Les médiations documentaires des patrimoines
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Les médiations documentaires des patrimoines

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Qu'est-ce que des photographies qui documentent des objets, des sujets, des espaces ? Comment des médiations professionnelles cherchent à construire le regard, de la production à l'interprétation des images ? L'ouvrage questionne la construction du statut documentaire dans les domaines patrimoniaux de l'archéologie et des paysages. Il s'intéresse aussi à différents contextes d'appropriation qui contribuent à réinventer ce statut pour relier de telles images et pratiques normées à des univers culturels et politiques.

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Informations

Publié par
Date de parution 01 avril 2014
Nombre de lectures 20
EAN13 9782336343440
Langue Français
Poids de l'ouvrage 24 Mo

Informations légales : prix de location à la page 0,0005€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Exrait

s
photographiques. AIn d’aller au-delà du constat de ce que le statut documentaire de
à partir des domaines patrimoniaux de l’archéologie et des paysages car ils présentent à la fois une longue tradition en matière de pratiques documentaires photographiques et des réappropriations qui tendent à redéInir la portée
(sites web, ateliers en musées, site archéotouristique, territoires paysagers
les processus de création partagée, les démarches réLexives des acteurs sur la
TARDY
Cécile
NOUVELLES ÉTUDES ANTHROPOLOGIQUES
Sous la direction deCécile TARDY
Les médiations documentaires des patrimoines
Les médiations documentaires des patrimoines
Les médiations documentaires des patrimoines
Nouvelles Etudes Anthropologiques Collection dirigée par Patrick Baudry  Une libre association d'universitaires et de chercheurs entend promouvoir deNouvelles Etudes Anthropologiques. En privilégiant dans une perspective novatrice et transversale les objets oubliés, les choses insolites, les réalités énigmatiques, les univers parallèles, les « Nouvelles Etudes Anthropologiques » interrogeront surtout la Vie, la Mort, la Survie sous toutes leurs formes, le Temps avec ses mémoires et ses imaginaires, la Corporéité dans ses aspects fantasmatiques et ritualisés, le Surnaturel, y compris dans ses croyances et ses témoignages les plus extraordinaires. Sans renoncer aux principes de la rationalité, les « Nouvelles Etudes Anthropologiques » chercheront à développer un nouvel esprit scientifique en explorant la pluralité des mondes, les états frontières, les dimensions cachées. Déjà parus Éric DICHARRY,Du rite au rire. Le discours des mascarades au Pays Basque, 2012. Jacques PRADES,L’utopie réaliste. Le renouveau de l’expérience coopérative, 2012. Lamine NDIAYE,Mort et thérapie en Afrique. Enjeux, représentations et symboles, 2012. Dominique TROUCHE,Les mises en scène de l'histoire, 2010. Clarissa DA COSTA MOREIRA,Ville et devenir, 2009. Guy-Noël PASQUET,L’oubli en éducation. Une condition à l’assimilation, 2009. Martine COTIN,Scripturalité. Ecritures et pratiques culturelles, 2009. Lamine NDIAYE,Parenté et mort chez les Wolofs, 2009. Alain ANCIAUX,Ethno-anthropologie du karaoké, 2009. Claude FINTZ (Coordonné par),Les imaginaires du corps en mutation, 2008. Henri-Pierre JEUDY, Maria Claudia GALERA et Nobuhiko OGAWA,L’effet transculturel, 2007. Serge CHAUMIER,Réflexions sur les arts de la rue, 2007. Patrick BAUDRY,La place des morts, 2006. Alain MONS,Paysage d’images,2006. Lydie PEARL,Que veut la foule ?,2005. Thilda K. MOUBAYED,La danse, conscience du vivant, 2005. Elisabeth GESSAT-ANSTETT,Liens de parenté en Russie post-soviétique, 2004.
Sous la direction de Cécile TARDYLES MÉDIATIONS DOCUMENTAIRESDES PATRIMOINES
© L’Harmattan, 2014 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-02087-7 EAN : 9782343020877
Introduction
