Les addictions

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De toutes les conduites psychopathologiques, l’addiction est peut-être celle qui interroge le plus les limites entre le normal et le pathologique. La frontière entre ce qui relève des « mauvaises habitudes » et des vraies dépendances est difficile à tracer. Les addictions sont presque toujours des conduites relevant au départ de l’ordinaire, simplement déviées de leurs finalités initiales : boire, manger, jouer, acheter, travailler, se soigner, etc. Alors, tous dépendants ?
Ce qui caractériserait le vrai dépendant pourrait être une forme de polarisation, quand l’objet ou l’activité devient le but d’une vie, quand la « mauvaise habitude » se fait identité : « je bois trop » devenu « je suis alcoolique ».
Cet ouvrage interroge le sens des addictions, analyse le mécanisme et les symptômes des plus courantes d’entre elles et propose une synthèse des différentes approches thérapeutiques possibles.


À lire également en Que sais-je ?...
[[Que_sais-je:Les_phobies|Les phobies]], Paul Denis
[[Que_sais-je:Les_%C3%A9tats_limites|Les états limites]], Vincent Estellon

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Date de parution 10 juin 2015
Nombre de visites sur la page 47
EAN13 9782130732006
Langue Français

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QUE SAIS-JE ?
Les addictions
MATHILDE SAÏET
Deuxième édition mise à jour 5e mille
À lire également en « Que sais-je ? »
Jacques André,Les 100 mots de la psychanalyse, n° 3854 Paul Denis,Les phobies, n° 2946 Michel Godfryd,Vocabulaire psychologique et psychiatrique, n° 2739 Vincent Estellon,Les états limites, n° 3878 Vincent Estellon,Les sex-addicts, n° 3988
978-2-13-073200-6
Dépôt légal – 1re édition : 2011, mars 2e édition mise à jour : 2015, juin
© Presses Universitaires de France, 2011 6, avenue Reille, 75014 Paris
Sommaire
Page de titre À lire également Page de CoDyright Introduction – L’addicté et le Dassionné ChaDitre Dremier – ’addictusà addiction I. –De l’addiction à la dépendance II. –De la dépendance à l’addiction III. –Le retour àaddictus ChaDitre II – Clinique des addictions I. –Florilège d’addictions II. –Vers une définition de l’addiction ChaDitre III – PsychoDathologie de l’addiction : l’aDDroche Dsychanalytique I. –L’addiction dans l’œuvre de Freud II. –L’addiction dans le courant psychanalytique actuel ChaDitre IV – Le traitement des addictions I. –Les psychothérapies analytiques II. –Les thérapies familiales III. –Les thérapies cognitivo-comportementales IV. –Le traitement médical des addictions BibliograDhie Notes
Introduction
L’addicté et le passionné
De l’ensemble des conduites sychoathologiques, l’addiction est eut-être la notion qui interroge le lus les limites entre le normal et le athologique. Entre le simle consommateur et le drogué, entre le joueur du dimanche et l’habitué des casinos, entre l’amateur de vin et le ilier de comtoirs, comment faire la différence ? La frontière entre ce qui relève des « mauvaises habitudes », des déendances ordinaires et des vraies déendances est difficile à tracer. Qu’est-ce qui distingue lepassionnéde l’addicté,comment désigner celui qui ne eut se asser de son verre de whisky de retour du travail ou celui qui ne eut différer sa série télé référée ? Chacun eut identifier ses rores « toxiques familiers », aréhender l’exérience de celui qui, ris dans le cercle vicieux des gâteaux aéritifs – le remier entraînant le deuxième, etc. –, entrevoit tro vite la fin du aquet, comme l’alcoolique surris devant la bouteille vide… Chacun eut saisir cet enchaînement et ce caractère « indifférable ». Tous déendants, mais à différents degrés ? Nos etites exériences d’addictsne euvent toutefois suffire à en déterminer le sens, car la différence avec la déendance athologique n’est as simle question d’excès ou d’abus. Alors, comment faire la différence ? Nous sommes eut-être tous addictés, mais nous le sommes à toutes sortes de choses. Alors que le déendant semble, quant à lui, ne lus ouvoir se satisfaire que d’ununique– mais est-ce toujours de l’ordre d’une satisfaction ? Ce objet n’est as simlement l’intensité ou l’imossibilité de se soustraire à une conduite, ni l’urgence du besoin de la satisfaction qui « fait » l’addicté, mais le fait que l’objet soit devenu la source our le sujet d’un laisir exclusif. Certes, il eut multilier au cours de sa vie les déendances, mais il s’agira souvent du simle assage d’une exclusivité à une autre. Ce qui caractériserait le vrai déendant, donc, serait cettepolarisation,quand l’objet ou l’activité devient le but d’une vie, quand la « mauvaise habitude » se fait identité : « je bois tro »vsje suis « alcoolique ». L’addict se comorte comme un amoureux fidèle et transi, jamais lassé… Unique objet de désir, « aradis d’un simle besoin1», l’objet d’addiction semble irremplaçable,jamais substituable ar un autre, quand bien même celui-ci aurait des roriétés équivalentes. L’addicté n’a as besoin de nouveaux horizons, de multilier les conquêtes, eut-être arce que le besoin s’oose à la variabilité de l’objet. Pourquoi, alors, le aradis d’un simle besoin échoue-t-il dans une imasse, ourquoi ce modèle de mariage heureux se termine toujours mal, dès lors que ledésirse transforme enbesoinimérieux ? Car, récisément, l’addiction est une notion au carrefour du désir et du besoin : véritable corrution des fonctions biologiques, les addictions restent les symtômes les lus caractéristiques de la caacité rore à l’humain de ervertir certaines fonctions hysiologiques en les détournant de leurs finalités naturelles (la faim, la soif, la sexualité). Les addictions sont en réalité toujours des conduites engendrées à artir d’actes ordinaires, simlement déviés de leurs missions initiales : boire, manger, jouer, acheter, se déenser, travailler, etc. Toutes les drogues sont, ar exemle, des médicaments détournés de leur usage, et sans doute le lus tyique de ces détournements reste-t-il la boulimie. Seule la drogue douce la lus réandue, la cigarette, « invention totale du oint de vue de l’inutilité2 » n’a aaremment aucune autre fonction qu’elle-même – mais eut-être est-ce justement cette caractéristique qui sauve le fumeur de la stigmatisation sychoathologique ?