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Les Histoires de l'Art en France et leurs circonstances

De
130 pages

Ce livre offre une nouvelle vision de l'histoire de l'art de notre pays, car établie à partir de faits historiques ou avérés.
Il retrace donc des événements allant du bas Moyen Âge à l'aube du XXIe siècle avec leurs incidences ponctuelles ou dans la durée sur l'art.
On y trouvera notamment l'origine du gothique, de l'imprimerie, des armoires protestantes ou du gris Trianon. De même que l'on découvrira aussi celle des marques de châteaux, des bronzes à l'espagnolette ou du vernis à la façon de la Chine. Sans oublier l'origine de la porcelaine de Limoges, du décor au ballon ou du lit à la polonaise ou encore de l'École de Barbizon...
Cet ouvrage rendu très accessible ravira tous les amateurs des arts.


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Cet ouvrage a été composé par Edilivre

175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

Mail : client@edilivre.com

www.edilivre.com

 

Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-414-11466-5

 

© Edilivre, 2017

Introduction

Si l’ART a une histoire, il y a aussi les histoires de l’ART et particulièrement dans notre pays au passé si riche en événements politiques, climatiques, fiscaux, sociétaux et inventifs.

Ce livre va retracer ces faits qui ont jalonné notre histoire du Bas Moyen-Âge au XXème siècle, soit mille ans et leurs incidences ponctuelles ou dans la durée sur l’ART.

La FRANCE s’est faite depuis Clovis et s’est confortée depuis Hugues Capet, premier roi capétien et la Monarchie puis les deux Empires vont perdurer plus de huit-cents-soixante ans et après avoir bénéficié de talents italiens à l’époque de la Renaissance, puis elle a imposé rapidement son rayonnement à l’Europe entière depuis l’Ancien Régime aux années Républicaines en passant par Napoléon pour devenir ce qu’elle est aujourd’hui : une nation qui aime les ARTS et qui les protègent.

Ainsi cet ouvrage est aussi un livre d’Histoire de FRANCE mais plus particulièrement avec des épisodes ou leurs conséquences qui ont fait l’ART en France et qui se veut d’être circonstancié, clair et explicatif dans les termes employés afin d’être accessible à tous les amateurs des ARTS.

Le bas moyen-âge (987-1492)

La période commence en 987 à l’avènement d’Hugues Capet.

Son royaume vient de Charlemagne et des carolingiens qui s’est affaibli par la montée en puissance des seigneurs féodaux, maîtres absolus de leurs terres et qui a été perturbé par les nombreuses incursions des Vikings, ces hommes du Nord appelés Normands (de nord-man) venus de Scandinavie, à qui l’on a du céder l’actuel territoire de la Normandie par le traité de Saint Clair sur Epte (dans l’Eure) en 911 ainsi que par celles des Huns venus de l’est et des Sarrasins au sud.

C’est aussi le temps des cathédrales.

Elle fini selon les historiens soit en 1453 avec la prise de Constantinople (aujourd’hui Istambul) par les Turcs ou bien et toujours en 1453 avec la fin de la guerre de Cent-Ans marquée par la bataille de Castillon en Guyenne (dans l’actuel département de la Gironde) ou en 1492 avec l’arrivée de Christophe Colomb sur le continent américain et son art précolombien.

1066. LA BATAILLE DE HASTINGS À L’ORIGINE DE LA TAPISSERIE DE BAYEUX – LA VILLE D’ARRAS ET LES ARRAZZI – LES TAPISSERIES MÉDIÉVALES : DU CONFORT ET UNE RÉSERVE DE CAPITAL, PUIS UN ART MAGISTRAL.

A la mort d’Édouard le Confesseur, Roi d’Angleterre et sans descendance, le comte Harold Godwinson s’empare de la couronne alors que Guillaume Duc de Normandie aurait été désigné comme son successeur. Aussi Guillaume fait appel aux barons normands, bretons et flamands et leurs gens pour se lancer à la reconquête du royaume d’Angleterre à l’aide de centaines de navires et de plusieurs milliers d’hommes.

Partis de la baie de Saint Valéry sur Somme donnant sur ce qui s’appelait l’Océan gaulois ou la Mer anglaise (aujourd’hui : La Manche), son armée débarqua dans la baie de Pevensey dans le comté du Sussex, au sud du pays, pour établir son quartier général près du bourg de Hastings.

Pendant ce temps, Harold Godwinson combattait le Roi de Norvège Harald III à l’autre bout du pays, au nord est de l’Angleterre, lequel voulait également faire valoir ses prétentions au trône mais il fut battu, mettant fin à la domination viking dans l’île.

Cependant Harold Godwinson et son armée, déjà épuisés par ce combat, durent à marche forcée retraverser le pays pour se battre contre celle de Guillaume, Duc de Normandie, qui avait eu le temps de s’installer.

