Lord Bacon
337 pages
Français

Lord Bacon

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Description

Importance de l’histoire des sciences d’observation. — Historia naturalis de Bacon. — Investigation des propriétés des corps. — Explication des faits. — Réfutation d’Aristote. — Bacon considéré comme expérimentateur. — Expériences fructueuses et expériences lumineuses. — Recette pour la fabrication de l’or. — Axiomes. — Œuvres scientifiques de Bacon. — Ses plagiats. — Accusations dirigées contre les savants.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 29 décembre 2015
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EAN13 9782346029273
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Langue Français

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À propos deCollection XIX
Collection XIX est liothèque nationaleéditée par BnF-Partenariats, filiale de la Bib de France. Fruit d’une sélection réalisée au sein des prestigi eux fonds de la BnF, Collection XIXsiques et moins a pour ambition de faire découvrir des textes clas classiques de la littérature, mais aussi des livres d’histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou livres pour la jeunesse…
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Justus von Liebig
Lord Bacon
A SIR RODERICK J. MURCHISON
MON CHER AMI,
Je ne crois pas pouvoir vous donner une plus grande preuve tout à la fois de mon estime et de la haute idée que j’ai de votre impart ialité, qu’en plaçant sous votre patronage un livre destiné à ruiner l’une des plus grandes et des plus anciennes illustrations de l’Angleterre. Dans votre noble pays, que j’apprécie à l’égal de s es propres enfants, et où je serais heureux de vivre et de mourir, — s’il avait un peu plus de soleil et un peu moins de brouillard, — nul ne possède autant que vous le pri vilége de représenter le sublime cosmopolitisme du talent et de la science. A l’exem ple de notre illustre amiAlexandre de Humboldt,glorieuse mémoire, vous vous êtes acquis ce pri vilége, non- de seulement en élargissant le cercle des connaissance s humaines, mais aussi en vous faisant personnellement aimer et vénérer de tous le s membres de la grande famille européenne ; car, comme lui, vous êtes allé vous as seoir au foyer domestique des penseurs et des travailleurs de tous les pays, et, comme lui, vous êtes devenu le tribunal vivant vers lequel tournent leurs yeux tou s ceux qui réclament défense, protection ou encouragement, sans distinction de na tionalité, de culte, de langage et d’opinion. Voilà pourquoi j’ai cru pouvoir me dispe nser de toute autorisation préalable de votre part pour vous dédier ma traduction du Bac on de M. deLiebig,j’ai la tant certitude de trouver en vous un juge impartial et g énéreux. D’ailleurs, quand bien même ce juge me condamnerait, il n’en conservera pa s moins un inébranlable ami et un sincère admirateur dans la personne de celui qui est votre dévoué P. DE TCHIHATCHEF. Florence, le 15 mai 1866.
PRÉFACE DU TRADUCTEUR
Le travail que je soumets aujourd’hui à la bienveil lance des lecteurs éclairés m’a été inspiré non-seulement par le désir de donner une pu blicité plus étendue à un écrit important, sorti de la plume d’une des plus hautes célébrités scientifiques de notre siècle, mais encore par le sentiment de satisfactio n bien vive que l’on éprouve à retrouver, dans les opinions publiquement formulées par un homme d’autorité, ce que depuis longtemps on avait reconnu soi-même, sans os er le dire ouvertement et sans posséder le moyen de le démontrer. En effet, dans le cours de mes travaux sur l’Asie M ineure, il m’arrivait souvent de quitter le domaine des sciences naturelles, pour me livrer à des excursions plus ou moins longues dans le domaine de l’histoire et de l ’érudition, afin d’y recueillir les témoignages du passé, en ce qui concerne les divers éléments physiques qui constituent cet intéressant et classique pays, et d e constater ainsi jusqu’à quel point ces éléments, tels qu’ils s’étaient offerts à mes o bservations, avaient été connus des écrivains de l’antiquité et du moyen âge, et quelle s modifications ils avaient pu subir par l’action combinée du temps et des hommes. Ce fu rent surtout les naturalistes et les voyageurs du moyen âge, notamment ceux des trei zième, quinzième et seizième siècles, qui fixèrent mon attention, parce que les sciences naturelles, très-imparfaitement cultivées par les anciens, avaient p ris dans ces siècles un essor particulier, et se trouvaient favorisées par l’espr it aventureux qui semblait pousser irrésistiblement les hommes à l’exploration des con trées les plus lointaines et les moins