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Napoléon jugé par un Anglais - Lettres de Sainte-Hélène

De
528 pages

Le capitaine Piontowski, officier polonais, attaché à la personne de Bonaparte, l’avait suivi à l’île d’Elbe et commandait un petit détachement des troupes qui débarquèrent au golfe Jouan. Il faisait partie de la suite de l’ex-Empereur sur le Bellérophon. On ne lui permit pas d’accompagner son maître en exil. Il en fut très contrarié et ne cessa d’essayer de rejoindre celui à la fortune duquel il était attaché par les liens du devoir le plus sacré.

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William Warden
Napoléon jugé par un Anglais
Lettres de Sainte-Hélène
AVANT-PROPOS
Les fervents du napoléonisme, et l’on sait Combien cette religion compte d’adeptes, n’entendront pas pour la première fois prononcer le nom de W. Warden, dont nous allons publier laCorrespondanceimagée, si si picturesque, si riche, pour tout dire, en particularités neuves et intéressantes sur la vie intime de Napoléon ; mais ce que nous pouvons assurer, c’est que, pour la première fois, nôus leur révélerons, sur la r personnalité même du D Warden et sur l’ouvrage dont il est l’auteur, des notions précises et exactes. L’édition originale du livre dé Warden parut, en anglais, à Londres, vraisemblablement à la fin de 1815 ou dans les premiers mois de 1816 ; nous disonsvraisemblablement,car 1 nous n’avons réussi à nous procurer que la deuxième édition , qui est de 1816. Une traduction française,rarissime,publiée, l’année suivante, à Bruxelles, chez T. fut 2 Parkin, éditeur duPhilanthropist . Depuis lors, se sont succédées de nouvelles éditions anglaises, dont la dernière, si nos informations ne sont pas erronées, porte la date de 188, En nous en tenant à la vérité essentielle, rien de plus à dire ; ce qui nous reste à révéler rentre dans le domaine de la fantaisie bibliographique. Il y a juste dix ans, paraissait en librairie, sous ce titreLe Cabinet noir, : série de une soi-disant révélations, plus ou moins piquantes, su r « Louis XVII, Napoléon, Marie-Louise, provenant, disait l’éditeur, le comte d’Hérisson, du portefeuille d’un directeur de la Police sous la Restauration, le baron Mounier ». Le baron Mounier, fils du constituant de ce nom, qui avait été secrétaire de Napoléon er I , puis intendant de la couronne sous le premier Empire, s’était, -comme tant d’autres, rallié aux Bourbons, lors de l’abdication de Fontai nebleau, et était devenu, sous la seconde Restauration, « le bras droit du duc de Ric helieu et le Directeur général de la Police départementale en France ». Or, parmi les papiers du baron Mounier, tombés par le hasard des circonstances entre les mains de M le comte d’Hérisson, se trouvaient, nous citons le texte même de, l’éditeur, « de curieuses lettres de Sainte-Hélène, peu connues, éditées à Londres en r 1817, attribuées par les uns, à O’Meara, par les au tres au D Stoke..., en réalité de M. 3 Warden, docteur du Northumberland, ». D’après ce qui précède, il semble bien évident que le comte d’Hérisson n’avait pas eu sous les yeux le texte original de la Correspondance de Warden, la fausse date le prouve suffisamment ; mais ce qui nous permet d’affirmer p lus positivement que la version donnée par le comte d’Hérisson est des plus suspectes, c’est que, de son propre aveu, il a « rectifié les incorrections et les négligences de la traduction, tout en respectant le style primitif » dumanuscrit : lisez ssion dud’une copie manuscrite trouvée dans la succe baron Mounier. Pour fortifier notre conviction, nous avons poussé plus loin notre enquête. Nous avons eu la patience de confronter le récit, très agréabl ement arrangé, du reste, par M. d’Hérisson, avec le texte anglais et nous avons pu nous convaincre qu’il y avait non seulement des erreurs nombreuses d’interprétation, mais encore d’importantes omissions. Nous avons, dès lors, résolu de composer unenouvellefrançaise, puisqu’il édition existe déjà celle parue à Bruxelles en 1817, de l’ouvrage de Warden ; et, pour qu’elle fût véritablement autre que celle-ci, nous avons prié n otre ami, M. Albert Blavinhac, de
refaire avec nous une traduction de l’édition angla ise, nous attachant à suivre le texte d’aussi près qu’il nous a été possible. Nous avons pensé, d’autre part, qu’il ne serait pas sans intérêt de faire précéder la Correspondance de W. Wardennotice sur son auteur ; d’autant qu’on chercherait d’une vainement dans les recueils bibliographiques des re nseignements sur la vie de ce chirurgien, qui n’a laissé aucune trace dans les annales scientifiques. r Les éléments de la biographie du D Warden nous ont été fournis très gracieusement r4 par le propre petit-fils du D Warden, c’est dire qu’ils ont été puisés à bonne s ource . Grâce à l’entremise obligeante de M. Alban Doran, chirurgien à Londres, nous avons été mis en relation avec M. Ch. Warden,quia bien voulu nous faire tenir les documents qu’il nous était utile de connaître. Les traits de la vie du Dr Warden seront, de la sorte, rapportés d’après des papiers de famille, offrant, par suite, toute la garantie d’authenticité désirable.
