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Nécessité de la colonisation de l'Algérie - Et du retour aux principes du christianisme

De
394 pages

La colonisation de l’Algérie est pour nous une nécessité sociale, politique et pressante ; elle est, avec le retour sincère aux idées religieuses et à leur mise en pratique, le plus sûr moyen d’assurer la tranquillité de nos descendants.

En voyant la France telle qu’elle est constituée de nos jours, avec sa brillante et immense capitale, ses grandes villes, ses bourgs, ses nombreuses communes rurales, ses ports, ses canaux, ses grandes routes, ses chemins de fer qui la parcourront bientôt dans toute sa superficie, ses riches cultures, son commerce et son industrie ; en présence du luxe effréné, dont l’exemple descend de Paris aux grandes villes, et de là à celles moins considérables, puis aux campagnes ; en présence de ces idées générales d’un bien-être ignoré jusqu’à nos jours, de liberté et de progrès ; en présence d’une telle apparence de richesse, avec un gouvernement qui, en moins de cinq minutes, transmet et fait parvenir ses ordres sur les points les plus éloignés du territoire à ses préfets, à ses généraux et à tous ses agents ; en voyant toutes ces merveilles, bien des gens sont portés à considérer comme ridicule ou comme émanant d’un cerveau malade cette proposition que la colonisation de l’Algérie est pour nous une nécessité absolue.

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Noël-Bernard Baillet
Nécessité de la colonisation de l'Algérie
Et du retour aux principes du christianisme
PRÉFACE
Mon Dieu, ne permettez pas qu’on puisse dire de nous plus longtemps : «Oculos habent, et non videbunt ;Aures habent, et non audient. »
(Psaumes de David.) Depuis 1847, j’ai parlé à plusieurs reprises de la colonisation de l’Algérie comme d’une nécessité absolue pour la France. Comme moyen d’arriver au but, j’ai indiqué en 1847, 1848 et 1849 la création de grandes exploitat ions agricoles départementales pouvant réunir, à l’aide de sociétés forméesad hoc, un certain nombre de familles d’un même pays, etc., etc. En 1830 et sur l’excitation du bien regrettable M. Bergasse, ancien procureur général à Montpellier, et par suite d’une visite fa ite à l’orphelinat fondé à El-Biar (près Alger) par le R.P. Brumault, j’ai publié une petite brochure pour réclamer en faveur de la colonisation l’emploi des jeunes détenus et des enfants trouvés des deux sexes. En 1851, dans une autre publication, j’ai réclamé l a formation de villages départementaux et spécialement la réalisation de ce tte pensée dans le département de la Seine-Inférieure, à l’aide d’une combinaison dont le résultat eût été d’établir cinquante familles au village d’Aïn-Benian, sur la route de Milianah, etc. Cette idée fut accueillie avec bienveillance par M. le ministre de la guerre, par M. le général Daumas et M. le gouverneur général de l’Alg érie ; je fus même assez heureux pour réunir un certain nombre d’adhésions à Rouen e t dans l’arrondissement d’Yvetot ; cependant le projet avorta, parce qu’en 1851 les em barras politiques qu’on éprouvait alors arrêtèrent les personnes dont je désirais pri ncipalement le concours et l’intervention publique et officielle ; puis je fus empêché moi-même de continuer activement mes démarches en faveur de l’œuvre, car à la même époque je vins à perdre ma bonne et sainte fille aînée. Depuis et jusqu’au commencement de 1856, j’ai fait diverses autres publications dans le même but et pour obtenir des améliorations ou modifications dans le régime algérien ; j’ai fatigué bien des personnes de condi tions diverses de mes obsessions pour obtenir qu’on daignât lire et examiner mes idé es !... j’ai fait des démarches qui m’ont valu par instants d’être considéré comme un m aniaque ou un mendiant !... Cependant mes efforts n’ont absolument rien produit . Si, par compensation aux frais d’impression et d’envoi de ma prose, j’ai reçu de t emps à autres des lettres de sympathique bienveillance et d’encouragement, je n’ ai obtenu le plus souvent qu’un silence peu flatteur ; je n’ai à peu près bien réus si qu’à m’attirer le mauvais vouloir de gens qui ont eu le tort de s’appliquer le résultat d’observations consignées dans des ra p p o rtsparticuliersdepuis 1846 à 1854, contenant tous des pensé es sur faits l’Algérie !... Je ne saurais donc tirer vanité du résultattout à fait négatif de mes tentatives ; convaincu de leur impuissance, j’étais déterminé à ne les pas continuer, lorsque j’eus l’occasion de lire l’an dernier un délicieux et exc ellent livre intitulé :Etudes rurales ou Défense des Intérêts matériels, moraux et religieux des Campagnes, par l’abbé Methivier, curé doyen d’Olivet. Ce livre contient à la fin le rappel de la phrase s uivante : « Aidez-moi tous à asseoir sur cette terre boulever sée par tant de révolutions un
