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Louis XVIII et le duc Decazes - 1815-1820

De
524 pages

1. — L’enfance et la jeunesse de Decazes. — Son arrivée à Paris. — Ses correspondants. — Il devient secrétaire des commandements de Madame. — La mère de l’empereur. — Curieuses lettres. — Decazes juge au tribunal de la Seine. — Chef du cabinet du roi Louis. — Première entrevue de Marie-Louise et de Napoléon. — L’incendie de l’ambassade d’Autriche.

II. — La disgrâce de Fouché. — Deux entrevues avec l’empereur. — Ce que Fouché pense du duc de Rovigo, son successeur.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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À propos deCollection XIX
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Louis XVIII.d’après une miniature donnée par le roi au Duc Deca zesie E. Plon Nourrit & C Edit
Ernest Daudet
Louis XVIII et le duc Decazes
1815-1820
PRÉFACE
Les événements de la Restauration ont eu de nombreu x historiens après lesquels il n’y a pas lieu d’en recommencer le récit. Mais sur le domaine où ces écrivains firent leur moisson, il reste encore beaucoup à glaner. Il n’est pas trop tard pour reconstituer, en marge de cette grande histoire, de s épisodes incomplètement connus et pour y répandre un peu plus de lumière. C’est ce tte tâche que j’entreprends aujourd’hui à l’aide de documents très précieux mis à ma disposition par leur possesseur. Ces documents proviennent des archives du château de la Grave, où le premier duc Decazes, précipité du pouvoir en 1820, commença à les rassembler après sa chute. Il rêvait alors d’écrire ses Mémoir es. Durant vingt ans, en vue de ce travail, il s’attacha à classer ses dossiers et à l es compléter. Si le projet qu’il avait conçu ne fut pas réalisé, si l’ancien favori de Lou is XVIII ne rédigea que deux ou trois chapitres de l’histoire de sa vie, du moins, légua- t-il à son fils tous les éléments de cette histoire. Le second duc Decazes, celui que nous avons connu m inistre de la République, de 1873 à 1877, s’était promis d’élever à la mémoire d e son père le monument auquel elle a droit. Les occupations et les soucis d’une e xistence dont une grande part fut consacrée aux affaires publiques lui firent ajourne r incessamment l’exécution de ce dessein. Il mourut sans l’avoir accompli. Il m’hono rait d’une amitié qui n’était égalée que par mon dévouement pour lui. Souvent, en me mon trant les belles archives de la Grave et en laissant ma curiosité d’historien s’y d onner librement cours, il m’avait dit : « C’est vous qui mettrez tout ceci en œuvre. » La p romesse implicitement contenue dans ces paroles, son jeune héritier a eu à cœur de la tenir, et c’est ainsi que ces documents m’ont été confiés. Je dois dire brièvement en quoi ils consistent. C’est d’abord les fragments de Mémoires, auxquels j e viens de faire allusion. Decazes y raconte son enfance et sa jeunesse, ses d ébuts dans la vie, son arrivée à Paris au début de l’Empire, ses relations avec le roi et la reine de Hollande, son entrée à la préfecture de police sous la seconde Restauration, ses premiers actes ministériels lorsqu’il fut devenu le collaborateur du duc de Ric helieu et l’homme de confiance de Louis XVIII. Dans cette autobiographie, on voit com mencer l’extraordinaire faveur dont ce prince lui donna jusqu’en 1822 tant d’éclatants témoignages. Si considérable que soit l’intérêt de ces fragments, on ne saurait méco nnaître que l’auteur a contribué lui-même à l’affaiblir en les communiquant aux principa ux historiens de la Restauration. Utilisés à plusieurs reprises, ces récits n’ont con servé qu’en de rares parties leur caractère révélateur. J’attache une bien autre importance aux innombrable s lettres reçues par Decazes quand il était au pouvoir, conservées dans les arch ives de la Grave, où elles forment des liasses volumineuses. Les correspondants du min istre royal se nomment en ce temps : Richelieu, Pasquier, Molé, Lainé, de Serre, Maine de Biran, Royer-Collard, Barante, de Broglie, Villemain, Guizot, Pozzo di Bo rgo, Wellington, Castlereagh et combien d’autres mêlés à divers titres aux affaires auxquelles il prit part. Hommes d’Etat, diplomates, chefs de parti, on pénètre à le ur suite dans les dessous de la politique d’alors ; à travers la poussière de leurs passions éteintes aujourd’hui, on voit encore étinceler les paillettes d’or de leurs noble s idées et de leurs patriotiques ardeurs. Mais le joyau de cette rare collection, c’est la co rrespondance que Louis XVIII
