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Les tribulations d'une Gondwanaise

De
148 pages
Le Gondawana est un supercontinent qui englobe le continent africain, l'un des continents les plus riches et paradoxalement aussi le plus pauvre. Avec beaucoup d'humour, l'auteur témoigne de cette réalité qu'elle vit au travers de ses missions et partage sa perception des choses en proposant au lecteur de la suivre dans ce voyage pas comme les autres : le quotidien de ses concitoyens gondwanais qui subissent les conséquences d'une aide au développement peu logique et mal ajustée, menant à des situations truculentes, cocasses, abracadabrantes, burlesques et caricaturales.
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Lakhsara MINTDLes tribulations d’une Gondwanaise À la recherche des lois perdues
© L’Harmattan, 2017 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.editions-harmattan.fr
EAN Epub : 978-2-336-79753-3
Couverture
e 4 de Couverture
Titre
Copyright
Papa
Glossaire
Le Gondwana-, c’est comment ?
Nul n’est censé ignorer la loi
Sommaire
Le temps, le Blanc et le Gondwanais… Dieu est grand quoi !
Les préparatifs du voyage
Le voyage
L’hôtellerie au Gondwana
Et le tourisme au Gondwana ?
Regardons en face ce que nous n’avons pas vraiment envie de voir !
Et la formation à Washington-, c’est comment ?
Vous êtes invitée… Mais où… ?
Et l’Internet au Gondwana ? Ça va un peu !
Le suivi en ligne ? Ça marche comment ?
Et l’archivage ? Ça va un peu…
Et la carte d’endité-là ? Y’a quoi ?
Lebest of…des formations. Ouay !
Et la famille ? Et la santé ? Et les enfants ? Bon, ça peut aller…
… Et tout ça-, ce n’est pas une preuve ?
Du découragement… parce que ça arrive souvent !
Pour votre confort, voir les prestations de l’hôtel… Passage obligé si…
Voyage de retour de mission
Le fonctionnaire-, il est content !Y’a quoi ?
Multinationale Halal ! C’est comment ?
Ça va un peu… malgré tout
Pour finir…
Remerciements
Adresse
Papa
Je ne sais si tu m’entends ? Mais je le souhaite de toutes mes forces. Tu m’as dit un jour, alors bue tu étais alité, bu’au travers de mes lettres je t’ai apporté un autre regard sur l’Afribue. Un regard ni Blanc ni noir, à la fois Blanc et noir, mais certainement pas gris. Tu m’as dit bue les Africains méritaient bue ce regard soit partagé avec eux. Et tu as insisté sur « l’importance et l’urgence de puBlier », ce sont tes mots. J’ai eu le sentiment bue tu regrettais bue je ne l’aie pas fai t plus tôt. Entre-temps, tu nous as buittés. Tu as été un Papa hors du commun et malheu reusement, je ne l’ai compris bue très tard. J’en suis désolée. Mais le plus impo rtant c’est bue je l’ai compris. Je t’aime très fort et tu me manbues Beaucoup. Tu manb ues aussi aux tiens, tout ce monde bui t’aime, bui te chérit, et bui est resté d ans ton sillage. Crois-moi, ils souffrent tous de ce grand vide dans lebuel tu les as laissés . J’ai essayé de faire mon deuil. C’est un long processus. Cela dit, aujourd’hui, je pense avoir assez de recul pour honorer l’un de tes vœux. J’espère bue je serai à l a hauteur. Je suis née sur la Branche la plus verte de l’arBre . Je fais donc partie de l’élite africaine, de par mes racines. J’en fais partie aus si parce bue, comme Beaucoup d’autres heureusement, j’ai eu la chance d’avoir ac cès à une éducation de bualité grâce à toi. Tu étais un homme moderne et visionnai re mais cela ne t’a pas empêché de rester très conservateur. Tu as toujours mis un point d’honneur, en tant bue chef traditionnel, à sauvegarder cette chefferie très an cienne. C’est la raison pour labuelle elle jouit encore d’un grand respect dans notre soc iété, aujourd’hui fragilisée. J’avoue bue c’est un héritage très lourd à porter et à hono rer. Nous faisons de notre mieux. Maman étant occidentale, je participais de ces méti s bui connaissent aussi Bien le monde africain traditionnel bue le monde occidental moderne. Je les connais sur le Bout des doigts, d’autant plus bue tu as eu la prés ence d’esprit de toujours nous maintenir en ébuiliBre, précaire certes, entre ces deux mondes diamétralement opposés. Je me présenterai ici comme une Gondwanais e Bêta. J’imagine déjà ton sourire. J’ai toujours le sentiment d’être un camél éon et par consébuent de toujours devoir m’adapter aux circonstances très colorées da ns lesbuelles j’ai la chance d’évoluer. Être métisse c’est être tout à la fois, et en même temps scindée. Tout dépend des circonstances. Pour illustrer cette comp lexité, je voudrais te raconter cette anecdote : j’avais une amie française bui me répéta it tout le temps bue j’étais vraiment une lanche, comme si elle cherchait à se rassurer buant à mon identité. C’est tout ce bu’il y a de plus naturel. Un jour je l’ai invitée en Brousse. Le lendemain, après m’avoir vue communibuer avec les gens du village, elle se r