mise au travail des diverses
facettes de la subjectivité.Dans une remarquable articulation
théorico-clinique, l’auteur montre comment l’appareillage
groupal permet et favorise un redéploiement de la temporalité
psychique, dans ses dimensions narratives et historiques.C’est
dans un double dispositif groupal et individuel qui offre
l’opportunité d’une reprise élaborative que ces patientes
détenues peuvent amorcer un travail de symbolisation à partir
d’une relecture de leurs passages à l’acte.
Ces deux auteurs mettent au travail des hypothèses novatrices
en appui sur les développements de la théorie psychanalytique de
groupe que propose René Kaës avec les concepts de diffraction

2
Cette technique est présentée dans deux ouvrages collectifs sous la direction
deC:laudine VacheretPhoto, groupe et soin psychique(2000, PUL),
Pratiquer les médiations en groupes thérapeutiques(2002a,Dunod).

10

du transfert et de chaîne associative groupale tout
particulièrement.Leurs publics diffèrent, mais l’analyse des
processus psychiques qu’elles proposent se rejoignent sur de
nombreux points.
JanineMéry, quant à elle, utilise la médiation par le texte
littéraire, et témoigne de la puissance des images évoquées, en
association avec l’histoire passée et les affects qui les
accompagnent.Selon la proposition freudienne, l’inconscient
ignore le temps, l’affect aussi.Il se maintient, à l’identique,
indissociable des images traumatiques du passé.L’espace
spécifique des échanges d’imaginaires, dans l’intersubjectivité,
permettrait une mise au travail psychique de cette temporalité,
dont l’image et l’affect sont partie prenante, du fait de leur
ancrage perceptif.
EvelyneGrange-Ségéral etChristianeJoubert montrent
comment la stabilité du dispositif et la rythmicité des séances
favorisent une réappropriation du temps, à partir d’une clinique
familiale touchante mais aussi violente, puisqu’il s’agit de
figurer l’enfant mort dans l’imaginaire d’une famille dont la fille
est épileptique.Les auteurs organisent le temps de la théorie en
trois grandes périodes, tendant d’établir elles aussi une typologie
des modalités de mise au travail du temps, d’abord sous forme de
proto-représentations, puis dans une appropriation imaginaire
mobilisatrice d’un processus de temporalisation avant de voir se
construire la temporalité chronologique ou historique du groupe
familial.C’est à partir de l’expérience des rêves croisés de la
mère et d’une des thérapeutes que se déploie la trans-subjectivité
onirique dans sa polyphonie, c’est-à-dire sa structure et sa
production groupale, renvoyant au groupe trans-générationnel
commeRenéKaës l’a remarquablement démontré dans son livre
en 2002b.
BernardDuez etRichardDurastante relèvent la menace de
chronicité issue de la transmission du traumatique dans
l’héritage familial, comme composante de l’identité souffrante
de l’adolescent addictif.Cette lecture du comportement
adolescent éclaire d’un jour nouveau la clinique des addictions.
Elle a le mérite de prendre en considération les échecs de la

