Les inscriptions de la mosquée de Ḏī Bīn au Yémen

Les inscriptions de la mosquée de Ḏī Bīn au Yémen

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70 pages

Description

Cette étude comprend l’édition, la traduction et l’étude des inscriptions arabes de la mosquée et du mausolée de l’imām zaydite al Mahdī li dīn Allāh Aḥmad b. al Ḥusayn (612–656 / 1216–1258) situés à Ḏī Bīn, Yemen. La rédaction de la partie épigraphique de cette étude est due à Solange Ory et la partie historique à Nahida Coussonnet. Les relevés, planches et photographies ont été élaborés en collaboration par Nahida Coussonnet et Solange Ory.


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Ajouté le 06 janvier 2016
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EAN13 9782909194547
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Langue Français
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Les inscriptions de la mosquée de Ḏī Bīn au Yémen

Nahida Coussonnet et Solange Ory
  • Éditeur : Centre français d’archéologie et de sciences sociales
  • Lieu d'édition : Sanaa
  • Année d'édition : 1996
  • Date de mise en ligne : 6 janvier 2016
  • Collection : Histoire et société de la péninsule Arabique
  • ISBN électronique : 9782909194547

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http://books.openedition.org

Édition imprimée
  • Date de publication : 1 janvier 1996
  • Nombre de pages : 70
 
Référence électronique

COUSSONNET, Nahida ; ORY, Solange. Les inscriptions de la mosquée de Ḏī Bīn au Yémen. Nouvelle édition [en ligne]. Sanaa : Centre français d’archéologie et de sciences sociales, 1996 (généré le 08 janvier 2016). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/cefas/951>. ISBN : 9782909194547.

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© Centre français d’archéologie et de sciences sociales, 1996

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Cette étude comprend l’édition, la traduction et l’étude des inscriptions arabes de la mosquée et du mausolée de l’imām zaydite al Mahdī li dīn Allāh Aḥmad b. al Ḥusayn (612–656 / 1216–1258) situés à Ḏī Bīn, Yemen. La rédaction de la partie épigraphique de cette étude est due à Solange Ory et la partie historique à Nahida Coussonnet. Les relevés, planches et photographies ont été élaborés en collaboration par Nahida Coussonnet et Solange Ory.

This monograph contains the edition, translation et complete study of the arabic inscriptions carved in the mosque and mausoleum of the Zaydi Imam al-Mahdī li-Dīn Allāh Aḥmad b. al-Ḥusayn (612-656 AH/1216-1258 AD) in Ḏī Bīn, Yemen. The epigraphical part has been written by Solange Ory and the historical part by Nahida Coussonnet. Both authors have worked together to produce the figures and pictures of the epigraphic material.

Nahida Coussonnet

Nahida Coussonet est ancienne allocataire du Centre français d'études yéménites

Solange Ory

Solange Ory est ancienne directrice de recherche au CNRS/IREMAM, Aix-en-Provence

Sommaire
  1. Introduction

  2. I. Le cénotaphe de l'imām

    1. Introduction

    2. Face sud du cénotaphe

      1. Bandeau supérieur
      2. Bandeau inférieur ‑ section est
      3. Bandeau inférieur ‑ section centrale
      4. Bandeau inférieur ‑ section ouest
    1. Face ouest du cénotaphe

      1. Bandeau supérieur
      2. Bandeau inférieur
    2. Face nord du cénotaphe

      1. Bandeau supérieur
      2. Bandeau inférieur ‑ section 1
      3. Bandeau inférieur ‑ section 2
      4. Bandeau inférieur ‑ section 3
      5. Bandeau inférieur ‑ section 4
      6. Bandeau inférieur ‑ section 5
    3. Face est du cénotaphe

      1. Bandeau supérieur
      2. Bandeau inférieur
    4. Bord horizontal du cénotaphe

      1. Côté sud
      2. Côté ouest
      3. Côté nord
      4. Côté est
  1. II. La graphie du cénotaphe de l’imām Aḥmad b. al-Ḥusayn

    1. Introduction

    2. Les inscriptions sculptées sur les faces du cénotaphe

    3. Les caractères particuliers

    4. La graphie du bord du cénotaphe

    5. La graphie de la plaque de calcaire de la face sud

    1. Particularités yéménites de ces inscriptions

  1. III. La stèle de l’imām

    1. Description

    2. Édition et traduction

    3. Biographie de l’imām al-Mahdī li-Dīn Allāh

    4. Comparaison avec la stèle de l’imām al-Manṣūr bi-llāh

    5. La graphie de la stèle de l’imām

  2. IV. La petite stèle sur le cénotaphe de l’imām

    1. Introduction

    2. Bandeau d'encadrement

      1. Inscription
      2. Traduction
    3. Intérieur de l'arc

      1. Inscription
      2. Remarques
      3. Traduction
  3. V. Le miḥrāb de la salle de prière

    1. Description du miḥrāb

    2. Les bandeaux inscrits flanquant le miḥrāb

      1. Inscriptions du bandeau du mur nord
      2. Bandeau d’encadrement de la niche du miḥrāb
      3. Bandeau sous l’encadrement
      4. Cartouche délimité par l’arc en accolade (à l’intérieur de l’encadrement du miḥrāb)
      5. Bandeau sous le cartouche
  1. Conclusion

