Le Peuple annamite - Ses mœurs, croyances et traditions

Le Peuple annamite - Ses mœurs, croyances et traditions

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Français
350 pages

Description

La nation annamite est originaire du sud de la Chine et appartient à la race mongole. Elle descend de la tribu des Giao Chi, qui occupait le sud de l’empire Chinois environ 2.600 ans av. J.-C. Ce pays devait être, outre la région montagneuse où le Song Coï prend sa source, ainsi que le Si-kiang, le territoire que nous appelons aujourd’hui Tonkin.

Les annales chinoises révèlent l’existence des Giao Chi 2.537 ans av. J.-C., mais l’histoire annamite est entourée d’une multitude de légendes qui l’obscurcissent au point d’en rendre les premières périodes assez mystérieuses.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 28 octobre 2016
Nombre de lectures 6
EAN13 9782346119578
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Eugène-Albert Langlet
Le Peuple annamite
Ses mœurs, croyances et traditions
PRÉFACE
Trente ans après la conquête de l’Indo-Chine par no s soldats, vingt ans après sa pacification par nos fonctionnaires, un sous-offici er des troupes coloniales, récemment débarqué au Tonkin et chargé d’une « théorie sur le pays », à faire aux troupiers à la caserne, entre chez un libraire de Hanoï. Soucieux de ne donner à ses hommes que des renseignements exacts, et mal confiant dans sa trop récente expérience, il cherche un volume, court, résumé, lumineux, net, do nnant, sur les gens et sur les choses du pays, ces aperçus que leur clarté et leur brièveté impriment pour toujours dans la mémoire et dans l’esprit des simples. Le commerçant hésite : il ne sait pas bien ; il che rche dans ses catalogues : il bouleverse sa boutique, et finalement : — Je suis désolé, vraiment. Mais nous n’avons rien de pareil. Et c’est la vérité ! Dans l’innombrable quantité d’ auteurs qui ont pris l’Asie comme motif ou comme prétexte de leur vocation d’écrivain , il n’en est pas un qui ait songé à cette chose, la plus utile de toutes : l’instructio n rapide et pratique de l’homme tout simple, qu’il soit soldat de la caserne ou soldat d e l’expansion française, c’est-à-dire colon. Ah ! si nous voulons des pages multiples, des aperç us indéfinis et des raisonnements vertigineux sur toutes les questions de sociologie, de philologie, de métaphysique, d’économie politique, d’archéologie e t de diplomatie, nous n’aurons que l’embarras du choix. Vingt auteurs, — dont dix-neuf n’auront, bien entendu, jamais quitté Paris — donneront, du plus haut de leur orgu eil doctrinaire, des leçons de gouvernement à nos fonctionnaires ; et cent pontife s professeront le kham, le sanscrit, le khmer, qu’aucun indigène ne parle et ne comprend plus depuis quatre siècles. Mais les précis de langue courante, celle dont on se ser t dans les campagnes pour demander son chemin, mais les « manuels » pour conn aître les mœurs, les usages, les idées populaires de ces indigènes avec qui nous sommes contraints de vivre ? Ah, fi ! et quels soins vulgaires ! Nous netenons pas ça ! Or, le sous-officier honnête et consciencieux, qui s’est tiré tant bien que mal — plus mal que bien, inévitablement — de sa première « thé orie », le sous-officier qui cherchait le guide, l’aide-mémoire, et qui ne l’a p as trouvé, il vient de l’écrire ; il l’offre à ses collègues et successeurs : et c’est ce guide que j’ai volontiers pris charge de présenter ici, non pas seulement aux braves gens à qui il peut et doit servir, mais à tous mes amis de l’Indo-Chine, à tous les lettrés e t écrivains de la France d’Asie. Car je ne vois pas là seulement uncompendium,ou moins artificiel et péniblement plus rassemblé, des notions primaires que chacun doit po sséder sur l’Indo-Chine. J’y vois aussi la matière, claire et ramassée, des « théorie s » qui doivent précisément être faites dans les casernes, que tous nos soldats colo niaux doivent retenir et savoir appliquer. J’y vois surtout ce « manuel de civilité puérile et honnête » à l’égard des indigènes, manuel dont tout est ignoré de la plupar t d’entre nous. Cette ignorance, on le sait, est la cause de la plupart des malentendus qui s’élèvent entre les Annamites, qui ne demandent pas mieux que de nous supporter,et les Français, qui sont bien un peu brimeurs et moqueurs, mais qui ne sont pas de m auvais garçons, et quine demandent pas mieux que de faire ce qu’il faut pour être facilement supportés. Hors de la caserne, dans les campagnes, le troupier français, communicatif et gai, interpelle de loin, en termes familiers et gras, le piqueur de buffle, comme il ferait avec le cabaretier de son village natal. Il croit que c’ est de la camaraderie. Point : c’est de la
plus dédaigneuse grossièreté. Dans la maison de bam bou où les hasards des colonnes le conduisent, il gesticule, parle haut, s ’installe au large et n’importe où, et plaisante les femmes comme il ferait avec les fermi ères normandes ou périgourdines : il croit que c’est de la jovialité hospitalière. Po int : c’est la dernière injure. Il faut le lui enseigner. C’est ce que fait ce peti t livre. Quand le soldat et le simple colon français sauront ce qu’ils ont à faire pour n e pas blesser involontairement le passant ou leur hôte, ils s’y conformeront naturell ement, et avec toute la bonne grâce de notre caractère natif. Il n’est pas plus diffici le de parler lentement et posément que vite et bruyamment, de se tenir modérément que de g esticuler à perte d’haleine, de s’asseoir à droite qu’à gauche, afin de ne pas occu per inconsidérément la place honorable réservée à l’Esprit des Ancêtres. Le difficile, c’est de le savoir. Avec levademecumd’Eugène Langlet, on le saura. Et on devra le retenir. C’est en cela surtout que j’attache un grand prix a u labeur de l’auteur. Volontairement, il en a exclu toute littérature et tout souci de mise en valeur personnelle. En écrivant, il s’est souvenu de la ra ison qui le conduisit à écrire. C’est là un livre pour Sous-Officier instruisant sa section. Cette simplicité de parti pris rend, à mes yeux, le travail plus précieux et l’auteur plus louable. Car, en agissant de la sorte, il a fait plus et mie ux qu’un bon livre. Il a fait une bonne action. Et si cet ouvrage a le succès qu’il mérite et que je lui souhaite, il portera celui qui l’a écrit au premier rang des bons serviteurs d e l’Indo-Chine. ALBERT DE POUVOURVILLE.
