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Les Cantons d'Attichy, Compiègne, Estrées Saint-Denis et Guiscard - Essais historiques

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326 pages

Attichy est une localité fort ancienne dont l’origine, comme l’étymologie, sont assez incertaines.

Carlier, dans son histoire du Valois, fait dériver Attichy d’un terme celtique ou saxon attegies, signifiant un amas de cabanes occupées par des bûcherons.

Le premier acte mentionnant l’existence d’Attichy date de 545. C’est en cette année que se fit la translation, de Noyon à Soissons, du corps de saint Médard. L’évêque de Soissons saint Bandry (Bandarides) prit possession du précieux dépôt sur le bord de l’Aisne, à Attichy.

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J.-E. Mermet

Les Cantons d'Attichy, Compiègne, Estrées Saint-Denis et Guiscard

Essais historiques

ATTICHY

Attichy est une localité fort ancienne dont l’origine, comme l’étymologie, sont assez incertaines.

Carlier, dans son histoire du Valois, fait dériver Attichy d’un terme celtique ou saxon attegies, signifiant un amas de cabanes occupées par des bûcherons.

Le premier acte mentionnant l’existence d’Attichy date de 545. C’est en cette année que se fit la translation, de Noyon à Soissons, du corps de saint Médard. L’évêque de Soissons saint Bandry (Bandarides) prit possession du précieux dépôt sur le bord de l’Aisne, à Attichy.

L’endroit où, d’après la tradition, eut lieu cette remise, conserva le nom de Champ-Saint-Médard. On y plaça, en 1839, une inscription ainsi conçue :

En mémoire
de la station du corps de
saint Médard sur le pont d’Attichy
lors de sa translation de Noyon à Soissons
sous les auspices du roi Clotaire et de sa Cour
en 545.

Clotaire était alors roi de Soissons. Il ne réunit les royaumes francs sous sa domination que quelques années plus tard, en 558.

Dès le XVIIe siècle, le domaine d’Attichy fut la propriété de la maison de Montmorency.

Le Connétable, Mathieu Ier de Montmorency, abandonna, vers 1132, à l’abbaye de Prémontré, quelques pâtures qui tenaient à son château. Il consentit, en 1137, à la donation de la cure d’Attichy à l’abbaye de Prémontré, donation faite par Halwide d’Attichy, constatée par l’évêque de Soissons, Gorlin, et confirmée par le roi Louis VI.

En 1160, Mathieu, fils puîné du Connétable, tige des Montmorency-Marly, hérita de la seigneurie, qu’il céda plus tard à son frère aîné Bouchard V de Montmorency.

Bouchard, marié à Laure de Hainaut, mourut en 1190, laissant le domaine d’Attichy à son fils Mathieu II le Grand

Mathieu II se distingua au siège de Château-Gaillard, prit part à la bataille de Bouvines (1214) et fut nommé Connétable en 1218. Il mourut en 1230. Il avait épousé en premières noces Gertrude de Soissons et en secondes noces Emme de Laval. Il laissait plusieurs fils : l’aîné, Bouchard VI, continua la ligne directe des Montmorency ; le second, Mathieu, hérita du domaine d Attichy, qui, à sa mort, survenue vers 1250, devint la propriété de son frère Guy, fils de Mathieu et d’Emme de Laval.

Le nouveau seigneur d’Attichy fut la tige des Montmorency-Laval. Il mourut en 1267. La terre passa à son troisième fils, Bouchard, qui épousa Béatrix d’Erquery, fille d’Herpin, grand pannetier de France, dont il eut six enfants.

Bouchard fixa sa résidence au château d’Attichy.

Son fils aîné, Herpin de Laval, étant mort sans postérité, le domaine passa au deuxième fils Jean, et ensuite au troisième, Guy de Laval, tué à la bataille de Crécy, en 1346.

La veuve de Guy, Ade de Mailly, épousa en secondes noces Jean de Nesle, seigneur d’ Offémont, « grand queux » de France, fondateur du monastère de Sainte-Croix d’Offémont. Tous deux furent inhumés dans l’abbaye d’Ourscamp.

