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Nouveaux espaces dans de nouvelles logiques migratoires ?

De
256 pages
L'objectif de ce volume est d'appréhender les mouvements contradictoires au cœur des discours prônant la toute-mobilité en étudiant les passages de parcours de mobilités pluripolaires vers des parcours de (ré)immigration et de sédentarisation. Dans ces dynamiques migratoires en tension, quelles stratégies sociolangagières, spatiales, relationnelles, identitaires, économiques, les auteurs ont-ils développé ? Ont-ils aménagé des réseaux, des liens dans les sociétés de destination ou de passage ?
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N° 8 2015
Cahiers Internationaux de Sociolinguistique Nouveaux espaces dans de nouvelles logiques migratoires ?
Entre mobilités et immobilités des acteurs
sous la direction de Aline Gohard-Radenkovic et Josianne Veillette
 Préface
Nouveaux espaces dans de nouvelles logiques migratoires ?
3
Sous la direction de
Aline Gohard-Radenkovic et Josianne Veillette
Préface
Nouveaux espaces dans de nouvelles logiques migratoires?
Entre mobilités et immobilités des acteurs
CAHIERSINTERNATIONAUX DE SOCIOLINGUISTIQUE2015
MAQUETTEDECOUVERTURE:PIERREDUGUINY
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CAHIERSINTERNATIONAUX DESOCIOLINGUISTIQUEDirigés par Philippe BLANCHET et Thierry BULOT
Comité de rédaction(par ordre alphabétique)
Armstrong Nigel (Université de Leeds, Royaume-Uni), Bertucci Marie-Madeleine (Université Cergy-Pontoise, France), Blondeau Hélène (Université de Floride, Gainsville, USA), Boudreau Annette (Université de Moncton, Canada), Calvet Louis-Jean (Université de Provence, Aix, France), Erfurt Jurgen (Université de Frankfort sur le Main / Allemagne), Feussi Valentin (Université François Rabelais, Tours, France), Francard Michel (Université Catholique de Louvain, Belgique), Gadet Françoise (Université Paris X, France), Hambye Philippe (Université Catholique de Louvain, Belgique), Heller Monica (Université de Toronto, Canada), Huck Dominique (Université de Strasbourg, France), Jones Mari C. (Université de Cambridge, Royaume-Uni), Dia-Klaeger Sabine (Université de Koblenz-Landau, Allemagne), Ledegen Gudrun (Université Rennes2-UEB, France), Lounici Assia (Université d'Alger, Algérie), Marcellesi Jean-Baptiste (Université de Rouen, France), Messaoudi Leila (Université de Kénitra, Maroc), Moussirou-Mouyama Auguste (Université de Libreville, Gabon), Pöll Bernhart (Université de Salzburg, Autriche), Rispail Marielle (Université Jean Monnet, St Etienne, France), Robillard Didier de (Université François Rabelais, Tours, France), Singy Pascal (Université de Lausanne, Suisse), Gerald Steel (The University of the West Indies/University of Pretoria - Afrique du Sud), Telmon Tullio (Université de Turin, Italie), Tirvassen Rada (Université de Maurice), Tsofack Jean-Benoît (Université de Dschang, Cameroun), Vicente Angeles (Université de Saragosse, Espagne).
Ligne éditoriale
LesCAHIERSINTERNATIONAUX DESOCIOLINGUISTIQUEont pour vocation première de rendre compte des recherches et réflexions en cours sur la pluralité linguistique, notamment – mais pas exclusivement – dans l’espace francophone (en y incluant le territoire français) et d’assurer, par la confrontation des modèles théoriques et des méthodes diverses dans le champ, la rencontre des différents courants constitutifs de la sociolinguistique contemporaine. Sans que cela soit exclusif, les travaux publiés doivent permettre de faire valoir la pertinence des approches qualitatives en sociolinguistique et de structurer la discipline en proposant systématiquement de questionner les théorisation(s), méthodologie(s) et cadre épistémologique de la recherche présentée et leur pertinence pour la connaissance des situations et phénomènes observé(e)s.
La langue de diffusion privilégiée desCAHIERSINTERNATIONAUX DE SOCIOLINGUISTIQUEest le français (orthographe recommandée ou non), mais des textes dans les autres langues de diffusion scientifique sont effectivement attendus (sous réserve des compétences linguistiques des membres du comité de rédaction).
LesCAHIERSINTERNATIONAUX DESOCIOLINGUISTIQUEpublient des numéros thématiques une à deux fois par an sous la responsabilité scientifique d’un-e ou plusieurs chercheur-es qui en assurent également le travail de coordination.
LesCAHIERSINTERNATIONAUX DESOCIOLINGUISTIQUEacceptent des articles isolés relevant de la discipline qui paraissent dans la rubrique « Varia » ainsi que des comptes-rendus d’ouvrages et/ou de livraison de revue. Ces textes sont soumis au Comité de rédaction pour proposition de publication.
LesCAHIERSINTERNATIONAUX DESOCIOLINGUISTIQUEne renvoient documents envoyés de manière isolée en cas de non-publication.
