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Le Lyon de nos pères

De
437 pages

VISION du Lyon d’Autrefois

I

La Plaine dauphinoise et ses Châteaux forts. — Chaussagne et la Chapelle de Saint-Alban. — Les Châteaux de la Mothe et de la Buire. — Les prés de la Madeleine, — Notre-Dame-de-Grâce. — La Guillotière et ses hôtelleries. — Le Couvent des religieux de Picpus. — La Thibaudière et la Part-Dieu. — L’Hôpital des Passants. — Le Château et l’Eglise de Béchevelin. — L’Oratoire de la Vierge. — Tavernes et Guinguettes.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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JDSTIFICATION dD TIRAGE
Il a été tiré de cet ouvrage 1811 exemplaires tous numérotés à la presse, dont: ÉDITION DE LUXE Un Exemplaire Unique,sur Papier u Japon impérial, contenant :
I. deux États es Eaux-Fortes, sur Papier u Japon (avant et avec la lettre) ; II. Dn État es Eaux-Fortes, Tirage sur Parchemin ; III. Dn État es Eaux-Fortes, Tirage sur Satin e L yon ; IV. Cent es Croquis originaux e l’Artiste.
Dix Exemplairesant :(Nos 1 à 10), sur Papier u Japon impérial, conten
I. deux États es Eaux-Fortes, sur Papier u Japon (avant et avec la lettre) ; II. Dn État es Eaux-Fortes, Tirage sur Parchemin ; III. Dn État es Eaux-Fortes, Tirage sur Satin e L yon ; IV. dix es Croquis originaux e l’Artiste. os Cinquante Exemplairesà 60), sur Papier u Japon impérial, contenant :(N 11
I. deux États es Eaux-Fortes, sur Papier u Japon (avant et avec la lettre) ; II. Dn État es Eaux-Fortes, Tirage sur Satin e Ly on ; III. Dn dessin original, reprouit ans l’ouvrage. os Deux cent cinquante Exemplairesà 310), sur Papier vélin teinté, contenant :(N 61
I. deux États es Eaux-Fortes (avant et avec la lettre) ; II. Dn dessin original, reprouit ans l’ouvrage.
ÉDITION ORDINAIRE os Quinze cents Exemplaires(N 311 à 1810), sur Papier vélin blanc.
Plus cinquante Exemplaires non mis en vente, numérotés en chiffres romains, de1 à L, destinés au dépôt légal, à nos Collaborateurs et àdes personnalités artistiques et littéraires. Les Éditeurs déclarent rigoureusement exact le chiffre du Tirage énoncé ci-dessus. Les Clichés ayant servi à la Publication ont été détruits.
Exemplaire dESTINÉ AD dÉPÔT LÉGAL
LE PONT DU CHANGE ET LES BÈCHES en 1840
Emmanuel Vingtrinier
Le Lyon de nos pères
Au LECTEUR. E livre est pour ceux qui se plaisent à «la chanson du passé que disent nos vieilles rues », et qui, en errant par la ville moderne, aim ent à se donner le divertissement de la cité d’autrefois. Avec la marque si personnelle qu’il savait imprimer à sa pensée, Nizier du Puitspelu e se demandait un jour quel ne serait pas l’étonnemen t de nos ancêtres du XVIIsiècle, s’ils pouvaient revenir parmi nous, de voir leur ma ison de la place Bellecour éclairée au gaz, mille usines pour la fabrication de produit s inconnus à la place des « pacquérages et des broteaux » de la rive gauche d u Rhône, et la gare de Perrache à l’endroit des vourgines de l’île Mogniat. Notre surprise serait-elle moins grande, si nous ét ions tout à coup transportés à deux ou trois cents ans en arrière et qu’il nous fû t permis de contempler le Lyon du temps de Louis XIII et de Louis XIV ? C’est précisément ce spectacle infiniment curieux q ue l’on a tenté de présenter ici, sous le titre deLYON DE NOS PÈRES. Le lecteur assiste à une promenade dans Lyon, en l’ année 1643, à la suite de voyageurs étrangers, arrivant d’Italie par la plain e dauphinoise et le faubourg de la Guillotière, et ressortant de la ville par la porte de la Croix-Rousse, après l’avoir parcourue en tous