Les TIC et la croissance économique

Les TIC et la croissance économique

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Description

En 2000, au plus fort de la nouvelle économie, les TIC était acclamées comme la technologie qui allait révolutionner l'économie des pays de l'OCDE et leur apporter d'innombrables bienfaits. Le coup de frein qui a suivi a fait voler en éclats un certain nombre d'idées fausses sur les TIC : les cycles économiques ne sont pas finis ; les valorisations boursières doivent en effet s'appuyer sur les bénéfices ; et non, le secteur des TIC n'est pas à l'abri des crises. Pour autant il ne faudrait pas oublier les changements structurels et les avantages économiques qu'a déjà amenés et qu'amène encore aujourd'hui la diffusion des TIC.

Cette étude examine les incidences des TIC sur la performance des entreprises et les stratégies susceptibles d'en tirer le meilleur profit. Revenant sur les effets déjà constatés sur l'économie, elle analyse les raisons pour lesquelles certains pays ont investi plus que d'autres dans ces technologies, et cherche à expliquer pourquoi seulement une partie d'entre eux ont pleinement pris la mesure de ce que les TIC peuvent leur apporter. Elle fait valoir que les TIC demeureront une technologie importante au cours des années à venir, car les réseaux irriguent désormais toute l'économie. À présent, il importe de savoir comment se servir au mieux de ces technologies.

Cet ouvrage démontre de façon éloquente que les TIC, à défaut d'être une panacée, peuvent contribuer à faire évoluer l'activité des entreprises et les rendre plus performantes. Mais cette mutation ne se produira que si l'environnement est concurrentiel et si les investissements informatiques s'accompagnent de changements organisationnels, d'investissements dans les qualifications et d'une gestion avisée. Ce livre est un plaidoyer pour une stratégie publique globale visant à tirer le meilleur des technologies de l'information et de la communication.


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Date de parution 01 janvier 2003
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EAN13 9264101306
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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PRINCIPAUX RÉSULTATS
Le rapport préparé pour la réunion de l’OCDE au niveau des ministres de 2001 et intitulé « La nouvelle économie : mythe ou réalité ? » concluait que les technologies de l’information et de la communication (TIC) étaient importantes et susceptible de contribuer à une croissance plus rapide et à des gains de productivité dans les années à venir. A la réunion ministérielle de l’OCDE de 2002 comme à celle de 2001, les participants ont rappelé l’importance des TIC pour la croissance et demandé à l’OCDE de poursuivre ses travaux dans ce domaine. Le secrétaire d’État au Commerce des ÉtatsUnis, M. Evans, a par ailleurs demandé spécifiquement à l’OCDE à l’automne 2001 d’approfondir ses travaux sur les TIC et les performances de l’entreprise. Le présent rapport, qui fait suite à la demande des ministres de l’OCDE et de M. Evans, fait le point sur la contribution apportée par les TIC aux performances économiques sur la base de données plus récentes, pour évaluer dans quelle m esure les données empiriques qui semblaient valides à la fin 2000 conservent leur actualité. Il s’appuie sur de nouvelles analyses économétriques de données officielles au niveau des entreprises réalisées par une équipe de chercheurs et de bureaux statistiques de 13 pays membres de l’OCDE, pilotée par l’Organisation. L’étude prend égalem ent en com pte de nouveaux élém ents tirés de statistiques officielles sur l’utilisation des T IC et du com m erce électronique par les entreprises, qui n’étaient pas disponibles lors des travaux antérieurs. Le rapport examine égalem ent si les conclusions pour l’action dégagées des travaux antérieurs de l’OCDE doivent être ajustées dans l’environnement économique actuel. Les conclusions et enseignements pour l’action issus de ces travaux sont résumés ciaprès. Ils réaffirment celles de l’étude de l’OCDE sur la croissance et les enrichissent.
