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Les musées de France

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Description

La France a la chance de disposer d’un réseau de musées exceptionnel. Mais qu’entend-on par « musée » ? Quoi de commun entre le Louvre, marque internationale qui s’exporte à Abu Dhabi, le MuCEM inauguré en 2013 à Marseille, le musée de la Nacre et de la Tabletterie à Méru et les plus de 1 200 autres lieux ayant le label « musée de France » ?
Cet ouvrage présente ce qui, au-delà de cet éclectisme, « fait » le musée d’aujourd’hui : ses collections au statut juridique protecteur, présentées suivant un discours scientifique, dans un bâtiment adapté à leur conservation et à leur valorisation et enfin, mises à disposition d’un public grâce à des politiques de médiation. Il montre comment, à l’aube du XXIe siècle, les musées connaissent un succès qui ne se dément pas et sont devenus de véritables ambassadeurs du dynamisme culturel d’un pays, de son rayonnement et de son attractivité.

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Informations

Publié par
Date de parution 21 janvier 2015
Nombre de lectures 40
EAN13 9782130652618
Licence : En savoir +
Paternité, pas d'utilisation commerciale, partage des conditions initiales à l'identique
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0048€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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QUE SAIS-JE ?

 

 

 

 

 

Les musées de France

 

 

 

 

 

JACQUES SALLOIS

Directeur des musées de France
de 1990 à 1994

 

Quatrième édition mise à jour

14e mille

 

 

 

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978-2-13-061026-7

Dépôt légal — 1re édition : 1995

4e édition mise à jour : 2008, octobre

© Presses Universitaires de France, 2008
6, avenue Reille, 75014 Paris

Sommaire

Page de titre
Page de Copyright
Introduction
PARTIE 1 – L’organisation des musées de France
I. – Les musées appartenant à l’État
1. Les musées du ministère de la Culture
2. Les autres musées appartenant à l’État
II. – Les musées appartenant aux collectivités locales
III. – Les autres musées
1. Les musées de fondations
2. Les musées associatifs
3. Les musées d’entreprise
4. Les musées commerciaux
PARTIE 2 – La vie des musées
I. – Les collections
1. Les grandes catégories de collections
2. Connaître et étudier les collections
3. Assurer la protection juridique des collections
4. Lutter contre la dégradation des collections
5. L’enrichissement des collections
II. – Les publics des musées
1. L’évolution de la fréquentation des musées
2. La composition sociologique du public des musées
3. Les conditions d’ouverture et d’accès
4. Les politiques tarifaires
5. L’accueil et les services offerts au public
6. Lieux de délectation, les musées sont également des lieux de formation, d’étude et de recherche
III. – Les métiers des musées
1. Les métiers de la conservation et de la restauration
2. Les métiers de l’accueil, de la surveillance et de la « médiation culturelle »
IV. – L’architecture et l’aménagement des musées
1. Les origines historiques : collections et monuments historiques
2. Les musées construits, pour les collections, au XIXe siècle
3. Les palais modernes des années 1930
4. Les pionniers de l’après-guerre
5. Les grandes opérations parisiennes depuis les années 1970
6. Les grandes opérations des deux dernières décennies en région
Conclusion
Bibliographie
Notes

Introduction

Il était de bon ton, il y a seulement trois décennies, de douter de l’avenir des musées. Les nouvelles technologies de l’audiovisuel et de l’informatique, capables d’emmagasiner d’innombrables informations, de les restituer avec toute l’apparence du réel et de les diffuser dans les foyers du monde entier, auraient tôt fait de dévaluer les collections et de les reléguer au rang de banques de données susceptibles d’alimenter ces nouveaux réseaux de diffusion.