  2. Index

    1. Index des citations coraniques

    2. Index géographique

    3. Index des noms propres

Introduction

Carte 1 : Le Yémen occidental

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(dessin Hélène David)

1Cette étude présente les résultats des deux prospections de la mission française d’épigraphie arabe, effectuées en 1986 et 19921 à Ḏī Bīn, petit village doté d’une belle mosquée et d’un complexe funéraire. Ce dernier comprend un mausolée, attenant à la mosquée, dans lequel est inhumé l’imām al‑Mahdī li‑dīn Allāh Aḥmad b. al‑Ḥusayn (612–656 / 1216–1258), dit Abū Ṭayr (« père de l’oiseau », kunya donnée postérieurement, à cause de l’oiseau qui surmonte le minaret) et une nécropole située à l’est de la mosquée, près du bassin d’ablutions. Cette étude rendra compte des inscriptions de la mosquée et du mausolée de l’imām. Une deuxième traitera des inscriptions de la nécropole.

2Ḏī Bīn est situé à environ 74 kilomètres, à vol d’oiseau, au nord‑est de Ṣan‘ā’. Pour y accéder, il faut emprunter la route de Ṣan‘ā’ à Ṣa‘da, jusqu’au village de Rayda. À la sortie du village, une piste s’engage au pied du ğabal Šaybara vers le wādī Banī Ğubar qui serpente au pied du ğabal Yanā‘a, puis longe le ğabal Ḏarwa, Le village de Ḏī Bīn apparaît blotti au pied de la montagne de Ẓafār dès que l’on dépasse le ğabal Ḏarwa. La mosquée, située au cœur du village, à l’est d’une grande citerne et à l’ouest d’un petit bassin servant aux ablutions, a peut‑être été fondée en 437 / 1047–10482. Son tracé irrégulier laisse présumer qu’elle a subi plusieurs transformations et agrandissements3 (cf. photo n° 2).

3La salle de prière, plus profonde que large (28 x 10 m), offre trois espaces qui se prolongent les uns les autres.

4On accède au premier par la porte d’entrée principale de la salle de prière, située au centre de la façade sud de l’édifice. Des arcades divisent cet espace en deux petits carrés, recouverts chacun d’une coupole, et flanqués d’une nef voûtée en ogive. Dans la nef est, une porte, munie d’un cadenas, permet d’accéder au mausolée de l’imām. Celui‑ci est composé d’une petite salle carrée (5 x 5 m) recouverte d’une coupole. Une fenêtre, munie d’une grille métallique, formant un réseau de carrés, a été ouverte dans son mur sud, et une autre, identique, dans le mur est. Le sol est recouvert de tapis.

5Le second espace comprend cinq travées et cinq nefs délimitées par des arcades transversales et longitudinales. Les deux dernières travées sont matérialisées par des colonnes et des piliers rectangulaires.

6Le troisième espace, dont l’axe est décalé d’environ 10° par rapport à celui du reste de l’édifice, contient la niche du mirāb et celle du minbar4. Il est composé de trois travées engendrées par deux arcades transversales. La première est parallèle au mur qibla, alors que la seconde s’écarte quelque peu de la précédente sur le côté sud‑ouest. Deux arcades longitudinales délimitent une nef latérale qui flanque l’espace central. Deux portes ont été aménagées dans le mur est. La première donne accès à une salle, de forme trapézoïdale, qui semble servir de dépôt. Dans l’entrebâillement de la porte, fermée par un cadenas, nous avons aperçu un cénotaphe au milieu d’objets hétéroclites. Il ne nous a pas été possible de pénétrer dans cette salle5. La seconde donne accès à la petite nécropole située à l’extérieur de la mosquée.

Photo n° 2. La mosquée de l’imām Aḥmad b. al-Ḥusayn

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(cl. S. Ory).

Notes

1 En 1986, la mission était constituée de Ismā‘īl al‑Kibsī, représentant du Service des antiquités yéménites, de Khaled Mawdoud, alors conservateur du Musée de Raqqada (Tunisie), d’Ulrich Walburger, étudiant de DEA à l’université de Provence, sous la direction de Solange Ory, professeur à l’université de Provence. En 1992, l’équipe était constituée de Muḥammad al‑‘Arūsī, alors doctorant de l’université de Provence et représentant du Service des antiquités yéménites, et de Nahida Coussonnet, allocataire de recherche au Centre français d’études yéménites, sous la direction de Solange Ory. La rédaction de la partie épigraphique de cette étude est due à Solange Ory et la partie historique à Nahida Coussonnet.