* * *
William Warden naquit en 1777, à Alytte, ville situ ée au pied des Grampians et qui garde le défilé mettant en communication toutes les Hautes et Basses terres d’Ecosse. Il était issu d’une vieille famille jacobite, dont quelques membres avaient été mis hors la loi en 1745. Sa mère, née en cette même année, fut tenue sur les fonts baptismaux par le prince Charles-Edouard, le jeune prétendant qu’on n ommait familièrement « Bonnie Charlie », Comme tout Ecossais, fût-il fils de lord ou de pays an, le jeune Warden reçut sa première éducation à l’école de sa paroisse. Il sem ble qu’on dût y enseigner, avec les notions primaires, la langue latine, car le jeune W arden en sortit pour commencer immédiatement ses études médicales à Montrose. À Montrose, il suivit les cours de William Burnett, qui devint plus tard Sir William Burnett et directeur général du service médical de la flotte. Il étudia aussi, sous la direction de Joseph Hume, chirurgien du corps d’arm ée de l’Est des Indes, qui se fit connaître dans la suite comme membre du Parlement et comme réformateur. A peine âgé de 17 ans, Warden se rendit à Londres. Il obtint, malgré son jeune âgé, une place de chirurgien-adjoint à Sheerness. Peu après, il s’embarquait sur le vaisseau La Melpomène,frégate commandée par le capitaine sir Charles Stewart. Deux ans plus tard, il était à bord de ce vaisseau quand l’équipage se révolta. La révolte se propagea comme une traînée de poudre, ce dont il n’y a pas lieu de s’étonner si l’on songe qu’à cette époque les matelots étaien t enrôlés de force et frappés de punitions cruelles, sans compter les privations nombreuses auxquelles on les soumettait. Le jeune Warden avait su, par son habileté et sa bi enveillance, gagner si bien les sympathies de l’équipage de laMelpomène, que les matelots stipulèrent, comme l’une des conditions de leur soumission, que le chirurgien du bord serait débarqué et le jeune docteur nommé à sa place. Le capitaine Charles Stewart lui conseilla de refus er une position offerte dans des conditions si anormales, l’assurant que, pour l’avenir, cela ne manquerait pas de nuire à sa carrière. Sa nomination ne fut retardée que d’un an : en 1798, il reçut son brevet de chirurgien. Presque aussitôt, Warden prenait part à l’expédition de l’Angleterre contre la France. A Copenhague, il était surl’Alcmène,commandée par le capitaine Sutton, qui essuya le feu des batteries de la couronne. Il était médecin duPhénix, lors du combat mémorable de
ce vaisseau contre la frégate françaiseLa Didon.Le grand historien James a écrit que ce fut le combat le plus acharné de toute la guerre. Quoique non combattant, Warden fut grièvement blessé dans cette affaire et reçut une pension de cent livres comme récompense. Rentré dans ses foyers, il songea à conquérir ses g rades universitaires. Il se fit recevoir docteur à l’Université de Saint-André, en 1811. Son diplôme établit qu’à cette époque il était licencié ès-lettres. C’était alors la règle que, si un candidat au diplôme de docteur en médecine n’était pas licencié, ce titre lui était conféréhonoris causâ, avant 5 qu’il fût reçu au doctorat.mots : « ayant antérieurement reçu le diplôme de Les licencié » se trouvent fréquemment dans les vieux diplômes et les vieilles minutes. Bien r que le D Warden ne fût pas porté comme licencié, il n’est pas douteux qu’il en ait reçu le diplôme de cette façon, en même temps que celui de docteur. Warden venait à peine d’être reçu docteur que sir G eorges Cockburn le choisissait comme chirurgien de son escadre ; en cette qualité, il fit une campagne sur la côte d’Amérique. Il servait sous les ordres de sir Cockb urn, quand leNorthumberland, qui portait le pavillon de ce contre-amiral, fut désign é pour transporter Napoléon à Sainte-Hélène.
