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Mig Alley!

De

Le 17 décembre 1950, pour la première fois dans l’histoire de l’aviation militaire, deux chasseurs supersoniques s’affrontent en combat tournoyant dans le ciel de Corée. Il s’agit du Mig-15 « Fagot », joyau de l’industrie aéronautique soviétique, et de son alter ego américain, le F-86 Sabre, dernier né d’une brillante lignée de chasseurs.

Ce jour-là, quatre F-86 commandés par le lieutenant-colonel Hinton se rendent au-dessus du fleuve Yalu, près de la frontière chinoise où, opposés à quatre Mig-15 russes, ils remportent leur première victoire au terme d’une mêlée acharnée.

A partir de cette date, les rencontres entre les deux chasseurs seront quotidiennes. Leurs passes d’armes se produiront invariablement dans un périmètre prédéfini, à l’extrémité nord-ouest de la Corée, qui correspond au couloir de transit des forces chinoises vers la ligne de front coréenne. La zone, lieu d’une intense bataille pour la supériorité aérienne, est bientôt rebaptisée par les pilotes américains ; elle entre dans la légende sous le nom de « Mig Alley ».
Mig Alley ! F-86 Sabre contre Mig-15 retrace l’opposition titanesque entre les forces aériennes des deux blocs antagonistes dans le ciel coréen.

Le récit est agrémenté d’illustrations historiques commentées, de cartes originales et de profils 3D inédits pour une meilleure compréhension des enjeux géopolitiques et technologiques de cet épisode essentiel de la guerre de Corée.


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Oeuvre protégée par le droit
d’auteur. Toute reproduction
Illustration
ISBN : 978-2-37116-069-9
storia-ebooks.fr
Textes : Gautier
de couverture
Lamy
et profils :
Stefan
Draminski
o u diffusion au profit d’un tiers de tout ou partie de cette oeu vre est strictement
l’article
Sauf mention contraire
L335-2 et suivant du code de la propriété intellec tuelle.
Crédits Photographiques :
toutes les photographies
Mention additionnelle :
sont extra ites
australian
interdite
des archives de l’us air force/us nara.
war memorial (awm)
et constitue
une contrefaçon
prévue par
Le débutdeshostilités (25 juin1950)
Le 2 septem bre 1945, l’Em pire du Japon capitule face aux Etats-U nis et leurs alliés. D ans la péninsule coréenne, occupée par l’arm ée im périale japonaise depuis 1910, le jou r est célébré com m e une libération. En vertu des accords de Postdam du 2 août 1945, le pays est partagé entre les forces anglo-am éricaines et les forces soviétiques, récupérant respectivem ent le Sud et le N ord du pays, la frontière étant e délim itée par le 38 parallèle.M ais les tensions grandissantes entre les deux blocs antagonistes creusent rapidem ent un fossé entre les deux Corées.
La rupture intervient en 1948 lorsque l’organisation d’éle ctions libres, décrétées par les N ation Unies, échoue à cause de l’hostilit é des Soviétiques, qui refusent que la com m ission électorale accède à leur zone d’occupation. Cette crise diplom atique entraîne une scission profonde : la partie nord m et en place un gouvernem ent com m uniste, sous l’égide de l’U RSS et dirigé par Kim Il-Sung, chef duparti du travail coréen, tandis que le Sud s’organise en une république favorable aux Etats-Unis.
A partir de 1948, les escarm ouches et incursions arm ées se m u ltiplient dans les deux cam ps, chacun accusant l’autre d’agression. C e conflit larvé débouche sur une guerre totale qui va durer plus de troi s années et entraîner la m ort de plusieurs m illions de personnes, civil s ou m ilitaires.
La péninsule
coréenne
s’embrase
En juin 1950, le gouvernem ent nord-coréen m asse près de 2 0 0 0 0 0 e hom m es le long du 38 parallèle. Le 25, une prem ière force d’invasion de 135 000 hom m es franchit la frontière après une intense pr éparation d’artillerie sur les postes sud-coréens. Cette force est ap puyée par une
com posante aérienne forte de 200 appareils divers, qui supp lante de loin tout ce qui existe dans la région à l’époque.
