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Les Richesses de la Tunisie - Ce que les Français peuvent faire dans la régence de Tunis

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83 pages

La Tunisie a pour limites, à l’ouest, l’Algérie, au sud, le Sahara et la Tripolitaine ; enfin, elle est bordée, au nord et à l’est, par la mer Méditerranée, dont les côtes, longues de plus de 400 kilomètres, sont découpées par les trois grands golfes de Tunis, d’Hammamet et de Gabès.

Le système orographique de la Tunisie est, pour ainsi dire, exclusivement formé par un rameau extrême de la grande chaîne de l’Atlas, qui la traverse des schotts salés du Sud, aux environs de Tébessa, en se dirigeant vers le nord-est, au cap Bon.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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S. Paulard

Les Richesses de la Tunisie

Ce que les Français peuvent faire dans la régence de Tunis

AVANT-PROPOS

Depuis plusieurs années, je forme le projet de travailler à détourner, au profit de la Tunisie, une partie de l’émigration française qui se dirige, chaque année, vers les pays Sud-Américains ; et dans lesquels des milliers de familles ouvrières, trompées par les promesses mensongères des agences, ne trouvent, la plupart du temps, que déboires et misères.

Les documents que je me suis procurés sur la Régence de Tunis, et les renseignements qui m’ont été fournis, par des Français habitant celle belle et riche contrée de l’Afrique du Nord, m’ont encouragé à persévérer dans ces vues.

Maintenant que j’ai visité la Tunisie, et que les recherches auxquelles je me suis livré ont confirmé toutes mes prévisions sur les richesses que renferme l’ancienne province proconsulaire romaine, je crois le moment arrivé d’appeler sur elle l’attention des intéressés.

Cest dans cet esprit, que je publie ce premier volume destiné à faire connaître les ressources les plus variées, que la Tunisie offre aux émigrants français.

A l’égard des chers compatriotes qui m’ont honoré de leurs sympathies, et guidé dans mes recherches, je pense que la meilleure manière de leur exprimer ma reconnaissance est de dire publiquement, tout le bien que je pense du pays dans lequel, comme fonctionnaires, publicistes ou colons, ils savent faire respecter la France et aimer son Gouvernement,

Cet acte de gratitude, je vais l’accomplir,

 

S. PAULARD.

Paris, le 1erFévrier 1893.

LES RICHESSES DE LA TUNISIE

Ce que les Français peuvent faire dans la Régence de Tunis

I

Situation. Topographie. Climat

La Tunisie a pour limites, à l’ouest, l’Algérie, au sud, le Sahara et la Tripolitaine ; enfin, elle est bordée, au nord et à l’est, par la mer Méditerranée, dont les côtes, longues de plus de 400 kilomètres, sont découpées par les trois grands golfes de Tunis, d’Hammamet et de Gabès.

Le système orographique de la Tunisie est, pour ainsi dire, exclusivement formé par un rameau extrême de la grande chaîne de l’Atlas, qui la traverse des schotts salés du Sud, aux environs de Tébessa, en se dirigeant vers le nord-est, au cap Bon.

Les diverses montagnes qui constituent ce rameau de l’Atlas à travers la Tunisie, donnent naissance à trois grands bassins hydrographiques : La Medjerdah, au nord, le Kelbia, au centre, et les schotts Gharsa et el Djerid, au sud.

Le climat de la Tunisie est très salubre, les fièvres pernicieuses y sont très rares ; et encore, les cas isolés, se rapportent-ils souvent à des individus qui ont négligé d’observer les principes les plus élémentaires de l’hygiène,

Grâce aux vents de la mer qui balayent la plus grande partie de la Tunisie, l’air y est toujours pur, et les grandes chaleurs de la saison estivale sont facilement supportées.

Pendant l’été, c’est-à-dire juillet, août et septembre, le thermomètre varie de 25° à 35° ; il atteint parfois 40° et 45° dans la région sud.

Mais la brise de la mer, et la fraicheur du la nuit, viennent tempérer les grandes chaleurs.

En hiver, la température moyenne n’est jamais guère inférieure à 10° ; et le thermomètre monte fréquemment à 16°.

Les pluies commencent à tomber en automne, elles durent d’octobre à avril.

Les mois les plus pluvieux sont ceux d’octobre, de novembre, de janvier et d’avril.

Après ce dernier mois, les pluies deviennent rares.

La saison printanière est comprise dans les mois de mars, avril, mai et juin. C’est à cette époque, que la végétation est dans toute sa vigueur, et qu’elle se montre dans toute sa beauté.

Il résulte de ces conditions climatériques, que les européens peuvent parfaitement s’acclimater en Tunisie.

D’ailleurs, pour s’en convaincre, il suffit de rappeler qu’à l’époque romaine, le territoire de la Régence était occupé par une population de 12 à 15 millions d’habitants, soit, dix fois supérieure à celle d’aujourd’hui.

Donc, à l’exemple de sa voisine l’Algérie, la Tunisie doit-être, pour la France, une colonie de peuplement.

II

Superficie. — Population

La superficie de la Tunisie, sur laquelle les renseignements précis manquent, est évaluée à environ 15 millions d’hectares.

La Tunisie, baignée des deux côtés par la mer, offre une région cultivable, qui peut être fixée au 3/4 de sa superficie totale.

Les vallées ont une grande largeur ; et les terres du littoral et du « Sahel » sont utilisables, jusqu’au delà de Sfax.

La population de la Tunisie serait, d’après les statistiques établies par la direction des contrôles, d’environ 1,200,000 habitants.

Dans ce nombre, les européens entrent dans la proportion suivante :

Français10.000
Italiens19.000
Anglo-Maltais8.000
Grecs2.000
Divers3.000

Les trois quarts des habitants sont répartis, sur le littoral, dans une largeur moyenne de 60 à 70 kilomètres.