La bataille fut rude et dura toute la journée du 14 octobre 1066 et les Normands ne durent leur victoire que par la mort d’Harold Godwinson mettant ainsi en déroute l’armée Anglo-saxonne.

De ce fait, Guillaume, Duc de Normandie, mais également vassal du Roi de France devint paradoxalement Roi d’Angleterre.

C’est ainsi qu’une tapisserie dite de « la Reine Mathilde », épouse de Guillaume, célèbre cet événement, commandée par Odon de Bayeux, demi-frère de Guillaume et évêque de Bayeux en Normandie, d’où son nom de « Tapisserie de Bayeux » ou de « la Telle du Conquest » (la toile de la conquête).

En fait, il ne s’agit pas d’une tapisserie mais d’une broderie de lin avec des fils de laine de quatre couleurs différentes et de huit teintes effectuées par des brodeurs normands ou saxons voire par des moines français.

Elle est constituée de neuf panneaux sur 70 mètres de long sur environ 50 centimètres de large et comprends 58 séquences où figurent des centaines de personnages, de chevaux, de chiens et d’autres animaux et une quarantaine de vaisseaux ou barques et l’on y voit même l’étoile « Stella », en fait la comète de Halley dont l’apparition a coïncidé avec la bataille.

Cette « tapisserie » aurait été faite à des fins de propagande avant de devenir une œuvre d’Art dont l’effet à été répété bien plus tard en 1803 par Napoléon 1er alors en conflit avec les Anglais et l’Empereur la fit venir de Bayeux au Louvre à Paris, devenu Musée Napoléon, pour son symbole et plus tard en 1840, elle a été classée comme « Monument Historique ».

Toutefois dans le domaine de la tapisserie véritable, Arras (dans le Pas-de-Calais) était fort renommé au Moyen-Âge pour ses draps « au fin fil » et ses somptueuses « murailles » de laine, et les Italiens appellent depuis ce temps « Arrazzi » leurs tapisseries et les Anglais « Arras » les leurs, par référence à cette ville dont le synode (un concile diocésain) de 1025 en a fait la publicité afin d’éduquer par l’image les gens illettrés…

Ainsi, Arras a compté jusqu’à une centaine d’ateliers de « haute ou de basse lisse » au XVème siècle qui ont essaimé dans la région des Flandres et à Bruxelles.

Cependant ces « murs de laine qui réchauffent la pierre » ou tapisseries avaient au Moyen-Age pour fonction essentielle de revêtir les murs, donc elles étaient à l’origine plus protectrices que décoratives.

Elles servaient donc au départ à se protéger des courants d’air dans les églises ou à maintenir la chaleur à l’intérieur des pièces dans les lieux d’habitation dont les châteaux tout en les préservant de l’humidité et en les habillant car peu meublées à l’époque.

À noter qu’à l’origine elles avaient aussi un caractère nomade à l’instar du mobilier de l’époque car aisément transportables dans des coffres sur des chariots, car jadis les seigneurs se déplaçaient souvent de domaine en domaines au gré des invasions et des guerres.

En effet et dans les salles, il y avait tout juste devant la cheminée souvent monumentale le « faudesteuil », ce siège ployant du seigneur (de l’allemand : falten = plier et Stühl = siège), ainsi qu’un ou des coffres qui étaient omniprésents à l’époque et parfois une table recouverte d’une toile grossière ou toile de bure (d’où le mot bureau) et si il n’y avait pas de banc, les invités faisaient « tapisserie », c’est-à-dire qu’ils se tenaient debout le long des murs ainsi parés de décors de plus en plus somptueux tels ceux provenant d’Arras qui rivalisait à l’époque avec ceux de Paris.

Il n’était pas rare qu’elles se déploient sur 4 à 5 mètres de hauteur, jusqu’à 10 mètres de largeur pour couvrir certains murs de château quand elles n’étaient pas utilisées pour séparer des espaces.

Ces tapisseries, devenues un symbole de statut social, formaient également une réserve de capital si elles étaient tissées de fils d’or et d’argent, que l’on n’hésitait pas à faire fondre pour en récupérer les métaux précieux.

Enfin et comme pour joindre l’utile à l’agréable, ces tapisseries qui avaient à l’origine un rôle utilitaire devinrent de plus en plus belles en formant de véritables tableaux textiles avec de magnifiques décors et très tôt elles finiront par rentrer dans le domaine des Arts avec l’influence décisive du Roi de France Charles V et de ses frères, dénommés « les Princes de Fleur de Lys ».