Le fils de Guy et d’Ade, Guy de Laval, fut seigneur d’Attichy, de la Malmaison, de Néry et de Chantilly. dont il vendit le château, en 1386, à Pierre d’Orgemont. Le 22 mai 1372 il avait rendu hommage à Charles de Montmorency, comme seigneur d’Attichy.

De son mariage avec Isabeau de Châtillon, il laissa un fils Guy, qui mourut en 1408 sans postérité, de son mariage avec Jeanne de Nesle,

La seigneurie d’Attichy échut alors à un collatéral, Guy de la Roche-Guyon, qui rendit hommage à Jean II de Montmorency, le 24 juin 1445.

Sa fille, Marie d’Attichy, épousa Michel d’Estouteville, auquel elle apporta le domaine.

Michel d’Estouteville rendit hommage à la maison de Montmorency, pour la seigneurie d’Attichy, en 1458. Il contribua puissamment, sous le règne de Charles VII, à chasser ce qui restait d’Anglais en France.

*
**

Après la mort de Michel d’Estouteville, sa veuve, qui conserva le titre de dame d’Attichy, épousa Bertin de Gilly. Elle mourut elle-même en 1500 et le domaine fut partagé.

Une partie fut acquise par la maison de Hacqueville. Parmi les autres acquéreurs on cite les Bochart et les Mazancourt.

Jean de Hacqueville, seigneur d’Ons-en-Bray et d’Attichy, conseiller du roi, épousa Nicole Pospillon.

Leur fils, Nicolas de Hacqueville, épousa Marie Charmolue, dont il eut deux fils, Joseph et Nicolas. Ce dernier, conseiller au Parlement, en 1554, épousa Marie Courtin, dame de Pomponne.

Le domaine que possédait la famille de Hacqueville à Attichy fut ensuite vendu au maréchal de Marillac, dont la sœur, Valence, épousa vers 1593, un banquier d’origine florentine, Octavien Doni. Les historiens ne sont pas d’accord sur l’époque à laquelle Octavien Doni vint se fixer en France. Coët prétend, à tort, qu’il suivit Catherine de Médicis, or, Catherine de Médicis était morte à l’époque où Doni se fixa à Attichy. D’autres ont écrit que Doni était venu en France à la suite de Marie de Médicis, mais il faut remarquer que Marie de Médicis ne vint en France qu’en 1600. Enfin, on a dit, ce qui paraît beaucoup plus vraisemblable, que les Doni étaient établis à Avignon depuis assez longtemps, lorsque Octavien Doni devint seigneur d’Attichy.

En 1590, du 18 au 20 novembre, le roi Henri IV avait logé au château d’Attichy.

Une autre portion des anciens domaines d’Attichy appartenait aux Mazancourt.

Jean de Mazancourt et son fils Henri cédèrent à Octavien Doni, par contrat du 30 décembre 1594, leurs droits sur Attichy, moyennant 397 écus.

*
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Octavien Doni, devenu ainsi unique seigneur d’Attichy, eut trois fils et deux filles.

L’aîné de ses fils, Achille Doni, entra dans la Compagnie de Jésus.

Le second, Louis Doni, né au château d’Attichy en 1596, entra fort jeune, dans l’ordre des Minimes, vers 1614 ; il devint provincial de Bourgogne et le cardinal de Richelieu lui donna, le 5 octobre 1628, l’évêché de Riez, d’où il passa à Autun le 19 janvier 1652. Ce prélat fut chargé de diverses missions. En 1630, il avait été envoyé en Savoie avec Gabriel de l’Aubespin, évêque d’Orléans, et François, évêque de Saint-Paul-Trois-Châteaux, pour négocier plusieurs affaires ecclésiastiques. Il réussit pleinement dans sa mission. Il mourut à Autun en 1664. Il a laissé plusieurs ouvrages : Histoire générale de l’ordre des Minimes (Paris, 1624) ; Flores historiœ sacri collegii cardinalium a temporibus Leonis Papœ IX usque ad annum 1649 (Paris, 1660 ; 2 vol. in-fol.) ; Collectio auctorum qui Sanctœ Scripturœ aut divinorum officiorum in vulgarem linguam translationes damnarunt (Paris, 1661) ; Tableau de la vie de la bienheureuse Jeanne, reine de France et fondatrice de l’ordre des Annonciades (Paris, 1625) ; Panégyrique de saint Maxime, évêque de Riez, traduit du latin. de Fauste (1644) ; De vita et gestris Pétri Berulli (1649) ; Mémoire pour servir de preuve qu’un évêque est habile à succéder quoi qu’il ait été religieux (1639), etc.

