Les intraduisibles du patrimoine en Afrique subsaharienne
337 pages
Français

Les intraduisibles du patrimoine en Afrique subsaharienne

Description

Le patrimoine se décline en objets, en monuments, en forêts, en traditions et récits, mais il se dit toujours en « mots ». C'est en mots que se définissent les critères (exceptionnel, universel, symbolique, immatériel, intégrité, authenticité, identité, nature, culture,...) qui conditionnent, en particulier, la reconnaissance internationale d'un bien patrimonial par l'Unesco. Comment s'opère donc le passage des langues « internationales » aux langues d'Afrique ? À travers la constellation des mots « musée » et « patrimoine » et leurs « équivalents » travaillés en sept langues – ici : en français, anglais, fulfulde et bamanakan, bientôt en swahili, sukuma et tsonga pour la seconde livraison – Les intraduisibles du patrimoine proposent quelques pistes pour alimenter la réflexion sur les enjeux, y compris politiques, du patrimoine dans un contexte mondialisé.


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Date de parution 30 juin 2016
Nombre de lectures 9
EAN13 9782354571030
Licence : Tous droits réservés
Langue Français
Poids de l'ouvrage 1 Mo

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Couverture

Les intraduisibles du patrimoine en Afrique subsaharienne

Danièle Wozny et Barbara Cassin (dir.)
  • Éditeur : Demopolis
  • Année d'édition : 2014
  • Date de mise en ligne : 30 juin 2016
  • Collection : Quaero
  • ISBN électronique : 9782354571030

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http://books.openedition.org

Édition imprimée
  • ISBN : 9782354570743
  • Nombre de pages : 337
 
Référence électronique

WOZNY, Danièle (dir.) ; CASSIN, Barbara (dir.). Les intraduisibles du patrimoine en Afrique subsaharienne. Nouvelle édition [en ligne]. Paris : Demopolis, 2014 (généré le 30 juin 2016). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/demopolis/515>. ISBN : 9782354571030.

Ce document est un fac-similé de l'édition imprimée.

© Demopolis, 2014

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Le patrimoine se décline en objets, en monuments, en forêts, en traditions et récits, mais il se dit toujours en « mots ». C'est en mots que se définissent les critères (exceptionnel, universel, symbolique, immatériel, intégrité, authenticité, identité, nature, culture,…) qui conditionnent, en particulier, la reconnaissance internationale d'un bien patrimonial par l'Unesco. Comment s'opère donc le passage des langues « internationales » aux langues d'Afrique ? À travers la constellation des mots « musée » et « patrimoine » et leurs « équivalents » travaillés en sept langues – ici : en français, anglais, fulfulde et bamanakan, bientôt en swahili, sukuma et tsonga pour la seconde livraison – Les intraduisibles du patrimoine proposent quelques pistes pour alimenter la réflexion sur les enjeux, y compris politiques, du patrimoine dans un contexte mondialisé.

Danièle Wozny

Apres avoir enseigné les lettres classiques, Danièle Wozny s’intéresse a la circulation et a la médiation des savoirs : édition (directrice de la collection ≪ Alors ≫ au Centre G. Pompidou), organisation du Premier Salon des médias de la science au Museum national d’histoire naturelle en 1998, Train des sciences en Inde, expositions (notamment, co-commissaire de Parfums d’Égypte, musée national du Caire, de Quand les sciences parlent arabe, musée d’art islamique du Caire, de Tisser le paradis, musée national du tapis de Téhéran), organisation de rencontres, colloques, séminaires, émissions de télévision et de radio lors de ses missions a l’étranger comme attachée culturelle auprès des ambassades. De 2008 à 2013, elle a dirigé le pole Patrimoine mondial au ministère français des Affaires étrangères. 

Barbara Cassin

Philologue et philosophe, spécialiste de philosophie grecque, Barbara Cassin travaille sur les pratiques discursives, philosophie, rhétorique, sophistique, politique, traduction. Elle a notamment dirige le Vocabulaire européen des philosophies. Dictionnaire des intraduisibles (Seuil, le Robert, 2004), lui-même traduit ou en cours de traduction/adaptation en anglo-américain (Dictionary of Untranslatables, Princeton, 2014), ukrainien (L’Esprit et la lettre, trois tomes parus), arabe (Centre culturel arabe, 1 vol. paru), roumain (Polirom, sous presse), espagnol-Mexique (Siglo XXI), portugais-Brésil, russe, italien, grec et hébreu. Directrice de recherches au CNRS, elle a reçu en 2012 le grand prix de philosophie de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre. 