Enseignements pratiques
Les TIC continuent d’avoir de fortes incidences sur les performances Le ralentissem ent économique récent a fait voler en éclats plusieurs mythes concernant la nouvelle économie : le cycle conjoncturel n’est pas mort, les valorisations boursières doivent être étayées par des profits et le secteur des TIC n’est pas à l’abri des ralentissements économiques. Mais cela ne doit pas faire oublier les retombées économiques qui ont déjà accompagné la diffusion des TIC, ni le fait que les TIC continueront d’être importantes pour la croissance
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dans les années à venir. Il est peutêtre trop tôt pour dire comment évoluera le rôle des TIC dans la croissance et la productivité dans la première décennie du e XXI siècle, mais on peut dégager certaines tendances générales qui donnent à penser que les TIC continueront d’être un moteur de la croissance :
La croissance de la productivité aux ÉtatsUnis, qui sont le meilleur exemple d’une croissance et de gains de productivité tirés par les TIC, est demeurée forte pendant le ralentissement récent, ce qui donne à penser qu’une partie de l’accélération des gains de productivité au cours de la seconde moitié des a n n é e s 9 0 ava i t d e fa it u n c a ra c t è re s t r u c t u re l. L a c ro i s s a n c e d e l a productivité en Australie et au Canada, pays caractérisés l’un et l’autre par une croissance à forte intensité de TIC, a également été soutenue au cours des années récentes.
Les réseaux de TIC sont maintenant répandus dans la majeure partie du secteur des entreprises de la zone de l’OCDE, et ils seront de p lus en plus mis à profit pour améliorer la productivité et les performances des entreprises. Le rythme des progrès technologiques dans les biens et services des TIC est rapide, faisant baisser les prix et suscitant tout un éventail d’applications nouvelles. Par exem ple, le com m erce électronique entre entreprises et particuliers poursuit sa progression, le haut débit connaît une diffusion r a p i d e , e t l ’ a c t i v i t é c o n t i n u e d e c r o î t r e d a n s l e s e c t e u r d e s télécommunications. De surcroît, plusieurs applications telles que le haut débit et le commerce électronique n’en sont qu’à leurs débuts et recèlent peutêtre un fort potentiel de croissance.
Bien que l’investissement dans les TIC ait fléchi au cours du ralentissement récent, la mise sur le marché de microprocesseurs toujours plus puissants d e v r a i t c o n t i n u e r d a n s l ’ a v e n i r p r é v i s i b l e , c e q u i e n c o u r a g e r a l’investissem en t dan s les T IC et con tribu era à d e n ou veau x gain s d e productivité. Il se peut toutefois que le niveau d’investissement dans les TIC soit inférieur à celui observé avant la période de ralentissement, car la p é r i o d e 1 9 9 5  2 0 0 0 a é t é c a r a c t é r i s é e p a r d e s v a g u e s p o n c t u e l l e s d’investissements importants, par exemple ceux liés au passage à l’an 2000 et à la diffusion d’Internet. D’autre part, certains pays pourraient encore disposer de marge de progression dans les années à venir ; en 2000, le Japon et la zone de l’Union européenne avait investi une part d’investissement total dans les TIC similaire à celle des ÉtatsUnis en 1980.
Avec la poursuite du progrès technologique dans la production des TIC, le secteur manufacturier de TIC continuera de contribuer positivement à la croissance de la productivité multifactorielle (PMF), notamment dans les pays où les secteurs producteurs de TIC sont très développés, comme la Finlande, l’Irlande, le Japon, la Corée, la Suède et les ÉtatsUnis.
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PRINCIPAUX RÉSULTATS
L’incidence des TIC diffère sensiblement selon les économies de l’OCDE Malgré l’importance des TIC, on observe encore des différences marquées entre les pays de l’OCDE dans la diffusion des TIC. De nouvelles données de l’OCDE montrent que les ÉtatsUnis, le Canada, la NouvelleZélande, l’Australie, les pays nordiques et les PaysBas ont en général les taux les plus élevés de diffusion des TIC. Un grand nombre d’autres pays membres sont à la traîne en ce qui concerne la diffusion des TIC, et ils disposen t d’une m arg e pour progresser dans ce domaine. On peut penser que c’est dans les pays où les n iv e a u x d e d i f f u s i o n d e s T IC s o n t l e s p l u s é l ev é s q u e l e s re t o m b é e s économiques des TIC devraient être les plus fortes. Mais il ne suffit pas d’avoir les équipements ou les réseaux pour en retirer des avantages économiques. D ’au tres facteu rs, com m e l’e nviro n n em e n t rég lem e n taire, u n e offre de q u a l i f i c a t i o n s a d é q u a t e , l a c a p a c i t é à m o d i f i e r l a c o n f i g u ra t i o n d e s organisations, ou encore la robustesse des innovations dans les applications des TIC, influent sur la capacité des entreprises à mettre à profit les TIC. De ce fait, des pays où les niveaux de diffusion des TIC sont équivalents n’enregistreront p as tou jou rs d es in cid en ces an alog u es d es T IC su r leu rs p erform an c es économiques.