Précédents volumes :
http://www.cairn.info/revue-cahiers-internationaux-de-sociolinguistique.htm
pas
les
BULOT Thierry (Dir.), 2011,Normes et identité(s) en rupture. Migrance, plurilinguisme et ségrégation dans l’espace urbain, CAHIERSINTERNATIONAUX DESOCIOLINGUISTIQUE1, L’Harmattan, Paris, 190 pages.
BLANCHET Philippe, KEBBAS Malika, KARA Attika Yasmine (Dirs.), 2012,Pluralité linguistique et démarche de recherche. Vers une sociolinguistique complexifiée, CAHIERS INTERNATIONAUX DESOCIOLINGUISTIQUE2,L’Harmattan, Paris, 122 pages.
LEDEGEN Gudrun (Dir.), 2013,Nommer la ségrégation en sociolinguistique urbaine Les dimensions socio-spatiales du processus, CAHIERSINTERNATIONAUX DESOCIOLINGUISTIQUE3, L’Harmattan, Paris, 124 pages.
BULOT Thierry (Dir)., 2013,Normes et discrimination(s) (Frontières, Espaces et Langues), CAHIERSINTERNATIONAUX DESOCIOLINGUISTIQUE4,L’Harmattan, Paris, 196 pages.
FEUSSI Valentin (Dir.) FERRE C. (Coll.), 2014,Pluralité linguistique et culturelle (Actualité de la recherche en sociolinguistique), CAHIERSINTERNATIONAUX DE SOCIOLINGUISTIQUE5, L’Harmattan, Paris, 124 pages.
RASOLONIAINA Brigitte, BARONTINI Alexandrine (Dirs.), 2014,Pluralité et interaction des terrains et des approches en sociolinguistique, CAHIERSINTERNATIONAUX DE SOCIOLINGUISTIQUE6, L’Harmattan, Paris, 150 pages.
BLANCHET P., BULOT T. (Eds.), 2015,Modalités d'intégration des perspectives plurilingues en sociolinguistique et sociodidactique (Varia), CAHIERS INTERNATIONAUX DESOCIOLINGUISTIQUE7,Paris, L’Harmattan, 148 pages.
Mis en page sous la responsabilité des Cahiers Internationaux de Sociolinguistique
Dépôt légal : second semestre 2015
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole-Polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr
ISBN : 978-2-343-07811-3 EAN : 9782343078113
1 PREFACE
Avec l’ensemble des articles qu’ils présentent, issus d’une variété de disciplines (sociolinguistique (urbaine), anthropologie de la communication, anthropologie des mobilités, microsociologie, anthropologie sociale, histoire sociale, linguistique appliquée, didactique des langues et cultures, etc.), les deux volumes dirigés par Aline Gohard-Radenkovic et Josianne Veillette constituent un travail à la fois important et audacieux pour le champ des sciences sociales.
Il est important, tout d’abord, du fait même del’objet abordé: les nouvelles formes de mobilités qui se sont progressivement développées dans différentes parties du monde, au tournant du siècle dernier, et dont l’intensité s’est accrue depuis lors, touchant un effectif croissant d’individus. Compte tenu du faible nombre de travaux publiés à leur sujet comparativement aux migrations plus traditionnelles (migrations de masse pour raisons économiques, déplacements de réfugiés pour raisons politiques ou de guerres, etc.), le présent ouvrage est sans aucun doute destiné à faire référence et à inspirer de nouvelles enquêtes.
C’est aussi en raison de la nature du phénomène étudié que l’ouvrage peut être qualifié d’audacieux. Plus encore que les mobilités plus traditionnelles, ces nouvelles mobilités mettent en scène des acteurs variés (individus, familles ou groupes, membres des classes dominantes ou des élites, professionnels hautement qualifiés, étudiants ou ouvriers, mineurs, etc.) dont les causes, raisons ou motivations à l’origine de leurs déplacements sont elles-mêmes diverses (économiques, académiques, professionnelles, familiales, etc.) et qui entreprennent des parcours migratoires revêtant un vaste éventail de formes (locales, régionales, interrégionales, transfrontalières ou internationales, composées d’allers simples ou d’aller-retour aux rythmes variés, comportant une émigration ou plusieurs ré-émigrations, vers une seule ou plusieurs destinations, de courtes ou longues durées, parfois intermittentes, légales ou clandestines, etc.). Même si l’ouvrage ne prétend pas atteindre à quelque exhaustivité que ce soit – que seule une hypothétique « encyclopédie des mobilités » pourrait réaliser – il est facile de saisir à quel point appréhender un tel phénomène inédit et encore mal connu, caractérisé de surcroit par une grande variabilité
1 Mauro Peressini, Musée canadien de l’histoire,Mauro.Peressini@museedelhistoire.ca
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Mauro Peressini Cahiers Internationaux de Sociolinguistique
