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LE GUÉRISSEUR ET LE PSYCHANALYSTE

143 pages
Le GRAPPAF a mis en place diverses activités en Afrique et en France : films, conférences, présentations de malades tant dans des hôpitaux psychiatriques que dans le cadre des pratiques traditionnelles de soins des guérisseurs africains. Ce numéro est issu de plusieurs conférences tenues à Cotonou sur le thème " Psychanalyse et Pratiques Traditionnelles " et pose une question fondamentale : qu'est-ce que des psychanalystes peuvent venir faire en Afrique ?
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SOMMAIRE Editorial B. Lolo. 1-La psychanalyse en Afrique, pourquoi? Y.Kaufmant. 2-Des psychanalystes vont en Afrique. A.M.Kaufmant. 3-L’universel de la structure. A. Vaissermann. 4-Structure et culture. A.M.Kaufmant. 5-Psychopathologie de l’ enfant et de l’adolescent en milieu Burkinabé. A. Ouedraogo. 6-Ethnopsychanalyse . C.H. Pradelles de Latour. 3 7 25 34 42 47

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7-Qui sont nos enfants de la rue, ici au Cameroun? 81 Afanazé & B.Lolo. 8-Homonymie, identification et sorcellerie. B. Lolo 9-La psychanalyse et le symbolique en Afrique. P.Pernot 10-RUBRIQUE: -Littérature. -“De bonne guerre !” Rébecca. 90

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Editions: GRAPAFF-L’Harmattan Maquette: Pont Neuf Photos: A. Pataux & Pétrus.

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fondateur: Dr.Y.Kaufmant, psychiatre et psychanalyste Directeur de publication: Dr. Y.Kaufmant Direction de la publication: 23, rue Pouchet 75017 Paris. tel: 01 44 85 39 69 e-mail: yves.kaufmant@libertysurf. fr. fax: 01 42 28 07 33 Comité de rédaction Rédacteur: P.G.Despierre, psychanalyste Rédacteur associé: C.Duprat, psychanalyste secrétariat de rédaction: té/fax: 0142726509/ e-mail: GRAPPAF@wanadoo. fr Comité consultatif et de lecture: Mr. le Professeur ag. Guy Briole, psychiatre et psychanalyste Mr. le Professeur Momar Gueye, psychiatre Mr. le Professeur Roger Wartel, psychiatre et psychanalyste Me. le Dr. A.M Kaufmant, psychiatre et psychanalyste Me. le Dr. L.Sriber, psychiatre et psychanalyste Mr. le Dr. C.Vereecken, psychiatre et psychanalyste Mr. P. Pernot, ethnologue et psychanalyste

Note aux auteurs.
Veuillez adresser une version dactylographiée en double interligne et une version informatique (disquette 3,5 pouces, Word pour Macintosh). Pour publication, le Comité de rédaction se réserve la possibilité de modifier ou de retrancher certains éléments de ces textes.

Conception et maquette: Pont-Neuf Photos: Pétrus Edition: Grappaf/L’Harmattan

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EDITORIAL
Berthe Lolo

I

l y a longtemps, de retour de ma formation de psychiatre, j’écoutais religieusement une de nos éternelles histoires de sorcellerie quand ma mère me fit cette remarque: “depuis quand écoutes-tu nos histoires?”. J’ai sursauté car j’étais prise en flagrant délit d’écoute. Mais était-il défendu d’entendre? De se laisser aller dans le lit de l’écoute des motsdits? Que me voulait-elle enfin? Ne m’avait-elle pas dit un jour, où elle me sentait éloignée d’elle: “cette étude que tu es allée apprendre chez les blancs, elle n’est pas pour tes malades mais plutôt pour nous”. Elle d’un côté, moi de l’autre. Elle et sa tradition, moi et ma psychanalyse ! Psychanalyse sans école, mais comme instrument d’écoute, de compréhension et d’être. “Histoire raconte”, c’est ainsi que nos conteurs annonçaient le conte et la tradition. “Ewus’a myango”: sorcellerie des “mots-dits” ou encore du lapsus pour expliquer ou excuser les erreurs qui jalonnent nos longues et interminables histoires Mais maintenant, en les écoutant, je me sentais à l’aise. Je me laissais aller dans les mots-dits, je fixais des yeux le guérisseur, je 3

