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Lui 20 ans, moi perpétuité

De
39 pages


18 ans ! Des rêves et de l'insouciance plein la tête ! Mais ma vie bascule un soir d'octobre 2000, en rentrant d'une journée normale de travail... Ces instants sont à jamais gravés en moi. Je souhaite partager avec vous mon vécu, mes souffrances, le chemin que j' ai parcouru pendant toutes ces années, et aussi vous apporter un brin d'espoir, et l'envie de vous battre, car la vie vaut la peine d'être vécue.

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Laëtitia Perret Lui 20 ans Moi Perpétuité Ecrire c’est hurler en silence Illustration : Néro Publié dans la Collection Electrons Libres, Dirigée par Amélia Varin
© Evidence Editions 2017
À mes parents,
À mon frère,
À mes proches,
À ceux qui ont rejoint les anges trop vite,
Merci à ceux qui m’ont soutenue, aidée, accompagnée , encouragée durant toutes ces années et encore aujourd’hui.
Préface
Après 16 ans de combat, suite à un évènement des pl us douloureux pour moi, j’ai voulu écrire cette partie de ma vie parce qu’aujour d’hui, enfin, j’ai trouvé une certaine sagesse de vie. Mon regard a changé, mon sourire a changé, mais mon cœur lui, est intact. Il s’est même enrichi d’amour, de douceur, de paix, de sérénité. J’écris pour témoigner. Je pense tout bas, j’écris tout fort ce que je ne crie pas. Si ces quelques pages pouvaient apporter des conseils, des encourag ements pour aider des femmes, j’en serais la plus heureuse. Je me suis débrouillé e seule pour trouver de l’aide, c’est peut-être pour cela que j’ai mis autant de temps po ur m’en sortir.
Alors si je peux vous aider à gagner quelques année s.... Lisez-moi, écoutez-moi, mais ne me jugez pas.
Mon enfance, Ma famille,
Mes amours
Jusqu’à l’année deux mille, année de mes dix-huit a ns, j’étais une fille comme beaucoup de jeunes filles à cet âge, insouciante, b ien dans ma peau, le regard pétillant. J’avais toujours ce sourire que mes proc hes adoraient sur toutes les photos de famille, et comme toute jeune fille de mon âge, j’avais des projets plein la tête... Le désir de fonder une famille m’a toujours fait envie , j’ai toujours voulu être mère à vingt-cinq ans. Pourquoi cet âge et pas un autre? Je ne sais pas ! Je voulais me marier, avoir ma petite famille à moi, mon petit cocon doui llet. Mon enfance a été très douce, avec des parents attentionnés et aimants. Je n’ai j amais manqué de rien. Je me rappelle de mes anniversaires, c’était toujours un jour de fête ! Des anniversaires avec les copines autour de gâteaux faits maison par ma m aman, des bonbons et surtout plein de cadeaux ! La maison de mon enfance dans la quelle je vivais avec mes parents était entourée de verdure, d’arbres et un ruisseau coulait tranquillement au fond du jardin. Chaque saison avait son paysage et son char me. Je suis une grande amoureuse de la nature et des animaux, peut-être dû à mon lieu de vie quand j’étais petite.
Souvent quand j’étais adolescente, j’allais faire d es balades à vélo et je me retrouvais la plupart du temps devant une ferme où je passais des heures à jouer avec les chats, à admirer les robes majestueuses des che vaux, à écouter les poules caqueter. Il y avait des lapins, des oies, des chie ns, le paradis pour moi. Partager ma vie avec des animaux est vital, j’ai grandi avec de s chats, des chiens, des oiseaux, c’est mon équilibre. Avec chaque animal qui partage ma vie, je tisse une très belle histoire d’amour, leur départ est toujours déchiran t, mais je ne peux pas vivre sans eux. Chacun m’apporte tellement d’amour et de pureté. Au jourd’hui, mes trois chats et mon chien font partie de ma vie, chaque journée passée près d’eux est une journée remplie d’amour. Mes noëls étaient magiques! Le sapin a toujours été décoré de toutes les couleurs, de lumières, de décorations et qu’il sent ait bon! Le vrai sapin avec ses belles épines que mes chats adoraient faire tomber. Les s oirs de noël, mes parents laissaient une papillote, une clémentine et un verre de vin po ur le Père Noël, sur la table de la salle à manger, à côté du sapin, un rituel de chaqu e année. Mon père me disait toujours que le Père Noël devait prendre des forces pour aller distribuer les autres cadeaux à tous les enfants. J’ai su plus tard que, pendant toutes ces années, c’était
mon père qui s’amusait, tel un grand enfant à mange r et boire ce qui était sur la table, pour notre plus grand bonheur avec mon frère. Le ma tin de noël, il avait pris l’habitude de venir me réveiller pour aller découvrir ce qu’il y avait sous le sapin. Il n’osait pas y aller tout seul... Les yeux émerveillés nous découv rions nos cadeaux chaque année. J’adore la magie de Noël! Même adulte!
