Le prix de l

Le prix de l'insertion

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Alors que le niveau de bien-être n'a cessé d'augmenter dans nos sociétés, cet ouvrage s'intéresse à l'insertion de personnes n'ayant que l'espace public comme lieu de vie. Le logement n'est envisagé que depuis peu comme solution pour permettre aux personnes sans-abri de retrouver une place de citoyen à part entière. En mettant à jour les obstacles que doivent surmonter ces exclus du logement, ainsi que les travailleurs sociaux en charge de leur accompagnement, cet ouvrage interroge le prix qu'ont à payer ces différents acteurs pour concrétiser ce rêve d'insertion.

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Ajouté le 01 janvier 2018
Nombre de lectures 13
EAN13 9782140054174
Langue Français
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Marjorie Lelubre
Le prix de l’insertion
Accompagner vers le logement comme solution au sansabrisme ?
L O G I Q U E S S O C I A L E S
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris www.editions-harmattan.fr ISBN : 978-2-343-13681-3 EAN : 9782343136813
Le prix de l’insertion
Accompagner vers le logement comme solution au sans-abrisme ?
Logiques sociales Collection dirigée par Bruno Péquignot En réunissant des chercheurs, des praticiens et des essayistes, même si la dominante reste universitaire, la collection « Logiques Sociales » entend favoriser les liens entre la recherche non finalisée et l'action sociale. En laissant toute liberté théorique aux auteurs, elle cherche à promouvoir les recherches qui partent d'un terrain, d'une enquête ou d'une expérience qui augmentent la connaissance empirique des phénomènes sociaux ou qui proposent une innovation méthodologique ou théorique, voire une réévaluation de méthodes ou de systèmes conceptuels classiques. Dernières parutions Didier CORNUEL,Marché du logement et aides publiques, 2017. Christophe GUIBERT et Benjamin TAUNAY (dir.), Tourisme et sciences sociales, Postures de recherches, ancrages disciplinaireset épistémologiques,2017. Sandrine GAYMARD et Teodor TIPLICA (dir.),: états des lieux etSécurité routière initiatives dans le monde, 2017. Dorina COSTE,Une école de management à l’épreuve des cours d’art, 2017. Nicolas BOURGOIN,Surveiller et punir. L’ère de la pénalité prédictive, 2017. Florence DOUGUET et Thierry FILLAUT,Grossesse et alcool. Représentations et appropriations d’une priorité de santé, 2017. Claude GIRAUD,L’ordre social, 2017. Corinne COVEZ,Le cirque, une école du vivre.Pratique artistique : une éducation de la relation à soi, aux autres et au monde,2017.Delphine RIVIER,L'analyse de pratiques professionnelles en institut de formation en soins infirmiers,Expression de la singularité des cadres de santé formateurs,2017. Suzie GUTH,Les gangs de jeunes Italo-Américains, 2017. Aurélie DAMAMME, Helena HIRATA, Pascale MOLINIER,Le travail entre public, privé et intime. Comparaisons et enjeux internationaux ducare, 2017. Maxence LAMOUREUX,Les cinéastes animaliers, Enquête dans les coulisses du film animalier en France,2017. Nicolas COMBALBERT et Sophie ROTHÉ (dir.),Vieillissement, vulnérabilités et animation sociale,2017. Julien GARGANI,Carnet de voyage à Chandigarh. Ethnologie d’une recherche scientifique en Inde, 2017. Thomas SEGUIN,Politiques de la vie, La nature au prisme du social, 2017. Juan Carlos MURRUGARRA,La passion du soccer.Transmetteur de cohésion socioaffective,2017. Patricia DRAHI,Enseigner la Shoah et les questions socialement vives, Risques et défis, 2017Christiana CONSTANTOPOULOU,Récits de la crise. Mythes et réalités de la société contemporaine, 2017. Isaac NIZIGAMAIntroduction à la sociologie de la religion de Peter L. Berger, 2017
Marjorie Lelubre Le prix de l’insertion Accompagner vers le logement comme solution au sans-abrisme ?
Du même auteur Un logement pour les sans-abri ?, Éditions du Basson / coll. Tandem, Essai, Sociologie
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Introduction Bien que la journée soit ensoleillée, les fenêtres du studio de Benoît sont occultées par d’épaisses couvertures. Après plusieurs années d’allers-retours entre la rue et des structures d’hébergement variées, Benoît éprouve des difficultés à s’approprier le logement dans lequel il vient d’emménager. Dans la seule pièce qu’il occupe, Benoît a entassé son matelas à même le sol ainsi que quelques meubles épars aux fonctions multiples. Les couvertures empêchent la lumière d’entrer, mais lui permettent surtout de se préserver du regard des passants. Situé au rez-de-chaussée, son logement lui semble trop exposé. Or, la nouvelle de son emménagement s’est rapidement répandue parmi ses anciens compagnons de rue et il doit faire face à de plus en plus de demandes d’hébergement. Quelques mois suite à notre première rencontre, Benoît a quitté son logement. Il est alors hébergé en maison d’accueil. Là encore, cette solution ne dure que quelques mois, Benoît ne parvenant pas à se plier aux règles de l’institution. Lors de notre troisième rencontre, Benoît est logé chez un membre de sa famille dont il espère récupérer à terme le logement. Aux dernières nouvelles, plus de quatre ans après ce premier entretien, Benoît est de retour dans les abris de nuit de la ville. Un tel parcours n’a rien d’inhabituel pour une personne sans-abri chez qui la stabilité résidentielle n’est souvent qu’une chimère. Si l’arrivée en rue comporte son lot de traumatismes, il est parfois plus malaisé d’appréhender combien le retour en logement peut s’avérer anxiogène pour des personnes n’ayant que rarement expérimenté le sentiment de « chez soi ». Pour faire face à ces difficultés, de nouveaux projets ont progressivement fait leur apparition dans le secteur de la lutte contre le sans-abrisme et 1 l’exclusion du logement : les dispositifs d’accompagnement social en
1  L’une des premières difficultés de notre démarche a été de dénommer l’objet de cette recherche. Nous évoquons tout au long de ces pages le secteur de la lutte contre le sans-abrisme et l’exclusion du logement. Le choix de ces termes s’explique par l’évolution de la catégorisation en cours dans le secteur. Si, initialement, le phénomène de l’absence de logement semblait se circonscrire aux personnes vivant en rue – et, par la suite, dans les structures d’hébergement d’urgence telles les abris ou asiles de nuit –, tant les chercheurs que les opérateurs de terrain sont arrivés au constat d’une multitude d’adaptations face à un phénomène unique, l’absence de logement. À côté des personnes sans-abri stricto sensu (rue ou structure d’urgence), ce secteur est confronté à un continuum de situations diverses allant de personnes « en squat » à celles hébergées chez des tiers ou sein de structures payantes et à
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