1135. L’ART FRANÇAIS DES CATHÉDRALES DIT « GOTHIQUE » PAR MÉDISANCE DES ITALIENS LORS LA RENAISSANCE.

Ce serait en Ile-de-France et en Picardie et donc dans le domaine capétien qu’une nouvelle façon de construire va créer une véritable révolution avec la croisée d’ogive dans l’édification ou la réhabilitation des cathédrales et des églises ; ainsi celle de l’abbaye de Saint Martin de Paris et ou celles de Saint Germier de Fly (ou Flay) et de Saint-Martin-aux-Bois construite vers 1260 et toutes deux dans l’Oise, comme étant les premières manifestations de cet nouvel Art Français jusqu’à là inconnu et qui va succéder à l’Art Roman.

Ainsi la plus vieille cathédrale avec cette nouvelle architecture serait celle de Sens (Yonne), commencée en 1135 et rivalisant entre autres avec celles de Saint-Denis et de Chartres (en Eure et Loir) en 1140, puis celle de Laon en 1150 (dans l’Aisne) et enfin celle de Paris en 1163.

Les textes médiévaux parlent alors d’Opus Francigenum ou œuvre française et si l’art Roman est un art exclusivement religieux, les églises étaient alors construites par des moines ; cet Art Français, qualifié plus tard de « Gothique » est au contraire laïc car construit par des architectes.

Ce nouvel Art Français s’est rapidement diffusé dans la partie septentrionale de notre pays, surtout du fait d’une émulation des villes entre elles ou de l’orgueil de chaque cité, puis a essaimé partout en Europe avec les cathédrales de Salisbury et de Canterbury en Angleterre, celle de Cologne (Köln) en Allemagne ou celle de Prague (en Tchéquie).

En effet et contrairement à l’architecture romane, ce ne sont plus les murs qui portent l’édifice mais des piliers qui contiennent les poussées latérales des colonnes et des voûtes avec des contreforts et des arcboutants extérieurs à l’édifice.

Ce qui a permis d’élever les constructions à des hauteurs jusque là inconnues, ainsi Notre Dame de Paris atteint 33 mètres et la cathédrale d’Amiens 42 mètres et l’allègement des structures permettait la création d’ouvertures en améliorant grandement la diffusion de la lumière.

D’où l’essor considérable des vitraux, car si dans l’art Roman on évitait de pratiquer des ouvertures dans les murs qui les fragilisaient, la nouvelle façon de construire les autorisait au contraire. Ces vitrages étaient composés d’éléments verriers de toutes couleurs dont chacune avait une signification. En outre, ils avaient également un coté éducatif par l’image vis-à-vis de la population peu érudite à l’époque.

Mais pourquoi ce nouvel Art français est appelé « gothique » ?.

Si cet Art est bien français, le terme de « gothique » sera initié trois siècles plus tard par le peintre italien Raphaël, lequel dans un rapport destiné au Pape Léon X vers 1518 sur la conservation des monuments antiques utilise le mot de « gotico », car selon lui les arcs et les ogives rappellent le style des habitats, souvent des huttes, dans les forêts germaniques.

Ce terme de « gotico » aurait également été repris dans un sens nettement plus péjoratif par Giorgio Vasari au XVIème siècle, un peintre et architecte italien qui a signé l’un des premiers traités de l’histoire de l’Art en décrétant que ces nouvelles formes inventives de l’Art français étaient « une maudite façon de construire qui avait infesté l’Europe entière et qui ne pouvait être que l’œuvre des Goths », ces envahisseurs barbares de l’Empire Romain au Vème siècle qui étaient alors considérés comme tels, d’où le qualificatif de gothique. C’est ainsi que l’on désignait à l’époque tout courant innovant ou dérangeant.

1175. L’ARMOIRE D’OBAZINE OU LE PLUS VIEUX MEUBLE À PORTES FRANÇAIS, CAR DEVENU NÉCESSAIRE DANS LES ÉDIFICES RELIGIEUX AVANT DE MEUBLER LES CHÂTEAUX.

C’est une armoire que l’on trouve exclusivement dans les lieux de culte et donc à objet liturgique et elle est en chêne et surtout ferme à clés et elle se trouve dans l’église cistercienne de l’abbatiale d’Obazine (aujourd’hui Aubazine, près de Brive-la-Gaillarde en Corrèze).

Ce meuble a été assemblé vraisemblablement à la fin l’édification de l’église par des menuisiers de « grande cognée », c’est-à-dire du bâtiment et il mesure 2,35 mètres de haut sur 2,15 de large, donc massif d’aspect. En effet, la façade est à deux vantaux ou portes ornés par trois rangées de fers plats décoratifs terminés par des arcs de cercle à l’image des voûtes de l’abbatiale. Les baies géminées sur les cotés du meuble et les colonnettes sur les angles des montants sont également des motifs architecturaux présents sur le bâtiment.

Ce qui permet de dater ce meuble à portes comme le plus ancien de France, car rendu nécessaire pour protéger à demeure les biens sacrés, tels que les...