Les travailleurs sociaux

-

Français
81 pages
Lire un extrait
Obtenez un accès à la bibliothèque pour le consulter en ligne
En savoir plus

Description

Dans cet ouvrage, les auteurs s'attachent à cerner le champ du travail social selon les quatre directions institutionnelles : aide, sécurité, action et prévention sociales. Chaque lecteur comprend très vite face à la notion de "libéralisation de l'état de besoin" les défis auxquels sont confrontés aujourd'hui l'ensemble des travailleurs sociaux.

Sujets

Informations

Publié par
Date de parution 08 septembre 2006
Nombre de lectures 60
EAN13 9782130611097
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,0048€. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

Signaler un problème
e9782130611097_cover.jpg

 

 

 

QUE SAIS-JE ?

 

 

 

 

 

Les travailleurs sociaux

 

 

 

 

 

AMÉDÉE THÉVENET

Inspecteur général honoraire
des Affaires sociales,

Président de Sida-info-service

 

JACQUES DÉSIGAUX

Directeur de Directransition

 

Septième édition mise à jour

24e mille

 

 

 

e9782130611097_logo.jpg

Des mêmes auteurs

Les assistantes maternelles,Éd. ESF, 1980.

La garde des jeunes enfants, « Que sais-je ? », n° 2019, 1982.

Faire garder son enfant : les assistantes maternelles, Guide pratique ESF.

De Jacques Désigaux

Les mini-crèches roannaises, Phénomène social, Éd. Horvath, 1979.

Avec Marius Alliod : Un fondateur d’action sociale, Antoine Chevrier, Bayard, 1992.

Avec Mohammed Seffahi : La ville à l’épreuve des quartiers, Éd. ENSP, 1996.

De Amédée Thévenet

L’aide sociale… et vous, Éd. International 3000.

L’aide sociale en France, « Que sais-je ? », n° 1512, 8e éd., 2004.

L’aide sociale aujourd’hui, Éd. ESF, 15e éd., 2002.

Les institutions sanitaires et sociales de la France, « Que sais-je ? », n° 2319, 7e éd., 2004.

Le quatrième âge, « Que sais-je ? », n° 2454, 2e éd., 1991.

Créer, gérer, contrôler un équipement social ou médico-social, 3e éd., Éd. ESF, 1996.

L’équipement médico-social de la France, « Que sais-je ? », n° 2826, 1re éd., 1994.

Autobiographies

Goulags indochinois. Carnets de guerre et de captivité, 1949-1952, France-Empire, 1997.

La guerre d’Indochine racontée par ceux qui l’ont vécue : 1945-1954, France-Empire, 2001.

J’ai survécu à l’enfer des camps Viêt-minh, France-Empire, 2006.

 

 

 