On a de lui une oraison funèbre qu’il prononça à Avignon et que l’on prétend avoir été le premier sermon prêché en langue française en Provence où, jusque-là, on n’avait prêché qu’en latin.

Le troisième fils d’Octavien Doni, Antoine Doni marquis d’Attichy, fut tué en Flandre, en 1637, à l’âge de 25 ans.

La terre d’Attichy fut partagée entre les deux filles d’Octavien Doni, Geneviève et Anne, puis elle devint la propriété d’Angélique, fille aînée de Geneviève.

Le 9 juin 1665, Angélique, qui avait épousé Scipion d’Aquaviva, due d’Atri, vendit Attichy à René de Marillac.

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La seconde fille d’Octavien Doni, Anne, fut une femme assez en vue, à cette époque où régnaient les Précieuses.

M. le comte de Marsy nous a tracé d’elle le portrait suivant :

« Rien ne rappelle plus le souvenir de l’époque où Attichy, séjour de la comtesse de Maure, était à la fois un des asiles des Précieuses et un des refuges de la Fronde ; rien non plus de ce qu’il était à la veille de la Révolution, où son pont chinois était regardé comme un modèle de bon goût champêtre.

Il faut lire soit le livre de M. Cousin sur Mme de Sablé, soit la vie de la comtesse de Maure, par le comte Edouard de Barthélemy, soit même Tallemant des Réaux pour se faire une idée de ce que pouvait être le château d’Attichy à l’époque où il était habité par le singulier couple dont nous allons dire quelques mots.

Anne Doni d’Attichy avait pour père un banquier florentin, venu en France avec Marie de Médicis, et devenu acquéreur de la baronnie d’Attichy, et pour mère une sœur du maréchal de Marillac. Ce ne fut qu’après la mort de son père et alors qu’elle était âgée de 37 ans, que, devenue par cette mort une riche héritière, Mlle d’Attichy épousa Henri de Rochechouart, comte de Maure.

Liée dès sa jeunesse avec Mme de Sablé et Julie d’Angennes, Anne Doni a occupé une place importante dans le groupe qui a pris de cette dernière le nom d’hôtel de Rambouillet. Dans le Grand Cyrus, Mlle de Scudéry en trace le portrait sous le nom d’Onésile, princesse d’Arménie. Mlle de Montpensier nous la dépeint sous les traits de la Reine de Misnie, et Somaize s’exprime en ces termes, à son sujet, dans son Dictionnaire : « Madonte est une femme de qualité, âgée de 60 ans (en 1660), précieuse par conséquent des plus anciennes. Elle a, de tout temps, passé pour une des plus spirituelles d’Athènes ; les lettres ont fait ses divertissements durant les fréquentes maladies de sa jeunesse. »

M. de Maure essaya de jouer au diplomate pendant la Fronde, mais sans grand succès et ce fut en vain que, plus tard, au retour de Condé, sa femme chercha à lui faire obtenir le Cordon bleu.

Ce qui dominait surtout dans ce ménage c’était l’originalité. « La reine de Misnie, dit Mademoiselle, ne vivait point comme le reste des mortels et elle ne s’abaissait pas à cette règle où l’usage assujettit les gens du commun à se régler suivant les horloges... »

Il ne nous est pas possible de suivre Tallemant dans les anecdotes qu’il donne à cette occasion et nous consacrerons seulement quelques lignes à M. de Maure, gentilhomme fier, généreux et considéré de tous, du même âge que sa femme et, comme elle, brouillé avec les horloges...

