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Limites de la psychanalyse

De
157 pages
Lacan ou Derrida ? Un psychanalyste pour qui Derrida est "l'un des penseurs les plus importants de notre époque et, qui plus est, un des plus sensibles à l'oppression et à l'injustice dans le monde", lui donne ici la réplique. Dialogue impossible ? Dans un sens, oui. mais non impraticable, ce livre en donne la preuve.
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Marcelo Pasternac

Limites de la psychanalyse
Lacan ou Derrida

L'Harmattan 5-7, rue de l'École-Polytechnique 75005 Paris

FRANCE

L'Harmattan Hongrie Hargita u. 3 1026 Budapest HONGRIE

L'Harmattan Italia Via Bava, 37 10214 TOriDO ITALIE

En couverture: Puro torcido 0 pipa [Cigare tordu ou pipe] dessin original de Carlos Carrera, Mexico, 2000. Edition originale: Psicoanétlisis 0 anétlisis deconstructivo, Epeele, Mexico, 2000. ISBN 968-6982-12-4

Traduction de l'espagnol par Muriel Vamier et Laurent Comaz, revue par l' auteur

@L'Hannatlan,2003 ISBN: 2-7475-4092-8

Sommaire
In1roduction Analyse ou psychanalyse ? Chapitre1 Chapitre2 Chapitre3 chapitre 4
Chapitre 5

7

Résistmeeàla

~chanalyse

19 23 31
43

Psychanalyste« quand ça lui clmte » ? Analyse en générnl, ~chanalyse ]Eticu1ier en

La lettreet sa partition.Compulsion de réçétition L'ombilic du rêve chez Wrttgenstein, furida et Lacan Lescritiquesdefurida envers la ~chanalyse lacanieme Une lecture stimulante

49

Chapitre 6

67 83

Chapitre 7

Le cas du « Verbier»d' Abrnham et Torok Chapitre 1 Chapitre 2 Chapiire 3 Chapitre 4 Lacan, effutyé Lacan, fffilDnsable ? Le Verbier, sa méthode, ses ptœédés Ce que furida et Lacan ont lu dans le Verbier 91 101 119 133

Fmal
En cette année 2000

145 153

Post-scriptwn

Nouveautés dans la JX}si1ionde Jacques Detrida

Introduction

La psychanalyse et la philosophie sont des pratiques, des champs, des activités, des domaines (des «jeux de langage », dirait Wittgenstein) différents. Voilà bien une de ces affirmations qui, ainsi posées, semblent évidentes au point de ne pas mériter plus ample considération. Rien ne justifierait donc que l'on y perde son temps... Cependant, cette «évidence» n'est pas si évidente que cela. .. Certains philosophes ne se privent pas de disserter sur la psychanalyse, et de lui faire des observations et des objections qui ne devraient pas laisser les psychanalystes indifférents. Quant aux découvertes de la psychanalyse, sont-elles sans conséquence sur les élaborations des philosophes et ne devraient-elles pas imposer, si elles sont valables, certaines limites face à l'essor des conceptions philosophiques? Bref, une réflexion psychanalytique sur les raisons des philosophes est pertinentel et nous portons un intérêt très
1

Cf. Jacques Lacan,Les structuresfreudiennes despsychoses, 21 mars 1956,

version Sténotypie, p. 1 : « .. .la formation de l'analyste est d'abord de se bien pénétrer de ce qui est articulé de la façon la plus énergique possible, pour des gens dont une.partie est extrêmement loin de nos études. » Cette référence ne s'applique bien sûr pas à toutes les sources, ni ne nous oblige à accepter