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Les lettres de Warden, dites « Lettres de Sainte-Hé lène », sont la relation de ce voyage mémorable et des neuf mois de séjour que ce chirurgien passa dans cette île. Ces lettres étaient provisoirement adressées par Warden à sa fiancée, Elisabeth, fille aînée du capitaine Richard Hutt d’Apply, de Ryde, d ans l’île de Wight, et nièce du capitaine John Hutt, mortellement blessé en service commandé sur le navire de S.M. la er Reine, lors de la fameuse bataille livrée par lord Howe, le I juin 1794:souvenir de en ses services, un monument a été érigé au capitaine Hutt dans l’abbaye de Westminster. Les « Lettres de Sainte-Hélène » soulevèrent un vif mouvement de curiosité auprès de r ceux qui en prirent les premiers connaissance : dès son retour, le D Warden fut pressé de les publier. Ce fut Ackermann, l’un des plus cél èbres éditeurs du temps, qui se chargea de la publication. 6 A leur apparition, elles firent sensation dans le monde politique et littéraire.Journaux et revues malmenèrent l’auteur et les passions politiques furent tellement excitées contre r cet homme, quiosait défendre Bonaparte,Warden de laque le gouvernement raya le D 7 liste des chirurgiens de la Marine . En l’espace de quelques années, un certain nombre d ’éditions de cesLettres fut 8 enlevé. « Tout le monde, même le Prince Régent, les lisait . » r Quelque temps plus tard, le D Warden fut réinstallé dans sa charge et devint le doyen des médecins de la marine. Pendant vingt ans, il fu t successivement chirurgien des arsenaux de Sheerness et de Chatham. Entre temps, il reçut la médaille militaire et trois agrafes d’honneur.
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Napoléon estimait beaucoup le Dr Warden et volontie rs le prenait pour confident. Malheureusement, à part les « Lettres de Sainte-Hélène », Warden n’a rien laissé sur les entretiens qu’il eut avec Napoléon et sa suite.
En Angleterre, on accusait Napoléon de cinq grands crimes : le meurtre du duc d’Enghien ; l’assassinat du général Pichegru, du capitaine Wright, de la marine anglaise ; l’empoisonnement des soldats français en Egypte ; le massacre des pestiférés à Jaffa. C’est sur ces divers points que Napoléon exposa au Dr Warden son sentiment et sa justification. Ses explications furent attaquées av ec la dernière violence lors de la publication desLettres,ce n’était pas tout à fait sans motif, ainsi qu e nous le et démontrerons à l’occasion. Mais le Dr Warden n’était qu’un écho en la circonst ance et, pour cette raison, on ne saurait songer à l’incriminer. Il avait joué son rô le « d’interviewer » en conscience et il avait rempli, à la satisfaction de tous, ses foncti ons de médecin à bord du Northumberland.C’est avec la meilleure grâce du monde qu’il avait donné ses soins aux Français qui accompagnaient Napoléon, se faisant un point d’honneur de ne jamais accepter le moindre honoraire pour ses consultations. Ses manières affables lui avaient gagné la sympathie de tous les Français et la plupa rt d’entre eux ne voulurent pas le laisser partir sans quelque souvenir. 9 Le Maréchal Bertrand lui apporta, de la part de Napoléon, un magnifique jeu d’échecs, envoyés autrefois à Napoléon par l’Empereur de Chine : le roi blanc et la reine ressemblaient au roi Georges III et à la reine Char lotte ; le roi et la reine rouges à 10 l’empereur et à l’impératrice de Chine . En prenant congé de Napoléon, Warden le remercia de ce magnifique jeu d’échecs et osa ajouter que le plus petit souvenir venant de la propre main de l’Empereur lui aurait fait plu s de plaisir. Aussitôt, Napoléon se baissa et, arrachant les boucles d’or de ses souliers, les lui donna. Le Maréchal Bertrand lui remit, de son côté, l’une des médailles d’or fr appées lors du mariage de Napoléon avec Marie-Louise et offertes aux douze maréchaux de France. Le général de Montholon lui donna un double-napoléon ; le comte de Las-Cases, un napoléon. Mais ce qui dut le toucher plus que tout, c’est quand le valet de cham bre de l’Empereur, qui avait accompagné son maître à la bataille de Waterloo, fi t cadeau au docteur Warden du grand cordon de la Légion d’Honneur porté ce jour-là par Napoléon. r Le D Warden se montrait fier de posséder quelques cheve ux de Napoléon, placés actuellement dans une broche. Du Dr O’Meara, il reç ut l’une des deux dents que ce médecin avait arrachées à l’Empereur longtemps après que O’Meara était mort : l’autre dent et le davier qui avait servi à l’extraire fure nt vendus un prix considérable à un collectionneur. r Les reliques que nous venons d’énumérer appartiennent aujourd’hui au petit-fils du D Warden, Charles-John Warden, qui tient de son père tous les détails que nous avons rapportés et qui nous les a très aimablement transmis.
