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le Sociographe n°1 : Espaces de médiation

De

Médiations, mais aussi médiateur et médiatiser définissent aujourd’hui des modes d’intervention dans notre société et particulièrement dans notre champ du travail social qui s’imposent comme une nouvelle manière d’aborder des situations problématiques pour des sujets ou des systèmes et leur résolution. Mais cette nouveauté n’est-elle pas qu’apparente ? On a coutume de repérer la naissance des pratiques de médiations outre-Atlantique dans les années 1965-1970. C’est oublier que les mots de médiateur et de médiation sont utilisés dans notre langue depuis six siècles.


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Le sociographe
Numéro un

Janvier 2000

Espace de médiation

 

revue publiée par l’Institut Régional du Travail Social du Languedoc-Roussillon

 

La numérisation de cet ouvrage a reçu le soutien du CNL

 

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Table des matières

 

Editorial

Le parti pris du sujet

La médiation familiale au centre d’action sociale de la SNCF Questions d’un professionnel sur sa pratique

Contexte

Une pratique qui se construit

Mon premier est AS, mon second médiatrice familiale

Un professionnel à part entière ?

Adolescentes maghrébines en conflit avec leur famille Service social et médiation interculturelle

La médiation interculturelle

Médiation sociale et médiation culturelle

Une enquête auprès du service social scolaire

Médiation sociale ou médiation culturelle

Quand les parents se séparent. Comment préserver l’intérêt de l’enfant par une médiation familiale

Définition de la médiation familiale

Déroulement de la médiation familiale

Création de notre contexte de travail

En guise de conclusion  : à suivre ...

Une médiation en AEMO

La médiation à intégrer dans une histoire

La médiation en acte

Une issue inattendue

La médiation à l’hôpital Une question d’accueil avant tout

L’empathie et l’écoute

La parole, un outil privilégié dans le travail de médiation

Favoriser l’activité ludique pour que parents et enfants se rencontrent

Favoriser les échanges entre parents

Conclusion

Médiation et responsabilité

Une problématique de prise en charge

Des perspectives méthodologiques

De la responsabilité

Le chalet

Comment apprendre ?

Les apprentissages de Sophie

Le cadre comme médiateur

Un apprentissage médiatisé Remobiliser des adolescents en échec scolaire

Principes de l’apprentissage médiatisé

Pratique et évaluation

Conclusion

Ne laissons pas la prison avoir le dernier mot !

Aux grands mots les grands remèdes !

Les mineurs ont leur mot à dire

L’écriture entre nous

La médiation en mal de mot

De la lettre aux maux

Donnons-nous le mot

Le mot de la fin

De l’importance de l’art et de la culture pour ceux qui n’y ont pas accès

Acte 1

Acte II

Acte III

Educateur : un métier impossible

L’énonciation, la limite et le jugement

Une clinique de l’éducation

Editorial

 

Je mettrais peut-être un peu de nord dans mon est, à cause du printemps austral.

B. Moitessier, 1994, p. 119

 

L’espace de la presse périodique où nous naviguons depuis notre Naissances (numéro 0) se construit classiquement sur la complémentarité de deux axes,

— celui par lequel les publications sont vecteur de news, d’actualités, de faits divers, d’événements,

— et celui par lequel elles sont vecteur de views, de réflexions, d’analyses, de commentaires, chaque publication cherchant sans doute son originalité et son cap dans l’espace ainsi balisé.

Le sociographe propose à ses lecteurs, et à ses auteurs une ligne de travail plus orientée vers la réflexion que le fait divers, mais une réflexion inscrite dans l’actualité des pratiques, dans le quotidien des recherches, où se trouve difficilement le temps d’écrire.

Pour nous orienter dans cet espace de news et de views, nous sommes certainement moins en quête d’un juste milieu que d’une médiation, qui tout à la fois les distingue et les rassemble. Et c’est pourquoi, peut-être, nous avons rencontré la figure de l’ange, «vecteur performant (...), traduction du grec angelos: le messager (...), l’agent de liason, le petit télégraphiste», comme le désigne Régis Debray (1991, p. 109). L’ange médiateur fait l’ouverture de notre dossier.

Dans ce n°1 du Sociographe, nous précisons notre cap, nous redoublons la réflexion sur l’actualité par une actualité de la réflexion, lorsque nous décidons d’ouvrir nos colonnes aux actes mêmes où s’exprime et s’organise la réflexion, dans le champ du travail social : journées, congrès et colloques, d’une part, rapports, notes de synthèse ou de lecture, d’autre part, mémoire et thèse enfin, sont les actes dont nous nous proposons de rendre compte, à chaque opportunité, si nous ne pouvons en effet les publier tous, ni tels quels !

Une note de lecture — un acte de formation — inaugurera cette nouvelle rubrique du Sociographe, que nous avons intitulée Par ailleurs, lui ouvrant ainsi de vastes horizons et lui souhaitant bonne route.