spécial à lire les philosophes qui objectent avec sérieux à la psychanalyse. Parmi ceux-ci, Wittgenstein et Derrida occupent une place de choix. Le premier (qui, lors d'une conversation avec son élève Rhees, se situait comme un « disciple» de Freud) a éveillé récemment l'intérêt sur un point mis en valeur par la parution de l'œuvre de Paul-Laurent Assounl : la question de l'assentiment à la psychanalyse. Ce thème renvoie à la transmission de la psychanalyse, à sa pénétration dans la culture ou à la façon dont la culture et la société influencent la circulation de pratiques variées désignées confusément comme «psychanalyse », à la peste que la psychanalyse aurait infiltrée dans la société ou à celle qui, inversement, aurait permis à la société d'infecter et de neutraliser la psychanalyse. Problèmes qui peuvent être posés comme des questions idéologiques dans le champ de la sociologie, mais qui remettent en question l'existence même de la psychanalyse en tant qu'expérience qui se fonde sur une raison distincte de celle de la magie ou de la religion, et en dialogue constant avec l'épistémè scientifique auquel elle ne peut être assimilée de façon simple2. Une pratique et un savoir autrement dit, qui peuvent soutenir leur pertinence et leur rationalité sans faire appel au domaine de la croyance et, qui plus est, parviennent à rendre compte de la question de la « croyance» comme une dimension de la subjectivité en jeu dans l'avenir même de l'expérience analytique. Cette
parfois rien d'autre qu'une incitation à réfléchir sur les raisons qui nous poussent à rejeter ses positions intéressantes, mais pas toujours pertinentes.
1

2 « La psychanalyse est-elle ou n'est-elle pas une science? Lacan a dit les deux! La science est-elle le nec plus ultra du transmissible ou bien un fantasme? Lacan a dit les deux! » 1. Allouch, Freud, et puis Lacan, Epel, Paris, 1993, p. 86.

P .L. Assoun, Freud et Wittgenstein,

PUF, Paris, 1988.

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question de la croyance finalement, la psychanalyse permettra de la destituer lors de sa culmination à la fin

d'une analyse, lorsque le sujet s'instituera sur sa ruine éventuellement, comme passage de la position d'analysant à celle d'analyste. Cette façon de poser le problème nous montre comment l'intérêt va des dimensions qui se rattachent au lien social, dans lesquelles la psychanalyse est incluse, à la façon dont l'assentiment se manifeste à travers la possibilité de formuler une demande singulière et son élaboration dans un parcours personnel dans l'expérience de la psychanalyse en intension], ainsi que les façons particulières dont s'incarne cet assentiment chez le sujet en question dans son rapport de transfert. Aux côtés de Wittgenstein, nous avons également cité Derrida. Contrairement au premier, il n'a pu se passer de la présence de Jacques Lacan dans l'horizon de sa culture et dans sa référence à la psychanalyse. Derrida, dans son œuvre récente, focalise le problème de la résistance à et de la psychanalyse.
Nous nous montrerons sensible aux implications qu'a pour la psychanalyse ce que Derrida appelle «un axiome

d'interminabilité de la psychanalyse », sa référence qu'il défend contre Lacan dans un commentaire du «Séminaire sur "La lettre volée" »à une partition indéfinie ou infinie de la lettre.

La possibilité même de savoir si la psychanalyse (lacanienne, redondance qu'il nous faut assumer, tout au
1 Lacan différencie orthographié). l'analyse en extension de l'analyse en intension (ainsi

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moins de façon conjoncturelle) peut se réduire, dans le monde mercantile, «à une sorte de médicament périmé scandaleuse et scandalisée de Derrida), à une pratique dont la validation serait tout simplement due, comme c'est le cas de différents produits ou services en vente dans la société, au seul fait qu'elle trouve des acheteurs (et qu'en ce sens, il faut bien le reconnaître, elle ne pourrait jamais faire concurrence, si tel était le cas, aux camelots, aux charlatans de fêtes foraines, aux interprètes de la lie et du marc de café ou aux gitaneries des diseuses de bonne aventure...), la possibilité, disions-nous, d'empêcher qu'elle soit réduite à une marchandise quelconque, dépend de ce que la psychanalyse réponde là où les objections de la philosophie et des philosophes s'avèrent inadéquates et produise une réponse psychanalytique et épistémique pertinente. Mais il existe une autre question. Confrontés depuis longtemps aux problèmes que je viens d'évoquer, nous pourrions avoir tendance à aborder les objections - et peut-être était-ce le seul moyen de le faire - avec un certain besoin névrotique, narcissique, de démontrer qu'elles sont sans fondement, sans pour autant en arriver, heureusement, au point d'en ignorer le problème. Il peut être fécond de s'affronter de façon sérieuse aux formulations qui, partant d'une perspective digne d'attention, renvoient à la pratique psychanalytique et lui adressent critiques et réfutations. On a eu trop facilement tendance à les réduire à une forme de «résistance» à l'analyse, même si elles peuvent sembler parfois être effectivement des manifestations de rationalisation, d'intellectualisation, etc., qui sont autant de façons symptomatiques d'éviter ce que la psychanalyse remet en