11

3
groupalité psychique . Cette hypothèse est heuristique pour les
praticiens qui se heurtent à la clinique tellement difficile des
défaillances narcissiques de l’adolescence, et ses conséquences
pour le sujet et sa famille. Le dispositif de la thérapie familiale
psychanalytique aurait l’intérêt de remobiliser le groupe familial,
en vue d’un redéploiement des temporalités singulière et
commune.
Rosa Jaitin à partir d’une thérapie familiale psychanalytique
repère la rythmicité de certains événements familiaux qui
s’inscrivent dans le lien transférentiel à la recherche d’une
figuration de la souffrance familiale, sur un mode archaïque. Elle
réserve précisément à l’ensemble de ces rythmes le nom de
temporalité, dégageant pour chaque individu comme pour
chaque famille, son propre temps ou son propre rythme, sachant
que le groupe familial vit selon une interpulsivité des rythmes,
accordée ou désaccordée.De ce fait, l’auteur développe sa
conception des proto-rythmes en référence à la relation
rythmique avec l’objet primaire. La rythmicité serait du côté des
contenants, alors que l’arythmie favoriserait les transformations
de contenus. La clinique des proto-rythmes se manifeste à
plusieurs niveaux dans le symptôme, la répétition du même
chiffre à propos de diverses situations, les comportements
alimentaires, la place d’un animal dans la vie familiale, ou les
rêves.Ainsi se dégage un travail psychique, favorisant une
réappropriation subjective et intersubjective des souffrances
familiales issues de la transmission trans-générationnelle et
amorçant le passage d’une atemporalité à une origine vivante
rendant possible la représentation du futur.
Ces divers chapitres ont le mérite de mettre en valeur à partir
des dispositifs praticiens, une dimension du travail psychique,
toujours présente mais peu conceptualisée.De Kurt Lewin à
Claudio Neri, en effet, le champ du groupe a été pensé et conçu
en termes d’espace groupal par l’EcoleFrançaise
Psychanalytique deGroupe, en particulier. Les temps du passé, présent et

3
Lagroupalité psychiquetelle que René Kaës la conçoit est à la fois un
principe qui régit la vie psychique et en même temps une fonction organisatrice
de la réalité psychique du sujet et du groupe.

12

avenir sont condensés dans l’ici et maintenant du groupe. Or, les
cliniciens sont confrontés à ce qu’ils nomment soit
l’atemporalité, soit le temps figé, ou le temps de la répétition,
qu’ils repèrent comme étant issu de l’expérience traumatique, ou
de ce qui en est transmis à travers les générations. Au temps figé
correspond l’affect figé également.
Il semble bien que l’élément constant, isomorphe, marqué du
sceau de l’identique soit bel et bien l’affect, dans sa permanence
et sa capacité à se réactiver dans le dispositif groupal, si apte à le
rendre manifeste, par le biais des échanges d’imaginaires, et des
échanges d’identifications.La perception du temps figé ne
serait-elle pas liée à cette immuabilité de l’affect ?Ne serait-ce
pas la mobilisation de l’affect dans les dispositifs groupaux qui
favoriserait le redéploiement de la temporalité sous forme
d’historicité et de narrativité, en lien avec le travail psychique de
prise de conscience ?
Parmi les hypothèses qui sont avancées par les différents
auteurs, on perçoit l’importance de la groupalité psychique
comme principe organisateur de la réalité psychique du sujet et
du groupe.Le groupe externe avec ses règles de fonctionnement
favorise les retrouvailles avec les groupes internes du sujet
singulier en souffrance, du fait de la répétitivité du traumatisme.
Les échanges intersubjectifs permettent d’accéder à une réalité
inconsciente, groupalement structurée et organisée, et
transformable grâce à l’Appareil psychique groupal considéré par
RenéKaës comme appareil de transformation.Les deux
processus concomitants de chaîne associative groupale et de
diffraction du transfert permettent au sujet de se réapproprier la
part de matière psychique qui lui revient, à l’issue d’une
mobilisation groupale des groupes inter- et trans-générationnels
mais à l’insu du sujet lui-même, impliqué dans la synchronie du
dispositif groupal à médiation ou familial.
Le travail sur le temps du sujet et du groupe dans leur point de
nouage est au cœur du dispositif thérapeutique.Penser le temps,
se penser dans une temporalité redéployée qui s’ouvre sur
l’avenir, à partir de la transformation de l’affect, ne serait pas le
cœur de tout travail de soin psychique ?