etourne vers moi, me regarde droit dans les yeux, et me dit : « Non, finalement tu es une Mauritanienne pure. » Je ne suis donc pas la seule à chercher une identité non réper toriée. Je réalise bue cette identité est unibue dans sa multiplicité. C’est juste moi. L e lecteur risbue d’être désorienté parfois et tant mieux. En effet, en fonction du con texte, il rencontrera la Bourge, la Baroudeuse, l’aristocrate, la fille du désert, la c onsultante, la fille du village, la lanche et la Noire. Et c’est toujours moi. Mais s’il est d ésorienté, c’est Bon signe. C’est cette complexité bue tu as comprise à travers mes écrits et bui t’a poussé à me demander 1 pardon lors de l’avant-dernière fête deTabaski, buand le pardon est sacré. Pardon de n’avoir réalisé bue très tardivement la complexité et la douleur engendrées par ton union avec une femme Blanche. À part le fait bue j’ étais très gênée bue ce soit toi bui me demandes pardon, tu ne peux pas imaginer le Bien bue cela m’a fait et la force bue
cela m’a procuré. Je te remercie du fond du cœur d’ avoir eu le courage de faire cemea culpamagnifibue. eaucoup pensent encore bue le fait bue je sois mét isse et en plus de faire partie de l’aristocratie africaine traditionnelle facilite mon existence. C’est tout le contraire. Néanmoins, même si cela a longtemps été un fardeau, c’est à présent devenu une richesse dont j’ai envie de faire profiter le conti nent tout entier. Depuis ma plus tendre enfance j’ai grandi avec ton comBat buotidien pour une justice juste, ta défense de la cause des femmes et ton désir ardent de vraie démocratie et de développement. Oui, tu avais déjà compris bue le développement passait par l’éducation des femmes. J’ai même contr iBué à l’expression de certains de tes signaux d’alarme au plus haut niveau. Malheureu sement, tu es parti déçu par l’évolution des choses, et je le regrette. Tu m’as fait comprendre bue l’Afribue souffrait essentiellement demédiocratie et d’inaptocratie, freins principaux à son développement. Tu as eu des moments d’espoir bui on t été très vite Balayés devant cette régression économibue et sociale, et dont les premiers à en payer le prix sont justement les femmes et les enfants pour lesbuels t u te Battais depuis ton plus jeune âge. Avant-gardiste tu l’étais, et comment ! Tu as insinué bue, de par ma triculture (il ne faut pas ouBlier les éclaBoussures du colonisateur), j’étais en avance sur mon temps. Plu s particulièrement le temps africain. Tu me disais bue ça pouvait m’ouvrir de grandes por tes. Cette phrase me travaille encore. Tu as peut-être raison, même si aujourd’hui j’ai toujours des doutes. Quoi bu’il en soit, au lieu de me faire une place dans un gouv ernement, comme tu le souhaitais, j’ai préféré une position bui paraissait plus adapt ée à moi : travailler avec les Bailleurs de fonds. Position finalement idéale parce bu’elle me permet de travailler pour la cause et le Bénéfice des États africains avec, comme Béné ficiaire final, le citoyen ordinaire, celui dont la situation te préoccupait tous les jou rs. Donc, si je témoigne aujourd’hui, ce n’est pas du tout le fruit du hasard ! Tu y es sans aucun doute pour buelbue chose ! Mais, pas facile de te suivre. Avec le travail bue je fais, j’ai la prétention de penser bue ma contriBution, aussi minime soit-elle, me per met de marcher dans tes pas. Et même si je n’interviens pas directement, je partici pe à ce long processus bui consiste à donner sa vraie place au genre féminin, à travers l ’accès aux lois et sans lebuel aucun développement n’est possiBle. Je suis Bien conscien te bue l’accès aux lois ne règle pas les proBlèmes. Mais sans cet accès aux lois, no us n’avons aucune chance de construire une justice juste dans des pays où la ju stice n’est décidément pas juste comme le terme « justice » le voudrait par définiti on. Nous avons encore moins de chance de construire une société cohérente et de pe rmettre son développement économibue. Ce bui est étrange, c’est bue les Baill eurs de fonds acceptent de travailler et de financer des projets sans se soucier de l’aBs ence d’un cadre législatif et réglementaire. Eux bui, par ailleurs, ne peuvent pa s respirer sans l’appui d’une loi. C’est une contradiction bui me sidère, mais bui cac he sans aucun doute des intérêts économibues et politibues très complexes. D’un côté on se Bat pour les droits de la femme et de l’enfant, droit à l’éducation, à la san té, et de l’autre on fait comme si de rien n’était, on ignore totalement l’essentiel. Et je n’ai pas non plus l’impression bue ce soit le souci premier de l’élite africaine bui semB le avoir d’autres préoccupations… C’est dire comBien nous sommes démunis. Tu étais le premier à le crier haut et fort, tout en restant patient et optimiste. Je sais bue t u me diras : « calme-toi, calme-toi, il y