gouvernement stable, qui ait pour base la religion. .. la justice... la probité et l’amour des classes souffrantes !... »(Paroles de l’EmpereurLOUIS-NAPOLÉON.) Après avoir lu et relu avec soin les divers chapitr es de l’œuvre de M. l’abbé Methivier (œuvre d’une raison saisissante, de profo nde observation, de vraie charité chrétienne), et en présence aussi de l’appel que je viens de reproduire (mais que j’ignorais), j’ai senti mon culte algérien se récha uffer, d’autant mieux qu’ayant manifesté mon découragement et mes craintes sur l’i nanité de mes efforts, le spirituel auteur desEtudes ruralesavait bien voulu me répondre : « Quoi qu’il arrive de nos efforts, nous ne devons point nous lasser, car nous travaillons pour notre pays ; c’est déjà une douce récompense de pouvoir dire : Je pouvais rester muet et j’ai parlé ; je pouvais lais ser passer l’erreur et je l’ai saisie au collet ; je pouvais jouir du repos et j’ai préféré les fatigues de la lutte, etc. Une vie d’homme usée à faire marcher vos idées ne saurait ê tre plus utilement consacrée au bien public. » Je songeai alors à rassembler dans un même travail mes rêveries sur la colonisation et à les présenter comme étant,après le retour franc et sincère aux pratiques de la religion,l’unique moyen de rassurer le présent, de préparer la sécurité de l’avenir et de répondre pour ma part au programm e posé dans l’appel fait par le chef actuel de l’Etat. Je soumis cette idée à l’un des premiers fondateurs de la société de Saint-Vincent-de-Paul à Rouen et au vénérable prêtre qui, en 1851 et après la mort de ma fille, m’avait heureusement fait comprendre le bonheur du retour sincère aux idées et pratiques religieuses ; tous deux m’encouragèrent à me remettre à l’œuvre et à traiter la question sous ce nouveau point de vue. C’est par suite de ces excitations que je reviens s ur un sujet dont, l’an dernier, je croyais ne devoir plus m’occuper. J’avais espéré d’ abord qu’un seul volume suffirait, je désirais qu’il en fût ainsi pour ne pas m’exposer à une trop forte dépense, car jusqu’à ce jour et à l’occasion de mes publications algérie nnes, je n’ai reçuque les quittances de mon imprimeuret rien de plusou à peu près !...A procéder par un seul volume, j’en espérais un autre avantage, celui de moins fatiguer mes lecteurs, si j’en obtiens, et surtout MM. de l’administration supérieure et du sé nat, etc., etc., qui désirent une grande concision dans les idées, parce que les affa ires publiques ne leur laissent pas de loisirs suffisants pour examiner une œuvre trop longue ; cependant j’ai réfléchi que, si désirable que soit la concision, je ne saurais r emplir le but que je me propose si je n’entrais pas dans des détails suffisants pour fair e naître et forcer, pour ainsi dire, les convictions sur certaines propositions très-diverse ment appréciées. Malgré l’inconvénient d’un surcroît de dépense, je me décide à diviser ma nouvelle publication en deux petits volumes, contenant chacu n trois parties distinctes, subdivisées en sections, paragraphes, réflexions et conseils. Dans le premier volume et la première partie, j’ind iquerai les causes générales d’inquiétude qu’on pourrait concevoir pour l’avenir , si le retour aux pratiques religieuses et la colonisation de l’Algérie ne deva ient nous venir en aide. J’esquisserai rapidement ce qui concerne l’établissement de nos a ncêtres sur le vieux sol gaulois, l’institution de la royauté, de la puissance féodal e, de la magistrature, de la bourgeoisie et les causes générales qui, avec le re lâchement des devoirs religieux, nous ont conduits aux bouleversements traversés dep uis 1789 et dont il s’agit de sortir maintenant d’une manière durable ; j’examinerai rap idement les conséquences du développement industriel, du déplacement des popula tions rurales, des idées de libre-échange, des aspirations générales à plus de bien-ê tre matériel, etc., etc.