connues. Or, dans ces études, une chose m’ava it toujours profondément frappé, à savoir : la stérilité et la complète insi gnifiance des écrits deBacon,comparés non-seulement à ceux de ses contemporains, mais mêm e à ceux de ses devanciers de plus de trois siècles, commeAlbert le Grand,judicieusement apprécié par M. si 1 Pouchet . Toutefois, n’ayant ni le temps, ni l’intention de me livrer à un examen approfondi des nombreux volumes qui composent les œ uvres complètes deBacon, j’avais cru devoir admettre que ma connaissance tro p limitée, trop fragmentaire de ces dernières, était la seule cause de l’idée désavanta geuse que je m’étais formée de l’auteur ; j’étais persuadé que, par un simple effe t du hasard, je n’avais pas mis la main sur celui de ses travaux qui renferme les véri tables titres de sa gloire ; en un mot, je ne me croyais nullement autorisé à taxer d’ ignorance dans les sciences d’observation un homme qui, depuis tant de siècles, était censé être le régénérateur de ces mêmes sciences. Une telle prétention de ma p art m’eût semblé comparable à celle de quelqu’un qui aurait représentéDantecomme indigne d’être compté parmi les p o ë te s ,Cuvier comme n’ayant plus de droit à une place dans les a nnales de la er zoologie, ouNapoléon Icomme déchu de sa réputation militaire. Eh bien, la prétention de détrônerBacon,me paraissait si exorbitante, M. de qui Liebigde la réaliser de la manière la plus victori euse, puisque, dans le vient remarquable écrit dont je donne ici la première tra duction, française, il renverse de fond en comble l’édifice pompeux que, jusqu’à ce jo ur, tout le monde était habitué à contempler comme l’un des plus solides monuments de la grandeur humaine. La tâche que s’était proposée M. deLiebigaussi hardie dans sa conception était que difficile dans son accomplissement. C’est souve nt une opération fort compliquée, fort épineuse, que celle de préciser rigoureusement la valeur intellectuelle ainsi que l’influence des hommes appartenant à une époque élo ignée de la nôtre et placés dans des conditions complétement différentes de celles o ù nous nous trouvons. Il n’est pas
toujours aisé de distinguer ce que ces hommes doive nt aux autres de ce qu’ils ont puisé exclusivement en eux-mêmes ; rien n’est plus varié, plus insaisissable que les symptômes divers par lesquels se manifestent ces fa cultés exceptionnelles désignées du nom vague degénie,et dont on a donné les définitions les plus opposé es. En effet, un éminent écrivain a prétendu prouver, par esprit de paradoxe sans doute, que le génie n’était que de la persévérance, de la patienc e ; mais ne pourrait-on pas dire avec plus de raison que le plus souvent ce qui cara ctérise le génie, c’est plutôt l’impatiencela que patience, laspontanéitéle que calcul. Ainsi quand, dans les sciences d’observation, on voit un homme privilégié faire jaillir d’un petit nombre de faits certains aperçus féconds, certaines conclusio ns générales que plus tard seulement, par de longues et minutieuses études, de s savants de profession viennent confirmer et développer, ne dirait-on pas que l’aut eur de ces déductions, en apparence prématurées, n’a pas eu lapatiencesubir les conditions lentes et de pénibles auxquelles il est donné au commun des mort els d’obtenir de semblables résultats ? Tels furent, pour ne parler que de notre siècle,BuffonetGoethe.Le premier formula des idées fort originales sur plusieurs points des sciences naturelles et physiques, sans avoir eu ni le temps, ni les moyens matériels de se livrer aux études spéciales 2 qui permirent à ses successeurs de constater la jus tesse de ces idées . Quant àGœthe,il posséda à un degré bien plus élevé encore queBuffonla faculté, en quelque sorte providentielle, de saisir l’essenc e et la valeur des phénomènes naturels avec cette promptitude pénétrante, qui per met pour ainsi dire d’embrasser du premier coup d’œil la synthèse, sans subir le long travail de l’analyse, ou du moins sans y consacrer autant de temps qu’il en faudrait aux intelligences ordinaires pour obtenir les mêmes résultats. C’est ainsi que, n’éta nt ni botaniste ni zoologiste de m é t i e r ,Gœthe,dmirableun petit nombre de faits, appréciés avec une a  par clairvoyance, put devancer les naturalistes les plu s spéciaux de son époque, et jeter dans ces deux branches de la science les germes de quelques-unes des grandes lois que d’autres développèrent et établirent ensuite dé finitivement, mais au prix d’un immense et long travail qui n’avait coûté au génie qu’un coup d’œil de perception. Il est vrai qu’en choisissantGœthecomme terme de comparaison pour l’appréciation du génie