978-2-13-061109-7

Dépôt légal – 1re édition : 1985

7e édition mise à jour : 2006, septembre

© Presses Universitaires de France, 1985
6, avenue Reille, 75014 Paris


PARTIE 1 – Le travail social
Chapitre I – Les quatre directions prises par le social
I. – L’aide sociale
II. – La Sécurité sociale
III. – L’action sociale
IV. – La prévention sociale
Chapitre II – Les usagers du travail social
I. – Un regard sur des catégories sociales en difficulté
II. – Vivre dans les quartiers d’habitat social
III. – Pauvreté, précarité, exclusions
IV. – Le développement social et la participation des usagers
V. – Les droits des usagers
Chapitre III – Les personnels du travail social
Chapitre IV – Les Institutions du travail social
I. – Le Conseil supérieur de travail social
II. – La Commission professionnelle consultative du travail social et de l’intervention sociale
III. – La Commission nationale pour la formation à l’animation
IV. – La Commission régionale pour la formation à l’animation
V. – Le Conseil national technique des clubs et équipes de prévention
PARTIE 2 – Le travailleur social : son rôle, sa formation, son diplôme
Chapitre I – Les travailleurs sociaux fournissant des services aux personnes
I. – Les techniciennes de l’intervention sociale et familiale
II. – Les aides ménagères
III. – Les auxiliaires de vie
IV. – Les assistantes maternelles
V. – Les assistantes familiales
Chapitre II – Les travailleurs sociaux assurant une fonction éducative
I. – Les éducateurs de jeunes enfants
II. – Les moniteurs éducateurs
III. – Les éducateurs spécialisés
IV. – Les éducateurs techniques spécialisés
V. – Les aides médico-psychologiques
Chapitre III – Les travailleurs sociaux chargés d’apporter assistance et conseils
I. – Les assistants de service social
II. – Les conseillères en économie sociale et familiale
III. – Les conseillers conjugaux et familiaux
IV. – Les médiateurs familiaux
V. – Les délégués à la tutelle aux prestations sociales
VI. – Les délégués à la tutelle aux majeurs protégés
Chapitre IV – Les travailleurs sociaux de l’animation et de l’encadrement
I. – Les animateurs
II. – Les directeurs de projet d’animation et de développement
III. – Les encadrants et responsables d’unité d’intervention sociale
IV. – Les directeurs d’établissement ou de service d’intervention sociale
V. – Les directeurs d’établissement d’éducation adaptée et spécialisée
VI. – Le diplôme supérieur en travail social (DSTS)
PARTIE 3 – La fin des professions sociales
Chapitre I – Les finalités prétechniques : de l’altruisme au professionnalisme
Chapitre II – Les finalités psychologiques : du respect de la personne à l’aide psychosociale
Chapitre III – Les finalités sociologiques : de la promotion des groupes à l’intégration sociale
I. – L’enquête sociologique et l’enquête sociale
II. – La marginalité
III. – L’intégration sociale ou la « réinsertion »
IV. – Le travailleur social à la frontière
V. – Le contrôle social
VI. – Les courants de la sociologie…
VII. – … et les pratiques collectives
VIII. – En résumé…
Chapitre IV – Les finalités économiques : de la charité à l’économie
I. – L’économie du social
II. – La gestion du social
III. – Les développements de la logique économique dans l’action sociale
IV. – La crise
V. – Les mutations en cours
VI. – Des finalités en miroir ?




Introduction

L’Alliance de deux mots chargés de sens

Le concept de travailleur

Travailleur social : curieux destin que celui de ces deux mots aujourd’hui unis qui désignent des professionnels intervenant dans le secteur social, pour le compte et sous l’autorité d’autrui.

Deux mots qui, avant de jouer le rôle de substantifs, furent des adjectifs. Deux mots qui concentrent en eux une « mythologie » propre au XXe siècle.

L’évolution du vocable « travail » est surprenante : qui se souvient que l’origine latine du mot vient du tripalium, instrument de torture composé de trois pièces ? Ce mot du latin populaire désignera ensuite le dispositif utilisé pour immobiliser les animaux de trait, pendant les soins et le ferrage. Aussi ce terme restera-t-il attaché à une notion de souffrance, de pénibilité. Les travaux forcés en sont l’illustration. Ce n’est qu’au XIXe siècle que le terme commence à être utilisé pour désigner une activité organisée à l’intérieur d’un groupe social. Il devient alors un concept idéologique puissant. Le roman de Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer, en 1866, a contribué à la force et à la beauté du mot.

Longtemps, le concept de travailleur a éclipsé les autres. On a vu naître, en opposition aux travailleurs en « col bleu », l’expression « les travailleurs en col blanc ou en col rayé ». Les travailleurs sociaux seraient plutôt des « travailleurs en col roulé ».

Ce concept est devenu le dénominateur commun de toutes les professions sociales qui se sont créées depuis les années 1940.

Le terme anglo-saxon « social work » était déjà largement utilisé outre-Atlantique, mais le titre français recouvre une réalité plus diffuse dans laquelle s’inscrivent volontiers d’autres intervenants sociaux tels que l’enseignant, le médecin, l’agent de développement social, l’administratif de l’institution médico-sociale.

Titre envié, c’est aussi un titre unique, car aucun groupe de professions ne peut se targuer de réunir des intervenants aussi variés dans un seul terme.

Le mot « social », substantif et adjectif

Substantif récent qui s’affirme, « le social », que le Grand Larousse Encyclopédique définit comme « l’ensemble des problèmes sociaux », est certainement l’une des caractéristiques majeures de ce temps. C’est sous ce titre que les journaux évoquent les conflits du travail, les licenciements, les défilés dans la rue, les autres manifestations de mécontentement auxquelles recourent, après les ouvriers, routiers, étudiants, paysans et médecins mécontents.