La progression com m uniste est fulgurante. Face aux soldats nord-coréens, bien arm és et bien entraînés, les Sud-Coréens se di stinguent par une désorganisation et une im préparation dram atiques. Les Etats-Unis et leurs alliés, présents sous m andat desN ations Unies, ne brillent pas davantage par leur capacité de prévoyance. Quelques jours a vant l’attaque com m uniste, un rapport rem is au Congrès am éricain par le sec rétaire du départem ent d’Etat Dean Acheson affirm ait l’im probabilit é d’une guerre dans la péninsule coréenne…
Sur le terrain, legeneralDouglas M acArthur, com m andant suprêm e des forces alliées en Corée, se contente pour l’heure de parer le s coups et de sauver ce qui peut l’être. L’essentiel de ses efforts est con sacré à l’évacuation des ressortissants am éricains. Les opérations d’em barque m ent s’effectuent à Séoul, Incheon et Pusan, sous couverture des chasseurs F-8 2Tw in
Avion d’attaque au sol Ilyushin Il-10 nord-coréen. Conçu pendant la Seconde Guerre mondiale, l’Il-10 est le fer de lance des unités d’assaut communistes. Cet exemplaire, endommagé, est photographié le 21 septembre 1950 par le personnel de l’US Air Force lors de l’installation des unités américaines sur le terrain d’aviation de Kimpo.
th Mustangopérant depuis les bases de la5 Air Forceau Japon. L’armée sud-coréenne, en déroute, est abandonnée à son triste sort e t subit
quotidiennement de lourdes pertes.
Fier représentant de l’aviation de chasse de la décennie passée, le Yakovlev Yak-3 est toujours considéré au début des années 1950 comme un appareil d’une grande efficacité. D’une extrême maniabilité grâce à sa structure en bois, il est l’équivalent russe du P-51 Mustang. Mais son rôle exclusif de chasseur – tandis que le Mustang est polyvalent – va écourter sa carriè e opérationnelle. En 1950, l’armée de l’air nord-coréenne est l’une des dernières forces armées à le mettre en oeuvre.
L’aviation nord-coréenne th la 5 Air Force
contre
LaForce aérienne populaire de Corée, fondée trois ans plus tôt, repose sur une colonne vertébrale de 132 appareils de combat et 30 av ions de transport, pour la plupart prélevés sur les stocks et rebuts de l’armée de l’air soviétique en 1948 et 1949 : des Lavochkin La-9, Ily ushin Il-10, Yakovlev Yak-3, Yak-7 et Yak-11. Ces avions, propulsés par d es moteurs à pistons, ont tous été conçus pendant le Seconde Guerre mond iale et la plupart, engagés sur tous les théâtres d’opérations russes , ont maintes fois donné la preuve de leur efficacité. Néanmoins, l’entré e en service des premiers jets à la fin des années 1940 précipite leur obsoles cence.
Ces appareils, bien qu’anciens, sont mis entre les mains de p ilotes entraînés et agressifs qui triomphent sans mal de la rachitique armée d e l’air de la République de Corée. Cette dernière, totalement dépourvue de potentiel offensif, possède seulement 16 avions : 13 appareils de lia ison divers et 3 T-6Texand’entraînement. Sur ses 57 pilotes, seuls 39 sont qualifiés pour effectuer des missions de guerre...
Ainsi, dès les premiers instants du conflit, la nécessité de reprendre la
maîtrise des airs s’impose aux Etats-Unis et à leurs alliés. Cette mission est naturellement confiée à l’US Far East Air Force(FEAF), commandée par lelieutenant-generalGeorge E. Stratemeyer, dont la mission prioritaire depuis la fin du second conflit mondial est la défense de l’ar chipel japonais. Forte de quelques 35 000 hommes, techniciens et pilotes, el le s’articule th autour de trois armées aériennes : laForce13 Air à Clark Field au th th Philippines, la20 Air Forceà Kadena sur l’île d’Okinawa et laForce5 Air à Nagoya au Japon. C’est cette dernière composante, la plus p roche du théâtre d’opérations coréen, qui reçoit l’ordre de mobilis er ses escadrons et de préparer leur transfert dans la péninsule. Elle est com mandée par le major-generalEarle E. Partridge.
En mai 1950, laFEAFcompte 1 172 avions, dont : 504 F-80Shooting Star, 47 P-51Mustang, 42 F-82Twin Mustang, 73 B-26Marauder, 27 B-29Superfortress, 179 appareils de transport, 48 de reconnaissance et 252 auxiliaires. Sur ce contingent, 657 appareils sont di sponibles immédiatement en Corée, bien que tous ne soient pas en état de combattre.
