Notre empire africain et le transafricain - Causes ou raisons qui doivent faire préférer le tracé de l

Notre empire africain et le transafricain - Causes ou raisons qui doivent faire préférer le tracé de l'Oued Ghir à tout autre pour la partie transsaharienne de ce chemin de fer

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Français
100 pages

Description

PROLÉGOMÈNES

Le Transsaharien sera réellement la jonction de deux mondes. Il reliera ensemble, non pas en de nombreux jours comme font les bateaux les plus rapides, mais en quelques heures, la zone tempérée et la zone tropicale, les deux zones les plus riches de notre globe et les plus faites aussi pour échanger leurs produits, parce qu’ils diffèrent entièrement comme leur climat.

Il est dès lors facile de supputer toutes les conséquences d’un pareil chemin de fer, unique en son genre.

Fruit d’une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.


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Date de parution 28 septembre 2016
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EAN13 9782346102013
Licence : Tous droits réservés
Langue Français

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Gratien-D. Bédier

Notre empire africain et le transafricain

Causes ou raisons qui doivent faire préférer le tracé de l'Oued Ghir à tout autre pour la partie transsaharienne de ce chemin de fer

A
Messieurs DE FREYCINET et RIBOT,

 

Nos deux grands Ministres de la Guerre
et des Affaires étrangères,

 

qui ont bien voulu le remercier pour des considérations
sur la politique française en Afrique,

 

L’auteur dédie cet opuscule comme un sincère hommage de tout son respect, de sa reconnaissance et de son admiration.

 

G.B.

UN SEUL MOT

Ce travail a été fait avec un tel effort dans la recherche de la vérité, que seul l’amour de la patrie a pu le rendre possible. C’est le fruit de près de quatorze ans d’études, de labeur et de méditations. Aussi l’auteur peut-il l’offrir à notre chère France comme un gage assuré de sa piété filiale.

Le lecteur peut lui accorder toute sa confiance. Là même, où le style pourrait faire supposer le contraire, le fond a été débattu et établi avec la plus scrupuleuse rigueur1.

Dans sa conférence2, publiée en 1888, faite à Paris le 2 décembre 1887, l’auteur a déjà traité presque toutes les matières contenues dans ce nouvel opuscule. L’un doit donc aider l’autre, le second étant le complément méthodique de la première.

Tout a été si conscienceusement étudié dans cette conférence, que malgré les progrès réalisés depuis trois ans, il n’y a rien à y changer. Même pour lire cette étude-ci avec fruit, il faut, chaque fois que la chose est indiquée, se reporter à la conférence, qu’on devra d’ailleurs parcourir au préalable. Une bonne carte de l’Afrique est aussi nécessaire : celle de Schrader3, par exemple, quoique bien incomplète.

La patriotique Société de Géographie d’Oran, dont l’éloge n’est plus à faire, et dont la compétence en la matière est universellement reconnue, a bien voulu d’elle-même placer ce travail sous son haut patronage. Cette attention insigne honore beaucoup l’auteur. Il est heureux d’en témoigner ici publiquement toute sa reconnaissance à ses collègues. En travaillant toujours, comme ils l’ont fait, au succès du Transsaharien, ils ont du reste rendu à la patrie le plus inappréciable service. Un avenir prochain saura sans doute le proclamer4.

Oran, le 27 Octobre 1890.

PREMIÈRE PARTIE

LE TRANSSAHARIEN

PROLÉGOMÈNES

I

Au point de vue commercial et général

Le Transsaharien sera réellement la jonction de deux mondes. Il reliera ensemble, non pas en de nombreux jours comme font les bateaux les plus rapides, mais en quelques heures, la zone tempérée et la zone tropicale, les deux zones les plus riches de notre globe et les plus faites aussi pour échanger leurs produits, parce qu’ils diffèrent entièrement comme leur climat.

Il est dès lors facile de supputer toutes les conséquences d’un pareil chemin de fer, unique en son genre.

