Les inégalités socio-culturelles au Brésil

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239 pages
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Cet ouvrage manifeste les cheminements et parcours du développement des recherches franco-brésiliennes en histoire, une marche si fructueuse qu'il eût peut-être été dommage de ne pas en éclairer les cohérences. Ces textes présentés dans l'ordre chronologique touchent à cinq siècles d'histoire du Brésil : cependant, le premier et le dernier sont des hommages à des personnalités exemplaires, Celso Furtado et Maître Didi Alapini. Une leçon magistrale d'histoire du Brésil.

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Date de parution 01 juillet 2006
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EAN13 9782296426832
Langue Français

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AVANTPROPOS Les études de ce volume datent des années 1988/2000. Elles répondaient alors, à des demandes d'organisateurs de colloques ou bien servaient d'introduction à des publications concernant l'histoire du Brésil. Elles ne sont donc pas inédites. Cependant, quoique publiées en France, elles restent souvent difficiles à consulter parce que très dispersées et restent quelquefois presque confidentielles. La cohérence de ces textes correspond à une époque précise des développements de la recherche historique franco-brésilienne qui, aujourd'hui, désire répondre à une demande accrue de textes écrits en français et portant sur l'histoire du Brésil ou sur la société brésilienne. En effet, 1988 est la date où, pour la première fois en Europe et à la demande aussi amicale que politique du gouvernement brésilien est créé dans une Université européenne et française un enseignement d'histoire du Brésil. Cinq siècles d'histoire luso-brésilienne puis brésilienne acquièrent alors soudain une visibilité qui les faisait sortir du cocon réducteur d'une Amérique Latine hispano-portugaise. Enfin un poste d'histoire, unique à l'époque, était consacré à un seul pays de l'Amérique du sud. L'Université de Paris-Sorbonne (Paris IV) me fit l'honneur de m'élire comme premier titulaire du poste. Rien d'étonnant cependant si ce fut en France qu'avait pu mûrir un tel projet. En effet, il existait de très longue date une véritable complicité intellectuelle entre la France et le Brésil. Elle se manifestait déjà par des collaborations universitaires, des échanges voyageurs, des admirations artistiques réciproques, des commerces d'idées particulièrement en sciences humaines. Enseignements, chercheurs, étudiants, voyageurs et artistes traversaient l'Atlantique enrichissant une connaissance réciproque entre le Brésil et la France. Evoquons le rôle joué par Claude Lévi-Strauss, Fernand Braudel, Pierre Monbeig ou Frédéric Mauro comme aussi pour des institutions comme la Faculté de Sciences Economiques de Paris II, l'Institut
des Hautes Etudes de l'Amérique Latine (Université de la Sorbonne Nouvelle-Paris III) ou l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) pour ne mentionner que les plus emblématiques. Les savoirs venus des autres rives atlantiques ont pu alors être bien souvent nuancés et élargis. Cependant, il semble que la circulation des connaissances et des idées se faisait plus intensément dans le sens France-Brésil que dans le sens Brésil-France, parce que la production universitaire et littéraire française se voyait, et se voit encore, presque immédiatement traduite et publiée au Brésil, alors que la réciproque n'est pas toujours vraie. Des centaines de thèses sur le Brésil ont été soutenues par des Brésiliens et même des Français en France. Or une infime partie d'entre elles est publiée en langue française. Pourtant les Français, universitaires ou non, s'intéressent de plus en plus au Brésil et aux Brésiliens. Ils ne peuvent plus se satisfaire de versions anciennes, quelquefois éculées et dépassées par l'avancée de la recherche