Il paraît que presque jamais lui et sa femme ne parvinrent à dîner ensemble ; ils faisaient leurs visites à des heures tout à fait inaccoutumées. « Les uns vont se mettre à table, dit l’auteur des Historiettes, les autres y sont déjà ; quelques-uns se couchent quand on leur vient dire que M. et Mme de Maure les demandent. On se lève si tard chez eux que toute leur peine est dé trouver encore des messes. »

« Mme de Maure mourut à 62 ans, sans laisser d’enfants et son mari lui survécut, obscur et oublié, jusqu’en 1669, où il s’éteignit à Essai, près Alençon...

La correspondance de Mme de Maure ne donné que peu de détails sur son séjour à Attichy. Elle parle seulement, à plusieurs reprises, des ennuis qu’elle éprouve de la part de Mazarin qui, pour punir cette frondeuse, lui envoie, à plusieurs reprises, ses gardes et ceux du roi tenir garnison chez elle. »

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Nous avons dit que la duchesse d’Atri avait cédé, le 9 juin 1665, la seigneurie d’Attichy à René de Marillac, seigneur d’Ollainville, grand maître des Eaux et Forêts, conseiller d’Etat. Le nouveau possesseur d’Attichy créa une institution dirigée par deux religieuses en vue de l’éducation des jeunes filles et du soulagement des indigents malades. Il mourut le 15 septembre 1719, à l’âge de 82 ans.

Son fils, François de Marillac, marquis d’Attichy, avait été tué le 13 avril 1704 à la bataille d’Hochstædt. Il n’avait pas d’enfants de son mariage avec Marie-Françoise de Beauvilliers, fille du due de Saint-Aignan.

La succession revint à sa nièce, Marie-Madeleine de Lafayette, mariée, en 1706, au duc Charles-Louis de la Trémouille, qui, en 1719, prit le titre de marquis d’Attichy.

La duchesse de la Trémouille, mourut à 26 ans, laissant un fils, Charles-René-Armand de la Trémouille, duc de Thouars, prince de Tarente, marquis d’Attichy, vicomte de Berneuil, etc., qui épousa, le 29 janvier 1725, sa cousine, Marie-Hortense-Victoire de la Tour de Bouillon. Il se signala par sa brillante conduite aux batailles de Parme et de Guastalla.

Le 21 janvier 1735, l’un des gros piliers supportant le clocher, qui était alors placé au centre de l’église, s’effondra et occasionna la chute du clocher. Il fallut reconstruire l’église presque entièrement ; on ne put guère utiliser sans réparations que quelques piliers et le mur terminal du transept nord. On décida aussi de changer de place le clocher qui fut élevé, en 1738, au-dessus du portail.

L’ensemble de ces reconstructions fut adjugé à Pierre Lathony.

Le duc de la Trémouille, seigneur d’Attichy, et le curé Vittement décidèrent que ces reconstructions seraient pour moitié à la charge du seigneur et des habitants, et pour l’autre moitié, à la charge du curé. Il fut convenu, en outre, qu’à l’avenir le curé serait chargé de la réparation du chœur, depuis et compris le sanctuaire jusqu’aux deux gros piliers, entre lesquels se trouvait le crucifix, et que les paroissiens seraient chargés de l’entretien et des réparations du reste.

Dans la chute, la grosse cloche avait été brisée. Une cloche neuve fut fondue en 1767 et baptisée par le curé Louis Boullye le 31 juillet suivant. Cette cloche, qui pesait 1.987 livres, subsista jusqu’au 14 mars 1875, époque où elle fut brisée par accident. Les trois autres cloches furent fondues en 1793.

En 1789, le domaine d’Attichy était encore la propriété des la Trémouille.

La duchesse de la Trémouille, Marie-Emmanuèle-Maximilienne-Sophie-Louise-Françoise, princesse de Salm, morte à Nice en 1790, avait demandé que ses restes fassent rapportés à Attichy, sa résidence favorite.

Le 4 octobre 1790, son cœur fut déposé à l’église d’Attichy, dans la chapelle Saint-Nicolas, où la municipalité fit graver une inscription que l’on enleva en 1793, sous prétexte que sur celte épitaphe « la féodalité semblait encore respirer ».