en général, on admettrait une mesure tellemen t exceptionnelle qu’elle risquerait de ne point trouver d’autre exemple. En effet, dans les hommes hors ligne connus jusqu’ici, le génie ne s’est toujours traduit que p ar une exubérance particulière d’une seule de nos facultés, et cela quelquefois aux dépens de s autres qualités ; en sorte que ce qui constituerait l’idéal de la puissance in tellectuelle, ce serait la réunion dans le même personnage detoutes les facultés également caractérisées par un développement extraordinaire ; ce personnage serait , au même titre, maître dans le domaine dubeau et dans celui duvrai. Or, jusqu’à présent, un semblable idéal n’a encore été réalisé que parGœthe,et peut-etre, mais dans un sens moins étendu, par Leonardo da Vinci. Naturaliste, rateur,poëte, philosophe, historien et litté Gœthe pouvait accepter sur chacun de ces terrains le défi des plus célèbres de ses contemporains, parmi lesquels figuraientCuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, les deux Humboldt, Kant, Schiller, Byrontant d’autres illustrations dans tous les genre s : et naturaliste, il eut pu, s’il eût voulu choisir excl usivement cette carrière, devenir l’émule d eCuvier, de Geoffroy Saint-Hilairede l’auteur du ou Kosmos ;son auréole poëte, splendide soutint sans pâlir l’éclat du sublime mét éore qui, s’élançant des rives brumeuses d’Albion aux pays d’Homère et de Virgile, traversa comme un éclair l’horizon du dix-neuvième siècle, en y traçant une voie de feu que jamais aucune autre
comète lumineuse ne pourra ni parcourir, ni éclipse r. Aux exemples fournis parBuffon etGœthe, on aurait pu en ajouter plus d’un puisé dans d’autres domaines de l’intelligence humaine, n otamment dans le champ des idées philosophiques appliquées aux questions relig ieuses, sociales ou politiques : car, là aussi, le véritablegénietraduit surtout par la se spontanéité et lafécondité ou l’efficacité des manifestations intellectuelles, ma nifestations souvent parfaitement indépendantes du temps, des lieux, et même jusqu’à un certain point du degré de 3 culture ou d’éducation . SiBaconpossédé une seule étincelle de ce feu sacré, avait sa royauté intellectuelle serait encore intacte ; e n sorte que, quand bien même il n’aurait été que peu versé dans les sciences d’obse rvation, il aurait eu droit de prétendre au mérite de les avoir influencées, rien qu’en lançant au milieu du grand mouvement de son siècle quelques idées fécondes, qu elques prévisions ingénieuses susceptibles de devenir, entre les mains de ses suc cesseurs, autant de points de départ pour de nouveaux et importants développement s. Mais M. deLiebig a surabondamment prouvé que la nature avait complétem ent refusé àBacon non-seulement cette brillante faculté d’initiative, mai s aussi tout esprit d’observation dans l’appréciation des phénomènes naturels ; il a prouv é que son audacieuse et impertinente prétention de se poser en régénérateur des sciences physiques n’a eu d’autre résultat que de reproduire, sous des formes nouvelles, d’anciennes erreurs, et de retarder le progrès au lieu de le favoriser ; en fin, il a prouvé qu’à l’ignorance et à l’incapacité qu’il laisse percer dans les sciences d’observation,Baconla plus ajoute insigne mauvaise foi, en prétendant avoir effectué des expériences dont l’impossibilité est rigoureusement démontrée, parce que ces expérie nces sont du nombre de celles qui ne varient point selon le degré d’habileté pers onnelle de l’expérimentateur, ou selon l’état de perfectionnement de la science, mai s parce qu’elles reposent uniquement sur les perceptions les plus élémentaire s, les plus infaillibles de nos sens. Après de telles preuves, il est donc permis de dire maintenant que le rôle deBacon, dans l’histoire des sciences d’observation, fut à p eu près celui deJulien l’Apostatdans l’histoire du christianisme, et que la seule place vraiment saillante qu’il occupera dorénavant dans les fastes du passé est celle du pl us hardi et surtout du plus heureux des mystificateurs connus ; à ce titre il brillera, en les effaçant, au-dessus du comte de Saint-Germainet deCagliostro. Pour démontrer tout cela, M. deLiebigilpoint exigé qu’on le crût sur parole :  n’a s’est constamment appuyé sur les travaux textuellem ent rapportés deBacon ; ses citations sont même tellement nombreuses, que plus d’un lecteur serait peut-être disposé à lui en faire un reproche, sous prétexte q ue rien n’est plus aisé que d’entasser les plus grandes absurdités quand il s’a git des chimistes ou des physiciens du moyen âge, d’un âge où ces sciences se trouvaien t encore au berceau. Mais ce sont précisément les