À rebours de ces sombres prévisions, le dernier quart du siècle est marqué, singulièrement en France, par un développement sans précédent. Jamais, dans notre pays, on n’a construit ou rénové tant de musées. L’initiative est venue de l’État et de ses plus hautes instances. Georges Pompidou installe à Beaubourg, dans une architecture en profonde rupture avec celle des traditionnels palais des beaux-arts, un musée d’art moderne. Valéry Giscard d’Estaing conforte le projet de transformer la gare d’Orsay en musée du XIXe siècle et installe à Écouen le musée de la Renaissance. François Mitterrand engage la reconquête du palais du Louvre, la rénovation de la Grande Galerie du Muséum et celle du musée national des Techniques. Jacques Chirac, enfin, décide la présentation des « arts premiers » au Louvre et leur voue un musée quai Branly.

À travers débats et polémiques suscités par ces opérations spectaculaires, c’est l’image même du musée qui se trouve transformée dans l’esprit du grand public. Dès lors, les élus des villes, grandes, moyennes et petites, redécouvrent leur musée ou, au besoin, le créent. Dans les années 1980 et 1990, des centaines de chantiers s’ouvrent sur l’ensemble du territoire avec le concours financier de l’État et l’appui scientifique et technique de ses services qui jouent un rôle majeur dans le succès de cette mutation.

Le public répond à l’appel. La foule se presse aux grandes expositions et les files d’attente s’allongent devant la Pyramide du Louvre ou s’enroulent autour du musée d’Orsay. Partout, dans nos villes, le musée rénové attire en nombre croissant les habitants et les touristes.

Les collections s’enrichissent grâce au concours de l’État qui, pour la première fois depuis longtemps, leur consacre des sommes importantes et met en place des procédures financières et fiscales favorables ; les collectivités locales suivent souvent son exemple tandis que le mouvement traditionnel des donateurs est renforcé par le succès même de l’institution. Les œuvres sont restaurées grâce à un développement sans précédent des ateliers publics et privés. Leur présentation, leur reproduction et leur diffusion font, de même, des progrès spectaculaires.

Devant un tel succès, beaucoup s’interrogent. S’agit-il d’un mouvement de fond durable ou d’une mode passagère de surcroît cantonnée à notre seul pays ? Si l’on s’efforce de mettre cette évolution en perspective historique et d’élargir l’observation à l’ensemble du monde, la réponse s’impose.

Le mouvement est général dans l’ensemble du monde développé. Partout, dans les pays d’Europe, d’Amérique du Nord ou de l’Asie du Sud-Est, dès que le niveau de vie et, parallèlement, d’instruction s’élève, la collectivité se soucie de développer ses institutions culturelles et, au premier plan, ses musées.

Le mouvement n’est pas seulement général. Il est aussi fort ancien. Sans remonter à la plus haute Antiquité, au Moyen Âge, les églises tiennent, au point de vue des manifestations de l’art, la place des anciens temples païens et les sujets profanes n’en sont pas, du reste, toujours bannis. À partir du XIVe siècle, avec Charles V et Jean de Berry apparaissent en France les premières collections royales et princières. François Ier attire les artistes italiens et achète leurs œuvres qu’il réunit à Fontainebleau. Marie de Médicis fait peindre par Rubens la galerie du Luxembourg. Richelieu puis Mazarin rassemblent des collections dont certaines pièces passeront au roi. Colbert, surtout, mène, pour Louis XIV, une très intelligente politique d’achat (collection Jabach) et ébauche l’organisation administrative des collections. Le Brun est nommé « garde du cabinet des dessins et tableaux du roi », désormais partagé entre le Louvre et Versailles1.

L’idée de rendre public l’accès aux collections royales ou princières apparaît dans plusieurs pays d’Europe. La ville et l’Université de Bâle achètent dès 1661 la collection Amberbach qu’elles ouvrent au public. En Angleterre, le Parlement vote l’achat de la collection Sloane et fonde le British Museum en 1759. Dans l’ensemble de l’Empire, les musées se multiplient à Mannheim (1756), Düsseldorf (1770), Dresde (1760), Cassel (1769), tandis que l’empereur fait aménager, à Vienne, le palais du Belvédère. En Italie, la collection des Médicis est installée aux Offices en 1767, les collections pontificales sont présentées au musée Pio-Clémentino aménagé de 1771 à 1784 et celles provenant des fouilles d’Herculanum transférées à Naples à partir de 17802. Cette promotion du musée s’accomplit donc loin de Paris dans les capitales de l’Europe des Lumières. La Font de Saint Yenne est, en France, le premier propagandiste, dans le second quart du XVIIIe siècle, de l’ouverture au public des collections royales. Le gouvernement royal donne une première satisfaction aux demandes en ouvrant en 1750 au public la galerie du Luxembourg. Mais en dépit des efforts de Marigny puis d’Angiviller, directeurs des bâtiments du roi, on en reste là jusqu’à la Révolution.