Mon frère, Christophe, est né au mois de février, u ne nuit d’éclipse. J’avais huit ans. J’ai joué à la poupée avec lui, comme beaucoup de g randes sœurs, j’imagine! Bon, j’avoue que jouer à la voiture sur le tapis du salo n ne m’a pas toujours emballée...Il est un peu maladroit, casse coup, un deuxième Pierre Ri chard.... Il va être une des rares personnes à se prendre un poteau sur le trottoir lo rsqu’il traverse un passage piéton sans regarder devant lui. Depuis tout petit il a to ujours été très doué pour le dessin. Il pouvait reproduire n’importe quel modèle. Assez blu ffant pour son âge! Il disait de moi que j’étais « sa deuxième maman ». Après toutes ces années, il est devenu un bel homme, bien dans sa peau et qui a réussi sa vie pro fessionnelle avec succès. Je suis fière de lui, pour son parcours qui n’a pas été tou jours facile. Avec ses blessures il s’est construit une belle vie. Il me protège ou du moins il essaie. C’est moi qui me retrouve être la petite sœur.
Mes parents? Je les adoreues.! Mon père est brun et avec des yeux verts magnifiq J’aurais toujours aimé hériter de son regard, mais la nature n’a pas voulu. La communication avec mon père n’a pas toujours été de s plus simples. Nos chemins se sont séparés lors du divorce de mes parents. Son ab sence a été dure à accepter et cela a entrainé de grandes blessures en moi. Sa pla ce reste dans mon cœur et je garde en tête de tendres souvenirs. Petite, quand il rent rait le soir du travail, il me ramenait toujours des petits cadeaux, des bonbons, des peluc hes, des pin’s, un peu plus grande c’était du parfum, des minis orchidées, c’est peut- être de là que vient mon adoration pour cette fleur maintenant, qui sait? Je me souviens aussi des soirées devant la télé ou j’avais toujours besoin de « mon moment » de câl ins. Lovée contre lui, j’adorais qu’il me caresse la tête. J’ai appris à danser la valse a vec lui, ce fut mon premier partenaire de danse. Il adorait mes gâteaux faits maison et to ujours râtés pour la présentation, mais c’est comme ça qu’il les aimait. Ma mère est b rune aux yeux marrons. Et la nature pour le coup a fonctionné... j’ai les yeux marrons. Elle est douce, gentille, attentionnée, toujours à l’écoute et toujours présente dans ma vi e. Elle a fait de son mieux et donné tout ce qu’elle a pu pour m’apporter un soutien et du réconfort durant toutes ces années, et parallèlement elle a élevé seule mon frè re. Je suis fière d’elle, de son courage et de sa patience devant l’adversité. Ma mè re nous a toujours tout consacré, elle nous a donné sa vie. Je me rappelle et je pens e qu’elle aussi s’en souvient, des heures qu’on a pu passer à faire mes devoirs d’écol e et surtout des dictées! Horrible! Je suis une grande phobique des piqûres, et quand j ’étais petite, elle avait mis en place un rituel, si je ne tombais pas dans les pommes au moment des rendez-vous pour les vaccins ou prise de sang, j’avais droit à un cadeau . Aujourd’hui ça ne marche plus et je m’évanouis toujourse passer du! Nous essayons encore avec nos vies respectives, d temps ensemble, autour d’un verre, une balade, un r esto, une virée shopping. Un peu
philanthrope, ma mère pense toujours au bien-être d es autres avant de se préoccuper d’elle-même.
À l’école j’étais une enfant plutôt studieuse. Je n ’ai jamais redoublé de classe. Je me mettais toujours au fond par discrétion et surtout par timidité. J’étais une enfant calme, posée. En tout cas, si j’avais pu être invisible au x yeux des autres cela m’aurait drôlement arrangé. J’ai quitté le milieu scolaire à dix-sept ans. J’ai fait deux ans dans un lycée professionnel pour obtenir un BEP de secré taire. Ensuite, je souhaitais faire un bac professionnel en alternance dans la même branch e, mais mon employeur m’a fait faux bond quinze jours avant la rentrée scolaire. J e n’ai pas trouvé d’école pour m’inscrire en si peu de temps. J’ai trouvé un emplo i de caissière et je me suis lancée dans le monde du travail, pensant reprendre plus ta rd mes études, mais une fois indépendante financièrement, je n’ai plus eu envie de retourner sur les bancs de l’école.
Le travail de caissière m’a beaucoup aidé à vaincre ma timidité. Avec mes premiers salaires, j’ai décidé de passer mon permis de condu ire. Mes premières leçons de conduites ont été très stressantes. Mon angoisse? Ne pas arriver à passer les vitesses. J’avais beaucoup de mal à tenir mon volan t comme il se doit, dix heures -quatorze heures, alors mon prof m’a fait faire pas mal de cours en montagne. Avec les virages j’ai vite compris. Avec mes premières écono mies, j’ai pu m’offrir ma première voiture, une Citroën Saxo Bic, vitres teintées et m ontées sport s’il vous plait. Ce job m’a permis de rencontrer mon premier amour de jeunesse, Bruno. C’était sérieux entre nous. Nous étions collègues dans la même société. N ous partagions nos déjeuners ensemble pratiquement tous les jours. Et de fil en aiguille nous nous sommes installés ensemble, dans son appartement. Je vivais très mal la séparation de mes parents alors partir vivre chez Bruno était pour moi une échappatoire et...