La population est très dense dans certaines parties de cette zone, par exemple :

De Bizerte à Porto-Farina ; Tunis avec sa banlieue (La Goulette, La Marsa, L’Ariana, La Manouba) ; le Cap Bon, avec ses deux groupes principaux, l’un comprenant la population des villes et des villages de Soliman, Menzel-Bou-Zelfa, Beni-Khalled, Grombalia, Turki, Nianou et Belli ; l’autre, celle des agglomérations importantes d’Hammanet, Nebeul, Kourba, etc.

Plus loin, dans le Sahel proprement dit : Sousse, Monastir, Mehdia, servant de ports aux nombreux et importants villages de l’intérieur, comme Mokenine, Djemmal, Kalaa-Kebira, Ksard-Hellal, Enfidaville, etc.

Enfin, Sfax, Gabès, et l’île de Djerba.

Dans l’intérieur, les centres importants sont :

Mateur, Maktar, Souk-el-Arba, le Kef, Kairouan, Gafsa, Tozeur, etc.

Dans ces diverses régions, la population est en grande partie sédentaire. L’agriculture est l’occupation principale de leurs habitants, qui se livrent en même temps à l’élevage du bétail,

Dans les villes, les indigènes font du commerce, ou pratiquent de petites industries locales.

III

Les richesses à exploiter

Les richesses de la Tunisie sont très variées. Toute la Régence peut être mise en valeur.

La région Nord et du littoral est la zone des cultures alimentaires, industrielles et fourragères ; des plantations viticoles, fruitières et forestières ; de l’élevage et de l’engraissement du bétail.

Celle du Sud ou Djerid est réservée aux palmiers-dattiers, avec des cultures intercalaires alimentaires et autres.

Sur les hauts-plateaux pousse l’alfa. Cette région est également le domaine de la transhumance et de la vie pastorale.

Les montagnes renferment des mines et des carrières de toutes natures. Elles sont, pour une partie, couvertes de forêts de chênes-liège, de chênes-zéen, de pins, d’oliviers sauvages ; de thuyas, et autres essences arbustives.

Le gibier est partout très abondant.

Enfin, dans les eaux des côtes, on pêche de nombreuses variétés de poissons et de mollusques, du corail et des éponges.

Enumérer toutes ces richesses, les analyser, concourir à leur exploitation, en appelant sur elles l’attention des intéressés, voilà mon but.

Je donne la priorité aux plantes alimentaires cultivées selon les bonnes méthodes européennes.

IV

Plantes alimentaires

Le blé dur. — La préférence, pour les ensemencements en blé, doit toujours être accordée au blé dur, qui est particulièrement demandé par les indigènes.

Si la récolte est destinée à l’exportation, semer le blé de Taganrok, dont la farine est universellement réputée pour la fabrication des pâtes alimentaires.

Par une culture bien entendue, le rendement d’un hectare de blé dur, sera de vingt q. m., ayant une valeur de 500 francs, franco bord.

Le blé tendre. — On pourra cultiver, avec profit, diverses variétés de blé tendre.

Le blé d’Odessa a une grande résistance dans les terres sèches.

Le blé rouge du Roussillon donne une paille abondante.

L’orge. — La culture de l’orge est susceptible d’un grand développement ; les indigènes la sèment beaucoup pour la nourriture du bétail, et les pauvres la substituent au blé, dans leur alimentation.

L’orge d’Afrique est très demandée par les brasseurs, qui ont reconnu, à son grain, des qualités spéciales et remarquables.

Les années pluvieuses ne sont pas les années de belles récoltes de l’orge, qui demande une terre fraîche, mais sans humidité.

Semer l’escourgeon, une des meilleures variétés de l’orge d’hiver.

Le rendement moyen de l’orge est plus élevé que celui du blé ; il atteint parfois, par la culture européenne, vingt-cinq q. m. à l’hectare.

Pour la nourriture du bétail, la paille de l’orge vaut beaucoup mieux que celle du blé.

L’avoine. — L’indigène ne cultive pas l’avoine, qu’il n’emploie pas dans l’alimentation de son bétail.

Cependant l’avoine a, en Tunisie, des qualités positives que les colons devraient mieux apprécier.

Elle se moissonne, au moins deux mois plus tôt qu’en France, c’est-à-dire à une époque où les stocks épuisés sont a renouveler.

Les colons qui voudront cultiver l’avoine sont assurés de débouchés à un prix rémunérateur, par le commerce d’exploitation, qui paie l’avoine d’Algérie de 15 à 18 francs le quintal métrique.

Leur exemple encouragera les indigènes, et la culture de cette céréale acquerra rapidement le développement considérable qui s’est manifesté, en Algérie, de 1880 à 1892.

L’avoine n’est pas exigeante, elle pousse dans tous les terrains.

Sa résistance à la sécheresse est plus grande que toute autre céréale ; un seul labour lui suffit.

La paille est de première qualité, comme aliment à donner au bétail, avantage qui, en réalité, double la valeur de la récolte.

Cultiver l’avoine d’hiver, car les autres espèces ne conviennent pas au climat.

Le rendement d’un hectare est d’environ 25 q. m.

Le Maïs. — Les terres fraîches, profondes, et surtout celles irrigables, conviennent particulièrement à la culture du maïs.

Le climat de la Tunisie est celui de la vigne. Or, où le raisin mûrit bien, le maïs arrive à une maturité parfaite.

Cette plante comporte un grand nombre de variétés ; la meilleure est peut-être le maïs quarantain, lequel mûrissant vite n’a pas à souffrir de la sécheresse.