savais les mots du voyant, je sentais les liens du traitement traditionnel. Je me sentais vivre dans ce tourbillon de sentiments, de symboles et du verbe . La psychanalyse devrait nous permettre de comprendre la tradition, notre tradition. La tradition de chacun et donc celle qui nous est commune à nous tous. C’est la tradition de notre origine, de notre conception et non celle de la vie et de la mort. Car après notre conception, nous vivons d’abord au sein de notre mère puis au vu et au su des autres et enfin de nous-même. Alors notre histoire peut se raconter à plusieurs et se corriger. Vivre, n’est-ce pas chercher à corriger l’histoire? “Histoire raconte”! La psychanalyse devrait nous réconcilier avec notre tradition. Elle devrait nous aider à sortir des mots-dits, nous“démaudire”afin de nous “auto-recréer ” et de vivre sans mourir dans les luttes. Existe t-il une tradition africaine? Serait-elle celle des “maudits”-”mots-dits”? Que serait donc la tradition non africaine? Seraitelle seulement celle de l’action? En Afrique le nouveau né ne devient une personne qu’avec la marque symbolique des rites. La tradition c’est faire naître un nouveau-né de ses origines. L’inquiétante étrangeté des traditions non occidentales n’est-elle là que pour rappeler à tous la Tradition univercelle refoulée ? Ensorceler l’autre c’est divorcer avec lui sournoisement pendant que vous mangez ensemble. Comme si l’on pouvait envisager un divorce de personnes qui ne se mangent pas! Ensorceler l’autre c’est divorcer quant ce dernier 4

en veut encore; quant il dit ces mots: encore ! Psychanalyser* c’est une autre façon de désaliéner et plus encore. Mais de plus, l’a-t-on entrevu? L’a-t-on envisagé? Qui la psychanalyse ensorcelle-t-elle à la fin ? L’analysant, son entourage, l’analyste? Car la sorcellerie n’est autre et simplement qu’une désaliénation !!!

*-Psychanalyser c’est reconnaitre l’aliènation du Sujet au signifiant, et dans un autre registre opérer une séparation d’avec l’objet de son fantasme, objet de jouissance

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La Psychanalyse en Afrique, pourquoi?
Yves kaufmant.

A

vant d’aborder la question proprement dite de l’application des concepts de la psychanalyse aux pratiques africaines, il convient de faire un bref rappel historique de ce qu’est la psychanalyse et des conditions de sa découverte.

La psychanalyse a été inventée par Freud : ce qu’on oublie en disant cela, c’est qu’elle a été inventée par les patients de Freud, plus précisément même par des patientes qui appartenaient à une catégorie, à une structure, dirait-on maintenant, qui posait problème depuis toujours à la société. Cette structure, c’est l’hystérie. Elle posait problème à la société en tant que fondamentalement, l’hystérie échappait à tout savoir constitué, et tous ceux qui avaient tenté de la traiter, de la faire rentrer dans le rang pourrait-on dire, s’y étaient “cassé les dents”. L’hystérique, c’était la sorcière, c’était la possédée, c’est celle dont l’intuition supranormale mettait en échec les règles des sociétés, les règles des savoirs et la façon dont Dieu pouvait transmettre une règlementation qui fasse loi pour l’ensemble du corps social. C’était donc aux prêtres qu’initialement, l’hystérique était con7