Tandis que le pouvoir royal tergiverse, quelques collections s’ouvrent en province. Relayant le mouvement des collectionneurs privés, Boisot à Besançon (1694), Lafaille à La Rochelle (1770), les villes elles-mêmes se soucient de rassembler les objets témoins de leur histoire. Ainsi, à Toulouse, la municipalité ouvre au Capitole une galerie de portraits en 1674 et constitue une galerie historique dès 1727.

Lorsque survient la Révolution, Paris apparaît ainsi en retard sur maintes capitales européennes mais aussi sur plusieurs grandes villes du royaume.

Dès l’origine, la notion même de patrimoine fait l’objet de débats passionnés au sein des assemblées et comités révolutionnaires. Réagissant contre la vague iconoclaste qui ne voit dans les collections des rois, des princes et de l’Église que des « monuments élevés à l’orgueil, au préjugé et à la tyrannie », quelques représentants courageux, et notamment le député Dussaulx, demandent que soient « épargnés et conservés les monuments précieux pour les arts ». Soucieux de mettre un terme aux dégradations et à la dilapidation des biens nationaux, Roland, Premier ministre de l’Intérieur de la République, adresse le 3 novembre 1792 aux corps administratifs une circulaire qui témoigne de cette volonté nouvelle.

La Convention rassemble les collections royales princières et ecclésiastiques dans trois institutions : le Muséum central des Arts, créé au Louvre en 1792 ; le Muséum national d’Histoire naturelle (1793) ; enfin, le Conservatoire national des Arts et Métiers (1794).

Tandis que le Louvre ajoute aux collections nationalisées les chefs-d’œuvre prélevés dans toute l’Europe par les armées de la République, les assemblées créent en province de nombreux dépôts d’œuvres d’art. Sous le Consulat, un décret du 14 fructidor an IX en établit formellement la liste : à Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Bruxelles, Marseille, Rouen, Nantes, Dijon, Toulouse, Genève, Caen, Lille, Mayence, Rennes, Nancy entre lesquels seront réparties des centaines d’œuvres que le Louvre et Versailles ne parvenaient plus à accueillir.

La Restauration crée au Luxembourg le musée des Artistes vivants, lointain ancêtre de notre musée d’Art moderne, et favorise le développement de l’archéologie (département des antiquités égyptiennes du Louvre en 1826).

Louis-Philippe, soucieux de légitimer son régime en conjuguant tous ceux qui l’ont précédé, installe en 1837 à Versailles le musée des « gloires de la France » et, du même coup, sauve le palais. À l’initiative des académies provinciales se multiplient les musées d’archéologie. Passionné lui-même d’archéologie, Napoléon III fonde le musée des Antiquités nationales mais, soucieux de sa gloire, il institue également le musée des Souverains tandis que Haussmann aide à la naissance de Carnavalet.

Le mouvement connaît sa plus forte expansion sous la IIIe République naissante. Sans que l’État, souvent défaillant, leur apporte son concours, les sociétés savantes locales et des collectionneurs fortunés, bientôt relayés par les municipalités, concourent à l’éclosion, sur l’ensemble du territoire, d’un réseau dense de musées de toutes sortes. Constituées empiriquement, au hasard des passions des collectionneurs et des conservateurs, sans rapport systématique avec l’histoire ou les vocations de la cité qui les abrite, ces collections constituent ainsi un ensemble d’une grande richesse mais sans cohérence préétablie.