Le domaine fut démembré à la Révolution, et le château, après avoir passé en plusieurs mains, fut démoli vers 1796.

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La paroisse d’Attichy avait eu pour vicaire, en 1770, l’abbé Claude Delettre, qui fut, peu après, nommé curé de Berny-Rivière. Il occupait ce poste lorsqu’il fut élu, en 1789, député aux Etats Généraux, par le clergé du bailliage de Soissons, contre l’évêque de Soissons. L’abbé Delettre mourut le 2 avril 1821.

La culture de la pomme de terre fut introduite dans le canton, vers 1780, par l’abbé d’Harvillart, curé d’Attichy.

Avant la Révolution, Attichy faisait partie du bailliage de Villers-Cotterêts, de l’élection de Soissons et du doyenné de Vic-sur-Aisne (diocèse de Soissons).

Lors de la division de la France par départements, en 1790, Attichy devint chef-lieu d’un canton qui fit partie du district de Noyon. Le canton d’Attichy comptait seulement 7 communes : Attichy, Autrêches, Bitry, Moulin-sous-Touvent, Nampcel, Saint-Pierre-les-Bitry et Tracy-le-Mont.

En 1793, les bancs du chœur de l’église, les autels latéraux, un lutrin en cuivre, l’argenterie de l’église, furent vendus. Le confessionnal du vicaire fut converti en guérite de factionnaire. Le bonnet phrygien fut placé sur le clocher. L’église fut appelée le temple de la Liberté et de la Raison et les habitants durent y venir le décadi.

Ce monument fut rendu au culte catholique en 1803.

Le régime révolutionnaire modifia la date du marché d’Attichy, qui avait alors une grande importance. Un arrêté de l’administration départementale du 28 prairial an VI le fixa au 8 de chaque décade, au lieu de chaque samedi. Un autre arrêté du 26 thermidor de la même année fixa le marché aux quartidi et nonidi de chaque décade, mais ces arrêtés ne purent prévaloir contre l’usage.

Le 23 vendémiaire an X, le canton d’Attichy se trouva considérablement augmenté, par suite de la suppression des cantons de Pierrefonds et de Rethondes.

La population d’Attichy a beaucoup varié. En 1720, elle était de 718 habitants, de 802 en 1759, de 857 en 1791, de 894 en 1806, de 947 en 1821, de 1006 en 1831. Elle est descendue aujourd’hui à 871 âmes, d’après le dernier recensement.

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Dans le courant du XIXe siècle, plusieurs découvertes archéologiques fort intéressantes furent faites à Attichy. Des sarcophages ont été découverts, en 1839, à l’est de la commune, au lieu dit le Saussay ; des médailles gauloises ont été trouvées au bois Jocon et des médailles romaines au chemin de Noyonval, où l’on a cru retrouver d’anciennes traces de chaussée. Des haches en silex ont été recueillies près de la Faloise et l’on a trouvé des vases dans les sables au-dessus du bourg.

La vaccine fut introduite dans le canton d’Attichy, en 1805, par M. Ployars, d’Attichy.

En 1836, un pont suspendu remplaça le bac qui existait anciennement.

Le 2 avril 1848, une cérémonie intéressante eut lieu à Attichy. Un arbre de la liberté fut planté. Après la bénédiction de cet arbre, des discours furent prononcés par le curé et le maire, M. Tondu du Metz. Un banquet de 300 couverts termina la fête.

M. Tondu du Metz était alors candidat aux élections pour l’Assemblée nationale. Il fut élu représentant du peuple, pour le département de l’Oise, par 45.626 suffrages, sur la liste que soutenait le Progrès de l’Oise.

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Attichy est la patrie du Père Doni, mort évêque de Beaune, dont nous avons retracé plus haut la biographie.

Plusieurs écrivains, Coët entr’autres, y font également naître, en 1732, Jean-Baptiste Degaulle, ingénieur de marine, que d’autres écrivains disent être né à Attigny.

