Les violences faites aux femmes

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234 pages
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Dans le monde, les femmes sont les premières victimes de violences : violences physiques, sexuelles, psychologiques, verbales, économiques… Elles sont aussi soumises au quotidien à des violences moins visibles, plus insidieuses telles que l’accès inégal au marché du travail, l’inégalité des salaires, l’évolution de carrière plus lente, la répartition inégale des tâches domestiques etc.
Ainsi cet ouvrage qui réunit à la fois des chercheurs et les principaux acteurs en charge de traitement de ces violences (travailleurs sociaux, médecins) se propose de questionner sous différents angles (social, historique, culturel, médical) les problématiques qui affectent les femmes dans le monde (violences conjugales, mutilations sexuelles féminines, mariage forcé, prostitution, discrimination de sexe, sans abrisme...).
Son objectif consiste, par un dialogue croisé entre chercheurs et professionnels, à nous interroger sur l’ensemble des violences faites aux femmes touchant une large population puis à mettre en perspective et à confronter les aspects institutionnels, politiques, sociaux avec les pratiques des professionnels et acteurs de terrain.

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Date de parution 01 janvier 2015
Nombre de visites sur la page 28
EAN13 9782849244197
Langue Français

Informations légales : prix de location à la page 0,018 €. Cette information est donnée uniquement à titre indicatif conformément à la législation en vigueur.