Dans la seconde partie, je parlerai de la nécessité indispensable de raviver le respect pour les fonctions et les fonctionnaires, d es moyens à prendre pour y parvenir, de la pénalité à établir pour prévenir autant que p ossible les malversations des agents de l’autorité, et de la nécessité pour parvenir à l a colonisation de l’Algérie, de modifier les institutions qui régissent maintenant ce pays, en s’inspirant des pensées émises en 1850 et 1851 par M. le général d’Hautpoul, ancie n ministre de la guerre, ancien gouverneur général de l’Algérie, et maintenant gran d référendaire du sénat, etc., etc. Dans la troisième partie, je consignerai les faits qui me paraissent de nature à ju s tifie rl’impérieux besointer la des modifications dont s’agit pour hâter et facili colonisation, en donnant à ceux qui voudront ou pou rront s’en occuper des institutions qui les mettent à l’abrides tracas, des ennuis et d es déceptions qu’ont eus à subir jusqu’à ce jour bon nombre de ceux qui ont songé à la colonisation. Je relèverai des faits graves et regrettables qui n e sont dus qu’à l’impossibilité matérielle où se trouvent (malgré la loyauté et la pureté de leurs intentions) les grands pouvoirs actuels qui ont à régir l’Algérie sous la direction unique de M. le ministre la guerre, faits dont la surveillance serait bien plus facile, si le fardeau algérien était 1 divisé entre les divers ministères de la France . La révélation de ces faits et les réflexions qui le s accompagneront auront pour but de justifier le besoin de s’occupersans retardinstitutions algériennes. C’est une des œuvre pour laquelle le sénat peut merveilleusement seconder les intentions du chef de l’Etat en examinant le mal scrupuleusement et fr oidement, et en provoquant à cet égard son attention pour préparer, d’accord avec lu i, des modifications qui auront pour résultat inévitable d’activer l’œuvre de la colonis ationet l’immigration française, condition indispensable à la sûreté de notre établi ssementafricain. Je sollicite de toutes mes forces l’attention de MM . les sénateurs sur la troisième partie de mon travailet la formation parmi eux d’une commission composée, non-seulement d’anciens généraux, mais aussi de magistr ats et de fonctionnaires civils connaissant bien l’Algérie, afin qu’un rapport leur soit fait à cet égard et qu’ils puissent y trouver la raison d’en référer à l’Empereur, afin d’améliorer et modifier ce qui existe, s’ils partagent l’impression que les faits en question me semblent devoir produire L’indication de ces faits, s’ils ne devaient servir au but que j’indique et si ces faits n’étaient passcrupuleusement exacts, constituerait une actionblâmable... punissable même,t pas servir d’armeassurément je m’abstiendrais s’ils ne devaien  dont principale au succès des idées que je défends au profit de l’avenir de l’Algérie. Dans le second volume et sa première partie, je parlerai de l’inamovibilité à conférer à la magistrature judiciaire algérienne et des auxi liaires de la justice. Dans ladeuxième partie, je m’occuperai de l’emploi des enfants d’hospices et des jeunes détenus comme auxiliaires indispensables à l a colonisation, je répondrai aux idées émises devant le sénat sur cette grande et gr ave question, dont voulait bien se r préoccuper l’infortuné archevêque de Paris (Mg Sibour), qui avait daigné accueillir avec bonté des observations que je lui avais adress ées ; ensuite j’arriverai à la création de villages départementaux et je répondrai à ce que j’ai appris des craintes qui auraient été manifestées devant la commission d u sénatsur l’impossibilité de réunir les éléments propres à assurer le succès de pareils établissements,tandis qu’à mes yeux c’est dans la formation de ces villages qu e se trouve le plus solide levier de prospérité et d’accroissement de la colonisation su r des bases sûres et durables. Enfin, dans latroisième partie,le complément et le couronnement de mon formant nouveau travail, je terminerai par la nécessité du retour aux idées et pratiques religieuses comme grand moyen de favoriser la colon isation et comme moyen unique