13

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par Claudine Vacheret

Qui de nous, ayant vécu une expérience de groupe assez
intense et prolongée, ne peut reconnaître à quel point ce temps du
groupe lui a semblé une expérience particulière, faite d’une
perception du temps tout à fait différente de celle du quotidien.
C’est le plus souvent au moment de quitter le groupe que se
ressent cette sensation proche de l’étrangeté, que l’on est en train
de sortir d’un temps spécifique, à la fois marqué par le partage
des émotions, le sentiment d’avoir vécu ensemble quelque chose
de fort qui pourrait se caractériser par le fait que l’on a partagé
une expérience profondément humaine. Appartenir à un groupe,
le temps d’un voyage, d’une traversée à la voile et en équipage,
ou le temps d’une plongée de plusieurs semaines voire plusieurs
mois dans le même sous-marin en mission, laisse des traces,
témoigne d’une sensation d’appartenance, d’un vécu difficile à
transmettre aux autres au retour et au-dehors. Ces expériences à
caractère plus exceptionnel pourraient être des métaphores du
vécu d’un temps de groupe.
En effet, le temps du groupe ne va pas sans la perception d’un
espace du dedans. Le groupe a une intériorité, il vit dans un
cadre, une enveloppe, une structure réelle et imaginaire qui le
détermine, le différencie du reste du monde et de la réalité
extérieure.Vivre une expérience de groupe produit un fort
sentiment d’avoir partagé une tranche de vie, qui exalte nos
sentiments, nos affects et nos ressentis.Le temps du groupe est
mis entre parenthèses, il est à la fois plus lent, plus riche et plus
mobilisateur que le temps de tous les jours.Sortir du groupe

serait-ce sortir d’une bulle, d’une enveloppe contenante et
rassurante, alors même qu’a été inquiétant le début de groupe :
où va-t-on ? que va-t-il se passer ? le groupe va-t-il nous juger ?
comment résister à tous ces regards qui convergent vers celui qui
prend la parole dans le groupe? que faire de ce temps en
groupe ?
Le groupe serait-il une recherche inconsciente de retour à
l’enveloppe originaire, à la matrice inaugurale de la vie, à
l’espace utérin, au vécu fœtal ? Entrer en groupe comme entrer
en rêve, ce que nous a apprisD.Anzieu, serait-ce aussi retourner
à un temps immatériel, pourtant chronologiquement scandé par
les rythmes biologiques, le temps immémorial où la vie palpitait
déjà dans le ventre maternel avant que le souffle ne se manifeste.
Le groupe n’est-il pas un lieu d’écoute des tonalités de voix et
des rythmes cardiaque, respiratoire, mais aussi le rythme des
silences et des paroles alternés ?
Entrer en groupe mobilise une interrogation sur un temps
incertain, dont on sait d’entrée de jeu qu’il est voué à s’achever, à
mourir. La mort du groupe est inscrite dans sa naissance comme
pour tout être humain.Entrer en groupe inquiète, véhicule toutes
les angoisses dontD.Anzieu (1975) a parlé en termes de
fantasme de casse, angoisse de castration et angoisse de
néantisation (schizoïde et paranoïde), palette de toutes les
variations d’angoisses possibles de lignée psychotique ou
névrotique. Le groupe croît, se développe et sa mort annoncée
provoque un sentiment de perte ineffable et pourtant nécessaire,
ultime travail sans cesse renouvelé sur la séparation, la perte et le
deuil, jamais abouti pleinement. L’histoire du groupe
métaphorise l’histoire de vie de chaque sujet qui le compose.
Temps difficile et temps précieux, temps recherché et évité,
de la rencontre groupale avec tout ce qu’elle véhicule
d’expérience commune, originale, attirante et menaçante. Le
sujet sent que le groupe lui offre un temps et un espace auxquels
il ne peut échapper.Il s’y engouffre et s’en échappe avec
satisfaction et regrets, souhaite son achèvement pour mieux y
retourner.Tous les groupes, en thérapie, en formation ont un
temps qui est compté, à la différence du temps institutionnel qui