C.M.

Bibliographie

 

Moitessier B., La longue route, Paris : J’ai Lu, 1994

Debray R., Cours de médiologie générale, Paris : Gallimard, 1991

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Le parti pris du sujet

Dossier coordonné par Charles Foxonet

 

A l’évidence le terme fait fortune. Colloques, congrès, numéros spéciaux de revues, articles, mémoires ou thèses, ce ne sont pas moins de  1500 références en langue française que la Base de données Promed/Programme Médiation indique entre 1980 et 1994, dans 11 domaines différents, allant de la Médiation administrative ou institutionnelle (Médiateur de la République) à la médiation en sciences cognitives ou en entreprise (Duriez, 1998).

Médiations, mais aussi médiateur et médiatiser définissent aujourd’hui des modes d’intervention dans notre société et particulièrement dans notre champ du travail social qui s’imposent comme une nouvelle manière d’aborder des situations problématiques pour des sujets ou des systèmes et leur résolution. Mais cette nouveauté n’est-elle pas qu’apparente ? On a coutume de repérer la naissance des pratiques de médiations outre-Atlantique dans les années 1965-1970. C’est oublier que les mots de médiateur et de médiation sont utilisés dans notre langue depuis six siècles.

Le médiatour que Jean de Meun décrit comme « celui qui s’entremet pour créer un accord » (1814, p. 349) apparaît pour la première fois dans les écrits du XIV° siècle ; médiation, au sens d’ « intermédiaire entre Dieu et l’Homme » — l’ange, le saint — en 1480 (de Rothschild, 1919). La figure de celui qui exerce la médiation, c’est-à-dire qui produit de l’intermédiaire entre deux ou plusieurs termes — ou êtres — pour aboutir à un nouvel état, est sans doute nous disent les anthropologues aussi vieille que l’humanité et observent les ethnologues quasi universelle. Les chamans de notre préhistoire et des autres cultures incarnent pleinement ces personnages dévolus par leur peuple à être dans les moments cruciaux pour les individus ou pour les groupes capables de réajuster l’humain, le surhumain et l’inhumain, tous domaines dont ils participent par leur histoire de vie et leur apprentissage.

C’est cette capacité même à « chevaucher les frontières » pour reprendre la belle expression inuit (Saladin d’Anglure, 1992) qui les différencie fondamentalement des médiateurs modernes.

Erigé en médiateur, le travailleur social fonde son action de tiers sur la neutralité, l’indépendance, l’égale distance entre les parties en présence, pour mieux les rapprocher. Il est géométriquement médian. Si son expérience personnelle ou son appartenance culturelle peuvent lui être utile dans la conduite de certaines médiations, elles ne lui sont pas reconnues comme indispensables pour les mener à bien. La médiation s’étaye sur le professionnel. Jusqu’où ? Doit-elle donner naissance à un métier, ce que revendiquent certains, du moins dans quelques domaines, ou doit-elle seulement se constituer en outil de travail parmi ceux utilisés par tout travailleur social ?

Le lecteur du Sociographe ne trouvera pas dans ce numéro une réponse définitive à cette question. Mais ce que nous lui proposons c’est une diversité. Celle des professions : assistant de service social, chef de service, éducateur de jeunes enfants, éducateur spécialisé, éducateur technique spécialisé, formateur, psychologue. Celle des lieux : cabinet de consultation, entreprise, Hôpital, Institut Médico-Educatif et Professionnel, Milieu Ouvert, Milieu scolaire, Prison. Celle enfin, des dispositifs de médiation mis en œuvre par ces professionnels dans ces lieux. Explorer ainsi la multiplicité des pratiques de médiation dans différents lieux du secteur sanitaire et social fait émerger une certitude, celle d’un pari sur les acteurs en présence : la capacité de ceux-ci, partant d’une position, à évoluer pour aboutir à de nouvelles attitudes plus satisfaisantes dans leur représentation, conflit, souffrance, déficience ou échec. Le travailleur social quitte ici la place médiane qu’on lui imagine pour se situer en parallèle. Il devient celui qui sait accompagner par des supports variés, dans un espace et un temps approprié, cette transformation de la réalité psychique des sujets, les constituants en médiateurs : producteurs d’une médiation d’abord pour eux-mêmes. Et lui, en tant que partie prenante, par sa personne, n’échappe pas au remaniement subjectif.

C.F

Bibliographie.

 

De Lorris G. et De Meun J., Le Roman de la Rose, Paris : éd. M. Méon, 1814 (XIVème siècle)

De Rohschild J., Mistère du Vieil Testament, Paris : De Rothschild, 1919

Duriez P., « Les médiations : essai de classification », Forum, 86, 1998, 5-8

Saladin d’Anglure B., «Le troisième sexe», La Recherche, 245, 1992, 836-844