On oublie souvent, ayant retracé cette riche histoire des musées au XIXe, qu’après un début de siècle peu florissant les musées retrouvèrent, durant les années 1930, une nouvelle jeunesse, singulièrement à Paris où, à l’occasion de l’Exposition coloniale de 1931 et de l’Exposition universelle de 1937, apparaissent le musée des Colonies de la porte Dorée, le musée de l’Homme du palais de Chaillot, le musée des Travaux publics de la place d’Iéna et le palais de Tokyo destiné à abriter les musées d’art moderne de l’État et de la ville de Paris.

La richesse de notre histoire et le dynamisme de la politique culturelle de la France dans les deux dernières décennies du XXe siècle composent, pour nos musées, un paysage fort complexe dont l’organisation et les perspectives ne sont pas toujours faciles à percevoir. C’est le propos de ce petit ouvrage, au prix de quelques simplifications et de nombreuses ellipses, que d’en tracer les grandes lignes.

PARTIE 1

L’organisation des musées de France

Introduction

 

Il a fallu plus de deux siècles pour que notre pays, après avoir créé ses premiers musées nationaux, se dote d’un cadre administratif cohérent valable pour l’ensemble des musées.

 

La transformation de la direction des musées de France. – Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, au sein d’une direction générale des Beaux-Arts rattachée au ministère de l’Éducation nationale, une direction des musées nationaux gérait la trentaine de musées, essentiellement de beaux-arts, parmi ceux, bien plus nombreux, qui appartenaient à l’État, et une « inspection des musées de province » exerçait un contrôle au statut incertain sur les musées appartenant aux collectivités locales. La dénomination de « direction des musées de France » qu’elle reçut en 1945 ne changea rien, en fait, à cette situation. Ce n’est qu’en 1991 qu’un arrêté (5 août) s’est efforcé de mettre son organisation en conformité avec l’ambition du titre qui lui avait été conféré près d’un demi-siècle plus tôt. Désormais, selon son article premier, elle « propose et met en œuvre la politique de l’État en matière de patrimoine muséographique ; elle organise la coopération des diverses autorités publiques dans ce domaine ». Les compétences de ses « départements » (collections ; muséographie, architecture et équipements ; professions et personnels ; publics, action éducative et diffusion culturelle) et de son inspection s’étendent à l’ensemble des musées quel qu’en soit le statut. En même temps, était engagé un chantier de réforme législative qui visait à mettre les textes régissant le monde des musées en harmonie avec les orientations affichées par la réforme de la direction.

 

La loi « musées ». – Après un premier projet adopté en conseil des ministres en mars 1993, puis un second avorté en 1994, huit années de débats et de consultations parlementaires ont encore été nécessaires pour établir un consensus. La loi, finalement promulguée le 4 janvier 2002, constitue désormais le livre IV du Code du patrimoine qui a fait l’objet de l’ordonnance du 24 février 2004. Elle s’applique à l’ensemble des musées et muséums, qu’ils appartiennent à l’État, aux collectivités locales ou à des personnes privées sans but lucratif, dès lors qu’ils rassemblent une collection permanente composée de biens dont la conservation et la présentation revêtent un intérêt public, et organisée en vue de la connaissance, de l’éducation et du plaisir du public (art. 1). Tous peuvent se voir accorder l’appellation « musées de France » qui leur ouvre des avantages en contrepartie des disciplines qu’ils s’imposent. Elle en définit (art. 2) les missions :

  • – conserver, restaurer, étudier et enrichir leurs collections ;
  • – les rendre accessibles au public le plus large ;
  • – concevoir et mettre en œuvre des actions d’éducation et de diffusion visant à assurer l’égal accès de tous à la culture ;
  • – contribuer au progrès de la connaissance et de la recherche ainsi qu’à leur diffusion.

L’unification de la famille des musées, quel qu’en soit le statut administratif, est consacrée par la création d’un « Haut Conseil des musées de France » composé (art. 3) :

  • – d’un député et d’un sénateur désignés par leur assemblée respective ;
  • – de cinq représentants de l’État désignés, comme les suivants, par le ministre chargé de la Culture ;
  • – de cinq représentants de collectivités territoriales ;
  • – de cinq représentants des différentes catégories de personnels des musées ;
  • – de cinq personnalités qualifiées.