AVANT-PROPOS
Ces note et obsérvations recueillies au cours de pl usieurs années de missions topographiques, de 1900 à 1910, ont été tracées en toute simplicité et coordonnées sans aucune prétention littéraire. Ma seule ambitio n a été de rendre fidèlement ce que j’ai vu et entendu, et non de rivaliser avec les œu vres, d’une portée plus élevée, que des auteurs connus ont édifiées avant moi, qui ne p ossède ni leur instruction ni leurs moyens d’études. Parmi ces maîtres, il en est d’ailleurs qui ont dro it à ma reconnaissance, tels que MM. Bouinais et Paulus, Schreinerd, Luro, Lamairess e, Sylvestre, le colonel Diguet, le capitaine Fernand Bernard, pour le recours que j’ai eu à leurs ouvrages, auxquels je me suis permis de faire quelques emprunts pour mieu x documenter le mien, et dont les travaux ont ainsi facilité ma tâche. Le peuple annamite est imparfaitement connu de bien des coloniaux qui ne sont pas allés en Indo-Chine ou qui n’y ont séjourné que dan s les grands centres. J’ai donc pensé que cet ensemble de notes, dont le seul mérit e est d’être basé sur l’observation directe, pourrait leur offrir quelque intérêt, en l es renseignant sur la vie des campagnards qui, en Annam comme partout ailleurs, f orment la majorité de la population. Peut-être aurai-je ainsi réussi à rendre service au x coloniaux qui n’ont pas l’occasion d’approcher les indigènes, aussi bien qu ’à ceux qui sont appelés à vivre parmi eux. Dans les villes, l’Européen a la tendance de juger les Annamites d’après ceux qui l’entourent ordinairement. Or l’Annamite des centre s a une autre mentalité que l’Annamite des campagnes. Redoutant notre ironie, i l craint surtout de se montrer dans l’accomplissement de ses cérémonies rituelles ; aus si, lorsqu’on lui demande l’explication de certains gestes, il ne répond pas ou répond mal. Les boys, plantons, interprètes, ne pensent pas que nous puissions cher cher à nous intéresser sérieusement aux mœurs du peuple étranger au milieu duquel nous vivons, et comme, d’autre part, ces demi-civilisés ne sont déjà plus sincèrement respectueux à notre égard, ils répondent le plus souvent à nos demandes de renseignements par des explications plus ou moins fantaisistes, pour ne pa s dire fumistes. Celui qui ne sait pas, s’en contente, sans même se douter qu’il s’ass imile des idées fausses. C’est ainsi que, par exemple, l’immigré admet couramment que le bouddhisme est la religion des Annamites, parce qu’ils nous disent, a u cours de leurs cérémonies, qu’ils font :tchim-tchim Bouddha,rendent le culte à Bouddha. C’est une erreur, c’est-à-dire comme on le verra plus loin. A la campagne, l’indigène a gardé plus de considéra tion pour nous ; au lieu d’éviter qu’un Européen assiste à ses cérémonies, il sera fi er de l’y convier, et il se livrera plus volontiers à mesure qu’il s’apercevra qu’on le comp rend mieux. Lorsqu’on est suffisamment familiarisé avec ses mœurs pour ne plu s être tenté de rire devant lui de ses croyances ou de critiquer ses rites, il nous ac cordera bientôt plus de confiance ; nous gagnerons facilement son estime et il ne cherc hera plus à nous en faire accroire ; ne l’exposant plus à des froissements, o n apprendra dès lors de lui tout ce qu’on désirera connaître. Vivant, de par mes fonctions, seul Européen au mili eu de paysans annamites pendant plusieurs mois par an, j’ai eu le privilège de pouvoir les observer de très près et j’ai pu recueillir ainsi maintes observations su r leurs mœurs, leurs rites, leurs
habitudes, me faire même une idée de leur passé par les contes et les légendes qu’ils m’ont racontés. C’est ainsi que je me suis familiar isé peu à peu avec leurs coutumes et leurs idées. Cet ouvrage est donc, en somme, une étude de folklo re, et mon ambition sera amplement satisfaite, s’il peut contribuer, dans sa modeste mesure, à faire mieux connaître le peuple annamite et à permettre à ceux qui le fréquentent d’en tirer le meilleur rendement en sachant gagner la confiance, le respect et l’estime de ces indigènes d’Extrême-Orient. Si par cette publication je crois avoir, avant tout , rendu pratiquement service aux fonctionnaires, aux colons qui veulent s’établir en Indo-Chine, peut-être le public en général, ceux que leur situation ou leur carrière t iendra sans doute éloignés à jamais de ce curieux pays, sauront-ils gré à l’auteur de l es avoir familiarisés avec des mœurs qui sont, en somme, si différentes des nôtres. Ils y assisteront au moins au spectacle, Inédite à bien des égards, d’une scène très pittore sque de l’éternelle et universelle comédie humaine. E. LANGLET.