Les incidences économiques des TIC qui ont été mesurées jusqu’à présent diffèrent sensiblement selon les pays membres. On peut distinguer trois types d ’in cid e n ce s d e s T IC su r la cro issa n ce é co n o m iq u e. P re m iè re m e n t, u n investissement dans les TIC accroît le stock de capital à la disposition des t rav a i l l e u r s e t c o n t r ib u e d o n c à a m é l i o re r l a p ro d u c t iv i t é d u t rav a i l . L’investissement dans les TIC a représenté de 0.2 à 0.8 point de pourcentage de croissance du PIB par habitant sur la période 19952001. Les ÉtatsUnis, l’Australie, le Canada et les PaysBas ont enregistré l’effet le plus marqué, le Japon et le RoyaumeUni ont suivi d’assez loin et l’effet a été beaucoup plus faible en Allemagne, en France et en Italie. L’investissement dans le logiciel a représenté jusqu’à un tiers de la contribution au capital de TIC.
Deuxièmement, le secteur producteur de TIC joue un rôle important dans certains pays membres de l’OCDE, bien qu’il soit faible dans la plupart. Il peut être intéressant de disposer d’un secteur producteur de TIC, car celuici s’est caractérisé par un progrès technologique rapide et une très forte demande. En Fin lan d e, en Irlan d e et en Co rée, p rès d ’u n p oin t de p ou rcen tag e d e la croissance agrégée de la productivité du travail sur la période 19952001 peut être attribué aux activités manufacturières dans les TIC. Aux ÉtatsUnis, au Japon et en Suède, le secteur producteur de TIC a également contribué de manière significative à la croissance de la productivité.
Tr o i s i è m e m e n t , d e n o u v e a u x é l é m e n t s m i s e n é v i d e n c e p a r u n groupem ent de chercheurs de 13 pays m em bres piloté par l’Organisation démontrent que l’utilisation des TIC sur l’ensemble de la chaîne de valeur
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contribue à améliorer la performance de l’entreprise. L’utilisation intelligente des TIC peut aider les entreprises à accroître leur efficience globale par la combinaison du travail et du capital et donc la productivité multifactorielle (PMF). L’utilisation des TIC peut également accentuer les effets de réseau, tels que la réduction des coûts de transaction et l’accélération de l’innovation, ce qui peut améliorer la PMF. Dans certains pays, notamment aux ÉtatsUnis et en Australie, on constate que les secteurs qui ont le plus investi dans les TIC, comme le commerce de gros et de détail, ont enregistré une croissance plus rapide de la PMF.
Les études au niveau des entreprises montrent également que l’utilisation des TIC peut aider les entreprises efficientes à gagner des parts de marché au détriment des entreprises moins productives, ce qui améliore la productivité globale. De plus, l’utilisation des TIC peut aider les entreprises à élargir leur gamme de produits, à personnaliser les services qu’elles offrent ou à mieux répondre à la demande, c’estàdire à innover. Par ailleurs, les TIC peuvent aider à réduire les stocks ou aider les entreprises à in tégrer des activités sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Ces études montrent également que les TIC font partie d’un ensem ble plus vaste de chang em ents qui contribuent à a m é l i o r e r l a p e r f o r m a n c e . L e s i n c i d e n c e s d e s T I C s o n t t r i b u t a i r e s d’investissem ents com plém entaires, par exem ple dans l’acquisition des c o m p é t e n c e s a d é q u a t e s o u d a n s l e s c h a n g e m e n t s d a n s l e s m o d e s d ’ o r g a n i s a t i o n , t e l s q u e s t r a t é g i e s n o u v e l l e s , n o u v e a u x m o d e s d e fonctionnement de l’entreprise ou nouvelles structures d’organisation. Les entreprises qui adoptent de telles pratiques ont tendance à gagner des parts de m arché et à bénéficier de gains de productivité plus élevés que d’autres entreprises.