Cet ouvrage résulte d’un projet de recherche mené sur trois ans, financé par l’Agence Nationale de la Recherche, intituléLes médiations photographiques du patrimoine : la photographie documentaire, outil et 1 2 médiaa contribué à ce projet, appartenant à. Une équipe de sept chercheurs quatre laboratoires en France : l’ÉquipeCulture et Communication(Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse) du Centre Norbert Élias, le GERiiCO (Université Lille 3), le Céditec (Université Paris 12 Val de Marne), le LERASS (Université Paul Sabatier, Toulouse 3), le laboratoire Ville Mobilité Transport (Université Paris-Est Marne-la-Vallée).
L’équipe réunie rassemble une diversité de compétences de manière à porter l’ouverture d’un domaine de recherche à la croisée de la sémiotique des images, de la médiation des savoirs et de la documentation. Elle s’est investie sur la question de la photographie lorsqu’elle est prise dans le jeu d’une double logique, celle d’outil documentaire et celle de son devenir médiatique, dans le contexte de sa mise en circulation sociale. Ce point de vue a consisté à aborder la photographie, d’une part en tant qu’outil de documentation mobilisé par des professionnels du patrimoine ou des scientifiques dans des contextes d’étude, de recherche, d’évaluation, de gestion, d’autre part dans son devenir médiatique, dès lors qu’elle transite vers un plus large public. Un des enjeux de cette approche est d’aborder la 1 Programme Jeunes Chercheurs, projet ANR 2009-2012 n° ANR-08-JCJC-0117, sous la direction de Cécile Tardy. Ce type de programme Jeunes Chercheurs comprend un seul laboratoire de rattachement. Dans ce cas, il s’est agi de l’ÉquipeCulture et Communication (Université d’Avignon et des Pays de Vaucluse) du Centre Norbert Élias (UMR 8562). 2 Membre de l’équipe de recherche initiale, Maria Giulia Dondero (chercheur FNRS à Liège, Belgique) a dû quitter le programme en cours de route en raison d’un changement professionnel. Nous la remercions pour sa participation au lancement du programme, aux premiers séminaires, ainsi qu’à la recherche conduite ensuite par Marie Després-Lonnet sur la pratique photographique du site archéologique et touristique de Bibracte en Bourgogne.
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photographie non pas à partir de sa qualité plastique mais à partir de sa capacité à être au service d’usages. L’équipe s’est répartie autour de quatre recherches, dont les résultats sont publiés au sein de cet ouvrage. S’est ajoutée plus ponctuellement à cette équipe deux chercheuses étrangères, Vera Dodebei (Universidade Federal do Rio de Janeiro) et Catherine Saouter (Université du Québec à Montréal), qui ont croisé leur spécialisation sur la mémoire sociale, la documentation et la circulation de l’information, ainsi que sur la sémiotique de l’image et de la photographie auxiliaire, pour échanger sur notre programme de recherche. 3 Ce dernier travail est présenté plus précisément en ouverture de l’ouvrage . Enfin, Yves Jeanneret (Université Paris-Sorbonne - Celsa) met en perspective dans la postface les enjeux de la recherche et son originalité dans sa manière d’aborder la circulation des objets médiatiques. L’introduction revient sur la problématique adoptée par cette recherche collective et présentée dans cet ouvrage, sur la démarche de recherche, avec notamment l’investigation sur la durée d’espaces socio-organisationnels de pratiques d’images documentaires, sur les résultats et les discussions transversaux qui s’en dégagent.
1. Une recherche collective sur les médiations photographiques
Le questionnement de départ sur la circulation de la photographie documentaire entre différents usages s’est maintenu tout en se précisant tout au long des trois années de recherche. Il s’est précisé autour de la transmission du statut documentaire des images photographiques. Car comment transmettre socialement une image ne fonctionnant pas sur des modèles d’ontologies (tels que photographie d’art, photographie de paysages) mais sur le fait de remplir une fonction ? Comment peut-elle exister indépendamment de l’usage qui fonde son existence ? Comment régler la circulation sociale d’une photographie documentaire, au sens de « documentante » ? Une des caractéristiques de la photographie signalée par Schaeffer (1987) est que le sens lié à son contexte de production ne circule pas « automatiquement » avec elle, que son interprétation s’effectue selon ses contextes d’usages. Une fois placée dans un espace de communication plus large que son contexte de production, la photographie entre dans un jeu de réinterprétation constante, avec de nouveaux acteurs garants du sens de