Enfin, un article 5 précise que « les musées de France bénéficient, pour l’exercice de leurs activités, du conseil et de l’expertise des services de l’État et de ses établissements publics. Ils sont soumis au contrôle scientifique et technique de l’État… qui peut diligenter des missions d’étude et d’inspection afin de vérifier les conditions dans lesquelles ces musées exécutent les missions qui leur sont confiées par la loi », et l’abus du titre de « musée de France » est puni d’une amende de 15 000 € (art. 17).

Deux décrets des 25 avril et 2 mai 2002 définissent les replis d’établissement des inventaires et les qualifications nécessaires à l’exercice des fonctions de conservation, de restauration et d’accueil et détermine les modalités du contrôle scientifique de l’État tandis qu’un arrêté du 17 septembre 2003 plusieurs fois modifié et complété établit la liste des musées habilités à se prévaloir de l’appellation « musée de France ».

 

Les nouvelles perspectives. – Dans le cadre d’une profonde réorganisation du ministère de la Culture, la direction des musées a vocation à être regroupée avec les actuelles directions du patrimoine, des archives et des services des bibliothèques dans une grande direction des patrimoines de France dont les personnels de conservation sont déjà largement unifiés et les crédits rassemblés au sein d’un programme budgétaire unique. Une telle évolution aurait pour avantage de rassembler des musées aujourd’hui partagés entre plusieurs directions. Elle aurait aussi pour effet de rapprocher les deux logiques, fort distinctes, du patrimoine monumental et des collections.

Qu’il s’agisse des musées appartenant à l’État ou, dans une moindre mesure, de ceux qui relèvent des collectivités locales, un profond mouvement d’autonomisation des structures de gestion est également à l’œuvre. Les premiers, dont le Louvre est le navire amiral, érigés pour la plupart en établissement public, sont ainsi appelés à une gestion plus maîtrisée, sur la base d’un projet culturel et scientifique plus explicite et dans le cadre de contrats formalisés avec les autorités qui les financent.

I. – Les musées appartenant à l’État

1. Les musées du ministère de la Culture

A) Les musées placés sous la tutelle administrative de la direction des musées de France. – Au sein de la grande famille des musées, ceux qui appartiennent à l’État ont reçu d’emblée l’appellation de « musées de France ». Parmi ceux-ci, les musées placés sous la tutelle de la direction des musées de France ont toujours joué un rôle essentiel dans notre pays.

 

Le produit d’une longue histoire. – La famille des musées dits « nationaux » est née du Louvre confié, à l’origine, par Napoléon Bonaparte à Vivant Denon. Le domaine des musées impériaux, royaux ou nationaux, rattachés selon les cas à la couronne ou à l’administration des beaux-arts, s’est accru au fil des décisions gouvernementales. Après deux siècles, leur cohorte, fort hétérogène en thèmes, en taille et en localisation (les plus grands sont concentrés à Paris et en région parisienne), ne répond à aucun plan cohérent et défie tout effort de classement systématique et rationnel.

a) Le Louvre, dont plusieurs musées nationaux sont issus, constitue à lui seul une catégorie. Après l’installation en 1793 du Muséum central des Arts dans la grande galerie, il aura fallu deux siècles pour que le vieux palais soit en totalité consacré aux arts. L’aménagement de la Pyramide en 1989 ; l’ouverture des salles de peinture française, autour de la Cour carrée, en 1992 ; l’inauguration, en 1993, des 22 000 m2 supplémentaires offerts, dans l’aile Richelieu aux dizaines de salles consacrées à la peinture des écoles du Nord, à la sculpture française, aux objets d’art et aux antiquités orientales ; l’ouverture, à la fin de l’année 1997, du département des antiquités égyptiennes et de celui des antiquités grecques, étrusques et romaines ainsi que de la dernière partie de la grande galerie consacrée aux peintures italiennes, marquent les grandes étapes de cette ambitieuse entreprise. Avec 35 000...