L’utilisation des TIC par les entreprises est également étroitement liée à la capacité de l’entreprise à s’adapter à l’évolution de la demande et à innover. Les u tilis a t e u rs d e T IC c o n t r ib u e n t s o u ve n t à a c c ro ît re la va le u r d e le u r s investissem ents par leurs propres expérim entations et innovations, par exemple l’introduction de procédés, de produits et d’applications de type nouveau. Sans ce processus de « coinvention », qui est souvent plus lent que l’innovation technologique, l’incidence économique des TIC serait plus limitée. Les entreprises qui ont introduit des innovations de procédés par le passé enreg istrent souvent des succès notables d an s l’utilisation des T IC : en Allemagne, l’incidence des investissements dans les TIC sur la production a été e nv iro n q u a t re fo is p l u s é lev é e d a n s le s e n t re p r i s e s i n tro d u is a n t d e s innovations que dans les autres. L’incidence des TIC sur l’innovation est particulièrement importante dans les services, car les TIC aident à réinventer le fonctionnement de l’entreprise et à développer de nouvelles applications.
Les incidences positives de l’utilisation des TIC sur les performances d e l ’ e n t r e p r i s e n e s e l i m i t e n t p a s a u x É t a t s  U n i s , o ù l e s i n c i d e n c e s
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macroéconomiques des TIC sont considérées comme les plus importantes, mais elles s’observent aussi dans un grand nombre d’autres pays membres. Cela peut être dû à plusieurs facteurs. Tout d’abord, l’utilisation de données agrégées couvrant plusieurs branches peut masquer certaines incidences des TIC, dans la mesure où des effets importants dans certaines branches peuvent être com pensés par des effets plus faibles dans d’autres. Deuxièmement, l’ampleur des incidences mesurées au niveau de l’entreprise peut être plus faible à l’extérieur des ÉtatsUnis, dans la mesure où les réseaux sont souvent moins développés et où les conditions nécessaires pour permettre aux TIC de déployer toute leur efficacité peuvent être moins favorables. Cela pourrait donc se traduire par une incidence macroéconomique plus faible. Troisièmement, il se peut que les incidences des TIC soient insuffisamment prises en compte dans les données sur des pays autres que les ÉtatsUnis, du fait par exemple de d if f é re n c e s d a n s la m e s u re d e la p ro d u c t io n d u s e c t e u r d e s s e r v ic e s . Quatrièmement, il se peut que les pays autres que les ÉtatsUnis n’aient pas encore bénéficié des effets de réseau ou de retombées capables de marquer un écart entre les incidences des TIC au niveau de l’entreprise et celles mesurées au niveau macroéconomique. Ces effets de retombées pourraient se concrétiser sous la forme de gains pour les entreprises et les consommateurs en aval, et ils n ’a p p a ra îtra ie n t d o n c p a s d a n s le s o b s e r va t io n s in d iv id u e lle s s u r le s e n trep rise s u tilisa n t le s T IC . E n fin , sur u n m arch é vaste e t h au tem en t c o m p é titif c o m m e c e lu i d e s É ta ts  U n is , il s e p e u t q u e le s e n tre p r is e s investissant dans les TIC n’aient pas toujours été les principales bénéficiaires de leur investissement. Il se peut que les consommateurs bénéficient de la plus grande partie des retombées, sous la forme de prix plus bas, de meilleure qualité, de plus grande commodité, etc. Dans les pays où la concurrence est m oins développée, il se pourrait que les entreprises soient en m esure de s’ap proprier une plus gran de part de s g ains, et les effets de retom bées pourraient être plus limités. Les TIC ne sont pas une solution miracle Il se peut que les entreprises surinvestissent dans les TIC, soit parce qu’elles veulent compenser un manque de qualifications ou répondre à des pressions concurrentielles, soit parce qu’elles n’ont pas de stratégie de marché claire. Mais les TIC ne sont pas une solution miracle, et il s’agit simplement d ’u n e te ch n o lo g ie d o n t il e s t p o s s ib le d e t ire r p a r ti p o u r a m é lio re r la performance de l’entreprise. Des données sur l’Allemagne montrent que les entreprises qui ont su tirer avantage des TIC étaient celles qui avaient déjà innové avec succès, c’estàdire modifié leurs produits et procédés. Par ailleurs, les TIC nécessitent bien d’autres changements pour produire des résultats.
Il faut en outre du tem ps pour s’adapter aux TIC, par exem ple pour modifier l’organisation de l’entreprise et les qualifications de la maind’œuvre.
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