    1. Remerciements

    2. Les collaborateurs

    3. Introduction

    4. 1. Présentation

      1. Les acteurs
      2. Les langues
    5. 2. Musée, muséum

      1. En français et en anglais
      2. Des équivalents de musée et muséum en langues africaines subsahariennes
      3. En fulfulde : resorde pinal, « conservatoire de la culture »
      4. En bamanakan : fεnkɔrɔmarayɔrɔ, « lieu de conservation des choses anciennes »
      5. En swahili : makumbusho, « lieu de mémoire collective » et nyumba za makumbusho, « maisons du souvenir »
      6. Vers d’autres types de musées ?
      7. Et après ?
    6. 3. Patrimoine

      1. En français et en anglais
      2. Équivalences et mots de la galaxie « patrimoine » dans les langues d’Afrique subsaharienne
    7. 4. Vers l’avenir

      1. Musée et patrimoine en Afrique subsaharienne
      2. De la question de frontières à la promotion des cultures transfrontalières
    8. Éléments bibliographiques

  1. In English. Heritage Untranslatables in Sub-Saharan Africa

    1. List of contributors

    2. Introduction

    1. 1. Presentation

      1. The actors
      2. Languages
    2. 2. Museum

      1. In English and French
      2. Equivalents to musée and museum in the languages of Sub-Saharan Africa
      3. In Fulfulde : Resorde pinal, “culture conservatory”
      4. In Bamanakan : Fεnkɔrɔmarayɔrɔ, “place where ancient things are conserved”
      5. In Swahili : Museum/Makumbusho, “a site of collective memory” and nyumba za makumbusho, “houses of memory”
      6. Towards other types of museums ?
      7. So what ?
    3. 3. Heritage, Patrimony

      1. In English and French
      2. Equivalences and expressions of the “heritage” nexus in the languages of Sub-saharan Africa
    4. 4. Towards the future

      1. Museum and heritage in Sub-Saharan Africa
      2. A question of borders? Promoting cross-border cultures
  1. Bamanankan na. Forobaciyɛn yɔrɔ bayɛlɛmabaliw afiriki sahara woroduguyanfanjamanaw na

    1. Dɛmɛdonbagaw

    2. Ɲɛbila

    3. 1. Baara kɛbagaw n’a kanw

      1. Baara kɛbagaw
      2. Kanw
    1. 2. Fɛnkɔrɔmarayɔrɔ, mise

      1. Mise kɔrɔ tubabukan ni angilɛkan na
      2. Musée ni museum kɔrɔɲɔgɔnmadaɲɛw afiriki sahara woroduguyanfanjamanaw kanw na
      3. Fulakan na: Resorde pinal, «dɔnkomarayɔrɔ»
      4. Bamanankan na: Fεnkɔrɔmarayɔrɔ, «fɛn kɔrɔw lamarayɔrɔ»
      5. Siwahilikan na: Muse/Makumbusho, «forobahakili marayɔrɔ»
      6. Ka ɲɛsin mise sugu wɛrɛw ma?
      7. Nin bɛɛ kɔfɛ dun?
    2. 3. Forobaciyɛn

      1. A kɔrɔ tubabukan ni angilɛkan na
      2. Tubabudaɲɛ «patrimoine» kɔrɔɲɔgɔnmaw an’a nɔfɛ daɲɛw afiriki sahara woroduguyanfanjamanaw kanw na
    3. 4. Ka taa sini ma?

      1. Miseko ni forobaciyɛnko Afiriki Sahara woroduguyanfanjamanaw na
      2. Ka bɔ dancɛko la ka taa jamanakaladɔnkow lataaɲɛni ma
  1. E Fulfulde. Kelmiije ndonaandi ɗe pirotaako ender afrik les-saharaa

    1. Waɗduɓe golle ɓee

    2. Naatirde

    3. 1. Kolliral

      1. Golliyankooɓe ɓee
      2. Ɗemɗe ɗee
    1. 2. Resorde pinal

      1. E farayse, e engele
      2. Ginnirɗe miisee e museum e nder ɗemɗe Afrik mbo les-saharaa
      3. E fulfulde: resorde pinal
      4. E bambarankoore: fεnkɔrɔmarayɔrɔ, «nokku resorde geɗe kiiɗɗe»
      5. E kiswahili: Makumbusho, «Nokku ciwtorgol denndangol»
      6. Faade e leƴƴi desorɗe goɗɗi?
      7. Jooni noon?
    2. 3. Ndonaandi