frontée, et systématiquement, à chaque fois qu’un exorcisme, à chaque fois qu’une tentative d’éradication de ce personnage révolutionnaire était intentée, l’hystérique y échappait en inventant un nouveau mode de relation avec la divinité, un nouveau symptôme, une nouvelle remise en cause des règles sociales. Cela donna lieu à un certain nombre de procès de sorcellerie où les prêtres, les juristes ont échoué sur la façon dont on pouvait les faire rentrer dans le rang, et comme on ne pouvait pas, la seule façon qu’on avait adoptée, c’était de les brûler ! C’est de cette manière là que les procès en sorcellerie en France, en Europe, d’une façon générale, se terminaient jusqu’aux alentours du XVIIIe siècle. Un certain nombre d’histoires célèbres se sont déroulées dans notre héxagone, je ne citerai pour mémoire que l’histoire de Loudun où des religieuses, envoûtées par l’attrait qu’avait pour elles un prêtre, ont défié tous les corps constitués de l’époque, jusqu’à ce que soit décidée leur destruction, et faute qu’on puisse leur trouver une justification légale, l’élimination de l’initiateur, de celui par qui le scandale était arrivé. Il s’agissait évidemment d’Urbain Grandier. Un peu plus tard, c’est-à-dire à la fin du XIXe siècle et à l’aube du XXe siècle, un infléchissement s’est opéré dans la société qui a rangé les hystériques dans le champ du discours médical. C’est ce que démontre tout particulièrement l’histoire des possédés de Morzine. Morzine est une ville de Savoie dans laquelle s’est déclenchée au XIXe siècle une épidémie de cas d’hystéries qui a amené d’abord les derniers experts dans cette matière à intervenir, il s’agissait de prêtres, mais devant leur échec, on fit appel à la psychiatrie de l’époque. Mais le savoir médical a été mis en 8

échec à son tour en essayant de redresser, de rectifier, de faire disparaître les symptômes qui étaient insupportables au corps social, et c’est ce qui justifie qu’en dernier recours, la force publique et l’emprisonnement aient été la sanction thérapeutique qui éradica tous les troubles liés à cette pathologie rebelle. Plus récemment encore, on se rappelle l’épidémie de symptômes bizarres, d’empoisonnement et de manifestations psychiatriques polymorphes qui a saisi en Palestine un certain nombre de jeunes filles, présentant par leur symptomatologie, la mise en scène d’une mise en échec de l’autorité Israëlienne. On se souvient à quel point les experts internationaux, appelés à la rescousse à cette époque, s’étaient retrouvés dans un profond ridicule devant l’incapacité dont ils avaient fait preuve face à cette maladie inconnue. Du temps de Freud, l’hystérie faisait l’objet d’un travail, puisque c’était dans le champ psychiatrique; il représentait à peu près le seul “roc” qui résistait au quadrillage mis en place du savoir de la psychiatrie classique, la psychiatrie allemande essentiellement, mais aussi une bonne part de la psychiatrie française. Freud, dans le cadre de ses études, de sa recherche dictée par sa curiosité absolument inlassable dont il n’a cessé d’en témoigner tout au long de sa vie, était allé à Paris suivre l’enseignement du Professeur Charcot à la Salpétrière. Charcot avait cet intérêt de mettre en scène l’hystérie en s’y prêtant, avec une certaine complaisance qui a été, depuis, dénoncée par son élève Babinsky. Son originalité était, au fond, d’accepter en jouant avec l’hystérie, que l’hystérie se joue du maître qu’il incarnait face à ses élèves 9

autant que face à ses patientes. Par là, il permettait une amorce de changement dans le discours médical qui avait, depuis longtemps, essayé de casser ces symptômes qui se manifestaient comme irréductibles. En fait, la rotation de discours qu’amorçait Charcot était tout simplement qu’au lieu de réduire l’hystérie, il cherchait à l’apprivoiser en la flattant et évidemment en l’induisant. C’est de cette façon dont il avait été en quelque sorte pris à son propre jeu. Son élève Babinsky a tenté de rectifier cette approche, après lui, il est à l’origine d’une série d’attitudes qui a, depuis lors, persisté jusque dans la médecine générale moderne. Comme vous le savez, dans un certain nombre d’écoles de médecine, on préconise toujours, face aux symptômes hystériques, la plus grande dureté, la plus grande raideur visant à faire disparaître ce qu’on n’interprétait que comme comédie, et il faut bien le dire, comme une remise en question du discours médical. S.Freud n’est pas reparti de Paris les mains vides, il est reparti avec l’idée que l’hystérie, ça ne se domestiquait pas, et qu’il existait chez ces sujets, chez ces patiente, pour l’essentiel de femmes, une force, et que cette force révélait sous une forme modifiée, travaillée, trafiquée, une vérité qui échappait au savoir scientifique. Ce qu’a fait Freud au-delà de Charcot, ce fut d’en tirer des conséquences, et non pas se contenter, comme l’avait fait Charcot, de jouer les compteurs face à cette sauvage maladie rebelle à toute domestication ; il s’agissait bien plutôt d’essayer de reconstituer, avec cette vérité fragile, parcellaire, difficilement émergée si ce n’est par éclairs, par des passages, par des fragments dissociée, éclatés et incompréhensibles, de faire surgir donc la vérité contenue dans ce qui se présentait symp10