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lui, est inscrit irrémédiablement dans la pérennité et de fait dans
la répétition : ce qui fonde, institue et instaure est inévitablement
mortifère malgré le projet de créer un lieu de vie (C.Vacheret,
1995).
Je centrerai mon propos sur les groupes dont le temps est
programmé, proposé comme un espace-temps de vie et
d’expérience, spécifiquement conçu pour être à la fois cadrant,
créatif et transformateur du sujet et de l’ensemble.Quoi qu’il en
soit, la question du temps est inhérente à la vie donc à la mort,
elle accompagne le sujet humain de son premier à son dernier
souffle. Vivre c’est consommer le temps qui nous est imparti,
celui dont nous ignorons de combien d’années nous disposons
pour vivre.Le paradoxe de la vie étant de nous rapprocher de la
mort, l’issue, face au réel qu’est notre finitude, se situe dans
l’illusion de vivre comme si nous ne devions jamais mourir.
C’est sans doute le modèle du jeu que nous a transmisD.-W.
Winnicott, avec lequel nous ne cessons de composer, dans les
groupes auxquels nous appartenons, essayant d’y retrouver un
peu de notre capacité à nous illusionner.Dans les séquences
cliniques qui suivent et posent la question du temps, nous
verrons à quel point cette problématique est présente et
prégnante.
Mon expérience des groupes, en tant qu’animatrice et
formatrice, mais aussi enseignante à l’Université où nous
4
proposons des temps de formation en groupe pour les cliniciens ,
m’a appris que le groupe, au-delà de cette expérience forte et
indicible du temps mis entre parenthèses, comme celui du rêveur
qui s’éveille et sort de sa torpeur, des affres du cauchemar ou des
délices du rêve qu’il ne veut plus quitter, le groupe nous offre des
temps de diverses natures, temps du primaire, temps de
l’émergence de l’inconscient atemporel, mais aussi temps du
secondaire, de la mise en mots ainsi que temps des processus
tertiaires et de la symbolisation.

4
MercaderP.,HenryA.-N. et coll. (2004).Al’UniversitéLumière-Lyon 2 sont
proposés des modules de travail en groupe articulantPhotolangage!et
psychodrame.

17

Dans une première partie, je présenterai plusieurs séquences
cliniques de groupes d’adultes en formation et en thérapie, mais
aussi de groupes dont témoignent nos collègues gérontologues
avec les personnes âgées.Il sera essentiellement question de la
façon dont le groupe traite du traumatisme actuel ou passé et le
transforme dans une possible perlaboration.C’est à l’angoisse de
mort et à la rencontre avec la mort effective que des groupes sont
confrontés, mais aussi à la perte et au renoncement.Le groupe se
présente comme un espace étayant, permettant également un
travail de deuil de l’enfance, de l’histoire familiale et des objets
d’investissement les accompagnant.
Dans une deuxième partie, j’aborderai les processus
inconscients propres au groupe et à son appareillage psychique
spécifique favorisant le déploiement de la chaîne associative
5
groupale en corrélation avec la diffraction du transfert , afin de
dégager comment le travail de prise de conscience qui en est issu
pour un sujet du groupe, favorise des processus psychiques de
liaison.La liaison intrapsychique étant issue des échanges
intersubjectifs, s’amorce un travail de symbolisation articulant
non seulement l’espace-temps, mais aussi les diverses formes de
temps.
Enfin, c’est aux émotions communes et aux affects partagés
que je m’attarderai pour témoigner de l’importance de la
manifestation de l’affect, de son authentification et de sa
transformation en sentiment.Le temps de l’affect et le temps du
sentiment seraient deux temps bien distincts dont le groupe est
porteur et analyseur, favorisant la liaison entre le temps du
processus primaire et le temps du processus secondaire, comme
l’a bien montréP.Aulagnier (1975).
Incontestablement les dispositifs groupaux quels qu’ils
soient, favorisent la mise au travail psychique de ces questions.
Notre expérience à l’Université nous l’a montré lorsque nous
alternons groupes de psychodrame et groupesPhotolangage©

5
Ces concepts apparaissent comme fondamentaux dans l’œuvre deR.Kaës et
particulièrement corrélés à la création du nouveau paradigme d’Appareil
psychique groupal(1976).

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