passages empruntés aux œuvres deBaconconstituent les qui véritables actes du procès, les vraies pièces de co nviction ; puisque, si ces œuvres étaient capables de fournir quelque chose de mieux, les avocats deBacon n’eussent pas manqué de le produire, ce qui eût suffi pour le gain de leur cause ; car, je le répète, quand il est question de l’appréciation d’u n homme qui se pose en réformateur d’une époque reculée, il ne s’agit nullement de sav oir s’il a adopté ou non les préjugés de son temps ou s’il s’est fait illusion sur son pr opre mérite : il s’agit seulement d’apprécier jusqu’à quel point il adevancé ses contemporains. Les fautes que, sous le double rapport des influenc es du siècle et de fa vanité personnelle, on peut reprocher àBacon,les partagea avec beaucoup d’hommes il illustres auxquels une place est unanimement et lég itimement acquise parmi les
réformateurs des sciences. AinsiKepler croyait auxesprits commeBacon, et, comme lui, il admettait les rêveries des alchimistes ;Paracelse était presque aussi vaniteux, aussi fanfaron, aussi boursoufflé queBacon ;ce qui établit une différence, du mais tout au tout, entreBaconces deux hommes éminents, c’est qu’en dehors de leurs et défauts, ceux-ci se sont élevésau-dessusde leur siècle par des idées et des travaux qui leur sont exclusivement propres ; tandis queBaconeu, dans les sciences n’a physiques et naturelles, que les erreurs de son tem ps, et souvent même ne s’est rendu réellement remarquable que par son aveugle et systématique obstination à demeurerau-dessousde son époque même. Il est tout simple qu’en renversant une idole créée et vénérée par des préjugés séculaires, M. deLiebigdû soulever contre lui tous ceux qui ne veulen  ait t pas qu’on touche aux idées et aux croyances des aïeux, c’est- à-dire la grande majorité de la société, y compris une bonne partie de la classe qu i se qualifie d’éclairée. A cette légion d’adversaires, déjà assez respectable par le nombre, s’est jointe une phalange de patriotes britanniques qui prétend que c’est porter atteinte à la dignité nationale que de discuter les titres d’un Anglais considéré depui s plus de trois siècles par ses compatriotes, ainsi que par le reste de l’Europe, c omme le régénérateur des sciences. Aussi l’écrit de M. deLiebigété condamné par la presse britannique a-t-il 4 sommairement et sans discussion . Il est vrai que lacritique moderne, ce tribunal formidable qui a entrepris de vérifier et de contrô ler tous les titres sur lesquels reposent les prétentions et les croyances humaines, pour si anciennes et vénérables qu’elles puissent paraître, n’a encore obtenu en An gleterre ni l’empire ni les sympathies dont elle jouit en France et surtout en Allemagne, véritable patrie de cette nouvelle puissance ; en sorte que le seul représent ant influent que la critique ait pu, jusqu’à présent, établir en Angleterre, se réduit p resque à la personne deMatthew Arnold,célèbre auteur des le Essays on criticism.cela, la manière dont on Malgré procéda à l’égard d’une illustration telle que cell e de M. deLiebig eût paru tout à fait inadmissible dans le pays classique de la légalité et de la discussion, si une circonstance particulière n’était venue envenimer l ’impression fâcheuse produite par l’opuscule du grand chimiste allemand ; car cette é tude parut précisément au moment où une polémique très-vive s’était engagée entre l’ auteur et quelques journaux britanniques au sujet de l’application à l’agricult ure anglaise de sa théorie des engrais ; en sorte que l’apparition de l’étude surBacon fit en Angleterre l’effet d’un acte de représailles ou de ressentiment personnel. Mais maintenant que plusieurs 5 années se sont écoulées depuis cette irritation toute locale et passagère, le moment est venu de dégager le côté sérieux et solide de ce remarquable écrit des mesquines susceptibilités qui l’avaient tout d’abord ou voilé ou défiguré. C’est pourquoi j’ai cru rendre un véritable service à la science, en appela nt l’attention, et, s’il le faut, la discussion, sur leBaconde M. deLiebigque, par suite de circonstances particulières, le public n’avait pu apprécier à sa juste valeur ; et comme, par le fait de ces
1Voyez l’excellent ouvrage de ce savant, intitulé :Histoire des Sciences naturelles au moyen âge, out de départ deAllert le Grand et son époque considérés comme poin l’école expérimentale.
2la belle Introduction de M. Flourens aux Voir Chefs-d’œuvre littéraires de Buffon, ainsi que les publications spéciales consacrées à c e dernier par l’illustre secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, qui a eu le m érite d’avoir été le premier à saisir