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r Le D Warden fut un médecin éclairé, un précurseur en bien des matières. Dès 1832, il avait reconnu la nature contagieuse du choléra asiatique. Il serait certainement arrivé à une haute situation si, lors de sa retraite, il se fût établi comme médecin à Londres. Ses nombreuses relations et son habileté professionnelle lui auraient certainement assuré une large clientèle, c ar il était très estimé à « Holland House », et en d’autres châteaux où il se rendait. Le Dr Warden savait conter avec beaucoup d’humour e t d’agrément : nous n’en voulons pour preuve que le trait suivant : plusieurs années après la mort de Napoléon,
sollicité, dans un bal, de parler de l’Empereur, le cercle de ses auditeurs, captivé par son récit, alla sans cesse s’élargissant jusqu’à comprendre la moitié des danseurs. r Le D Warden succomba le 23 avril à l’arsenal de Chatham où il cumulait, depuis sept ans, les fonctions de médecin et de chirurgien avec celles d’économe. Il était âgé, au moment de sa mort, de 72 ans,
1En voici le titre exact: Letters written on board his Majesty’s ship the Northumberland, and at Saint Helena, in wich the conduct and conversations of Napoleon Buonaparte and h i sis residence inthat island, areSuite, during the voyage, and the first months of h faithfully described and related, by William Warden , Surgeon on board the r Northumberland. The Second édition, London, 1816. Notre distingué confrere, le D Edmond Andrews, de Chicago, nous a signale une édition postérieure à celle-ci, parue à New-York ea 1817. En voici le titre abrégé :Letters written, etc.,printed in London, reprinted in Albany.New-York, United states, A.D. 1817.
2 Voici le titre très exact — en bibliographie on ne doit pas se contenter d’à-peu-près — de l’édition française, parue à Bruxelles, e t que nous n’avons réussi à nous procurer qu’après de longs mois de recherches :Correspondance de Guillaume Warden, chirurgien àbord du vaisseau deSa Majesté britannique, le «Northumberland »,qui a conduit Napoléon Buonaparte (sic)àl’isle de Sainte-Hélène.— Non ego, sed Democritus dixit. — Bruxelles. Cet ouvrage se trouve chez T. P arkin, éditeur du « Philanthropist », n° 809, Montagne de la Cour, et chez tous les libra ires des principales villes des Pays-Bas. 1817. Après la préface et avant le commencement du récit se trouve, dans cette édition, un fac-simile de l’écriture de Napoléon. Ce sont des o bservations de sa main sur la description que le général Bertrand avait faite de la bataille d’Arcole. L’écriture de Napoléon est aujourd’hui trop connue pour que nous ayons jugé utile de reproduire ledit fac-simile.
3« Je tiens à transcrire maintenant une série de lettres envoyées de Sainte-Hélène, non signées, et attribuées par les uns à O’Meara, par les autres au docteur Stoke : on s’est rallié plus généralement à la dernière opinion, ainsi que l’indique la note de la page 205, que j’ai copiée textuellement sur l’une d’elles. Ce s lettres, fort peu connues, sont en réalité de M. Warden, docteur duNorthumberland, qui accompagna Napoléon àSainte-Hélène. J’ai cru devoir les reproduire, réunies et classée s par chapitres, après avoir rectifié les incorrections et les négligences de la traduction, tout en respectant le style primitif. Elles me semblent écrites avec un laisser-aller, une simplicité qui inspire la plus entière confiance dans la véracité et la bonne foi de leur auteur. Les notes qui les accompagnent ne figurent pas sur le manuscrit. Elles sont presque toutes de la main du baron Mounier, secrétaire de l’Empereur. »Le Cabinet noir, par le comte d’Hérisson, p. 156,
4La lettre suivante que nous envoyait, il y a quelque temps, M. Ch. Warden, nous servira de pièce justificative: « Cher Monsieur, Je vous dois mille excuses pour avoir mis si longte mps à vous répondre, mais j’étais accablé de travail J’espérais pouvoir corriger le brouillon du récit de la vie de mon grand-père, mais le temps me manque et je vous l’envoie t el quel. Vous y trouverez les