PREMIÈRE PARTIE
L’INDIVIDU
CHAPITRE PREMIER
1 RÉSUMÉ HISTORIQUE
La nation annamite est originaire du sud de la Chin e et appartient à la race mongole. 2 Elle descend de la tribu des Giao Chi , qui occupait le sud de l’empire Chinois environ 2.600 ans av. J.-C. Ce pays devait être, outre la r égion montagneuse où le Song Coï prend sa source, ainsi que le Si-kiang, le territoi re que nous appelons aujourd’hui Tonkin. Les annales chinoises révèlent l’existence des Giao Chi 2.537 ans av. J.-C., mais l’histoire annamite est entourée d’une multitude de légendes qui l’obscurcissent au point d’en rendre les premières périodes assez myst érieuses. Aux époques préhistoriques, le pouvoir devait être entre les ma ins de chefs élus, réunissant en leur personne l’autorité civile et religieuse, donnant d es lois au peuple, offrant des 3 sacrifices au Tuong Dê , dieu souverain suprême, et aux génies à certaines époques déterminées par les rites ; les Giao Chi élevaient des temples et étaient très superstitieux. Pendant vingt siècles, on peut constater que la rac e des Giao Chi était gouvernée par une famille chinoise, ou par une famille annami te subissant l’influence de la Chine, et dont les membres allaient rendre hommage à la Co ur de Chine. Deux siècles av. J.-C., un empereur chinois nommé C hi Hang Tè, qui fit détruire tous les livres et massacrer quatre cents lettrés q ui lui avaient fait des reproches à ce sujet, convoite les richesses du royaume, du Midi e t y envoie 500.000 hommes ; mais un de ses généraux, Triêu Dà, profitant de troubles qui amènent la chute de Chi Hang Tè, troubles causés par les mesures draconiennes qu ’il édicte contre les lettrés, se déclare roi de Viet Nam. A partir de cette époque, l’intervention chinoise est incessante ; après quatre générations de rois, la famille de Triêu Dâ est remplacée par de simples gouverneurs, jusque vers 900 ap. J.-C., c’est-à-dire environ près de dix siècles. A cette époque existait, entre la limite nord de la province de Hué et la limite sud du Binh Tuân, le Tsiampa ou Ciampa, royaume indépendan t dont la capitale s’appelait Chaban, et qui était habité par une race, mélange d e Cambodgien et de Malais, différente de la race annamite. Les habitants, appelés parfois Ciampois dans l’hist oire, étaient désignés, par les Annamites, sous le nom de Cham, nom qui leur est re sté et sous lequel ils sont encore connus aujourd’hui. Ces gens sont plus forts, plus beaux que les Annamites et leur costume diffère totalement de celui des derniers ; on en trouve encore dans le sud de l’Annam, tout particulièrement dans les provinces d e Phan Rang et de Nha Trang en Annam, de Chaudoc en Cochinchine. Ils ont laissé de très beaux monuments, entre autres des tours dont le style se rapproche beaucou p du style Kmer ; cependant, il ne faut pas confondre l’art Kmer et l’art Cham, ce dernier étant bien moins grandiose. Aux environs de Tourane et dans les provinces de Quang Tri, Binh Dinh, Phan Rang, on rencontre encore des ruines, des statues d’animaux, des temples qui devaient être très beaux, mais qui, toutefois, ne pourraient être comparés avec les temples d’Angkor-Vat, par exemple. Au sud du Tsiampa se trouvaient les six provinces q ui forment la Cochinchine actuelle et qui étaient occupées par les Cambodgien s faisant partie de l’empire Kmer. Les Annamites, ne pouvant s’étendre vers le nord, p uisqu’ils se seraient heurtés aux