3 Je renvoie pour le texte de Vera Dodebei à sa publication par l’Associação Nacional de Pesquisa e Pós-Graduação Interdisciplinar en Socias e Humanidades (ANINTER-SH), intitulée « Marcel Gautherot e o patrimônio cultural Brasileiro ». Le séminaire qui a permis de croiser les apports de ces deux chercheuses s’est tenu les 21 et 22 octobre 2010 à l’université d’Avignon, en présence également de Jean Davallon.
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l’image. Cependant, notre recherche dépasse le seul constat de la malléabilité interprétative infinie de la photographie ou, à l’opposé, de l’idée d’une circulation sociale qui se ferait naturellement sans affecter la photographie, en contribuant à l’analyse de ce qui assure autant les transformations de la visée documentaire des images que leur maintien. Car les pratiques documentaires circulent également dans l’espace social sans lâcher prise sur ce qui serait leur « identité sémiologique » (Harris, 1993) documentaire. Roy Harris explique cette notion à partir de la distinction entre signe et support matériel. Selon sa théorie intégrationnelle de l’écriture, le signe n’existe pas hors de son contexte : « On peut déplacer le support matériel sans le détruire ; mais on ne peut pas déplacer un signe. Tout changement de contexte produit nécessairement ou bien un nouveau signe, ou bien la suppression de toute communication. Car le signe, dans notre perspective, comporte toujours un élément déictique irréductible, dont on ne peut faire abstraction sans compromettre son identité sémiologique. » (Harris, 1993, p. 147.)
Pour analyser les formes de diffusion sociale de l’image documentaire, nous avons adopté une approche communicationnelle par la médiation, car elle contribue à élargir la focale d’analyse, depuis ce qui se passe dans l’image à ce qui se passe autour d’elle et avec elle. Cet élargissement est d’autant plus nécessaire que l’on cherche à comprendre la construction sociale d’imagesdocumentantes, lesquelles, à l’opposé de la singularité d’un hapax, reposent sur la pratique de la série. C’est ainsi que la recherche a consisté à observer et analyser les médiations qui travaillent en permanence des ensembles d’images, dans le temps de leur production elle-même et au-delà. Pour ce faire, elle n’a pas été conduite à partir de corpus d’images mais d’espaces socio-organisationnels pratiquant l’image documentaire et confrontés à la mise en place de dispositifs de circulation et d’échange de leurs fonds iconographiques. Cette approche permet par exemple de suivre l'émergence d'un nouveau dispositif de classement ou de lecture des photographies au sein d'une tradition longue et instituée, elle permet aussi d'analyser la redéfinition du statut de l'image, la réélaboration des compétences d'acteurs et les nouveaux visages de la demande institutionnelle. Par « circulation », nous n’entendons pas l’idée d’un flux qui nous aurait permis de suivre une même photographie au sein de différents usages, mais des processus d’imbrications de valeurs, de savoir-faire, des reprises d’usages conservant la mémoire d’un usage tout en le renouvelant. Nous avons réfléchi en termes de médias et de médiations, en prêtant attention aux dispositifs qui organisent les échanges, qui conditionnent la relation aux savoirs et aux pratiques sociales. En regard de cette approche de la circulation sociale de la photographie plutôt que de son analyse esthétique, la recherche accorde une place déterminante à la
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