principaux traits de la vie de mon grand-père, rapp ortés d’après des papiers et les souvenirs de mon père et de ma tante. Vous pouvez en faire tel usage qu’il vous plaira. S i certains points vous semblent obscurs, faites-le moi savoir, je m’efforcerai aussitôt dé vous les éclaircir. Pour ce qui est de l’éducation et des grades universitaires de mon grand-père, je sais qu’il s’établit somme médecin à Edimbourg en 1824. Il avait été reçu docteur en 1811, à Saint-Andrew’s Union. Son diplôme, que je possède, établit qu’à cette épo que il était déjà licencié es-lettres (M.A.). J’ai essayé de savoir à quelle date il avait été re çu licencié, en m’adressant à l’archiviste de Saint-Andrew’s Union. Je n’ai pas e ncore reçu de réponse, La famille l’ignore et les diplômes de Sant-Andrew ont été perdus, je crois. Je joins à ma lettre la copie d’une partie d’une mi ssive écrite par mon gland-père (officiellement) se rapportant a quelque affaire ayant trait a sa retraite. Dans cette lettre, il expose très brièvement ses états de service dans la marine J’ai essaye d’obtenir une photographie de la miniature, mais, pour cela comme pour tant d’autres choses, faute de temps, je ne peux m’en occuper d’une façon convenable. Je m’intéresse vivement à votre œuvre et vous devez penser que, seul, l’excès de travail a pu me rendre si négligent. Avec toutes mes excuses et tous mes regrets et en hâte, très sincèrement votre Ch. WARDEN. »
5Nous reproduisons ci-après la copie des certificats de William Warden, relevés par M.S. Maitland Anderson, bibliothécaire, et adressés par lui à M. Ch. Warden : « Pesth, 17 décembre 1811. Nous soussignés, certifions que M. William Warden e st d’une apparence distinguée, qu’il a reçu une éducation libérale, qu’il a suivi d’une façon régulière les cours faits sur les différentes parties de l’art médical. Nous le jugeo ns digne d’obtenir le diplôme de Docteur-Médecin. « Jacques Wood. D.M. A. Kelley, D.M. J. Mac-Farlane, D.M. » r Extrait desminutesdu Sénat académiquedel’UniversitédeSaint-André, au sujet du D Warden. « Saint-André, 21 décembre 1811. Le certificat de Dr-M. a été accordé au Dr Warden, chirurgien dans la marine royale, par Jacques Wood, A. Kelley et J. Mac-Farlane, docteurs-médecins, professeurs. Etant donnée l’urgence du cas, le certificat doit ê tre pris en considération le vendredi suivant. » « Saint-André, 27 décembre 1811. L’Université est d’avis de conférer le diplôme de Docteur-Médecin à William Warden, le candidat mentionné dans la minute précédente. »
6Une critique analytique très sérieuse de l’édition de 1816 desLettres de Sainte-Hélène, par W. Warden, a paru dansThe Edinburgh Review orcritical journal,XXVII, vol. e Edinburgh, 1816, p. 459-492 (B.N., Inv Z, 33,569, 27.)
7M.J. Garnett, « Senior Clerk to the medical département of Navy », a bien voulu nous apprendre que William Warden était inscrit sur l’An nuairede la Marine, imprimé à la fin de 1814 et corrigé officiellement
8Extrait de la notice de M. Ch. Warden.
r 9Ch. Warden nous a fait tenir une lettre, écrite  M. par le Maréchal Bertrand au D Warden, qui témoigne de la sympathie de cet illustre Français pour le médecin anglais : « Londres, octobre 1821. Je ne veux point quitter Londres, M. Warden, sans vous envoyer un petit bonjour. La lettre que m’écrivait M. Duthor et à laquelle ét ait joint ce billet de vous m’a été apportée à 9 heures du soir. J’étais déshabillé, ma femme souffrante. Je priai le porteur de lettres de repasser le lendemain matin ; mais il me fit dire qu’il partait à 8 heures du matin. Je regrette de n’avoir pu le voir, si c’était M. Duthor. J’espère que vous vous portez bien, ainsi que votre femme et votre petite famille. Je recevrai toujours de vos nouvelles avec plaisir et je désire beaucoup que vos affaires s’arrangent à votre satisfaction. Ma femme s’est mal trouvée du climat d’Angleterre, peut-être celui de France lui fera du bien. Je vous prie de me rappeler au souvenir du capitaine Ross et de M. Glover, et agréer l’assurance de mes sentiments affectueux. »
10Lettre de Ch. Warden.