Mémoire du duc de Rovigo - Sur la mort de Pichegru, du capitaine Wright, de M. Bathurst, et sur quelques autres circonstances de sa vie

Mémoire du duc de Rovigo - Sur la mort de Pichegru, du capitaine Wright, de M. Bathurst, et sur quelques autres circonstances de sa vie

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Français
116 pages

Description

A L’ÉDITEUR.

1er juillet 1816.

Monsieur,

JE vous adresse les détails suivans dans la confiance que vous voudrez bien les publier tels que je les ai rédigés. Vos lecteurs verront que, si je n’ai point été aussi prompt qu’on pouvait s’y attendre à réfuter les calomnies dont j’ai été victime, mes délais ne doivent être attribués qu’à la retraite dans laquelle je suis forcé de vivre, et qui ne m’a point permis d’agir plus tôt.

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Date de parution 18 octobre 2016
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EAN13 9782346117673
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Anne-Jean-Marie-René Savary
Mémoire du duc de Rovigo
Sur la mort de Pichegru, du capitaine Wright, de M. Bathurst, et sur quelques autres circonstances de sa vie
PRÉFACE DE L’ÉDITEUR
LE mémoire que nous publions fut envoyé en 1816 par le général Savary en Angleterre, après sa sortie de la prison de Malte. Son but principal était de se justifier du meurtre de deux sujets britanniques, meurtre don t quelques journaux et des pamphlets l’avaient accusé. Ainsi, depuis plusieurs années, ce mémoire, qui fut d’abord publié dans un ouvrage périodique en Anglet erre, est tombé dans le domaine public, et on doit s’étonner qu’il n’ait point été reproduit en France. Tout ce qui peut jeter du jour sur l’histoire contemporaine est en d roit de nous intéresser : d’ailleurs le mémoire du duc de Rovigo, tout en le justifiant, n’ accuse personne et ne saurait causer de scandale : nous croyons donc rendre servi ce au public en le reproduisant accompagné d’une notice sur l’auteur. Cette pièce d evient d’autant plus importante qu’elle sert d’éclaircissement à l’ouvrage publié s ous le titre deMémoires de Joseph Fouché, duc d’Otrante. Quelle que soit l’opinion qu’on se forme de l’authe nticité de ces mémoires, les faits qu’ils renferment prouvent que l’auteur, s’il n’éta it pas Fouché lui-même, était du moins assez bien instruit, et il faut attendre, pou r porter un jugement à ce sujet, que M. Alphonse Beauchamp, leur éditeur, ait déclaré à que lle source il a puisé.
NOTICE sur Le duc de Rovigo
PARMI les hommes dont le nom a acquis de la célébri té sous l’empire, Savary tient une place marquante, soit par l’importance des fonc tions dont il fut chargé, soit par la gravité des accusations qui ont long-temps pesé sur lui. Savary (Anne-Jean-Marie) naquit à Sedan le 26 avril 1774 ; son père avait obtenu, par de longs services, le grade de major de cavaler ie, et son fils se destina également à la carrière militaire. A l’âge de quinze ans il e ntra dans le régiment de Royal-Normandie comme officier ; il nous a appris lui-mêm e que son grade composait alors 1 toute sa fortune ; probablement cette circonstance l’empêcha de pre ndre part à l’émigration ; il resta en France, mais sans jouer un rôle quelconque dans les événemens de la révolution. Dans toute la vie de Sa vary, on voit qu’il n’était pas homme à s’enthousiasmer pour des principes ; courag eux, habile, mais assez facile de caractère, il était né pour s’attacher à des hom mes supérieurs et pour suivre aveuglément la direction qu’ils voudraient lui donn er. Cette disposition, malheureusement trop commune, explique toute sa con duite. Dès les premières campagnes de la révolution, Savar y mérita et obtint de l’avancement : nous le trouvons en Egypte aide-de-c amp du général Desaix, et chargé en cette qualité de négocier avec l’amiral anglais sir Sidney Smith le retour de l’armée en France. Devenu premier aide-de-camp de Desaix, i l l’accompagna en Italie, et il était à ses côtés lorsque ce général, qui donnait d e si hautes espérances par ses talens militaires et par ses vertus civiques, reçut le coup mortel au moment même où il venait de décider la victoire de Marengo. Savary po rta lui-même cette nouvelle au premier consul, qui, l’ayant connu en Egypte, l’att acha immédiatement à son état-major. Il ne tarda point de gagner la confiance de Bonaparte, et en peu de temps il obtint le grade de général de brigade et le command ement de la légion de la gendarmeried’élitequi fit partie plus tard de la garde impériale. Devenu chef d’un corps chargé en partie de la polic e de la capitale, Savary se trouva lancé dans cette administration ténébreuse, et son dévouement absolu à la personne du premier consul lui fit regarder comme h onorables des fonctions que peut - être l’aide - de - camp de Desaix eût regardées c omme indignes de lui. Lorsqu’en 1804 la conspiration de George Cadoudal et de Piche gru fut découverte, il accepta la mission de surveiller les côtes de l’ouest et de la Normandie, sur lesquelles les vaisseaux anglais devaient débarquer les agens du c omplot et l’argent nécesaire pour l’exécuter. Ayant découvert, par les premières arre stations qui eurent lieu à Paris, les signaux des conspirateurs, cette circonstances en f it tomber plusieurs entre les mains de la police, et le capitaine Wright, officier de l a marine anglaise qui dirigeait les débarquemens, fut arrêté lui-même. Savary montra da ns sa mission beaucoup d’activité et de zèle, et il revint à Paris la veil le du jugement du duc d’Enghien, dont il ignorait l’arrestation. il ne fut instruit de cet é vénement qu’au moment où il reçut l’ordre d’aller prendre le commandement du château de Vince nnes, et de s’y rendre immédiatement avec une partie de sa légion ; le len demain le malheureux prince avait cessé d’exister. Dans cette circonstance, Savary se rendit-il coupable d’un excès de zèle, ou n’agit-il que d’après le principed’obéissance passiveprétend encore qu’on être le premier devoir des soldats ? voilà ce qu’il nous est impossible de décider. Les déclarations de tous les hommes influens de cette é poque se combattent entre elles, et aucun des auteurs des diverses assertions ne pos sède cette haute probité politique qui commande une confiance absolue. Toutefois parmi les imputations adressées à
Savary au sujet de cet événement tragique, il en es t beaucoup qui sont d’une fausseté évidente. Savary ne fut jamais ni cruel ni lâche ; il était dévoué à Napoléon, et à l’époque dont nous parlons il a pu éprouver une vér itable haine contre tous ceux qu’il croyait complices d’un projet qui avait pour but d’ assassiner le premier consul et de rétablir les Bourbons sur le trône de France. Pendant le procès de George Cadoudal, le général Sa vary ne resta point oisif ; la police faisait partie à cette époque de l’administr ation de la justice, et était dirigée par le grand - juge Regnier (depuis duc de Massa). Sava ry et Réal se distinguèrent par leur zèle à veiller à la sûreté de Napoléon ; bient ôt ils eurent un collaborateur distingué. M. Fouché fut placé de nouveau à la tête du ministère de la police : ce n’était point non plus un homme à s’enthousiasmer p our des principes ; ils se modifiaient pour lui selon les circonstances : il é tait encore moins disposé à se dévouer à la fortune d’un autre. Son propre intérêt était le mobile de toutes ses actions. Napoléon crut devoir se défier de lui, tou t en se trouvant forcé de l’employer ; mais il jugea prudent d’avoir une police secrète oucontre-police, dont il confia la direction à Savary, élevé en même temps au grade de général de division, sans quitter le commandement de la gendarmerie d’élite. Celte tr oupe devint à cette époque partie intégrante de la garde impériale, et fut plus propre dès lors à agir sur tous les points de la France qu’en qualité de corps appartenant à la g arnison de Paris. L’action de la gendarmerie d’élite et de son chef ne se borna pas à l’intérieur de l’empire ; la police des armées lui fut aussi confiée. Dans la campagne de 1805, Savary eut occasion de fa ire preuve de son adresse comme négociateur, et de sa bravoure comme soldat. Au champ de bataille d’Austerlitz il remplit les fonctions d’aide-de-cam p auprès de l’empereur, et porta ses ordres aux commandans de corps. Il remplit diverses missions auprès de l’empereur de Russie. Avant la bataille, il fut chargé de comp limenter ce prince qui venait d’arriver de Berlin, et d’examiner en même temps les disposit ions de l’armée et de ses chefs. Après la bataille, Napoléon avait promis à l’empere ur d’Autriche de ne pas poursuivre l’armée russe, sous la condition qu’elle se retirer ait en Russie. Savary eut la mission de communiquer cette stipulation à l’empereur Alexa ndre, et de s’assurer de la retraite de l’armée russe. Après cette mémorable campagne, S avary fut nommé grand-cordon de la Légion-d’Honneur, et presque en même temps le grand-duc de Bade lui remit le grand-cordon de ses ordres. Ce fut pendant son abse nce de Paris que le capitaine Wright, toujours détenu au Temple, fut trouvé la go rge coupée. Long-temps on crut qu’il avait été assassiné, et ce crime fut attribué à Savary : en Angleterre surtout son nom devint à cette occasion l’objet de la haine pub lique. Il était pourtant innocent de cette mort tragique, du moment qu’on admet qu’elle ait eu lieu pendant son absence : ce crime, d’ailleurs, n’était d’aucune utilité, et ne pouvait servir l’empereur en rien.
1dans les Mémoires sur lale Mémoire de M. le duc de Rovigo, pag. 10,  Voyez catastrophe du duc d’Enghein.