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question chez chaque sujet, qu'il soit ou non philosophe. Derrida lui-même attire l'attention sur l'heureuse diminution du recours à cet argument1, grâce auquel on s'abstenait d'entrer dans le débat que l'objection ouvrait; de cette façon, celle-ci ne pourrait être considérée comme réfutée de manière convaincante que par ceux qui croient d'avance au rejet fidéiste, ce qui ne peut constituer pour un psychanalyste qu'une nouvelle forme, inversée, de résistance à la psychanalyse, mais appartenant à la même catégorie symptomatique. C'est peut-être pour cela que Derrida parle non seulement des «résistances à la psychanalyse », mais également des «résistances de la psychanalyse ».

La lecture Wittgenstein résoudre ce d'éprouver le

des œuvres d'un philosophe tel que s'avère particulièrement féconde pour dilemme et, qui plus est, pour cesser besoin de ce que les objections soient sans fondement. En réalité, la vraie révélation - bien que peut-être certains la considèrent comme ce qu'elle

semblait être depuis toujours: une évidence banale - fut
de découvrir que, dans les cas les plus intéressants de renvois mutuels entre la philosophie et la psychanalyse, il ne s'agissait pas d'un vrai débat, mais du croisement de deux monologues dont les thèmes étaient différents. Autrement dit, la réponse la plus adéquate à certains
1. Derrida, Résistance de la psychanalyse, Galilée, Paris, 1996, p. 13. [Dorénavant: R suivi de deux points et de la page) : « ... on peut se demander pourquoi les psychanalystes eux-mêmes, semble-t-il, font moins grand bruit ces temps-ci [à propos de la résistance à l'analyse], comme si accusés, à plus ou moins bon droit, d'en avoir abusé, et d'avoir ainsi trop vite triomphé de toutes les questions ou objections, régulièrement renvoyées après analys'express au titre de symptômes de résistance, ils se pliaient ou se préparaient à d'autres contrats de discussion. »
1

Il

problèmes posés à la psychanalyse par quelques philosophes consisterait à souligner que le problème était mal posé, ou qu'il n'existait pas, ou mieux encore, qu'il s'agissait d'un problème de philosophie et non pas de psychanalyse (il faudrait se demander si l'inverse est également pertinent), celle-ci n'ayant donc pas l'obligation de se prononcer à son sujet. Tout cela sans préjudice de ce que, même ainsi, la question posée s'avère assez importante pour que la psychanalyse réponde au problème que le philosophe lui pose, et cette fois en tant que problème de la psychanalyse. Se réponde, donc, sur son propre terrain, ce qui implique sans doute de reformuler toute la question. Ce sont les énoncés du «second Wittgenstein» sur les jeux de langage qui, à notre avis, permettent de trouver cette solution (laquelle, répétons-le, ne sera peut-être jamais rien d'autre, pour certains, que simple « truisme », mais qui offre l'avantage de permettre de répondre à certaines objections de Wittgenstein luimême). Une autre voie a fait pour moi lumière parmi tant de malentendus: un problème de traduction surgi au moment de produire la version espagnole d'une expression utilisée par Jean Allouch dans son livre Lettre pour lettre. En effet, dans certains passages de cette œuvre, Allouch parle d'une lecture de «l'écrit avec l'écrit ». L'apostrophe de l'élision, ajoutée aux difficultés du genre neutre en français lorsqu'il s'exprime par l'article «le » (qui sert également d'article défini masculin singulier), m'obligea à réfléchir longuement sur le sens de cette expression afin de pouvoir effectuer son passage à l'espagnol sans trahir, juste traduire, ce que l'auteur prétendait affirmer. Au-delà des dimensions créatrices ou originales que la différence