tomatiquement comme incompréhensible. Et au fond, la grande révolution freudienne, fut d’être à l’écoute des hystériques et de manifester une attitude basée essentiellement sur l’impuissance et sur l’incapacité à intervenir autrement qu’à partir du consentement du sujet. C’est ainsi que par le biais de l’hystérie ou, grâce à l’hystérie, Freud a découvert l’inconscient, un inconscient qui était à l’oeuvre dans cette logique dont n’émergeaient, dans les symptômes hystériques, que des îlots fractionnés et incompréhensibles. Sa position éthique de recherche de vérité, en abandonnant systématiquement tout savoir médical, sa position d’indifférence en quelque sorte à tout ce qui n’était pas sa vérité, à tout ce qui pouvait, dans les symptômes de l’hystérie, évoquer la mise en échec du discours magistral, du discours de la médecine, a été à l’orée de la grande révolution thérapeutique qui a donné lieu à la psychanalyse. Même si c’est l’hystérique qui a inventé l’inconscient, et partant, la psychanalyse, cet inconscient concernait aussi les autres névroses, ainsi que les psychoses et les perversions. C’est en effet le sens de l’oeuvre freudienne d’avoir patiemment, méthodiquement, grâce essentiellement à l’expérience clinique énorme qu’avait Freud, repéré par quel mécanisme les humains se défendaient par rapport à la réalité. Ce que les psychanalystes appellent la “structure”, çà n’est rien d’autre que le mode particulier de défense qu’a chacun par rapport aux atteintes du Réel. Qu’ entend-on par là ? C’est assez simple, chacun d’entre nous est à même de constater que la vie, dans son ensemble, revêt un certain nombre de caractères intolérables. Pour en citer quelques-uns, partons de l’autorité 11

surtout quand elle est revêtue par des sujets qu’on considère comme incapables ou incompétents. L’arbitraire, la force, et puis pour aller vraiment à ce qu’il y a de pire, la mort qui est l’arbitraire des arbitraires puisqu’elle frappe tout le monde, et sans discernement semble-t-il d’âge, de sexe, de culture, de religion, et qu’elle atteint chacun d’entre nous d’une façon qui est toujours prématurée, puisque jamais la vie d’aucun sujet humain ne peut être considérée comme accomplie, quoi qu’on dise dans les éloges funèbres. Il y a aussi de l’incompréhensible, de l’intolérable, dans la disparition d’un être cher, dans la mésentente, dans les mystères et les éléments irrationnels de l’amour et de la haine. La structure, c’est la découverte freudienne articulée autour d’un mécanisme de défense qui met chacun à l’abri des atteintes du réel. Alors le prototype de ces mécanismes de défense, il me semble que c’est par essence même le deuil. Comment imaginer, quand on perd un être cher, que ce soit réparable, qu’on puisse se faire une raison comme on dit, qu’on puisse tolérer ce manque, ce trou dans la vie dont l’arrivée même ne pouvait pas être conceptualisée, décrite. Comment imaginer ça ? C’est pourtant ce que, grâce à ce mécanisme de défense qui est celui des névrosés, on peut arriver à constituer, en faisant son deuil, en se faisant une raison. Alors ces mécanismes de défense, le Docteur Freud les a séparés en trois grandes catégories. Mon propos dans ce rappel étant plutôt d’introduire la façon dont ce savoir nouveau de la psychanalyse peut intervenir en Afrique, je dirai simplement que le premierces type de mécanisme de défense dans la névrose c’est essentiellement le refoulement. Où chaque sujet, confronté à quelque chose d’in12