      1. e farayse, e engele
      2. Tokoraaje e kelme ginnirɗe «patirimuwaan» e nder ɗemɗe Afrik les-sahaaraa ɗee
    3. 4. Faade e janngo

      1. Resorde pinal e ndonaandi e nder Afrik les-saharaa
      2. Ummoraade e toɓɓere keeri leyɗe, fa’a e ƴellitgol pine taƴcakeeriije

Les intraduisibles du patrimoine en Afrique subsaharienne

Deux notions carrefour : « musée » et « patrimoine »

Quatre langues pour les dire : français, anglais, bamanankan, fulfulde

Une dynamique de la réflexion, où de l’écart naît l’enrichissement du sens

 

This work explores two key concepts: “museum”, and “heritage” (or “patrimony”)

These concepts are expressed in four languages: French, English, Bamanakan, Fulfulde

Our approach uses the different meanings these concepts have in different languages in order to enrich our understanding.

 

Daɲɛ-dankun fila : « mise » ni « forobaciyɛn »

Kan naani ka u fɔ : tubabukan, angilɛkan, bamanankan, fulakan

Hakilijagabɔ min kɔnɔ danfara bɛ na ni kɔrɔ jiidili ye

 

Miijnooje ɗiɗi ceera-boliije : « resorde pinal » e « ndonaandi »

Ɗemɗe nayi ngam haalde ɗe : farayse, engele, bambarankoore, fulfulde

Dillere miijo, ɗo ceertal jibini galɗingol maanaaji

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Carte postale : le musée de Dakar
A Dakar comme dans les grandes villes françaises, le musée s’impose dans le paysage urbain. Véritable temple qui allie le monumental et les allusions architecturales, il abrite l’administration générale de l’AOF de 1931 à 1936, date à laquelle Theodore Monod crée l’Institut Français d’Afrique Noire (aujourd’hui Institut Fondamental d’Afrique Noire). Il devient alors « musée ».

A postcard: the Dakar museum
In Dakar as in other French cities, the museum takes it place in the urban landscape. A veritable temple which combines monumentality and architectural illusions, the building hosted the general administration of French West Africa from 1931 to 1936, by which time Theodore Monod had created the Insitut francais d’Afrique noire (nowadays the Institut fundamental d’Afrique noire – the fundamental institute for Black Africa). The building becomes then a “museum”.

Kariti pɔsitali: Dakaro mise
Dakaro i n’a fɔ Faransi dugubaw, mise y’a cookoyɔrɔ sɔrɔ duguba kɔnɔna na. Mise ye tanpulu yɛrɛ ye min bɛ moniman ni sojɔcogo miiriyaw don ɲɔgɔn na. A.O.F maracakɛdaw b’a kɔnɔ, k’a ta san 1931 ka t’a bila san 1936 la, Tewodɔri Mono ye Farafinna tubabukalansoba (n’a bɛ wele Farafinna ɲininikalansoba). A nana kɛ o la «mise» ye.

Karta postaal : resorde pinal (miisee)
Ndakaaru Ɗoo e Ndakaaru, hono to gure teeruuje mawɗe Faraas ɗee fof, resorde pinal ndee ende darii e hakkunde wiiwo (ayaawo) hoɗorde ngoo. Nde wonnoo ko nde maanaa misiide waɗdunde bannge monimaa e njooɗeeki mahanteeri, ko kamnde hoɗnunoo ngardiigu AOF kuuɓtidinngu, hakkunde 1931 e 1936, hitannde nde Tewodoor Monoo sosi ndee Estitii Faraas mbo Afrik Ɓaleeri (gontuɗo hannde Estitii Fonndamantaal mbo Afrik Ɓaleeri, manaa IFAA). Nde wonti hankadi «resorde pinal».

Carte postale, 1939, © collection S. Richemond

En français. Les intraduisibles du patrimoine en Afrique subsaharienne

Remerciements

Nous remercions les institutions organisatrices :
le ministère des Affaires étrangères et du Développement international et les services de coopération et d’action culturelles (SCAC) des ambassades de France à Gaborone au Botswana, à Bamako au Mali, à Brazzaville au Congo, à Nairobi au Kenya ;
le labex TransferS (CNRS-ENS-Collège de France), et son directeur Michel Espagne ;
l’Académie africaine des langues (Acalan) ;
l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan)/université Cheikh Anta Diop a Dakar (Sénégal) ;
l’université de Botswana à Gaborone ;

et :
l’Ifra (Institut français de recherches en Afrique), à Nairobi au Kenya ;
l’Ifas (Institut français d’Afrique du Sud), à Johannesburg en Afrique du Sud ;
l’Oif (Organisation internationale de la francophonie) ; la Fondation des Treilles ;

ainsi que :
Martine Moreau (ministère français des Affaires étrangères et du Développement international, Paris) ;
Karima Argentin (CNRS, Paris), Fatou Sène (Ifan/université Cheikh Anta Diop, Dakar) ;
Solveig Monvoisin (SCAC Gaborone, Botswana).