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des langues impose comme ce qui ne peut pas se dire d'une façon quelconque dans chaque langue, et au-delà des limites qui en résultent pour le traducteur, il s'agissait de relever le défi suivant: que le lecteur en espagnol puisse lire quelque chose qui soit le plus approchant possible de ce que l'auteur français dit au lecteur français, sans simplification ni altération. Lire donc « el escrito con el escrito », ou « 10 escrito con 10 escrito », ou aucune de ces deux versions? Ayant désormais à sa disposition la version en espagnol}, le lecteur peut remarquer, s'il travaille le discours dans lequel s'insère cette expression, que le premier « écrit» n'est pas du même ordre que celui auquel renvoie le second; que « l'écriture avec laquelle on lit» n'est pas du même ordre que celle qui constitue « l'écrit» lu avec la première; que la traduction correspondante est, à notre avis, «leer 10 escrito con el escrito ». On en trouve un exemple dans le travail réalisé par Allouch quand il lit ce que fait Lacan du Hamlet de Shakespeare avec le graphe du désir - celui qu'il développe dans ses séminaires de 1957 à 1959 (Les formations de l'insconscient et Le désir et son interprétation), et qu'il publiera dans «Subversion du sujet et dialectique du désir dans l'inconscient freudien »2. Il s'agit de lire l'écrit [10 escrito] (de Shakespeare, de Wittgenstein, de Derrida, un roman, le récit d'un passage à l'acte, etc.) avec l'écrit [el escrito ] (avec le graphe, avec le ternaire). Or, s'agissant de philosophie, peut-on poser les choses de cette façon-là? Quel est l'écrit, la grille de lecture, le code de lecture avec lequel Derrida lit «Le
1

2 J. Lacan, Ecrits, Seuil, Paris, pp. 793-827. points et des numéros de pages.]

1. Allouch, Letra par letra, EDELP, Buenos Aires, 1993.
[Dorénavant: É. suivi de deux

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séminaire sur "La lettre volée" »? Comment peut-on déterminer ce code de lecture? Et le cas échéant, quelle lecture peut faire à son tour la psychanalyse de ce code?

C'est là à mon avis, que la conception de Wittgenstein des «jeux de langage» permet de donner une articulation entre les écrits et l'écrit avec lequel on les lit - aussi bien la lecture que comme psychanalystes nous pouvons faire des œuvres de Derrida et de Wittgenstein, que la lecture qu'eux-mêmes font de ce qu'ils considèrent être la psychanalyse. Nous appuyant sur notre travail personnel, et en accord avec les formulations de Withrington 1, nous pouvons dire que «les "jeux de langage" sont des ensembles d'actions linguistiques et non linguistiques régies par des règles qui s'acquièrent par habitude, ce qui nous renvoie à un certain mode de vie». S'il est vrai, comme je l'affirme, que cette conception de Wittgenstein permet de considérer la psychanalyse (lacanienne) comme un «mode de vie» dont le j eu de langage ne peut être séparé de la pratique dans laquelle il s'insère, alors en la lisant avec « l'écrit» [« el escrito »] de Wittgenstein, cette forme de vie implique à son tour un «j eu de langage» particulier - la doctrine, la théorie, l'enseignement lacanien qui permet, pour sa part, de lire avec son « écrit» l'écrit [10 escrito] de Wittgenstein, de Derrida, etc. C'est avec lui que nous lirons par exemple ce que Derrida appelle psychanalyse quand il dit: Que je n'ai[e] jamais été en analyse, au sens institutionnel de la situation analytique, ne m'empêche pas d'être ici ou là, de façon peu comptable,analysant ou