Un autre problème entache la projection américaine sur le th éâtre coréen : le principal appareil de chasse de l’US Air Force, le jet F-80Shooting Star, bien que mis en service après-guerre, n’est pas un appareil dernier cri ; opposé aux dernières générations d’appareils soviét iques, dont les
services de renseignements occidentaux annoncent l’entré e en service imminente, il se trouverait vite débordé. Quant à son succes seur, le F-86 Sabre, il n’est pas encore en dotation au sein de laFEAF.
Mais cette considération d’ordre technologique que n’est p as la seule entrave au déploiement américain. Parasitée par la menace g randissante d’une invasion soviétique en Europe centrale, l’US Air Forcedoit faire face à d’importantes limitations budgétaires qui retardent la m odernisation de son parc. Par ailleurs, les pilotes affectés en Corée sont mo ins bien entraînés que leurs camarades stationnés en Europe. Idem pour les méca niciens, qui doivent en outre composer avec des stocks de pièces limités ; les appareils, de fait, suivent des sessions d’entretien plus espacées que ce que préconise
le haut-commandement ; de même, certaines pénuries de pers onnel à des postes clés, tels les navigateurs et les bombardiers, se fon t sentir dès les premiers départs en mission.
Alignement de P-51D Mustang du No. 77 Squadron RAAF sur le tarmac de l’aérodrome d’Iwakuni, au Japon, en 1950. Appareil robuste et agile, le P-51 est l’arme idéal pour les missions d’appui-feu. Possédant un rayon d’action plus important que les P-80
Shooting Star, il effectue un retour inattendu ur le théâtre d’opération coréen. Mais l’arrivée en grand nombre sur le front de jetsMig-15 condamne progressivement son utilisation. (AWM)
Les communistes lâchent
prise
Lapremière rencontre entre Américains et Nord-Coréens a lieu au-dessus de Séoul le 26 juin, lorsque deux chasseurs Lavochkin La-7 barrent la route de deux F-82. Autorisés par radio à ouvrir le feu, les Américains, timorés dans ces premiers instants du conflit, ne font pas usage de leurs armes et
se bornent à contenir les appareils ennemis hors de portée du port civil et de l’aérodrome. Au quartier-general de laFEAF, le rapport de mission déclenche la colère dugeneralStratemeyer, qui s’empresse de clarifier les conditions d’engagement de ses appareils : tout ennemi interférant
que quelque manière que ce soit avec les opérations d’évacuation en cours ou agissant de manière non amicale contre les forces alliées devra désormais être engagé sans sommation. Cette directive sera appliquée dès le lendemain.
Lockheed F-80C-10-LO Shooting Star du 8 Fighter Bomber Group en Corée en 1950. th Premier jet opérationnel de l’armée de l’air américaine, produit à 1 715 exemplaires, il est l’appareil de chasse le plus évolué sur le théâtre d’opérations lors du déclenchement de la guerre. Il possède néanmoins de nombreux points faibles : un armement trop léger pour rivaliser avec les Mig-15 russes, une instabilité récurrente et de fréquentes pertes de puissance de son réacteur. 293 F-80 seront perdus pendant le conflit, la moitié paraccident.
th Le 27 juin, quatre F-82Twin Mustangdu68 Fighter All Weather Squadron(FAWS) effectuent une patrouille au-dessus de l’aéroport de Kimpo et de la baie d’Incheon à 4 000 pieds (1 219,2 m) d’altitude ; ils sont th couverts par troisTwin Mustangsdu339 FAWSà 8 000 pied ( 438,4 m) et par quatre autres à 12 000 pieds (3 657,6 m). Peu après12h 00, alors que les chasseurs du groupe supérieur entament une descente, la voix d’un des pilotes retentit dans la radio : «Ils me tirent dessus !».
Plusieurs appareils ennemis viennent de fendre les nuages et d’endommager l’appareil dulieutenantCharles B. Moran. L’effet de surprise passé, les F-82 répliquent. LelieutenantWilliam Hudson prend en chasse un des assaillants (un Yak-11 ou Yak-7U), lui arrachant une partie du fuselage et mettant le feu à une de ses ailes. Les Américains assistent alors à un spectacle d’un autre temps : le pilote ennemi sort de son cockpit et, se déplaçant sur l’aile, se rend à l’arrière du fuselage auprès de son navigateur, probablement mort. Après quelques instants d’hésitation, il saute dans le vide et actionne son parachute. Le Yak entame alors un tonneau puis bascule vers le sol.