Sous la forme d’adjectif, le sens de « social » a évolué. Il s’est appliqué d’abord à tout ce qui concerne l’organisation de la société. C’est dans ce sens que les philosophes du XVIIIe siècle parlent de « contrat social ». Au XIXe siècle, la situation des ouvriers retient l’attention, et le mot voit son sens se préciser. On parle alors de « justice sociale », de « loi sociale », de « catholicisme social ». Plus tard, « d’acquis sociaux ». Avec les événements de 1936, au cours desquels des hommes d’État socialistes prennent la tête d’un gouvernement de coalition, apparaissent les termes de « droits sociaux » et de « politique sociale ». Celle-ci tend à réaliser une certaine solidarité, d’abord entre les membres d’un même groupe socioprofessionnel, puis des groupes entre eux. Elle s’élargit à la Nation, avec le concept de « Solidarité » personnalisé à partir de 1981, par le ministère qui a porté ce nom.

L’adjectif « social », accolé à des mots usuels, fait évoluer leur sens sans qu’aucun d’entre eux ait été, après cette alliance, réellement défini. Les professions sociales n’échappent pas au phénomène. Dans les années 1990, on parlera de référent social, d’agent de développement social, d’ingénieur social.

Ces observations d’une sémantique, certes, un peu primaire, vont nous donner le fil directeur de cet ouvrage qui comprendra trois parties.

Dans la première en quatre chapitres, on s’efforcera de cerner le champ du travail social. On rappellera d’abord les quatre directions institutionnelles que le mot « social » a prises : l’Aide sociale, la Sécurité sociale, l’Action sociale, la Prévention sociale. On verra ainsi qu’au-delà de leur champ et de leur rôle respectif, ces quatre notions concourent ensemble à la « libéralisation de l’état de besoin » créé par la maladie, l’invalidité, la vieillesse ou les charges de famille. Ces objectifs figurent dans le Préambule de la Constitution de 1946 (repris par la Constitution de 1958), comme dans la Déclaration universelle des droits de l’homme du 10 décembre 1948 ou dans la Convention des Nations Unies sur les droits de l’enfant (26 janvier 1990). On évoquera les pouvoirs et les institutions sociales, à la suite des réformes de décentralisation. Ensuite, on abordera les usagers du travail social que sont nos concitoyens en difficulté et les droits qui leur sont reconnus. Les caractéristiques communes aux travailleurs sociaux feront l’objet du chapitre III, tandis que le dernier chapitre sera consacré aux institutions du travail social.

Dans cet espace social, ainsi éclairci, on cherchera, dans la seconde partie, à préciser comment se situent les travailleurs sociaux, en présentant chacune des professions, leur statut professionnel et leur accès.

Il faudra parler également de la « fin » du travail social, dans le sens des finalités, en écho à une formule qui est devenue un adage de la profession : « La fin du travail social est sa propre fin. » Cette troisième partie nous fera cheminer à travers l’histoire et l’actualité du travail social, parmi les grands courants d’idées qui l’ont pénétré et qu’il a, peut-être, influencés. On évoquera la diversité des finalités qu’il s’est données, de l’altruisme au professionnalisme, du respect de la personne à l’aide psychosociale, de la promotion des groupes à l’intégration sociale, de la charité à l’économique, de la tutelle au contrat.

Il restera à conclure, surtout pour inviter le lecteur à poursuivre sa réflexion face aux défis du chômage, de la mondialisation, de la décentralisation et des évolutions économiques et sociales rapides.

PARTIE 1

Le travail social

Chapitre I

Les quatre directions prises par le social

Le social s’est peu à peu canalisé dans quatre directions institutionnelles : l’Aide sociale, la Sécurité sociale, l’Action sociale et la Prévention sociale. Essayons d’en cerner les contours, pour éviter la logomachie qui sévit fréquemment dans ce domaine, afin de comprendre le rôle des travailleurs sociaux dans ces quatre domaines.

I. – L’aide sociale1

Dans le langage courant, l’Aide sociale désigne l’ensemble des dispositifs venant en aide aux personnes dans le besoin. Dans ce sens extensif, elle regrouperait tous les systèmes d’aide mis en place « pour abolir l’état de besoin », selon la forte expression de Lord Beveridge.