de prévenir, avec la colonisation, les dangers que l’avenir pourrait réserver à nos descendants. Le cultesincère etpublic des idées et des pratiques religieuses du christia nisme est, par rapport aux commandements dictés par Dieu, sur le mont Sinaï. à Moïse, ce que, dans notre société française, le code de procé dure se trouve être à notre code civil. Il ne suffit pas à un peuple d’avoir des lois et de s droits, il lui faut, pour profiter de ces lois, invoquer et faire valoir ses droits, reco urir àcertaines formalitésdont l’emploi est nécessaire pour conserver les bénéfices et du d roit et de la loi, sans quoi et si le 2 moyen n’est pas uniforme, s’il n’est pas suivi part out et par tous , on arrive à des interprétations différentes ou à des doutes fâcheux sur la valeur obligatoire de la loi et le mérite du droit et par suite à des désordres !.. . Eh bien ! le culte public et la pratique des idées religieuses, mais la pratique franche et sincère de ces idées (car les masques sont et seront toujours méprisés et méprisa bles !), sont et forment la procédureunique et invariable à l’aide de laquelle on s’assure le moyen efficace de satisfaire aux lois (le code civil des nations) dér ivant des commandements dictés à M oïsepar le Maître des maîtresla terre, et de s’assurer par suite les avantag  de es des droits qui en résultent et que le divin fondate ur et ordonnateur du christianisme nous a obtenus, assurés et garantis. C’est en nous éloignant tous plus ou moins des règl es de cette procédure, en nous constituant séparément et à notre guise une petite législation spéciale, nous dispensant, les uns sous un prétexte, d’autres sous un autre, de rendre par nosactes publicsles hommages dus par les vassaux à leur suzerain e t suivant les formes qu’il a tracées, que nous sommes arrivés à la situation dan s laquelle nous nous trouvons et dont nous ne pourrons sortir qu’en revenant sincère mentà cette même procéduretrop négligée et en nous occupant de la colonisation qui , nous mettant à même de faire de la grande et de la vraie charité, permettra au chef de l’Etat d’établir la base de son gouvernement, conformément au vœu contenu dans son programme, si heureusement reproduit par M. le doyen d’Olivet. C’est par le retour de tous au culte religieux et p ublic que les idées envieuses et haineuses qui existent en bas se calmeront... qu’on y supportera avec plus de courage et de résignation l’obligation du travail manuel et de tous les jours, sauf ceux réservés pour Dieu !... C’est par ce procédé, qu’en haut et au milieu de l’échelle sociale, on arrivera mieux à sentir les dangers réels de l’ambi tion, du luxe effréné, du désir de fortunes trop faciles et trop rapides et de l’absen ce de bienveillance ou de charité pour ceux qui sont placés dans des conditions plus pénib les et plus modestes. Reprenant la question algérienne à ce point de vue, un seul volume ne m’eût pas permis de m’expliquer convenablement et comme je le comprends, et je me suis décidé à en publier deux, sauf à retarder le second de deux à trois mois, pour, avant de le livrer à l’impression, m’éclairer moi-même à cet égard, afin de ne pas nuire à la cause que j’ai à cœur de servir. Je réclame donc indulgence et pardon à ceux qui con sentiront lire et examiner ma nouvelle production, et qui, à la lecture, pourraie nt par instants éprouver de l’ennui par les longueurs (regrettables, mais nécessaires) des faits singuliers que j’aurai à relever pour justifier mes efforts et la nécessité de modifier les institutions africaines. Avant de terminer cette préface, déjà longue, je cr ois devoir rappeler que je disais à la fin de celle de ma première brochure de 1847 : « La colonisation de l’Algérie n’est pas une affair e de parti, elle réclame le concours de tous, abstraction faite de leurs idées politique s. »
Maintenant l’ordre est rétabli en France, le fait e st vrai ; mais des hommes honorables, d’opinions et de conditions diverses, f idèles au culte des souvenirs, se tiennent encore à l’écart de tout ce qui concerne l a chose publique, et poussent le scrupule jusqu’à ne pas même vouloir appuyer de leu r influence morale, les mesures qu’ils jugent eux-mêmes utiles, laissant au gouvern ement le soin de nous tirer tous d’embarras par la puissance des moyens qu’il a à sa disposition. Cette abstention, toute respectable qu’elle puisse paraître, a cependant ses inconvénients, et il serait préférable, peut-être,dans l’intérêt du salut commun, que chacun, sans renier son passé dès qu’il est honorab le, refoulant au fond de son cœur ses anciennes affections et ses regrets (quoiqu’en restant même en dehors de la vie politique), aidât de tous ses efforts le chef de l’ Etat à réaliser la base du gouvernement, comme il l’a indiquée, en l’appuyant sur la religion, la probité, la justice et l’amour des classes souffrantes...mais dans la véritable et complète acception des mots. Rouen, 22 avril 1857. SignéBAILLET.