Quand même il n’y aurait absolument rien dans le Sahara, pour l’alimentation de cette voie au point de vue commercial, son utilité ne serait pas moins grande, et ses avantages, incommensurables. C’est ainsi que nos navires traversent tous les jours des océans immenses et vides, pour aller trouver au delà des pays commerçants, et mettre en relations les différents mondes1.

II

Au point de vue purement français

Le Transsaharien (la Méditerranée n’étant plus une barrière appréciable) quindécuplera notre territoire, sans qu’il cesse d’être d’un seul tenant2, nous donnera des richesses inouïes puisque nous aurons sur notre propre sol, sans sortir de chez nous, tous les produits de la terre3, et nous assurera même un jour, tout semble l’indiquer, l’hégémonie de l’Afrique entière4.

III

Autre conséquence au point de vue français

D’ores et déjà, en quindécuplant notre territoire, le Transsaharien nous garantit l’éternité de ce monde. Nous resterons une puissance de premier ordre. Nous ne tomberons pas. Nous ne périrons pas5.

IV

Autre conséquence, capitale pour nous

Il nous tirera de notre insouciance de l’avenir et de l’espèce de torpeur qui nous accablent depuis 1815, parce qu’en nous restituant le territoire nécessaire, il nous permettra de renouer la chaîne de nos vieilles traditions, et nous rendra ainsi cette idée de nous-mêmes, de nos destinées et de notre grandeur, que nous semblons avoir perdue6.

V

Autre conséquence capitale

En nous permettant de mêler les nègres aux musulmans et de les défendre contre ces derniers, dans nos possessions nord-africaines, sahariennes et soudaniennes, il assurera notre triomphe sur le mahométisme, et la fusion rapide de toutes ces races guerrières et intrépides dans notre civilisation française7.

VI

Une question

CAUSES POUR LESQUELLES LE TRANSSAHARIEN N’EST PAS ENCORE FAIT

 

Le Transsaharien est donc l’œuvre-capitale par excellence pour les Français. Comment se fait-il alors que nous ne l’ayons pas encore construit ? — Il y a à cela plus d’une cause. — Essayons d’en énumérer quelques-unes.

L’engourdissement dont nous souffrons depuis Waterloo, que nous prenons souvent pour de l’indifférence et du mépris, et qui n’est au fond que le sentiment inconscient de notre chute ; notre esprit faux durant ce siècle sur toutes ces questions, conséquence inévitable de ce qui précède, et aussi de notre ignorance en matière de géographie ; des causes que je n’ose pas dire ; les fables répandues à profusion sur le Sahara et ses sables mouvants dont nous nous étions pour ainsi dire repus depuis notre enfance ; nos préjugés si nombreux et si stupides sur les pays chauds qu’ils tournent pour nous en dégoût même de ces splendides contrées8 ; la malignité des côtes du Sénégal et de tout l’ouest africain, qui nous faisait supposer, contre toute vérité, que l’intérieur était assurément malsain comme le littoral9 ; la fatale, trop fatale idée de Flatters, qui, au lieu de prendre la voie naturelle, le grand chemin du désert, l’oued Ghir, par lequel il serait arrivé cent fois plutôt qu’une au Soudan, est allé se faire tuer en voulant franchir les Hoggars, comme le tracé de MM. Philebert et Rolland10 ; enfin, l’attention publique, notre activité et nos finances détournées du continent noir par la passion de M. de Lesseps pour le percement des isthmes et celle de M. Ferry pour le Tonkin11. Retour cruel des choses humaines : l’un a perdu sa gloire dans le Panama ; l’autre, sa popularité dans le Tonkin. Et voilà que le Transsaharien revient à flot.

VII

Des deux tracés

DURÉE ET PRIX RESPECTIFS DE LEUR CONSTRUCTION. TAOURIRT EST POUR NOUS LA CLEF DU SAHARA ET DU SOUDAN