et complexité, exige un vaste travail conceptuel et méthodologique permettant de renouveler les catégories habituellement utilisées pour saisir les migrations et d’élaborer de nouvelles approches.L’approche théorique et méthodologiquegénérale adoptée par l’ensemble des contributions est d’ailleurs ce qui permet de mieux mesurer l’ambition et l’importance de cet ouvrage. Même si les auteurs des études présentées ici s’accordent pour dire que toute analyse de niveau microsociologique doit s’articuler aux niveaux d’analyse plus larges, méso ou macrosociologiques, afin d’atteindre une compréhension tenant compte des contraintes économiques, sociales et politiques affrontées par les individus et groupes en processus de mobilité et éviter ainsi la fiction subjectiviste, il est clair que l’ensemble de l’ouvrage est marqué par l’intention d’accorder une place toute particulière à l’analyse des acteurs et de leurs interprétations et points de vue concernant leurs parcours, délibérations, motivations et objectifs, brefs à l’analyse de leurs tactiques ou stratégies langagières, sociales, économiques, académiques, identitaires, etc.Certes, le fait de se pencher sur les acteurs concrets des phénomènes observés n’est pas nouveau en sciences sociales, loin de là. Cela occupait déjà une place importante, par exemple, dans la sociologie compréhensive 2 du Max Weber desEssais sur la théorie de la scienceoù l’auteur définissait différents types de rationalités – choix des buts poursuivis et des moyens plus ou moins efficaces pour les atteindre – en fonction des connaissances, croyances, valeurs, traditions, dispositions, etc. des acteurs (i.e. en fonction du sens que l’acteur donne à sa conduite) plutôt qu’en fonction des connaissances de l’observateur-chercheur (modèles théoriques). L’importance accordée aux acteurs et à leurs pratiques était aussi ce qui caractérisait les tenants de l’École de Chicago du début du XXe siècle dont plusieurs auront recours, à l’instar des auteurs du présent ouvrage, aux matériaux (auto)biographiques pour appréhender entre autres les 3 phénomènes migratoires . Puis, plus près de nous, après une longue éclipse au profit de modèles théoriques structuro-fonctionnalistes et des méthodes 4 quantitatives, le « retour de l’acteur » dans les sciences sociales de la fin des années 1970 remettra à l’ordre du jour cette perspective centrée sur les acteurs et l’usage des méthodes qualitatives (notamment de l’approche
2 Plon, Paris, 1965; traduction du recueil intituléGesammelte Aufsätze zur Wissenschaftslehrerassemblant des textes publiés entre 1904 et 1919.3 Voir par exemple: William I. Thomas and Florian Znaniecki,The Polish Peasant in Europe and America,5 vols, University of Chicago Press, Chicago [1918–1920].4 Alain Touraine,Le retour de l’acteur. Essai de sociologie, Fayard, Paris, 1984.
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 Préface
biographique) comme moyens privilégiés pour comprendre un éventail de phénomènes, parmi lesquels les migrations. En Amérique du Nord, par exemple, cette perspective sera encouragée par l’entrée en scène, en ces mêmes années, de chercheurs se réclamant de la « nouvelle histoire sociale » dans le champ des études migratoires et qui se donneront pour objectif de mieux comprendre le migrant en tant qu’acteur protagoniste plutôt que comme « a passive, impotent victim of social and economic forces (…) propelled through his physical and social environment by external forces 5 activated by his presence but which he could not influence » . Mais bien que cette orientation soit désormais bien ancrée dans le champ des sciences sociales actuelles, il est intéressant de noter combien l’importance et l’utilité de cette approche doivent sans cesse être défendues et justifiées contre les approches quantitatives jugées plus « scientifiques » et efficaces par ceux dont les intérêts de recherche sont plus motivés par des objectifs relevant de la « gestion des populations » que par la volonté de mieux comprendre la réalité sociale et historique dans toute sa complexité. En ce sens, le présent ouvrage constitue une contribution importante à cet indispensable rappel de la nécessité d’une approche adaptée à la saisie des stratégies et tactiques des acteurs.
En prenant en compte l’acteur et ses tactiques ou stratégies, et en faisant preuve d’un souci d’articuler ce niveau microsociologique aux facteurs composant les niveaux méso ou macrosociologiques de la réalité sociale, les études présentées dans cet ouvrage proposent à la fois des positionnements théoriques et des propositions méthodologiques pour articuler les pôles de diverses dichotomies superposables qui ont longtemps hanté et hantent toujours les recherches en sciences sociales. Vouloir articuler le niveau des tactiques et stratégies avec celui des contraintes à l’intérieur desquels les acteurs évoluent revient en effet, non seulement à articuler deux niveaux d’échelles spatiales – le niveau local (individu, famille, localité rurale, rurbaine ou urbaine, etc.) à celui régional, national, voire international – mais aussi à résoudre les rapports qu’entretiennent le niveau où se déploient évènements, processus et performances, dans toutes leurs diversités, incomplétudes, complexités, pragmatismes, imprédictibilités, indétermi-nations, ambivalences ou contradictions, avec le niveau où se devinent le travail de systèmes, structures ou ensembles de compétences dont les fonctionnements régulés agissent comme des déterminations tendant vers un
5  J. W. Briggs, “Return the Immigrant to Immigration Studies: a New Appeal for an Old Approach”, Texte polycopié, University of Rochester, 1972, p. 2.
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