Le Juste et le vrai

Le Juste et le vrai

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Livres
576 pages

Description

Cet ouvrage est d'abord une critique du relativisme régnant s'agissant des valeurs morales et aussi de la connaissance. La morale serait affaire de mode ou de convention. La connaissance scientifique ne nous proposerait pas une représentation du monde plus fiable que les mythes archaïques. Ces thèmes relativistes jouissent aux Etats-Unis comme en Europe du statut d'idées établies.

Pourtant, ces théories relativistes contredisent les observations les plus irrécusables. Aujourd'hui comme hier, les individus passent le plus clair de leur temps à porter avec conviction des appréciations morales. Toute décision gouvernementale est soupesée, jugée, approuvée ou condamnée avec parfois un bel ensemble.

On observe donc une discordance notoire entre le discours de nombre de philosophes et de sociologues sur la morale, et l'existence de sentiments moraux forts et souvent consensuels.

Pourquoi ce relativisme? Il résulte de mouvements de pensée (marxisme, nietzschéisme, freudisme, durkheimisme) qui proposent de voir dans les valeurs des illusions. Leur influence, associée à celle de l'empirisme et du positivisme qui introduisent un gouffre béant entre l'être et le devoir-être, confirme l'idée que les valeurs ne sauraient être fondées de façon objective. La certitude morale ne serait qu'une illusion produite par des forces sociales ou psychiques agissant à l'insu des individus.

Ce relativisme normatif représente-t-il un horizon indépassable? Certainement pas. D'autres courants des scienes humaines, tels le contractualisme, l'utilitarisme et la théorie de l'action le rejettent.

S'appuyant sur une critique constructive de ces travaux, la théorie cognitiviste développée ici tente de les généraliser, de les synthétiser, de les dépasser et de proposer une explication de l'origine des sentiments moraux et des jugements de valeur. De son côté, le relativisme cognitif est, lui aussi, résistible. Les voies de la connaissance ordinaire comme celles de la connaissance scientifique sont complexes. Mais cela n'impose pas de renoncer aux notions de vérité et d'objectivité. Comme le juste, le vrai existe.

Raymond Boudon, de l'Académie des sciences morales et politiques, est professeur à la Sorbonne. Il est l'auteur, entre autres ouvrages, de L'Inégalité des chances, d'Effets pervers et ordre social, de La Place du désordre, de L'Idéologie ou l'origine des idées reçues, et de L'Art de se persuader.

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Informations

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Date de parution 01 avril 2014
Nombre de visites sur la page 39
EAN13 9782213639017
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Cet ouvrage est d'abord une critique du relativisme régnant s'agissant des valeurs morales et aussi de la connaissance. La morale serait affaire de mode ou de convention. La connaissance scientifique ne nous proposerait pas une représentation du monde plus fiable que les mythes archaïques. Ces thèmes relativistes jouissent aux Etats-Unis comme en Europe du statut d'idées établies.

Pourtant, ces théories relativistes contredisent les observations les plus irrécusables. Aujourd'hui comme hier, les individus passent le plus clair de leur temps à porter avec conviction des appréciations morales. Toute décision gouvernementale est soupesée, jugée, approuvée ou condamnée avec parfois un bel ensemble.

On observe donc une discordance notoire entre le discours de nombre de philosophes et de sociologues sur la morale, et l'existence de sentiments moraux forts et souvent consensuels.

Pourquoi ce relativisme? Il résulte de mouvements de pensée (marxisme, nietzschéisme, freudisme, durkheimisme) qui proposent de voir dans les valeurs des illusions. Leur influence, associée à celle de l'empirisme et du positivisme qui introduisent un gouffre béant entre l'être et le devoir-être, confirme l'idée que les valeurs ne sauraient être fondées de façon objective. La certitude morale ne serait qu'une illusion produite par des forces sociales ou psychiques agissant à l'insu des individus.

Ce relativisme normatif représente-t-il un horizon indépassable? Certainement pas. D'autres courants des scienes humaines, tels le contractualisme, l'utilitarisme et la théorie de l'action le rejettent.

S'appuyant sur une critique constructive de ces travaux, la théorie cognitiviste développée ici tente de les généraliser, de les synthétiser, de les dépasser et de proposer une explication de l'origine des sentiments moraux et des jugements de valeur. De son côté, le relativisme cognitif est, lui aussi, résistible. Les voies de la connaissance ordinaire comme celles de la connaissance scientifique sont complexes. Mais cela n'impose pas de renoncer aux notions de vérité et d'objectivité. Comme le juste, le vrai existe.

Raymond Boudon, de l'Académie des sciences morales et politiques, est professeur à la Sorbonne. Il est l'auteur, entre autres ouvrages, de L'Inégalité des chances, d'Effets pervers et ordre social, de La Place du désordre, de L'Idéologie ou l'origine des idées reçues, et de L'Art de se persuader.