entretint avec Decazes de 1816 à 1822, environ deux mille lettres autographes du roi à son ministre, véritable histoire du règne, écrite au jour le jour par un des premiers acteurs. Tour à tour ministre de la Police, ministr e de l’Intérieur, président du Conseil, Decazes, pour gagner la confiance du roi, avait ima giné de l’entretenir quotidiennement de toutes les affaires, même des mo ins importantes. A cet effet, il lui envoyait chaque matins, dans un portefeuille dont c hacun d’eux possédait une clef, les lettres et les rapports de toute nature qui lui arrivaient de divers cotés. Après en avoir pris connaissance, le roi les lui retournait en les accompagnant d’une missive tantôt longue, tantôt brève, ou sa verve s’exerçait sans réserve ni retenue sur les hommes et sur les choses. On saisit là sur le vif le caractère de l’affection qu’il avait vouée à Decazes. Il lui parle avec autant d’abandon que de familiarité, mai s surtout avec une paternelle tendresse, ainsi qu’on s’en convaincra par celles d e ces lettres que j’aurai l’occasion de citer dans la suite de ce travail. Tout lui est prétexte à prendre la plume, sa santé, celle de « son fils », — c’est ainsi qu’il appelle Decazes, — l’entretien qu’ils ont eu la veille, car le roi le recevait tous les soirs, les incidents les plus futiles de leur vie à tous deux comme les événements les plus graves du royaum e. Il lui écrit sur tout, à propos de tout, et jusqu’à trois fois dans la même journée . Entre ces lignes malicieuses, émues, affectueuses, anecdotiques, coupées de citat ions latines ou françaises, se révèle à tout instant, en quelque cri de sollicitud e, une âme qu’on ne savait ni si délicate, ni si communicative, ni si tendre. « Mon cher fils, mon cher enfant, mon cher Élie », tels sont les noms dont il le qualifie. « T u sais combien je t’aime. » — « Tu sais ce qu’est pour toi ton Louis », telles sont les for mules qu’il emploie en lui écrivant. On verra de quel ton il lui parle au lendemain de la m ort du duc de Berry ; après quels combats, il se résigne à céder aux supplications de sa famille et des ultra-royalistes qui lui demandent d’immoler son ministre à leur fur eur ; avec quel déchirement de cœur il subit les exigences de Richelieu quand celu i-ci ne consent à rentrer au pouvoir que si Decazes quitte non seulement Paris, mais la France. En ce moment, que son désespoir rend pathétique, Louis XVIII, non content d’avoir fait « son ami » comte et pair de France et de l’avoir marié à une héritière riche et de noble race, le crée duc et le nomme ambassadeur à Londres. Decazes arrivé en Angleterre, la correspondance se continue, modifiée quelque peu en la forme, mais non dans le fond. Si « mon cher d uc » succède à « mon cher fils », si le roi renonce au tutoiement, c’est qu’il craint que ses lettres confiées au directeur des postes ne soient lues par des indiscrets. Trouv e-t-il une occasion de les expédier par une voie plus sûre, il revient bien vite aux an ciennes formules. Elles sont ainsi maintenues, quoique espacées, même quand Mme du Cay la commence à remplacer Decazes dans les habitudes de favoritisme et d’inti mité du vieux monarque. En voilà assez, semble-t-il, pour marquer de quel prix est, au point de vue historique, sa correspondance avec l’homme qu’il a plus tendrement aimé qu’il n’aima d Avaray et Blacas. Sans doute, sera-t-on disposé à penser qu’à côté d’ un tel document, tous ceux que contiennent encore les archives de la Grave — rappo rts diplomatiques, dossiers de police, copies de lettres provenant du Cabinet noir — n’ont plus qu’une valeur secondaire. Ce serait vrai si, dans ces archives, n e se trouvaient les cahiers où la duchesse Decazes a consigné ses impressions et ses souvenirs. Elle était née de Sainte-Aulaire. Elle tenait par sa naissance à d’an ciennes et illustres maisons, notamment aux Noyan, aux Soyecourt, aux Nassau-Saar bruck, aux Brunswick. Elle avait seize ans lorsqu’elle épousa Decazes. Son mar iage fut l’œuvre personnelle du