sens et visitée dans tous ses dét ails. On s’est efforcé de rétablir les noms des anciennes rues, de les montrer sous l’aspe ct qu’elles offraient en ce temps-là, de dépeindre les monuments publics et les princ ipales habitations privées dans l’état où ils se trouvaient alors, enfin, d’en retr acer rapidement l’histoire et les modifications successives, comme le ferait aujourd’ hui un bon cicerone pour la ville contemporaine. Ce n’est pas sans d’excellentes raisons que l’on a choisi, de préférence à toute autre, l’époque de la fin du règne de Louis XIII. E n 1643, Lyon n’a encore dépouillé qu’en partie la physionomie si pittoresque de la vi lle du moyen âge ; toutefois, celle-ci est en pleine transformation. Elle se bâtit à Belle cour et à Ainay, s’étend sur le coteau de Saint-Sébastien ; l’Hôtel-Dieu et la Charité, le s deux collèges des Jésuites, de nombreux monastères, viennent d’être construits ; b ientôt l’Hôtel de Ville s’élèvera sur les anciens fossés des Terreaux La Renaissance avait profondément modifié l’archite cture privée ; sous Louis XIII, une architecture monumentale, dépourvue de charme e t d’élégance, mais robuste et non sans noblesse, venait de prendre un vigoureux e ssor. Cette période de transformation est une des plus in téressantes de l’histoire de Lyon. C’est, d’ailleurs, l’époque sur laquelle on manquai t le moins de documents. Les belles estampes d’Israël Silvestre et de Merian, les admir ables plans de Simon Maupin, e complétés au XVIIIsiècle par les planches de Lallemand et les dessins de J.-J. de e Boissieu, au XIXpar ceux de Leymarie, Gabillot, Fonville, Tournier, Saint Olive, étaient, au point de vue iconographique, des guides extrêmement précieux. Parmi les écrits du temps, on avait sous la main le s descriptions laissées par trois e voyageurs étrangers qui visitèrent Lyon dans la pre mière moitié du XVIIsiècle : Zinzerling, Golnitz (traduit et annoté par M. Vache z), Thomas Coryat (par M. de Montaiglon). D’un époque postérieure, les notes de Debombourg sur les œuvres d’art et la Description de Clapasson pouvaient encore être consultées avec fruit. On a mis à contribution un grand nombre de monographies :Mandement de Béchevelin, les Le Religieuses de Sainte-Claire,de M. Steyert.Grands Jubilés de Saint-Jean, les de M. Sachet,le Couvent des Minimes,de M. Vanel,etc.les études archéologiques de Saint Olive, les « petites chroniques » de Morel de Volei ne, les recherches de M. Félix
Desvernay sur les rues de Lyon, les divers travaux de M. Auguste Bleton sur nos monuments et notre histoire, les notes inédites de Vermorel sur l’ancienne topographie lyonnaise, celles de M. Charvet sur nos architectes , et une foule d’autres sources, le plus souvent indiquées dans le corps de l’ouvrage. Autant qu’il était possible, soit dans le texte, so it dans les notes placées au bas des gravures on a rappelé les changements successifs qu ’ont subis les lieux, les édifices, les noms des rues. «A quoi bon, direz-vous, fouiller toutes ces ruines, remuer toutes ces cendres ? Un tel labeur n’est-il pas encore plus inutile qu’i l n’est mélancolique ? Il n’y a plus, aujourd’hui, d’intéressant que la vie ! » —Mais n’est-ce pas encore de la vie —la vie de nos aïeuxque racontent les monuments du passé ? Un de nos je unes écrivains l’a joliment exprimé dans cette formule : « Les vie illes villes rappellent les vieilles gens ». Nos vieilles villes gardent, en effet, le s ouvenir des mœurs, des besoins, du bien-être ou de la misère, en un mot, de l’existenc e publique et privée des ancêtres. Faut-il ajouter que, nulle part