historique, socio-anthropologique, littéraire ou économique. L'image d'un Brésil violent, miséreux mais cependant festif est une image stéréotypée à nuancer, à modérer et pondérer à l'aune de ses autres Brésils riches et sages. L'immensité de ce pays, ses ressources géographiques et humaines à elles seules expliquent la multiplicité des facettes d'un Brésil encore trop confidentiel pour beaucoup de Français. Il faut, en ce domaine, rendre hommage à quelques publications en français, publications régulières et concernant exclusivement le Brésil : citons pour l'exemple la collection BRASILIA créée à l'initiative de la Fondation de la Maison des Sciences de l'Homme : « Elle publie les recherches franco-brésiliennes en sciences humaines et représente une vraie entreprise de coopération entre chercheurs universitaires des deux pays ». Il fallait présenter à la France « des traductions d'ouvrages brésiliens et contribuer à mieux faire connaître les travaux des chercheurs français qui apportent leur pierre à la connaissance du Brésil ». Cette même Maison des Sciences de l'Homme, fondée par Fernand Braudel qui connaissait bien le Brésil et ses intellectuels, préside, conjointement avec l'Institut des Hautes Etudes de l'Amérique Latine (Université de Paris III) et le Centre de Recherche sur le Brésil Contemporain (EHESS) aux destinées des « Cahiers du Brésil Contemporain ». Cette revue a aussi publié très régulièrement et a la générosité de  6
collaborer avec d'autres centres de recherche sur le Brésil ; ces centres plus ou moins nouveaux se multiplient. Le premier a été le Centre d'Etudes sur le Brésil de Paris-Sorbonne (Paris IV) qui avait pu organiser trois numéros de cette revue ( 19, 23-24 et 32) qui ont publié des articles rédigés par des doctorants en histoire de l'Université de Paris IV et de diverses Universités brésiliennes. Impossible, pourtant, d'être exhaustive et d'énumérer tous les ouvrages et écrits intéressant l'histoire et la culture brésiliennes ; citons seulement les travaux du pôle Brésil de l'Université de Paris X-Nanterre, en province la revueCaravellel'Université de de Toulouse-Le Mirail, ou encore les publications de l'Institut des Hautes Etudes de l'Amérique Latine qui accueillent des contributions concernant le Brésil. Durant les années de mon enseignement en Sorbonne, son Institut de Recherches sur les Civilisations de l'Occident Moderne e e (XIV -XIX siècle) et son Centre de Recherches Roland Mousnier ont toujours bien accueilli et soutenu les travaux et leur divulgation du Centre d'Etudes sur le Brésil. Dès 1994, ils ont appuyé une active collaboration avec des Universités brésiliennes et leurs centres de recherche. Ils ont su et pu permettre aux étudiants français d'élargir leurs connaissances en histoire, littérature, vie sociale et culturelle, relations internationales et évolutions institutionnelles du Brésil. Par ailleurs, le Centre d'Etudes sur le Brésil a pu tenir avec succès des séminaires hebdomadaires de recherche interdisciplinaire. En outre, le Centre a fonctionné tout naturellement comme équipe d'accueil pour la formation doctorale de candidats français et brésiliens. Venaient s'y ajouter des doctorants envoyés en France par des Universités brésiliennes dans le cadre très intéressant de leur « bourse sandwich » ou de leur recherche postdoctorale. Toutes ces activités sont aujourd'hui relayées par le Centre de recherches interdisciplinaires sur le monde lusophone (CRILUS) de Paris X-Nanterre (Professeur Idelette Muzart-Fonseca dos Santos) et par l'Institut d'Etudes Politiques de l'Université de Strasbourg III (Professeur Denis Rolland), tandis que, sous la nouvelle direction du professeur Luiz Felipe de Alencastro, le Centre d'Etudes du Brésil et de l'Atlantique Sud, intégré dans le Centre Roland Mousnier, continue la mission d'expliquer une autre image de ce Brésil que, de plus en plus nombreux, des étudiants français cherchent à comprendre.  7