Retenant une définition extensive, E. Alfandari2 y classe également les prestations non contributives de la Sécurité sociale, les bourses de l’enseignement et l’aide juridique, considérant qu’il s’agit de prestations n’ayant pas donné lieu à versement préalable de cotisations.

Au sens strict, il s’agit de l’appellation actuelle de la vieille assistance publique, ce qui induit une connotation paternaliste malgré le dynamisme de ses acteurs et les transformations dont elle est l’objet. L’assistance publique, dont l’origine remonte à saint Vincent de Paul, s’appliquait à deux populations :

  • – des enfants abandonnés et pupilles de l’État : l’assistance publique des « enfants assistés » ;
  • – les malades, les personnes âgées ou handicapées : l’« assistance médicale gratuite », l’« assistance aux vieillards, infirmes, incurables », les « femmes en couches ».

La première est devenue l’Aide sociale à l’enfance. – Elle prend en charge plus de 500 000 mineurs ou jeunes majeurs (de 18 à 21 ans) :

1/ Les uns sont dans leur famille, avec une aide financière (allocation mensuelle, secours exceptionnel), un soutien à domicile (par une technicienne de l’intervention sociale et familiale ou une aide ménagère), ou une aide éducative (par des travailleurs sociaux), ces trois formes d’action pouvant être accordées ensemble ou séparément.

2/ D’autres ne sont plus dans leur famille, ils sont pris en charge, avec l’accord de celle-ci ou à sa demande, par le Service de l’Aide sociale à l’enfance, lorsque les conditions de vie de la famille ne lui permettent plus de les élever.

3/ D’autres, enfin, sont confiés au Service de l’Aide sociale à l’enfance ou confiés directement à une personne ou à un établissement, à la charge financière de l’Aide sociale à l’enfance, par le juge des enfants qui constate qu’ils sont en danger.

Les mineurs mentionnés en 2 et 3 sont accueillis dans un établissement pour enfants, au foyer départemental de l’enfance ou dans la famille (dite famille d’accueil) d’une assistante familiale.

Ceux d’entre eux qui n’ont plus de famille, de moins en moins nombreux (moins de 4 000 contre 140 000 au début du XXe siècle) sont admis en tant que pupilles de l’État. L’objectif est leur adoption, dans un contexte où les personnes qui souhaitent adopter un enfant sont de plus en plus nombreuses.

La loi du 22 juillet 1983, dans le cadre de la première réforme de décentralisation, a transféré l’Aide sociale à l’enfance au département, mais les pupilles restent « pupilles de l’État » : ils sont pris en charge par le département mais placés sous la tutelle du préfet (art. L. 221-1 et suiv. et R. 221-1 et suiv. du CASF).

La seconde a été réformée en 1953 et également transférée, pour l’essentiel, au département. La réforme de 1953 a remplacé l’ancien vocable, « l’assistance publique », par celui de « l’aide sociale », afin de mieux marquer la dignité et les droits des bénéficiaires. Si ceux-ci disposent de recours contentieux, l’aide sociale conserve néanmoins, avec certes des aménagements, la référence à l’obligation alimentaire, les recours en récupération, notamment sur la succession du bénéficiaire, garantis par l’inscription d’une hypothèque légale sur les immeubles lui appartenant.

Ses formes sont les suivantes :

  • l’aide sociale aux personnes âgées : aide ménagère, aide au repas, placement chez un particulier ou en maison de retraite3, allocation personnalisée d’autonomie (art. L. 231-1 et suiv. et R. 231-1 et suiv.) ;
  • l’aide sociale aux personnes handicapées : aide ménagère, aide au repas, placement chez un particulier ou en établissement, prestation de compensation des handicaps (art. L. 241-1 et suiv. et R. 241-1 et suiv.) ;
  • l’aide médicale de l’État qui prend en charge les dépenses de soins lorsque l’assurance maladie ou la couverture maladie universelle (CMU) ne peuvent intervenir (étrangers résidents en France, en situation irrégulière) (art. L. 251-1 et suiv.) ;
  • le revenu minimum d’insertion, comportant une allocation de ressources et un dispositif territorial d’insertion (art. L. 262-1 et suiv. et R. 262-1 et suiv.) ;
  • l’aide à l’hébergement et à la réinsertion sociale des personnes qui connaissent de graves difficultés en vue de les aider à retrouver leur autonomie personnelle et sociale (art. L. 344-1 et suiv. et R. 345-1 et suiv.).