Degaulle se trouvait au Canada, à Louis bourg, lorsque les Anglais s’emparèrent de cette ville, en 1758. Il parvint à s’échapper, gagna Québec, puis revint en France, où il professa l’hydrographie au Havre. Il inventa divers instruments nautiques, dressa plusieurs cartes marines, et construisit des phares sur les jetées du Havre et de Honfleur. Il mourut en 1810.

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Les seuls monuments d’Attichy méritant d’être mentionnés, sont l’Hôtel de Ville, dont les arcades de la façade produisent un assez bon effet. l’église qui contient quelques pierres tombales, et le château dont il ne reste plus que l’enceinte carrée.

AUTRÊCHES

La commune d’Autrêches, par sa situation géographique, se rattacherait plutôt au département de l’Aisne qu’au département de l’Oise.

La seigneurie d’Autrêches appartenait, au XIIe siècle, à une branche de la maison de Nanteuil. Gaucher Ier et son second fils, Guy de Nanteuil, en furent possesseurs.

Le fils aîné de Guy, Gaucher d’Autrêches, est cité avec éloges par Joinville. Il accompagna le roi saint Louis dans sa croisade en Terre-Sainte. On rapporte à ce propos le fait suivant : « Gaucher d’Autrêches était couvert de son armure et se disposait à combattre les Infidèles. Il montait un cheval entier et très fougueux. Les ennemis qu’il allait attaquer étaient montés sur des juments ; l’ardeur de ces femelles anima le cheval de Gaucher au point de le rendre indomptable. En vain, son cavalier faisait tous ses efforts pour le retenir, il s’élança au milieu des escadrons musulmans et renversa Gaucher qui tomba percé de coups. Les Français le dégagèrent et le ramenèrent dans sa tente où il expira bientôt ».

En partant pour la Croisade, Gaucher d’Autrêches avait laissé en France sa femme et ses deux fils. La seigneurie passa dans les mains de son fils André, puis de son petit-fils Gaucher III.

Enguerrand de Coucy, ayant épousé la dame d’Autrêches, devint possesseur de cette seigneurie. Il mourut en 1344, laissant ses domaines à son fils Enguerrand.

Celui-ci ne laissa pas d’enfants ; la seigneurie d’Autrêches revint à sa sœur Jeanne, en 1351.

Jeanne de Coucy épousa Jean de Béthune, seigneur de Vendeuil, qui devint ainsi seigneur d’Autrêches.

Jeanne de Coucy mourut en 1363 et son mari en 1373. Tous deux furent inhumés dans la chapelle Saint-André, de l’abbaye d’Ourscamp. Ils laissaient plusieurs enfants : Robert, seigneur de Vendeuil ; Jeanne, qui épousa Jean de Roye, seigneur de Plessier et de Crapeaumesnil ; Jean de Béthune dit de Loques, qui hérita des domaines d’Autrêches et d’Anizy ; Marie.

Un arrêt du Parlement du 11 avril 1407, confirma les seigneuries de Bailly et d’Autrêches à Jean de Béthune.

Jean fut tué à la bataille d’Azincourt en 1415. Il laissait une veuve, Isabeau d’Estouteville, qu’il avait épousée le 3 novembre 1401 et qui lui survécut jusqu’en 1438.

Leur fille, Catherine de Béthune, qui hérita d’Autrêches, l’apporta en mariage à Jean de Hénin-Bossut, mort peu après son mariage. Catherine mourut en 1458. Son fils, Gauthier de Hénin, devint seigneur de Bailly et d’Autrêches. Il épousa Jeanne de Mesnil-Soissons, dont il n’eut pas d’enfants. A sa mort, la seigneurie fut vendue.

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En 1542, le seigneur d’Autrêches était François de Rosebecq de Poulandorn, homme d’armes de Mgr de Vendôme.

Le seigneur d’Autrêches fit au bailli royal de Pierrefonds, le 15 avril 1542, la déclaration de la terre et seigneurie d’Autrêches, laquelle consistait en trois fiels : le fief d’Autrêches, appelé vulgairement la Salle ; le fief de Chevillecourt et Massenancourt, appelé la Motte, tenus et mouvant en relief, foi et hommage du seigneur de Montjoy ; le fief du Martroy, tenu en foi et hommage du seigneur de Boissy.