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Les violences faites aux femmes
Un combat séculaire
La collection« Essai »se veut ouverte aux nouveaux regards portés sur les sciences, les faits de société et les questions contemporaines.
Dans la même collection :
Les centres éducatifs fermés,Benaïssa Hallak Science et diplomaties, Pierre-Bruno Ruffini Des métallos aux jeunes dex cités, Éric Marlière Du refus d’être père,François Faucon L’islamisme radical et l’Occident,Sophie Viollet Polynésiens et Indiens d’Amérique du Nord, Mikko Heikinheimo Plaidoyer pour les cochons, Michelle Julien La condition politique des Français d’origine non européenne, Adda Bekkouche Le réveil du monde arabe : douze scénarios d’avenir, Gilles Chenève Pas simplement quand ils nous rasent,Christophe Médici Crises économiques et régulations collectives, Michel Leis Amnesty International : enquête sur une ONG génétiquement modifiée, Marc Girot L’Afrique des timocrates, Léon Koungou L’athéisme et la foi confrontés aux savoirs actuels, Thierry Karpiel La vache à lait : notre consommation, leur martyre, Michelle Julien Les jeunes et la discothèque, Éric Marlière École, violence et domination, Pierre Badiou & Dominique Vachelard Sociologie des immigrés âgés, Emmanuel Jovelin & Fatima Mezzouj Crise : une chance pour l’entreprise ?, Jean Burnod Intervenir auprès des mineurs étrangers isolés, Francisco Mananga Le management noir, Christophe Médici Le krach de la dette publique, Sébastien Groyer L’accueil des demandeurs d’asile, Carolina Kobelinsky L’immigration : problématiques et défis, Violette Daguerre L’Internet des objets, Geoffrey Zbinden Les droits de l’enfant : une fausse bonne idée, Philippe de Dinechin Hyperphagie : l’obsession de manger, François Faucon La nudité : pratiques et significations, Christophe Colera Écoterroristes ou écoguerriers ?, Roger Ribotto Le souverainisme : une idée certaine de la France, Philippe Boulanger La jeunesse qui range sa chambre, Grégory Kapustin Philosophie du ménage, Sébastien Groyer L’écologie profonde, Roger Ribotto La sexualité collective, Radu Clit Chirurgie esthétique : les conseils d’un chirurgien, Vladimir Mitz Psychologie de la fatigue, Jean-Louis Dupond J’accuse la dérive de la psychanalyse, Sylvie Lanzenberg
Image de couverture :fear© Foxy_A © Éditions du Cygne, Paris, 2015
www.editionsducygne.com ISBN : 978-2-84924-419-7
Anne-Françoise Dequiré (coord.)
Les violences faites aux femmes
Un combat séculaire
Éditions du Cygne
« La violence contre les femmes et les ïlles demeure inchangée dans tous les continents, tous les pays et toutes les cultures. Le tribut payé par les victimes, leur famille et la société dans son ensemble est accablant. La plupart des sociétés interdisent cette violence, mais en réalité, elle est trop souvent passée sous silence ou tacitement tolérée. » Ban Ki Moon, Secrétaire Général de L’ONU
Aux femmes
À Charlène
À Yann
Introduction Générale
Dans le monde, les femmes sont les premières victimes de violences : violences physiques, sexuelles, psychologiques, verbales, économiques… Elles sont aussi soumises au quotidien à des violences moins visibles, plus insidieuses telles que l’accès inégal au marché du travail, l’inégalité des salaires, l’évolution de carrière plus lente, la répartition inégale des tâches domestiques etc. Pour exemple, Isabelle Clair dans son ouvrage « sociologie du 1 genre » rappelle que les femmes salariées mènent conjointement activité professionnelle et activité domestique et subissent dans le domaine du travail des discriminations quant à la prise de poste de direction ou à responsabilité, davantage conïés aux hommes. 2 Les multiples formes de violences faites aux femmes ont en commun d’instaurer ou de maintenir une relation de domi-nation, de contrôle, les privant de toute autonomie, niant leurs désirs et leurs droits élémentaires. Diverses études montrent que la violence les affecte indépen-damment de leur âge, de leur statut socioéconomique, de leur niveau d’éducation, de leur pays mais toutes s’accordent pour dire que les femmes subissent justement ces violences parce qu’elles appartiennent au « genre » féminin, au « sexe faible » comme nous l’ont souvent rappelé un certain nombre d’auteurs. Pierre Bourdieu, par exemple, dans son ouvrage « la domination 3 masculine » analyse les mécanismes conscients ou inconscients au sein de notre société visant à maintenir les différences dans les rapports hommes/femmes.
1. Clair I.,Sociologie du genre, Paris, Armand Colin, coll »128 », 2012. 2. Quand nous parlons des violences faites aux « femmes », nous incluons également les « filles ». 3. Bourdieu P.,La domination masculine, Paris, Seuil, 1998.
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4 Pour Françoise Héritier , la domination masculine a été légi-5 timée au cours de l’histoire par différents mythes attribuant à l’homme un statut supérieur à celui de la femme. 6 Pour Jane Mejias, la conception du masculin et du féminin est, dans la sociologie du genre, un construit historique et social plus qu’une donnée naturelle. Un homme est supposé être supérieur aux femmes, fort, viril, courageux et maîtriser ses émotions. Ces habiletés masculines transmises par la socialisa-tion primaire et secondaire sont perpétuées dans les pratiques sociales au quotidien. La violence se fonde ainsi sur l’universalité de la subordination des femmes liée à leur rôle dans la reproduc-tion et à la division sexuelle du travail. 7 «On ne naît pas femme,disait Simone de Beauvoir, on le devient» . L’inégalité homme/femme est culturellement construite, et non naturel. Bien que la femme soit l’égal de l’homme, à la fois intel-lectuellement et physiquement, l’homme « dominant par nature », renvoie la femme à son altérité pour en faire un être inférieur. La femme est considérée par les hommes comme un organe de repro-duction, et non comme un rival dans la lutte pour la reconnaissance. Aussi la lecture de l’ouvrage collectif de Michelle Perrot 8 et Georges Duby retraçant l’histoire des violences faites aux
4. Héritier F.,Masculin,féminin, la pensée de la différence, Paris, Odile Jacob, 1996. 5. Voir l’exemple des Baruyas en Nouvelle-Guinée. Lors des stages initia-tiques, les hommes répètent aux profanes que les femmes sont à l’origine de l’invention de l’arc et de la flûte cérémonielles mais les hommes leurs ont volés en pénétrant dans la hutte menstruelle où ces objets étaient cachés. Depuis, seuls les hommes savent les manipuler-ce qui leur confère une supré-matie absolue. Chezles Dogons, en Afrique Occidentale, les hommes ont ôté aux femmes le pouvoir qu’elles avaient sur le monde du sacré, en leur dérobant des jupes et des masques en fibres teintés de rouge. Ces objets leurs permettaient d’effectuer des cérémonies et des cultes pour les anciens afin de maintenir l’ordre. Dans les deux situations, le pouvoir leurs a été donné mais les femmes ont été dans l’incapacité de le garder et de dominer les hommes. 6. Mejias J.,Sexe et société. La question du genre en sociologie, Bréal, coll « thème et débats », 2005. 7. De Beauvoir S.,Le deuxième sexe, Gallimard, p. 285-286, 1949. 8. Duby G., Perrot M.,Histoire des femmes en occident, Plon/Perrin, 2002.
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