Moran, de son côté, a poursuivi sa course vers une autre proie, un Yak-7 ou un La-7 , qui connaît le même sort. Plus loin, lemajorJames W. Little, commandant le339th FAWS, envoie au tapis un autre La-7.
th Le même jour,quatre F-80 duBomber Squadron35 Fighter (FBS) évoluent en station au-dessus de l’aérodrome de Kimpo lorsqu’une dizaine d’Ilyushin Il-10 d’attaque au sol font irruption et commencent à mitrailler la piste, détruisant sept appareils sud-coréens au sol. LelieutenantRobert E. Wayne descend deux des assaillants pendant leur remontée, tandis que lecaptainRaymond E. Schillereff et lelieutenantRobert H. Dewald
remportent une victoire chacun. Les ennemis restants n’effectueront pas de deuxième passage et prendront immédiatement le chemin du retour.
Les accrochages se poursuivent pendant plusieurs jours jusqu’à la fin des opérations d’évacuation. Sur le terrain, les forces sud -coréennes, en déroute, sont acculées au sud-est de la péninsule, près de Pu san. Le 28 juin, les troupes nord-coréennes occupent Kim po et la m ajeu re partie de Séoul, puis se concentrent au nord de la rivière H an avant de d éclencher une nouvelle offensive. Le m êm e jour, une nouvelle frappe co m m uniste est m enée sur l’aérodrom e de Suwon, plaque tournante du ravitai llem ent de l’arm ée sud-coréenne. Un F-82 et un B-26 sont endom m agés. Si x heures plus tard, deux C-54 sont sévèrem ent endom m agés à leur tour. Le 29 juin, un nouvel assaut est m ené par un groupe de La-7 et d’Il-10, qui détruisent un C-54.
La bataille aérienne, qui se poursuit toute la journée, pren d une tournure dram atique pour les forces desUniesN ations és, les généraux. Alarm M acArthur et Stratem eyer décident d’intervenir. Bravant t outes les consignes de sécurité, ils se rendent à Suwon sous le feu enne m i pour recevoir un bilan de la situation. Pour ce déplacem ent péril leux, le C-54 Skym asterm andem ent am éricain du haut-com est encadré d’une forte escorte de F-80 et de P-51. Des précautions loin d’être inuti les : pendant l’escale des deux officiers généraux, un groupe de Yak-9, d’ Il-10 et de La-7 attaquent la base. Ils sont im m édiatem ent interceptés par l esM ustangs sous les yeux du com m andant en chef, visiblem ent im pression né par leur efficacité.
th Pendant cette action, leFirst lieutenantOrrin R. Fox du80 FBSabat deux Il-10, leFirst lieutenantH arry T. Sandlon, un La-7, leFirst lieutenant th Richard J. Burns du35 FBS, un Il-10. Deux autres Yak-9 sont détruits th par leFirst lieutenantCharles W . W uster du36 FBSet leFirst lieutenant th John Thom as, du30 FBSonstration de force est payante :. Cette dém
pendant près de deux sem aines, l’ennem i se fait rare dans le c iel et l opérations aériennes alliées peuvent dès lors se concentre r sur l’appui des m ouvem ents terrestres.
d Groupe de Douglas A-26 Invader du 3 Bombardment Group évoluant au-dessus de la Corée du Nord en 1950. Bombardier moyen de référence de l’US Air Force, il reprend en 1948 la dénomination du Martin B-26 Marauder, retiré du service cette même année. L’Invader est le premier appareil engagé sur le théâtre coréen. Il participe prioritairement aux missions d’appui-feu ainsi qu’aux raids nocturnes sur les positions
communistes.
L’aviation nord-coréenne est progressivem ent clouée au so l par l’attaque de ses terrains d’aviation. Les pertes les plus lourdes sont enregistrées le th 19 juillet : l’attaque de l’aérodrom e de Pyongyang par le8 FBGentraîne la destruction au sol de 14 chasseurs et d’un bom bardier, ainsi qu’un nom bre
im portant de dom m ages collatéraux. th Deux jours plus tard, le36 FBSest affecté à la défense de l’aérodrom e de Taejon, attaqué par un groupe de Yak-9. Dès qu’ils aperçoi vent les appareils am éricains, les ennem is filent vers le nord m ais s ont rapidem ent
rattrapés. En quelques pass s d’arm es, trois d’entre eux so nt détruits par lesFirst lieutenantM cKee, W urster et Kees. W urster devient à cette occasion l’un des trois pilotes à avoir rem porté plus d’une v ictoire en 1950.
.. . L’action du jour décourage les forces nord-coréennes de mener des attaques au sol. Pendant trois mois, abandonnant la maîtrise des airs aux forces