tolérable dans sa vie, repousse à l’extérieur de sa conscience l’image, le concept, jusqu’à ce que cela apparaisse comme gommé de sa vie. Le problème dans le refoulement c’est qu’une trace dans la mémoire reste toujours comme quelque chose d’intolérable, et que même refoulée, l’image ou le souvenir revient indirectement sous une forme qui est logiquement liée au symbole correspondant à l’image de départ. C’est ainsi, lorsque un mauvais souvenir d’enfance disparaît, un symptôme sans rapport apparent pourra revenir, à sa place, nanti d’un affect directement lié au souvenir. C’est l’ exemple l’un des premiers cas qu’ eut à traiter le Docteur Freud, le cas de Dora qu’on trouve dans les “cinq psychanalyses”. Cette patiente avait comme symptôme un phénomène qui représentait le retour du refoulé intolérable de la scène de son père ayant un rapport sexuel avec une amie. Le lien logique dans cette histoire, étant tout simplement le rapport à la toux de Dora avec le halètement coïtal du père. Le deuxième type de mécanisme est celui qui permet aux “psychotiques” de repousser cette représentation intolérable qu’ils sont amenés à rencontrer dans leur vie. Là, le mécanisme est beaucoup plus radical, en se sens, comme le dit Freud, le Moi se conduit comme si la représentation intolérable ne lui était jamais parvenue. Là, plus rien ne reste de la façon dont la rencontre avec un point d’insoutenable dans la vie a été effectuée. Là encore, malheureusement, le mécanisme a beau être très efficace, il n’empêche pas que se fasse un retour, sur un mode particulier, puisque la conscience n’en a gardé aucun souvenir. La représentation revient comme de l’extérieur, c’est ce qui explique le processus des hallucinations comme phénomènes extérieurs 13

venant rappeler au sujet un souvenir qu’il pense n’avoir jamais eu. C’est en fait la définition que l’on peut donner de l’hallucination. Ce mécanisme de défense est différent de celui des névroses, dans la mesure où quelque chose manque à ces sujets psychotiques. Ce qui permet, grâce à l’ordre symbolique, de se faire une raison, comme je le disais à propos des événements intolérables de la vie quotidienne leur fait défaut. Un symbole manque pour essayer de rendre compte de l’inexplicable, et dès lors, quelque chose manque dans ce qui vient rendre acceptable ce qui, pour les humains, est inacceptable. Enfin, le troisième mécanisme de défense sur lequel je passerai rapidement parce qu’il concerne tout de même un nombre moins grand d’individus, c’est le mécanisme de ”la perversion”. Non pas la perversion au sens psychiatrique du terme, c’est-à-dire pas une structure qui est dominée essentiellement par des symptômes pervers. Mais de la perversion en tant qu’elle méconnait qu’il existe, dans les nécessités de la vie sociale, de l’interdit ou une règlementation. Ce mécanisme de défense est le déni, c’est-àdire, le fait de savoir, mais en se le masquant, qu’il y a dans la vie communautaire, humaine, la vie en société, des choses qui sont interdites, inconcevables, le” tabou de l’inceste” par exemple. Au fond, ce qu’on voit bien, c’est qu’à partir de ces cas relativement originaux de l’hystérie, Freud a élaboré, à propos des avatars psychiques des humains face à leur entourage, une théorie qui allait au-delà des symptômes qui étaient décrits depuis des siècles par les psychiatres. Cette théorie, permettait au cas par cas de rendre compte, d’expliquer le pourquoi des symptômes qui étaient à l’oeuvre. Alors, la psychanalyse ne se contente pas, bien 14