Chinois plus forts qu’eux, convoitaient les richess es minérales du Tsiampa ; ils 4 s’étaient peu à peu étendus jusqu’à hauteur de Hué ; mais en 379 un roi du Ciampa ayant envahi le Giao, Chi par le golfe du Tonkin, i l en résulta une lutte entre les deux pays, lutte qui durera jusqu’au dix-septième siècle . Les Chinois, qui avaient été chassés du Tonkin, pro fitent de cette occasion pour rentrer chez les Giao-Chi ; ils chassent d’abord le s Ciampois, rétablissent le royaume de Giao Chi, puis ils envahissent et pillent le Tsi ampa. En 722, un Annamite nommé Maï Thuc Loan, aidé des C ambodgiens et des Ciampois, se déclare indépendant de la Chine ; mais à partir de ce moment les Giao-Chi ne cesseront plus de lutter soit contre les Chi nois, avec des fortunes diverses, soit contre les Ciampois. Au neuvième siècle existait, à l’emplacement actuel d’Hanoï, une forteresse appelée citadelle de Daï Lai ; un gouverneur chinois nommé Cao-Bien en fit sa capitale (871) et lui donna le nom officiel de Thanh Lang Tham (cité des dragons rouges) ; elle s’appela aussi : Bac Thanh (citadelle du Nord) — Dông Kinh ( capitale de l’Est) — Ke Cho (vulgairement le marché) ; cette citadelle, puis la ville qui se forma sous sa protection, est toujours restée, dès lors, la capitale du Tonki n. Au dixième siècle, le peuple annamite, fatigué et v ictime des révolutions chinoises, secoue le joug qui lui pèse si lourdement et, en 96 8, se proclame indépendant ; Bo-Lanh, son libérateur, donne au nouveau royaume le n om de Daï Cu Viet. Les empires chinois et annamite ne conservent que des relations de courtoisie ; mais pendant ces dix siècles l’Annamite s’est façonné aux mœurs chin oises : il a pris leurs lois, leurs coutumes, la nation s’est policée, elle s’organise et devient de plus en plus chinoise, « Il est indiscutable que la suzeraineté de la Chin e ait été l’une des bases fondamentales de la vie politique et sociale de l’e mpire d’Annam. » Actuellement la Chine n’a plus aucun droit, ni d’ai lleurs aucune prétention sur l’Annam ; malgré cela l’Annamite continue à se sent ir petit devant le Chinois ; il ne l’aime pas, certes, mais il a conservé de cette lon gue tutelle certaines habitudes de respect et de subordination pour ceux qui étaient j adis ses maîtres. L’appelationCac tiêu,oncles, qu’il donne aux Chinois, en est une de s marques les les plus caractéristiques. Mais, toutefois, comme l es Célestes ne sauraient être considérés comme des membres de sa famille, il les appelle aussiChu Khàch, les invités, les hôtes. Au quatorzième siècle, la nation est de nouveau, et pour la dernière fois, envahie par les Chinois ; les Ciampois en profitent pour en vahir le pays par le sud. Un roi cham, Chebon Nga, assiégea pendant six mois (1385) et tenta même, vainement, d’enlever la citadelle de Daï Lai. En 1426, un roi annamite appelé Lé-Loi chasse l’étr anger, pacifie le pays, puis, poursuivant les Ciampois, leur prend une province, reculant ainsi la frontière jusqu’à la limite sud du Quang Nam actuel. Ce roi fonde alors sa dynastie et restitue au royaume son nom primitif de Daï Viet, nom conservé jusqu’en 1437, date à laquelle l’empereur de Chine lui envoie l’investiture et le reconnaît roi d’Annam. Le pays s’était donc successivement appelé : Daï Cu Viet, de 968 à 1010 ; Giao Chi, de 1010 à 1175 ; Viet Nam, de 1175 à 1428. Les Annamites poursuivent leur campagne contre le T siampa, qui est définitivement conquis vers 1650. En 1533, les Mac usurpent le trône d’Annam et, sur l’ordre de l’empereur de Chine, le pays est divisé en deux principautés désormais r ivales, qui prennent le nom des deux capitales du royaume : celle de Dông Kinh (cap ital de l’Est) et de Tay Kinh