peut-être plus qu’à Lyon, les variations du goût public ne sont allées plus loin dans la fureur de destruct ion, contre les œuvres que l’âme de nos pères avait marquées de son empreinte ? Que son t devenues les églises des Jacobins, des Grands Carmes, de l’Observance, des C armélites ? et le château de Pierre-Scize, et les portes fortifiées, et tant de charmantes habitations particulières, sacrifiées aux calculs de l’intérêt ou aux stupides exigences de la voirie ? Sans avoir l’excuse des passions qui servirent de mobile à la Réforme et à la Révolution, des régimes soi-disant conservateurs ont, en pleine pai x, pratiqué le vandalisme, accumulé des ruines. Avec la manie persistante de t out détruire, Lyon perd de plus en plus sa physionomie pittoresque et revêt cette navr ante uniformité qui imprime à toutes nos villes un même aspect d’ennui, « l’ennui des villes neuves », disait Morel de Voleine. Ceux qui ont, à la fois, l’amour de la cité natale et quelque peu le sentiment de l’art voudront du moins se donner la consolation de retro uver une image, si imparfaite qu’elle soit duLYON DE NOS PÈRES. La forme employée dans la description pourra faire l’objet de certaines critiques. Toutefois, le lecteur voudra bien tenir compte des difficultés qu’il y avait à surmonter —cun planpar exemple pour décrire les lieux sans l’aide d’au  —et pardonner, en raison de sa nouveauté, la témérité d e l’entreprise. Au public, et particulièrement aux érudits, d’appré cier si, de l’ensemble du livre, se dégage avec quelque netteté la physionomie si curie use et si intéressants de la ville e Lyon vers le milieu du XVIIsiècle. E.V.
Lyon, le 23 Septembre 1901.
I
De la Plaine Dauphinoise au Rosne Le PONT du ROSNE
VISIONdu Lyon d’Autrefois
e LE CHATEAU DE LA MOTHE. (D’après une estampe du XVIII siècle.)
I
La Plaine dauphinoise et ses Châteaux forts. — Chaussagne et la Chapelle de Saint-Alban. — Les Châteaux de la Mothe et de la Buire. — Les prés de la Madeleine, — Notre-Dame-de-Grâce. — La Guillotière et ses hôtelleries. — Le Couvent des religieux de Picpus. — La Thibaudière et la Part-Dieu. — L’Hôpital des Passants. — Le Château et l’Eglise de Béchevelin. — L’Oratoire de la Vierge. — Tavernes et Guinguettes. — Les danses au Broteau de la ville. — Les Archers de l’Arcen main. — Aspect général de Lyon vers la fin du règne de Louis XIII. — Le pont du Rhône, sa redoute et sa porte. — La Chapelle du Saint-Esprit.
e LA CHAPELLE DU SAINT-ESPRIT AU XVII SIÈCLE
LES collines de Fourvière et de Saint-Sébastien, couronnées par le massif bleuâtre du Mont-d’Or, se distinguaient de très loin, vers le nord-ouest, au bout de l’immense plaine dauphinoise. Dans la brume légère du matin, on voyait briller deux ou trois clochers, bl anchir au soleil quelques grosses tours, et se dessiner la li gne des fortifications qui enveloppaient les hauteurs. Part is, au point du jour, de la Verpillière, où ils avaient co uché, les voyageurs venant en caravane d’Italie ou de Savoie par le Pont-de-Beauvoisin et la Tour-du-Pin, sous la condu ite d’un messager à cheval, cheminaient, l’épée à la ce inture, le mousquet à l’arçon, sur l’interminable route serpentant à travers les vallonnements de la plaine. On traversa it d’épaisses châtaigneraies, on passait à l’ombre fra îche de grands noyers ; puis l’horizon s’ouvrait de nouveau , déroulant dans l’air limpide l’harmonieuse ondulati on des coteaux, rompue çà et là par des bouquets de peupliers encadrant de leurs colonn es de feuillage les silhouettes dentelées des antiques châteaux forts. Pas une coll ine, pas un mamelon qui ne fût