1 Ces faits constituent de la;véritable histoire algérienne et de la plus triste  ils relèvent des misères locales de diverses espèces... des actes contraires aux intérêts du trésor public... la déraison stupide des contrat s arabes, les mensonges qu’ils contiennent, le danger d’y avoir une foi trop vive, les conséquences dangereuses de cette foi pour les intérêts de l’Etat lui-même, lor squ’il s’agit surtout de levées de séquestre, et la nécessité de prendre des précautio ns à cet égard. A part deux passages de cette troisième partie (de la page 85 à 89 et de la page 153 à 178, qui contiennent des copies d’actes arabe s et dont la lecture pourrait paraître fastidieuse à certaines personnes à raison de l’inintelligibleplusieurs de de ces actes), le surplus se compose de faits divers, de réflexions, de déductions et d’observations me paraissant mériter (ainsi que la partieréputée ennuyeuse) l’attention des hommessérieux et observateurs,des dignitaires de l’Etat surtout chargés de coopérer à son administration, de l’aide r ou de l’éclairer. Car à mes yeux, et dans ce que je dirai dans les dernières sections de la troisième partie, il y va presque de l’honneur de la France, deprotéger les Arabes contre eux-mêmes et contre les prétendus officieux qui veulent les aider !... Aussi, j’insiste pour q u’on daigne tout lire, et jusqu’à la fin. En juin et oct obre 1850, M. le comte***, un des hommes politiques des plus estimés et des plus cons idérables de France avant 1848 et depuis, et de ceux qui jusqu’à la fin de 1831 se sont le plus occupés de l’Algérie, m’écrivait, à l’occasion de l’indication de faits d e cette nature et de l’envoi de rapports imprimés à cette époque pour m’en remercier et me d ire « qu’il partageait mon opinion sur l’avenir de l’Algérie, qu’avec du temps, de la persistance et de la fixité dans les idées, avec le choix de bons magistrats, moins de m obilité dans les hommes et dans les systèmes, etc., etc., on arriverait à en tirer parti, etc., etc. Je ne puis connaître (disait-il) l’Algérie que par les livres et les conversations de ceux qui l’ont vue et étudiée ; c’est mon devoir de recourir à toutes les sources pour m’éclairer le plus possible, etc., etc. Je vous sui s obligé de me tenir au courant sur une foule de choses que je ne sais pas et que j’ai besoin de connaître, etc., etc. » Fasse Dieu que cet exemple soit suivi et qu’on veui lle bien donner à toute cette troisième partie l’attention qu’elle me semble méri ter.
Si j’étais un personnage revêtu d’autorité, on pour rait supposer queje veux imposer mes projets ; mais, comme heureusement je ne suis r ien, qu’un homme de bonne volonté et de conviction, on peut examiner mes idée s... les passer au crible, pour ainsi dire... afin de ne les admettre que sur la preuve a cquise de leur utilité.
2veuille bien ne pas s’effrayer de cette prop  Qu’on osition, qui pourrait paraître trop absolue à certains esprits. Je connais des dissiden ts que je respecte, que j’estime et que j’aime de tout mon cœur, et qui pourraient bien avoir leur bonne foi pour excuse (voir troisième volume, page 308,Philosophie du Christianisme,par M. Nicolas) ; mais je dois, sans vouloir être blessant pour personne, exprimer la vérité comme je la comprends.
PREMIÈRE PARTIE