roi. Son père avait été chambellan de Napoléon. La Restauration le trouva préfet ; il devint député et pair de France. Sous le gouverneme nt de Juillet, il fut ambassadeur à Rome, à Vienne, à Londres. Ses travaux historiques lui ouvrirent l’Académie française en 1841. Une si brillante carrière ne va pas sans d ons intellectuels. Sa fille en possédait d’égaux aux siens. On peut s’en convaincr e en lisant le journal de ses jeunes années et les relations qu’elle a laissées d e quelques-uns des événements dont elle fut le témoin. Elle vécut jusqu’à un âge avancé. Beaucoup d’hommes sont encore vivants, qui l’ont connue. Ils sont unanimes à louer sa haute intelligence. Ses manuscrits n’étaient pas destinés à voir le jou r. Aussi ne s’est-elle pas fait faute de s’y livrer tout entière, avec son esprit pénétra nt et mordant, ses facultés d’observation et de vision, une liberté de tout dir e qui, même après quatre-vingts ans, suffirait à en empêcher la publication intégrale si cet empêchement n’était déjà très amplement justifié par le défaut de tenue et de sty le qui les caractérise. Ils n’en sont pas moins une source abondante de renseignements, l aquelle il m’eût été impossible de ne pas recourir, alors qu’elle était à ma portée et qu’à tout instant, j’en pouvais constater la richesse. On se rendra compte en me li sant que j’en ai souvent détourné le cours au profit des pages qui suivent. Elles s’ouvrent au moment où Decazes met le pied da ns la vie publique, et s’arrêtent pour être d’ailleurs continuées en un vo lume ultérieur, qui contiendra le récit de l’ambassade de Decazes en Angleterre, à l’heure fatale où le poignard de Louvel frappa du même coup le duc de Berry dans la fleur d e ses jours et, dans son existence politique, le brillant et habile ministre à qui Lou is XVIII avait confié la défense de sa couronne. Dans cette catastrophe, tout un système d e gouvernement s’effondra. Le système contraire qui prévalut dix années durant n’ eut pas meilleure fortune. Il ameuta contre les Bourbons la France libérale, détermina l eur chute et la rendit irréparable.
CHAPITRE PREMIER
sous L’EMPIRE
1. — L’enfance et la jeunesse de Decazes. — Son arrivée à Paris. — Ses correspondants. — Il devient secrétaire des commandements de Madame. — La mère de l’empereur. — Curieuses lettres. — Decazes juge au tribunal de la Seine. — Chef du cabinet du roi Louis. — Première entrevue de Marie-Louise et de Napoléon. — L’incendie de l’ambassade d’Autriche. II. — La disgrâce de Fouché. — Deux entrevues avec l’empereur. — Ce que Fouché pense du duc de Rovigo, son successeur. — Une algarade à Molé. — Cruauté d’académicien. — Divorce de général. — Beau-père compromettant. — L’empereur et ses frères. — Abdication de Louis. — Ses lettres à Decazes. — Decazes se rend auprès de lui. III. — Retour à Paris. — Conseiller à la Cour d’appel. — Président des assises. — Le général de La Fayette. — Le cachot de Marie-Antoinette. — Le comte de Montalivet. — M. de Villeblanche et l’expédition de Russie. — Pauline Borghèse. — Sa correspondance avec Decazes. — Derniers billets du roi Louis. — La première Restauration. — Les Cent-Jours. — Decazes refuse de prêter serment à l’empereur. — Il est interné à la Grave.
I
C’est dans un des cahiers de la duchesse Decazes qu e nous trouvons les seuls renseignements qui nous aient été conservés sur l’e nfance de son mari, ses débuts dans la vie publique sous l’empire, ses relations a vec la mère de l’empereur, avec la reine Hortense et le roi Louis. En ce qui touche son enfance et sa première jeuness e à Libourne, sa ville natale, ce manuscrit nous donne peu de détails. Même à sa femm e, Decazes ne parlait guère de ce passé. « Les années qui le suivirent, dit-elle, furent remplies de si grands événements auxquels il prit une part active qu’ils étaient naturellement le sujet le plus habituel de nos conversations. Cependant, je me rap pelais l’avoir souvent entendu parler avec l’expression d’une profonde reconnaissa nce du chevalier de Carles, son parrain, qui habitait Libourne. » Ce chevalier de C arles était un vieux gentilhomme, ancien officier, lettré et sérieux, ayant table ouv erte, recevantle Mercured’autres et journaux du temps. Jusqu’à l’âge de neuf ans, Decaz es resta aux mains de son parrain. « J’étais traité comme le fils de la maiso n. Les cheveux relevés avec de grands efforts sur le front, attachés par derrière et retombant sur le col de mon habit enfermés dans une bourse, l’épée au côté, j’accompa gnais, deux fois par jour, mon parrain et sa société dans leurs promenades réguliè res. » A table, il était placé tout au bout. Défense absol ue de rien demander. Un jour qu’on oubliait de le servir, il s’écria : — Mon parrain, je ne demande pas. Quelquefois, on mettait son courage et sa jeune épé e à de plus rudes épreuves. « Il s’agissait de faire deux fois le tour de la cour de s Cordeliers, où les révérends pères avaient leur sépulture, ou le tour des remparts de la ville dans les ténèbres. » Après cette première éducation dont une vieille bon ne qui revient souvent dans les notes de Decazes citées par la duchesse fut, plus e ncore que le chevalier de Carles, le principal artisan, son père l’envoya au collège de Vendôme. Il y passa plusieurs années. Il se lia avec les plus laborieux de ses co ndisciples. Chez l’un deux, Durand