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Les collaborateurs

Né et éduqué en Tanzanie, HERMAN BATIBO a, depuis l’école primaire, toujours été fasciné par la multiplicité des langues : l’enseignement s’y donnait en swahili et en anglais à des enfants qui s’exprimaient en une dizaine de langues. Il fait ses études à l’université de Dar es Salam et vient en France, à Paris, où après des études de lettres classiques, l’apprentissage du français et de la linguistique, il se consacre à l’étude des langues africaines, notamment du sukuma, sa langue maternelle. Il enseigne à l’université de Dar es Salam, en Tanzanie, puis à l’université du Bostwana, où il fut directeur du département des langues africaines et de littérature de 1994 à 2003. Il a rejoint l’équipe de l’Acalan en 2006.

Son ouvrage Language Decline and Death in Africa : Causes, Consequences and Challenges, paru en 2005, est consacré aux langues africaines menacées de disparition, notamment par la domination des langues africaines les plus parlées. Ses recherches portent sur les phénomènes de domination linguistique, le rôle des attitudes langagières, les processus de changement de langue et les mesures à prendre pour inverser ces tendances.

Archéologue, anthropologue et historien de l’art, HAMADY BOCOUM est, depuis 2001, directeur du Patrimoine culturel du Sénégal et, depuis 2005, chef du Bureau d’architecture des monuments historiques. Depuis 2010, il dirige l’Ifan (Institut fondamental d’Afrique noire) à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar où il poursuit son enseignement et ses recherches, notamment sur la métallurgie du fer en Afrique. Il représente le Sénégal et plus largement le continent africain dans les enceintes internationales qui s’intéressent aux questions patrimoniales : il est, entre autres, membre du conseil d’administration du Fonds africain pour le patrimoine, membre du Comité du patrimoine mondial de l’Unesco, président de Icomos Sénégal.

Il travaille en français, anglais, wolof et pulaar (ou fulfulde) et milite pour une reconnaissance internationale des productions culturelles africaines à travers expositions, publications, conférences. Il a assuré le commissariat de l’exposition « Arts d’Afrique » du Troisième festival mondial des arts nègres, qui s’est tenu à Dakar en décembre 2010.

Philologue et philosophe, spécialiste de philosophie grecque, BARBARA CASSIN travaille sur les pratiques discursives, philosophie, rhétorique, sophistique, politique, traduction. Elle a notamment dirigé le Vocabulaire européen des philosophies. Dictionnaire des intraduisibles (Seuil, le Robert, 2004), lui-même traduit ou en cours de traduction/adaptation en anglo-américain (Dictionary of Untranslatables, Princeton, 2014), ukrainien (L’Esprit et la lettre, trois tomes parus), arabe (Centre culturel arabe, 1 vol. paru), roumain (Polirom, sous presse), espagnol-Mexique (Siglo XXI), portugais-Brésil, russe, italien, grec et hébreu. Directrice de recherches au CNRS, elle a reçu en 2012 le grand prix de philosophie de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.

Titulaire d’un diplôme d’études approfondies en ethnologie, obtenu à l’université d’État de Saint-Pétersbourg (Russie), MOULAYE COULIBALY a occupé successivement les postes de chargé du Patrimoine culturel, chef de division « patrimoine ethnographique » (direction nationale du Patrimoine culturel/ministère de la Culture du Mali). Actuellement, il est directeur national adjoint du Patrimoine culturel et chargé de cours de gestion du Patrimoine culturel à l’Institut universitaire du développement territorial de Bamako. Entre 1995 et 2014, il a effectué plusieurs missions de recherche sur le patrimoine aux plans national et international en matière de conservation, promotion et diffusion du patrimoine, suivi-évaluation des projets culturels et de mise en œuvre des textes juridiques nationaux et des conventions internationales régissant le patrimoine culturel. Il a publié, en 1994, Traditions et innovations dans la société bambara, éd. du Cercle de Ségou.