2 Une première mosquée a peut‑être été fondée lors de la prise de la ville par l’imām al‑Nāṣir li‑dīn Allāh en 437 / 1047‑48. Cf. YAḤYĀ b. al‑ḤUSAYN, Ġāyat al‑amānī, Ṣan‘ā’, s.d., tome 1, p. 246.

3 Voir l’étude architecturale de la mosquée dans FINSTER (Barbara), Die Moschee von Ḏî‑Bîn, apud Archäologische Berichte aus dem Yemen, tome 1, Islamische Bau und Kunstdenkmäler in Yemen, Mainz am Rhein, 1982, p. 269‑275 et pl. 123‑125 ; plan de la mosquée, p. 270.

4 À l’instar de beaucoup de mosquées de la péninsule Arabique, le minbar est composé de quelques marches en qaḍāḍ (mortier très fort) se terminant par une petite plate‑forme sur laquelle s’assied le prédicateur.

5 Il est actuellement extrêmement difficile d’entrer dans les mosquées, et en particulier, dans les mausolées des imāms zaydites. Nous n’avons été autorisés à pénétrer dans le mausolée de l’imām Aḥmad b. al‑Ḥusayn, au cours de la deuxième mission, que pendant une demi‑heure. Lors du premier séjour, nous avions pu rester à l’intérieur du complexe quelques heures, pendant trois jours. Ces circonstances expliquent certaines lacunes de notre documentation et, en particulier, l’absence de photographies de détails des inscriptions du miḥrāb et de celles du mur nord de la mosquée.

I. Le cénotaphe de l'imām

Introduction

1Le cénotaphe de l’imām est situé dans la moitié nord du mausolée et en occupe une grande partie. Un šaydu village nous a rapporté qu’il aurait été importé de la ville de Kūfa et que l’artisan qui l’a exécuté serait inhumé à l’intérieur de la salle de prière, à l’est du mirāb. Le cénotaphe que nous avons aperçu à l’intérieur de la salle qui jouxte le mur est de la salle de prière serait‑­il le sien? Les dires du šaysemblent confirmés par le texte de la sīra de l’imām6. Toutefois, le répertoire alphabétique des inscriptions qui l’ornent, offrant certaines spécificités nettement yéménites, on peut penser que, si le travail a été exécuté à Kūfa, le dessin des inscriptions a été réalisé par un calligraphe yéménite.

2De forme parallélépipédique (2,80 m de longueur ; 1,61 m de large et 1,14 m de hauteur), ce cénotaphe a été sculpté dans du bois d’excellente qualité, bien patiné et d’une couleur chaude, brun rougeâtre. Ses divers éléments sont assemblés par de belles ferrures d’acier, terminées par un motif en forme de bulbe. Chacun des quatre angles est surmonté d’un bobéchon mouluré, couronné d’une boule semi‑sphérique, le tout reposant sur une base carrée.

3L’intérieur du cénotaphe est rempli de terre. Une petite stèle est posée en son centre, dans le sens de la largeur. Des bandeaux lisses, d’une largeur de 8,5 à 11 cm, sur lesquels ont été appliquées les ferrures, compartimentent les différentes sections de chacune des faces du cénotaphe. Ils sont en légère saillie par rapport aux parties sculptées. Une inscription a été gravée sur la tranche du bandeau qui constitue la bordure supérieure du cénotaphe. Ses caractères usés ont perdu presque tout leur relief (cf. infra).

Notes

6 Cf. supra p. 3 et infra, p. 44.

Face sud du cénotaphe

1Elle est composée de deux zones séparées par un bandeau de 9 cm. Le champ épigraphique de la zone supérieure offre un bandeau de deux lignes d’écriture, de type coufique ornemental se développant sur un fond de rinceaux, séparées par un listel. La zone inférieure est divisée en trois sections par des bandeaux verticaux d’une largeur de 8,5 cm. Une plaque de calcaire jaunâtre a été insérée dans la section centrale. Elle porte une inscription, en partie effacée. Chacun des bandeaux des deux sections latérales renferme deux lignes d’écriture séparées par un listel7.

Bandeau supérieur

Dimensions

Surface écrite : 2,52 x 0,39 m.

Hauteur de l’alif :17,5 cm ‑ 19 cm.

2Deux lignes de caractères coufiques, de forme élancée, se détachant sur un fond de fines arabesques (cf. fac‑similé, pl. I).

Inscription en arabe

31. *بسم اللـه الرحمن الرحيم الحمد للـه رب العالمين الرحمن الر

2. حيمa ملك يوم الدين اياك نعبد و اياك نستعين اهدنا الصراط

l. 2 (a). Le mot al‑raḥīm est coupé en deux. Aux époques anciennes...