II. – La Sécurité sociale

Elle repose sur le principe de l’assurance. Sur la base des lois d’assurance sociale de 1930, elle a vu le jour en 1945-1946 avec Pierre Laroque. Dès 1942, le rapport Beveridge proposait aux Anglais un système qui nous a servi de modèle. L’ordonnance de 1945 proclamait : « L’organisation de la Sécurité sociale garantit les travailleurs et leur famille contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gains. Elle couvre également les charges de maternité et de famille. » L’ordonnance prévoyait l’harmonisation progressive des garanties et l’extension du champ de la Sécurité sociale à d’autres catégories de bénéficiaires et à des risques nouveaux.

La loi du 22 mai 1946 rendait obligatoire l’assujettissement aux assurances sociales de tous les travailleurs. Le 22 août 1946, les allocations familiales étaient, à leur tour, étendues à toute la population. Enfin, l’assurance vieillesse était généralisée.

Pour administrer cet ensemble, l’ordonnance de 1945 avait prévu l’organisation de caisses uniques à compétence générale dont l’organisation devait s’inspirer des principes de la mutualité. Homogène et ambitieux, le Plan de 1945-1946 sera tenu en échec :

  • – longtemps, sur l’idée de généralisation (c’est en 1999, que fut créée la couverture maladie universelle) ;
  • – sur l’unicité du régime (maintien, à côté d’un régime général, des régimes particuliers et des régimes spéciaux).

Les ordonnances de 1967 créaient, dans le régime général, trois caisses : la caisse nationale d’Allocations familiales ; la caisse nationale d’Assurance maladie ; la caisse nationale d’Assurance vieillesse. Elles supprimaient l’élection des membres des conseils d’administration des caisses, rétablie en 1983.

Depuis, le champ de la Sécurité sociale n’a jamais cessé de s’étendre. La loi du 2 janvier 1978 a élargi son accès, en créant l’assurance personnelle, ouverte à toute personne résidant sur le territoire français. Toutefois, si le but est atteint, c’est en abandonnant la grande idée de l’unicité de la Sécurité sociale. Par ailleurs, la couverture d’un nouveau risque, par l’assurance chômage, a été confiée à une institution autonome, l’ASSEDIC.

En 1999, l’instauration d’une couverture maladie universelle, offrant une prise en charge de base, ainsi qu’une couverture complémentaire pour les affiliés les plus démunis, a parachevé la généralisation de l’assurance maladie.

III. – L’action sociale

Jusqu’en 2002, on pouvait définir l’action sociale comme un concept qui fédérait de manière souple des interventions sociales conduites par les collectivités territoriales, leurs établissements publics et les organismes de Sécurité sociale. Ces institutions menaient leur « action sociale » avec une liberté d’initiative et de conception qui contrastait avec le fort encadrement législatif qui caractérise l’aide sociale et la Sécurité sociale.

Depuis la loi du 2 janvier 2002 « rénovant l’action sociale et médico-sociale » et la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales, il faut s’interroger sur cette définition. En effet, la loi du 2 janvier 2002, dont les dispositions ont été insérées dans le livre III du Code de l’action sociale et des familles, livre dénommé « action sociale et médico-sociale mise en œuvre par des établissements et des services » contient des dispositions qui tendent à définir le cadre dans lequel cette action s’inscrit ainsi que son organisation (art. L. 311-1 et suiv. du CASF). Il semble que ce dispositif législatif et réglementaire qui vise l’action sociale et médico-sociale et qui s’applique aux établissements et services « sociaux et médico-sociaux », financés tant par l’aide sociale que par l’assurance maladie, ne remet pas en cause la définition première. Au demeurant, l’article L. 116-1 qui précise les objectifs de l’action sociale et médico-sociale n’est pas en contradiction avec cette définition. La loi du 13 août 2004 semble confirmer cette analyse. L’article L. 121-1 du CASF, issu de l’article 49-1 de cette loi, précise que le département définit et met en œuvre la politique d’action sociale, en tenant compte des compétences confiées par la loi à l’État, aux autres collectivités territoriales ainsi qu’aux organismes de Sécurité sociale. Le département coordonne les actions...