1

E. Withrington, «Ludwig Wittgenstein y los cimientos deI lenguaje »,
n07, 1996, pp. 103-115.

Nombres (Cordoba, Argentina),

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analyste à mes heures et à ma manière. Comme tout le

monde. [R:87] l Au-delà des fâcheries personnelles, des chamailleries entre Lacan et Derrida,2 des querelles de priorité qui semblent jouer un rôle dans des affirmations comme celles que je viens de citer, nous pouvons nous demander ce

qu'est être analyste (Derrida a joué avec la particularité

-

qu'il croit propre à la langue française, mais que la langue espagnole permet tout autant - d'appeler la psychanalyse « analyse ») « comme tout le monde ».
1

"A mes heures" : quandça lui chante,à certainsmoments,selon safantaisie

(Dictionnaire Robert). Derrida abordera cette même affirmation par un biais inverse quand, ironiquement (dans un style semblable à celui qu'utilise J-A. Miller quand il s'adresse en tant que non-analyste aux auditeurs du séminaire de Lacan pour aborder le thème de « la suture» le 24 février 1965), il dira au cours d'une séance de Confrontations le 21 novembre 1977 : ... les psychanalystes n'ont pas pu éviter de m'inviter dans ce lieu jusqu'à ce soir réservé au dedans, au prétendu dedans de l'enclos analytique auquel je suis censé être étranger - ni analyste ni analysant selon les critères en vigueur dans le code qui fait le consensus minimal de leurs quatre groupes recensés. (.1. Derrida, La carte postale, de Socrate à Freud et au-delà, Paris, Flammarion, 1980, p.533) Un peu plus loin [ibid., p. 545], provoqué par la question de René Major qui lui demande: « Qu'est-ce donc que du « non-analyste» ? Et pourriez-vous prouver qu'il y en a ou qu'il n'yen a pas? Le transfert ne suscite-t-il pas tout autant le non-analyste dudit analyste que l'analyste dudit nonanalyste? » Derrida répondra [ibid., p. 545]: « Du non-analyste, oui, qu'est-ce que c'est? Y en a-t-il? S'il y en a, c'est sans doute quelque chose - quelqu'un, quelqu'une - de disons tout à fait [...] voilà: lM-PROBABLE. » Étant donné ce système de rapport entre de telles désignations, on peut comprendre que Derrida ait pu affirmer ensuite qu'il était analyste « comme tout le monde ». 2 Guy Ie Gaufey, dans « Ignoro, luego existo » (Litoral (Cordoba, Argentina), n021, avril 1966, p. 29), marque une différence à propos des noms propres de personnes: 1) les énoncés; 2) le sujet de l'énonciation et 3) l'être humain. Pour ma part, en ce qui concerne cette dernière catégorie, je préfère l'expression « la personne », à cause de sa radicale condition imaginaire.

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Bref, du point de vue de la psychanalyse, le ternaire lacanien nous permet de situer la place qu'occupent certaines formulations des philosophes en question, sans qu'il soit nécessaire à chaque fois de les réfuter (ni de se mettre d'accord avec eux). Il s'agira parfois d'un discours psychanalytique inabordable pour la philosophie, quand celle-ci s'occupe, souvent de façon fragmentaire, de problèmes philosophiques qu'elle croit lire dans la psychanalyse, mais qui ne sont pas des problèmes de la psychanalyse, seulement des problèmes de la philosophie, raison pour laquelle, tout compte fait, la psychanalyse n'a pas à les aborder.l

L'article de Jean-Claude Dumoncel, «Géométrie du processus analytique. Freud, Wittgenstein, Lacan », paru dans L'unebévue, Paris, n07, 1996, pp.933, réalise un exercice de lecture des textes lacanien à l'aide de deux schémas ou images écrites ou dessinées par Wittgenstein. Il lit l'écrit [10 escrito] de Lacan avec l'écrit [el escrito] de Wittgenstein, dans le jeu de langage philosophique.

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Analyse ou psychanalyse?