de Corbiac, il connut un peu plus tard l’illustre p hilosophe Maine de Biran, qui, jeune encore, habitait alors Bergerac, sa ville natale, d ont, en 1806, il fut nommé sous-préfet. Il y a dans les papiers de Decazes plusieurs lettres de Maine de Biran. Vers 1800, le collégien de Vendôme a terminé ses ét udes. Sa famille l’a toujours jugé digne de briller sur un vaste théâtre. Elle l’ expédie à Paris, où il arrive avec trois lettres de recommandation : l’une pour un parent du chevalier de Carles, l’autre pour un chevalier de Gombaud, la troisième pour le banqu ier Davillier. Il a vingt ans tout au plus. Mais, à peine installé dans la capitale, la g ravité de son caractère lui crée des relations et lui assure une influence qu’exercent r arement les hommes de son âge. Il ne sait encore dans quelle voie il se poussera. En attendant de l’avoir trouvée, il étudie le droit ; il est présenté au conseiller d’Etat Por talis, au président du tribunal de la Seine Jaubert ; il excite leur intérêt et mérite le ur protection. Les lettres qui lui sont adressées, dès cette époqu e, ont pour objet des demandes de services ou des remerciements de services rendus . Il en est une datée de prairial an XI (mai 1803), signée : Auguste, évéque de Dax, adressée à M. Decazes, homme de loi, à Paris. De Bordeaux, où il s’est fixé en r entrant en France, le prélat sollicite, par l’entremise du jeune Libournais, une augmentati on de la pension qui lui est attribuée comme à tous les évêques dépossédés de le ur siège par la Révolution. Sa missive se termine ainsi : « Je n’ai pas manqué dan s ma lettre au premier consul de témoigner de tous mes regrets de ce que mes infirmi tés m’avaient mis dans l’impossibilité de seconder ses vues à mon égard en me nommant au siège de Poitiers. » D’autres lettres adressées à Decazes, en 1804, le q ualifient avocat. Le 8 octobre 1806, le maréchal Pérignon lui écrit : juge au trib unal de la Seine. C’est le moment où Jaubert l’a fait entrer dans la magistrature. A la même époque, sa belle figure, sa distinction, sa bonne grâce, ont charmé Mlle Murair e, fille du premier président de la Cour de cassation, et il l’épouse. Bientôt après, g râce à son beau-père, il est nommé secrétaire des commandements de Madame, mère de l’e mpereur. On voit qu’en vrai cadet de Gascogne, le filleul du chevalier de Carie s a fait rapidement un brillant chemin. Chez Madame mère, il remplaçait un pauvre homme san s fortune que ses infirmités avaient obligé à prendre prématurément sa retraite. Informé de cette circonstance, il voulut bien accepter l’emploi vacant, mais non le t raitement, dont son prédécesseur continua à jouir sa vie durant. Cet acte de désinté ressement, d’autant plus méritoire que le jeune Decazes n’avait qu’une très mince fort une, lui conquit du premier coup la bienveillance de la mère de l’empereur. Il avait gardé d’elle un souvenir respectueux et re connaissant. « Madame, est-il dit dans une note de lui, avait une dignité, une gravit é qui sont fidèlement rendues dans l’admirable statue de Canova. Sa tendresse pour ses enfants avait cette gravité qui commandait le respect. Napoléon lui-même, au faîte des grandeurs, ne s’en est jamais départi. » L’usage était que les fils de Madame lui baisassent la main quand ils entraient chez elle ; elle les embrassait ensuite. Un jour, l’empe reur ayant oublié cet usage, sa mère resta assise, la main tendue, et attendit pour embr asser son fils qu’il lui eût donné le témoignage de déférence auquel elle l’avait dressé. Le roi Louis aimait à reconnaître que ses frères et lui ne valaient que par les qualités qu’ils tenaient de leur mère. Napoléon, néanmoins, ne subissait que très peu son influence. Aussi s’abstenait-elle de toute interven tion dans la politique. Il n’eût pas toléré qu’elle s’en mêlât. Elle ne sollicitait guèr e que pour les malheureux ou pour les