Le seigneur d’Autrêches était seul vicomte et voyer des grands chemins, voiries et sentes de la seigneurie, qu’il faisait entretenir au moyen de corvées. Chaque habitant de la seigneurie lui devait « un jour de son corps » pour subvenir aux nécessités du seigneur, pour aussi faucher, faner, amasser et amener les foins dans les granges du domaine.

Le seigneur avait droit de vinage sur les vignes ; ce droit consistait en un setier de vin par setier de vigne, à prendre dans la cuve.

Il avait le droit de rouage, à savoir pour un chariot, quatre deniers parisis ; pour une charrette ou camion, deux deniers ; pour une brouette, un denier. Ceux qui ne payaient pas étaient tenus à une amende de 36 sous parisis.

Les vassaux devaient presser leurs esnes aux deux pressoirs banaux de Chevillecourt, sous peine d’amende ou de confiscation. Ils payaient, en outre, des droits de champart et les tailles qui s’élevaient à 38 livres parisis pour l’ensemble des habitants de la seigneurie, dont 27 pour ceux d’Autrêches, payables à la Saint-Remy.

Le seigneur avait haute, moyenne et basse justice sur les vassaux de son domaine ; les plaids généraux se tenaient une fois par an.

Il y avait deux justices patibulaires ; une sur la montagne au-dessus de Hautebraye et appelée le gibet Cisel ; l’autre située vers Audignicourt, nommée le gibet Riflet.

Le seigneur avait le droit de vinage, c’est-à-dire de percevoir une obole parisis sur chaque pièce de vin et sur les marchandises vendues au marché d’Autrêches, qui se tenait le mercredi. Il avait encore le droit d’aunage, de mesurage de poids et mesures, de lods et de ventes, de garenne.

En 1649, cette terré était possédée par Dominique de Vie, seigneur d’Ermenonville. Elle appartint ensuite à la famille de Louvel qui prit, au commencement du XIXe siècle, le nom de Lupel.

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L’église d’Autrêches, dédiée à saint Victor, est un monument très remarquable. La cure fut donnée, vers 1151, à l’abbaye de Longpont, par Ancoul, évêque de Soissons.

L’église actuelle fut construite vers 1520. Certaines parties, cependant, sont plus anciennes et paraissent remonter au XIIIe siècle.

Voici la description qui en a été faite par le docteur Goze :

« Le clocher d’Autrêches l’emporte sur tous ceux des environs, même sur celui de Hautefontaine, qui n’est pas aussi élégamment décoré. Il commence par une tour carrée, assise sur la croisée de l’église, percée de quatre ouies ogivales, cantonnée à ses angles de pinacles à crochets et surmontée d’une riche balustrade avec gargouilles et obélisques très simples sur les acrotères. Sur la terrasse s’élève, dans les nues, une magnifique pyramide en pierre, postée dans l’intérieur sur un encorbellement gradué en quart de rond, ayant à peine 16 centimètres d’épaisseur. Elle monte à plus de 20 mètres ; sa base est décorée d’arcades feintes en ogives trèflées ; ses faces sont percées d’ouvertures trèflées, alternativement allongées et arrondies, ses parties nues sont découpées en petits cintres qui simulent des écailles, chaque angle est garni de trente-deux crochets, formés de feuillages enroulés. »

M. le comte de Marsy, après avoir signalé le beau portail flamboyant et la petite porte en style Renaissance, décorée des armes des anciens seigneurs de la maison de Rosebecq, complète ainsi la description de ce bel édifice :

« Une autre partie fort intéressante de l’église d’Autrêches est la crypte qui s’étend sous tout le chœur et les transepts. On y descend par deux escaliers de dix marches. Le style est en partie roman, en partie flamboyant ; les chapiteaux offrent quelques motifs curieux dont l’un représente un arbalétrier tirant sur un oiseau perché sur un arbre. Des autels sont placés au fond de trois absides qu’éclairent six soupiraux. Ces absides varient toutes de forme, l’une est à trois pans, l’autre à quatre, et la troisième arrondie en cul de four. »