L'ouvrage publié aujourd'hui s'explique et se justifie donc, nous semble-t-il, par tous ces cheminements et parcours du développement des recherches franco-brésiliennes en histoire : une marche si fructueuse qu'il eût peut-être été dommage de ne pas en éclairer les cohérences. Certes, les textes des colloques annuels franco-brésiliens organisés par le Centre de la Sorbonne ont tous été publiés, enrichissant quelque peu les sources en français après lesquelles soupiraient et soupirent encore nos étudiants qui lisent encore mal le portugais. Certes aussi, ceux des étudiants des années 1990 qui ont pu suivre les séminaires interdisciplinaires du Centre ont enrichi leur culture et leur réflexion, ce qui était le but de l'Institut de Recherches sur les Civilisations de l'Occident Moderne dirigé alors par Jean Bérenger et du Centre Roland Mousnier dirigé toujours aujourd'hui par Jean-Pierre Bardet ; mais il convient aussi de dire l'appui des Présidents Jean-Pierre Poussou et Georges Molinié. Ils ont attribué les fonds nécessaires à l'organisation des colloques et à la publication de leurs Actes (a). D'autre part, des textes nous ont été confiés par des intervenants au séminaire hebdomadaire du Centre, intervenants français et étrangers, pour ces derniers en majeure partie brésiliens. Ces textes, publiés par le Centre d'Etudes sur le Brésil, font partie de la Collection Amériques latines, Série Brésil de la Maison d'Edition L'Harmattan (b). Une autre collection de l'Harmattan « Recherches et Documents-Amériques latines intègre la production scientifique des Universités de Strasbourg III (IEP) et de Paris X-Nanterre (Pôle Brésil). Le même éditeur publie aussi « Horizons Amériques latines » avec des ouvrages à caractère plus général sur l'Amérique latine. C'est encore l'Harmattan qui publie ici les textes de ce nouvel ouvrage. Au cours de mon enseignement en Sorbonne, ils ont répondu à des demandes précises de revues spécialisées ou d'organisateurs de livres collectifs, tous unis par ce même souci de rendre compte des avancées de la recherche en histoire du Brésil. Ce sont donc pour la plupart des mises au point critiques et pédagogiques, car beaucoup d'entre eux commentent des travaux en cours. Sauf le premier et le dernier, ces textes sont présentés dans l'ordre chronologique des thèmes traités ; ils touchent à cinq siècles d'histoire du Brésil. Emblématiquement, le premier et le dernier sont des hommages à des personnalités exemplaires. Faut-il  8
présenter Celso Furtado ? Docteur de la Sorbonne, économiste brésilien de grand talent à la réputation internationale, il a œuvré toute sa vie au rapprochement entre la France et le Brésil et en faveur de la reconnaissance de l'originalité de son pays. Il nous a quittés en 2004. A maître Didi Alapini, je devais cet hommage pour ses 80 ans. Par sa sagesse, par sa fonction sacerdotale et ses métiers d'artisan et de conteur, il représente dans ce recueil la mémoire ancestrale africaine et le monde brésilien desterreiros. Mais ce recueil est avant tout un hommage à ceux de mes collègues et de mes étudiants qui ont su s'intéresser à mon Brésil si riche d'Histoire toujours à découvrir. Paris, 21 février 2005 a) Actes de colloques publiés aux Presses Universitaires de Paris-Sorbonne : Littérature et Histoire : regards croisés(1996) ; Les femmes dans la ville : un dialogue francobrésilien(1997) ; Naissance du Brésil moderne(1998) ; Le Brésil, l'Europe et les équilibres internationaux(1999) et Modèles politiques et culturels au Brésil. Emprunts, adaptations, rejets XIXe et XXe siècles(2003). b) Séminaires publiés aux éditions L’Harmattan : Mémoires et identités au Brésil(1996), Esclavages. Histoire d'une diversité : de l'océan Indien à l'Atlantique Sud(1997), Matériaux pour une histoire culturelle du Brésil(1999) et Le noir et la culture africaine au Brésil(2003).
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