La cloche de l’église d’Autrêches date de 1662 ; elle porte cette inscription :

« L’an 1662, je fus bénite par Me François Lebrasseur, doyen, chanoine de l’église parochiale de Notre-Dame-des-Vignes, de Soissons, licencié ès droits, et nommée Louise-Anne, par Me Gedoyn, consr du Roy, receveur général des finances à Soissons, et par dame Anne-Marie de Gonnelieu, vicomtesse de Pernand, Autrêches, épouse de Mre Richard Gedoyn, chevalier, cy-devant capitaine de la compagnie de chevau-légers dans le régiment du Roy, vivant pour lors, Me Philippe Lebrasseur, bachelier ès-droits, cy-devant curé de Saint-Martin de Soissons et curé de ce lieu d’Autrêches, Liénard, le bossu, marguillier, »

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Autrêches eut une maladrerie, située au nord de la commune, dont la chapelle subsista longtemps.

Cet établissement fut réuni à la fin du XVIIe siècle à l’hôpital de Blérancourt avec la maladrerie de Berneuil-sur-Aisne. Sur les représentations des administrateurs de l’hôpital de Soissons, appuyées par l’évêque et par l’intendant, Lepelletier de la Houssaye, le Conseil d’Etat décida, le 4 mai 1697, que les biens de ces maladreries seraient réunis à l’hôpital de Soissons, à la charge de recevoir les pauvres malades de ces paroisses. Louis XIV, par lettres patentes de décembre 1697, enregistrées au Parlement le 17 février 1698, confirma cet arrêt.

Dans un bois à l’est d’Autrêches, les malades des environs allaient autrefois visiter un bloc de grès, nommé la pierre de saint Martin. Ce saint avait, disait-on, laissé l’empreinte de son pied sur cette pierre. Aussi, les malades, dans l’espoir d’une guérison, en faisaient trois fois le tour en récitant des prières.

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Avant la Révolution, Autrêches faisait partie, au point de vue religieux, du doyenné de Vic-sur-Aisne, diocèse de Soissons. Au point de vue judiciaire, Autrêches relevait du bailliage de Soissons ; pour l’administration civile, Autrêches dépendait de l’élection de Soissons.

En 1790, Autrêches entra dans le canton d’Attichy.

La population de cette localité était de 626 habitants en 1720 ; de 700 en 1759 ; de 788 en 1791 ; de 809 en 1806 ; de 844 en 1821 ; de 950 en 1831 ; elle est aujourd’hui de 715 habitants.

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Des découvertes archéologiques importantes ont été faites à Autrêches. En 1835, des sarcophages ont été trouvés au lieu dit la Cavette, sur le chemin d’Autrêches à Morsain.

En 1891, M. Théophile Rosain, cultivateur à Autrêches, mit à jour, en labourant son champ, au lieu dit le Buisson-de-Clermont, un vase de terre renversé recouvrant plus de 800 petites pièces de monnaies romaines et deux anneaux d’argent. Ces pièces avaient dû être enfouies pendant le règne de l’empereur Probus, vers la fin du IIIe siècle, ainsi qu’il résulte d’une remarquable étude de M. le Président de Roucy.

BERNEUIL-SUR-AISNE

Berneuil est une localité fort ancienne et les sarcophages qui y furent découverts, près de la carrière Rolet, prouvent son antiquité.

Dès 823, il est question de cette localité, appelée alors Bornogellum, qui fut donnée par la reine Berthe, sœur de Louis le Débonnaire, à l’abbaye de Saint-Médard, de Soissons. Cette donation fut confirmée en 842 par Charles le Chauve.

Berneuil eut une charte de franchises eu 1190 ; elle lui fut concédée par Bertrand, abbé de Saint-Médard.

Longtemps, la partie orientale de la commune, le Mont Berneuil, dépendit du marquisat d’Attichy et se trouva sous la juridiction de l’abbaye de Saint-Médard de Soissons. La partie centrale, pourvue d’une enceinte, avait le titre de vicomté. Enfin, le surplus dépendait de la prévôté foraine de Compiègne.

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